Aurangzeb

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Aurangzeb

Abu Muzaffar Muhiuddin Muhammad Aurangzeb Âlamgir (né le à Dahod - mort le à Ahmadnagar), connu usuellement sous le nom d'Aurangzeb (ornement du trône en persan), ou encore parfois comme Âlamgir Ier ou Conquérant du monde, est le souverain de l'Empire moghol de 1658 à 1707, le dernier des Grands Moghols. C'est une figure très controversée de l'histoire de l'Inde. Sous son règne, l'empire moghol aura atteint son apogée territoriale.

Avant le pouvoir[modifier | modifier le code]

Aurangzeb est le troisième fils de l'empereur Shâh Jahân et de Mumtaz Mahal. Dârâ Shikôh, son frère aîné, était le successeur désigné, Aurangzeb ne venant qu'en troisième dans l'ordre de succession. Son père le nomme gouverneur du Dekkan de 1636 à 1644, puis du Goujerat en 1645 et de l'Afghanistan en 1647 avec la charge de reprendre la ville de Kandahâr, mission dans laquelle il échoue. Il reprend alors sa première charge, s'installe dans la ville de Khidki dont il fait sa capitale régionale et qui prendra le nom d'Aurangâbâd à son décès. Ses frères Shâh Shujâ et Murâd Baksh sont alors gouverneurs du Bengale et du Goujerat. En 1657, Shâh Jahân tombe malade et alors qu'Aurangzeb attaque son frère aîné, ses autres frères déclarent leur indépendance et s'autoproclament empereurs de leur province. Suivent des guerres intestines au cours desquelles Shâh Jahân finira par être emprisonné dans le fort d'Âgrâ, ses fils Mûrad Baksh et Dârâ Shikôh exécutés, tandis que Shâh Shujâ ne devra son salut qu'à sa fuite dans la jungle birmane où il finira probablement ses jours. Enfin le , Aurangzeb s'installe sur le Trône du Paon, le symbole du pouvoir moghol.

Les années de règne[modifier | modifier le code]

Aurangzeb ne cessera jamais de guerroyer tout le long de son règne. Il étendra les limites de l'Empire aussi bien à l'est en soumettant l'Assam et en s'emparant du port de Chittagong, qu'à l'ouest où il exercera un certain contrôle de l'Afghanistan, qu'au sud du Dekkan où les États de Tanjore et de Tiruchirapalli deviendront ses tributaires. Mais son empire ne connaît pas la paix et les révoltes, dues à son intransigeance religieuse, se succèdent sans fin : Jâts de Mathurâ, Bundelâ, Patiala, Sikhs conduits par Gurû Gobind Singh, Marathes fédérés par Shivaji qui construisent un empire hindou en s'opposant au pouvoir moghol.

L'homme et son héritage[modifier | modifier le code]

Aurangzeb est un musulman orthodoxe, adepte des interprétations les plus conservatrices du Coran. Il s'oppose en particulier à une certaine forme de soufisme, un courant mystique de l'islam qui remporte un grand succès en Inde et qu'il considère comme hérétique. Alors que ses prédécesseurs avaient été des mécènes assez éloignés de l'islam traditionnel, qui avaient permis l'apparition d'un art de la miniature très élaboré atteignant son apogée avant son règne, son rigorisme religieux va entraîner la décadence de cette forme d'art typiquement islamo-indien. Convaincu que l'islam ne tolère pas la musique, il bannit de la cour musiciens, danseurs et chanteurs.

Il encourage la destruction des sculptures dans des temples hindous, abattant d'ailleurs un grand nombre de ceux-ci, en particulier à Vârânasî (il rasa et pilla tous les temples hindous), Mathurâ et Ayodhyâ, construisant sur leur emplacement des mosquées en réutilisant les matériaux, créant ainsi des problèmes intercommunautaires qui subsistent jusqu'à nos jours. À la différence de ses prédécesseurs plus tolérants, il restaure la djizîa envers les non-musulmans, majoritaires. Il a interdit aussi la pratique de la satî dans tout l'empire.

Il entraîne ainsi une instabilité chronique sur le plateau du Dekkan, en particulier du fait du rebelle marathe nationaliste hindou Shivaji, qui le force à déplacer sa capitale de Delhi à Khidki où il restera jusqu'à la fin de son règne pour mieux contrôler la région. À la différence de ses prédécesseurs, Aurangzeb n'a pas été un grand bâtisseur. Il laisse un mausolée modeste pour sa première épouse à Aurangâbâd, une copie du Taj Mahal. C'est par comparaison au chef d'œuvre de son père un bâtiment mal équilibré, construit avec des matériaux bon marché et à la décoration maladroite, la preuve à lui seul de la décadence de l'art moghol au cours de son règne.

Vivant une vie assez austère, Aurangzeb survécut à plusieurs de ses enfants. Sur la fin de sa vie, il portait un regard amer sur son règne, exprimant des regrets sur sa vie et sur la perte de l'harmonie que ses prédécesseurs avaient instaurée dans le sous-continent indien.

Aurangzeb est le seul Grand Moghol à ne pas être enterré dans un grand mausolée. En conformité avec ses croyances islamiques, il est inhumé dans une tombe, en plein air, près de Aurangâbâd. À sa mort son fils Bahâdur Shâh lui succède sur le trône.

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Flag of the Mughal Empire.svg Empereur moghol Flag of the Mughal Empire.svg
Bahâdur Shâh