Abou Yoûsouf

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Abu Yusuf.

Aboû Yoûsuf Ya`qoûb bin Ibrâhîm al-Kûfî[1], plus connu sous le nom d'Aboû Yoûsuf (arabe : أبو يوسف) (Kûfa 113 ou 117 H/735 - ? 182 H/795) était un cadi hanafite célèbre pour sa connaissance de la jurisprudence islamique (fiqh).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Koufa dans une famille pauvre — il était le fils d'un pauvre cultivateur — il étudia la science du hadith puis dès qu'il l'eut maitrisée, il s'initia au fiqh sous l'égide de l'imam Ibn Abî Laylâ (mort en 765), dont le père était un célèbre compagnon du Prophète sahabi à Médine. Il étudia plus tard sous Abû Hanifa. Ce dernier avait remarqué son intelligence dès son enfance, et il l'aida financièrement à entreprendre puis à poursuivre ses études. Abou Yûsûf resta son disciple pendant plus de neuf années[2].

Après la mort de Abou Hanîfa, en 767, Abou Yûsûf, dont la renommée s'est étendue, Il fut qadi à Bagdad pour le calife Al-Mahdî (775-785)[3]. Il sera confirmé dans cette fonction par son successeur, Al-Hâdî, lequel ne gouvernera qu'un an (786). Le calife Haroun al-Rachîd (786-809) décernera à Abou Yûsûf le titre de Qadi al-Qadhât ("Cadi suprême", ou "Cadi des cadis"), ce qui lui donnait le pouvoir de nommer les autres cadis, qui étaient évidemment de rite hanafite tout comme lui : l'élargissement de l'école hanafite à grande échelle est né. L'aisance matérielle qui est désormais celle de l'imâm lui permet de faire de larges aumônes aux indigents de La Mecque, Médine, Koufa et Bagdad[4].

Considéré — avec al-Chaybânî — comme le principal continuateur d'Abou Hanîfa, fondateur de l'école juridique éponyme, les avis d'Abou Yûsûf, ou ses "opinions", diffèrent pourtant quelquefois de celles de son maître, probablement sur la base de hadiths (traditions) qui n'étaient pas connus ou authentifiés du temps d'Abou Hanîfa et de ses différents voyages (il rencontre par exemple le non-moins célèbre imam Malik).

Abou Yûsûf n'était pas seulement un maître du fiqh. Il excellait dans la science du hadith, celle du tafsir (l'exégèse), l'histoire militaire et d'autres disciplines. Son ouvrage le plus fameux, le Kîtâb al-Kharâdj, est en fait un recueil de rapports qu'il remit au calife Haroun al-Rachîd sur les différents impôts, notamment le kharâdj (ar. خراج : taxe sur les terres agricoles) et la djizia (impôt payé par les non musulmans), avec une classification des terres en fonction de leur valeur, des types de cultures pratiquées, etc.

Abou Yûsûf est mort, sans doute à Bagdad, le 5 Râbî' al-Awal 182 H (798).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Kitab al-Kharâj (Livre de l'impôt foncier).
  • Kitab al-Athar (Livre de la tradition), une compilation de hadiths.
  • Kitab Ikhtilaf Abi Hanifa wa Ibn Abî Laylâ, (Livre de l'opposition entre Abû Hanifa et Ibn Abî Layla[5]).
  • Kitab al-Radd ‘Ala Siyar al-Awza`i, (Livre de la réfutation des lois de la guerre d'Al-Awza`i[6]), réfutation du juriste Al-Awza`i sur les lois de la guerre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ʾabū yūsuf yaʿqūb bin ʾibrāhīm al-kūfī, arabe : أبو يوسف يعقوب بن إبراهيم الكوفي
  2. M. Hadi Hussein, Imâm Abû Hanîfah. Life and Work. ('Allâmah Shiblî Nu'mânî's "Sîrat-i-Nu'mân". Rendered into English by Mhd Hadi Hussein, Lahore, Institute of Islamic Culture, 1972, p. 233-234.
  3. Al-Mahdî avait fondé Bagdad en 762.
  4. M. Hadi Hussein, op. cit., p. 234-235
  5. Ibn Abî Laylâ était cadi à Koufa, contemporain d'Abû Hanifa qui n'exerçait alors aucune fonction de juge. Ibn Abî Laylâ utilisait volontiers le principe de l'analogie (qiyâs).
  6. Al-Awza’i (707-774) juriste damascain, basait le droit sur le principe de la « pratique constante des musulmans ».

Articles connexes[modifier | modifier le code]