Balthazar Hubmaïer

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Balthasar Hubmaier.

Balthazar Hubmaïer, naquit vers 1480 à Friedberg, Bavière (à 8 kilomètres à l'est d'Augsbourg) et mourut en martyr baptiste sur le bûcher en 1528 à Vienne, Autriche.

Jeunesse et éducation[modifier | modifier le code]

C'était un homme instruit et alors qu'il était encore catholique, on le considérait, après le Docteur Eck, comme l'adversaire catholique de Luther le plus capable comme argumentateur. Il fut prêtre et professeur à Ingolstadt de 1512 à 1516. Dans cette dernière année, il devint principal prédicateur à la cathédrale de Ratisbonne (en allemand Regensburg). En 1521, il devint archiprêtre à Waldshut (aujourd'hui Waldshut-Tiengen), dans le sud du Pays de Bade, où régnait une atmosphère plus libérale qu'à Ratisbonne.

Autriche – Moravie : parcours religieux et politique[modifier | modifier le code]

En mars 1523, il passa publiquement au protestantisme et commença immédiatement à annoncer que seul les vrais consacrés - ceux qui se sont séparés du péché, de l'erreur, de leur propre volonté et du monde et qui ont accepté Christ seul comme leur Sauveur et Chef (Tête) – constituait le peuple de Dieu – l'Église. Dans le même mois, il visita Zurich et rallia Ulrich Zwingli à son idée ainsi qu'à la nullité qu'elle entraine du baptême des enfants. Mais deux ans plus tard Ulrich Zwingli ayant vu que ceci viderait, en fait, l'église officielle au sein de laquelle il accomplissait son œuvre de réforme, se retira de cette position et en devint, plus tard, l'adversaire le plus archarné.

En octobre 1523, Hubmaïer suivit la seconde conférence de Zurich et soutint Ulrich Zwingli dans la discussion avec les théologiens catholiques. À la Pentecôte de 1524, la ville de Waldshut embrassa les doctrines de Hubmaïer, acceptant de le défendre ainsi que ses doctrines contre l'opposition du gouvernement autrichien, qui ne voulait souffrir aucune « hérésie ». Après quelques mois, cette opposition le força à s'enfuir de la ville, mais il y retourna en octobre comme chef reconnu de la vie religieuse et politique de cette ville.

Il sympathisa profondément avec les souffrances des paysans allemands et il fut pour quelque chose dans la préparation des douze articles incorporant leurs doléances. Ces articles étaient dignes d'un Solon et furent présentés à la noblesse et au public allemands. Mais il déconseilla la violence dans laquelle le fanatique Thomas Münzer les égara. Les conséquences furent terribles pour eux puisque, dans la Guerre des paysans en 1525, 100 000 d'entr'eux périrent dans la première guerre protestante pour la liberté religieuse et civile. À Pâques 1525, Hubmaïer reçut le baptême des adultes et l'administra à des centaines d'autres, ce qui amena une séparation entre lui et Zwingli au sujet de sa doctrine spéciale et en conséquence de la doctrine de l' « antipédobaptisme ». L'exemple qu'il donna en recevant le baptême des adultes fût suivi par la presque totalité des citadins de Waldshut. Bientôt, il entra avec Zwingli dans une controverse littéraire au cours de laquelle il écrivit plusieurs livres contre ce dernier qui répondit. Waldshut ayant soutenu les paysans révoltés (et commençant même ceci en dehors de l'avis de Hubmaïer et pendant qu'il s'enfuyait de la ville par crainte de l'Autriche) contre les excès desquels Hubmaïer protestait, elle fut occupée par les troupes impériales en décembre 1525 et Hubmaïer fut forcé de fuir à nouveau cette fois à Zurich, où il fut arrêté. Là, craignant d'être remis aux Autrichiens qui désiraient le brûler comme hérétique, affaibli par une grave maladie et sous la force de la torture du chevalet, il se rétracta un peu à la manière de Thomas Cranmer, et comme lui, il rétracta sa rétractation, accusant qu'elle avait été extorquée par la torture d'un homme malade. La rétractation qu'il fit de sa rétractation mit dans une grand colère Zwingli lequel, cela est triste à dire, fut en partie responsable de sa torture.

En juillet 1526, Hubmaïer trouva refuge à Nikolsburg, Moravie, où il gagna la protection des gentilshommes chef du voisinage. Là, il eut bientôt converti à son enseignement spécial la population entière y compris les ministres et Von Lichtenstein, le chef politique de la région. Et, pour un temps, la Moravie, et en particulier Nikolsburg, devint un refuge et le centre d'activité pour les frères cruellement persécutés tant par les protestants que par les catholiques. C'est là aussi qu'Hubmaïer entra dans la période la plus active de son œuvre littéraire, élaborant sous divers points de vue et directions la doctrine confiée à sa charge. Sa clarté et sa profondeur comme penseur, écrivain et orateur le rendirent capable d'exposer sa position touchant la doctrine centrale et les principales doctrines s'y rattachant, d'une manière qu'il ne laissa aux Baptistes, qui lui succédèrent, presque rien, sauf les arguments sur l'immersion, à ajouter en faveur de leur vues. Il fut le plus pondéré et le plus aimable des tous les réformateurs du XVIe siècle, quoique moins héroïque que Luther, ni si influent que Luther, Zwingli et Thomas Cranmer.

Le bûcher et la noyade[modifier | modifier le code]

Au début de juillet 1527, il fut, ainsi que sa femme, capturé par les autorités autrichiennes et à son refus de se rétracter, il fut le 10 mars 1528, brûlé sur le bûcher, à Vienne, comme hérétique à l'Église de Rome.

Trois jours plus tard, sa femme loyale, la compagne fidèle de ses nombreux exils et persécutions fut noyée dans le Danube et, par le feu, son corps fut réduit en cendres.

Bibliographie[modifier | modifier le code]