Arminianisme

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Allégorie sur les disputes entre remonstrants et contreremonstrants en 1618, Abraham van der Eyk

L'arminianisme est une doctrine protestante fondée à la fin du XVIe siècle par Jacobus Arminius[1]. Ses adeptes sont appelés les Remonstrants, en raison des remontrances qu'ils adressèrent en 1610 aux États de Hollande.

Cette doctrine se base sur l'idée que la détermination de la destinée de l'homme par Dieu n'est pas absolue. L'acceptation ou le refus de la grâce par l'homme joue ainsi un rôle dans sa justification. En l'annonçant, Jacobus Arminius s'oppose aux idées de Jean Calvin sur ce sujet de la prédestination.

L'arminianisme soutient que

  • Le salut n'est accessible que par la grâce seule.
  • Dieu accorde son salut à ceux qui acceptent de croire au sacrifice expiatoire et à la Seigneurie de Jésus-Christ.
  • Le Christ est mort pour tous les hommes, mais le salut n'est accordé qu'à ceux qui l'acceptent.
  • Cette acceptation est libre, ainsi le salut dépend d'un choix de la volonté humaine, et non uniquement du choix souverain de Dieu.

L'arminianisme sera l'un des fondements doctrinaux de la Fraternité remonstrante, et, beaucoup plus largement, aussi bien du méthodisme (et, à travers lui, du pentecôtisme) que du protestantisme libéral.

Il existe plusieurs théologies protestantes de la grâce ; l'arminianisme est celle qui entre le moins souvent en désaccord avec la doctrine catholique [2] .

En 1619, se tint à Dordrecht un synode l’Église réformée néerlandaise connu sous le nom de Synode de Dort, Dordt ou Dordrecht qui aboutit à la condamnation de l'arminianisme (Canons de Dordrecht) et qui affirma la doctrine du supralapsisme (dans l'ordre des décrets divins, le décret de prédestination précède la permission de la chute pour Adam, et n'en est pas la conséquence, ce qui « excluait toute participation de l'homme à l'œuvre du salut » qui n'est pas dispensé à cause de sa faute).

Tableau comparatif avec les autres doctrines protestantes concernant le Salut[modifier | modifier le code]

Thème Arminianisme Calvinisme Luthéranisme
Le libre arbitre La corruption n'exclut pas le libre arbitre Corruption totale sans libre arbitre Corruption totale sans libre arbitre
L'élection Élection conditionnelle sur la base de la prédiction de la foi ou la prédiction de l'incroyance Élection inconditionnelle au salut et à la damnation Élection inconditionnelle au salut seulement
La justification Justification possible pour tous mais seulement accomplie lorsque l'individu adhère à la foi en Jésus. Justification limitée à ceux qui sont élus au salut, accomplie à la mort du Christ Justification pour tous, accomplie à la mort du Christ
La conversion Synergisme, l'aptitude naturelle de l'homme à contribuer à son salut personnel, par son libre arbitre qu'il lui permet de croire ou de ne pas croire/résister à la conversion. Monergisme, Grâce et conversion irrésistibles au travers de l'appel intérieur induit par le Saint Esprit À travers les moyens de grâce, résistible
La préservation et l'apostasie Préservation conditionnée à la persévérance de la foi dans le Christ, possibilité d'une apostasie totale et définitive Persévérance des saints, celui qui a été réellement élu persévérera obligatoirement dans la foi S'éloigner est possible mais Dieu donne l'assurance de la préservation

Angleterre[modifier | modifier le code]

En Angleterre, Charles Ier et l'archevêque de Cantorbéry, William Laud pratiquent un anglicanisme teinté d'arminianisme. Cette orientation est vivement combattue par les calvinistes rigoureux qui prendront le nom de puritains. Ce conflit va se répercuter sur le plan politique et est une des causes de la Révolution anglaise[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Magnusson, Magnus (ed). Chambers Biographical Dictionary (Chambers: Cambridge University Press, 1995) 62
  2. professeur André Gounelle , faculté de théologie protestante de Montpellier , " théolib "
  3. Michel Duchein, 50 années qui ébranlèrent l'Angleterre, Fayard 2010, p. 74/76

Article connexe[modifier | modifier le code]