Amish

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Buggy, transport traditionnel amish dans le comté de Lancaster, en Pennsylvanie.
Attelage traditionnel à côté d'une moto moderne à New Wilmington, en Pennsylvanie
Abri pour les carrioles à chevaux des Amish dans le parking d’une banque à Arcola, en Illinois.

Les Amish sont une communauté anabaptiste présente en Amérique du Nord, vivant de façon simple et à l’écart de la société moderne. La première règle amish est : « Tu ne te conformeras point à ce monde qui t’entoure ».

Population[modifier | modifier le code]

La plupart des Amish appartiennent à l’Ancien Ordre (Old Order), très rigoureux. En mai 2013, leur population est estimée à 281 675 membres répartis dans 30 États des États-Unis ainsi que dans la province d'Ontario au Canada[1]. Les trois États où les Amish sont les plus nombreux sont l'Ohio, la Pennsylvanie (environ 65 000 membres dans chaque état) et l'Indiana (environ 49 000 membres). En Ontario, au Canada, la population est estimée à environ 4 700. Durant la période 1992-2008, les Amish se sont établis dans sept nouveaux États : Arkansas, Colorado, Maine, Mississippi, Nebraska, Washington et Virginie-Occidentale[2]. Les raisons de cette expansion dans de nouveaux territoires sont le prix des terrains agricoles en forte hausse dans certaines régions, notamment le comté de Lancaster en Pennsylvanie centrale, ainsi que la volonté de préserver une vie à l'écart de la civilisation moderne[3].

Suite à une scission, un Nouvel Ordre (New Order Amish) a été créé, ainsi qu’un groupe de Beachy Amish, plus moderne, utilisant des automobiles et l’électricité, qui comptait 7 228 membres en 1991[4].

En moyenne la population Amish double tous les vingt ans[3]. De 1900 à 2008, la population Amish est ainsi passée de 5 000 à 227 000 (+ 4440 %)[2]. En Ontario (Canada), la seule communauté Amish en dehors des États-Unis d’Amérique s'accroît elle aussi très rapidement. Elle comptait 4 700 personnes en 2013, ce qui correspond à une augmentation de 100 % depuis 1992 (2 300 personnes).

Cette croissance est due à une forte natalité (cinq enfants par famille en moyenne, mais il n'est pas inhabituel qu'une famille en compte plus de dix), et à un taux de rétention d'environ 85 % des jeunes élevés au sein de la communauté. Bien que les Amishs ne pratiquent pas le prosélytisme, quelques dizaines de convertis ont rejoint les communautés Amish[5].

En 2014, une nouvelle communauté Amish se crée toutes les trois semaines et demi[6].

Prévisions démographique[modifier | modifier le code]

Les Amish sont le groupe religieux augmentant le plus rapidement aux États-Unis en 2014[7]. En 2012 le Bureau du recensement Américain, le United State Census Bureau a ordoné le calcul de prévision de la population Amish jusque à 2100[8].

Prévisions démographique de la population Amish aux États-Unis[9],[10],[11]
(États-Unis)
Année Ancien Ordre(Seulement)
1900 5000 en augmentation
1920 11,800 en augmentation
1940 22,500 en augmentation
1960 45,000 en augmentation
1980 88,500 en augmentation
2000 165,620 en augmentation
2010 237,500 en augmentation
2020 356,250en augmentation
2030 475,000 en augmentation
2040 712,500 en augmentation
2050 950,000 en augmentation
2060 1,425,000 en augmentation
2070 1,900,000 en augmentation
2080 2,850,000 en augmentation
2090 3,800,000 en augmentation
2100 5,700,000 en augmentation
2110 7,600,000 en augmentation

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine suisse et refuge alsacien[modifier | modifier le code]

Les Amish trouvent leurs racines dans les communautés anabaptistes pacifiques installées en Suisse, particulièrement dans le territoire relativement vaste à l'époque du canton de Berne. Mais l'anabaptisme pose un problème aux autorités de l'époque qui pensent que les enfants morts non baptisés ne peuvent être sauvés. Le 4 janvier 1528, l’Édit de Spire l'interdit. Les anabaptistes se maintiennent cependant dans les régions rurales où ils entretiennent des relations de bon voisinage. Ils sont même renforcés par les abus du patriciat bernois qui provoquent un exode de certains paysans mécontents de l’Église réformée officielle vers ces groupes dissidents qui pratiquent les valeurs évangéliques et une vie simple.

La violence de la répression conduite par les autorités bernoises qui écrasent deux révoltes paysannes au cours du XVIIe siècle conduit divers groupes à émigrer notamment vers Montbéliard et l'Alsace, notamment vers les territoires qui accueillent volontiers les migrants à des fins de repeuplement après la tragédie de la Guerre de Trente Ans. Certains ne sont pas sélectifs sur les affiliations religieuses et les mennonites s'y regroupent en petites communautés; c'est le cas notamment du Palatinat et des territoires appartenant au seigneur de Ribeaupierre, où se trouve une partie de Sainte-Marie-aux-Mines[12]. La présence des anabaptistes en Alsace est attestée notamment par le « synode » d'Ohnenheim du 4 février 1660; dans ce petit village alsacien, les représentants de toutes les communautés anabaptistes d'Alsace dont de nombreux Suisses récemment immigrés ratifient sous la présidence de Jean-Paul Oser la Convention de foi commune à tous les Anabaptistes. Cette confession de foi, dont le texte remonte à 1632, est toujours en vigueur actuellement dans les communautés Amish américaines.

Le schisme amish[modifier | modifier le code]

Le schisme amish se déclenche à partir de 1693. Le pasteur anabaptiste de Sainte-Marie-aux-Mines Jakob Amman (1645-1730) provoque un débat avec l'ensemble des communautés y compris celles restées implantées dans des régions reculées de l'Oberland bernois et de la vallée de l'Emmenthal. Il a plusieurs inquiétudes sur le relâchement doctrinal et le manque de rigueur dans la discipline qu'il croit notamment observer dans les communautés suisses. Il faut dire que celles-ci vivent toujours sous la persécution, ne devant leur survie dans ces régions isolées qu'à la bienveillance et au respect de leurs voisins, alors que les Alsaciens bénéficient d'une tolérance totale. Les six points d'opposition sont la fréquence de la cène (que Jakob Amman voudrait faire passer d'une fois par an à deux fois par an), généralisation de la pratique du lavement des pieds, le salut des âmes des non-anabaptistes (que les Suisses reconnaissaient aux "sincères" parmi leurs voisins non anabaptistes) et trois points sur la discipline : les péchés qui devaient donner lieu à admonestation voire à excommunication, la procédure disciplinaire et la rigueur de l’excommunication, les Amish insistant pour que l'excommunié ne soit pas seulement exclu de la table de communion mais privé de tout contact ou relation sociale avec tout membre de la communauté[13]. Faute d'accord, le schisme divise la communauté anabaptiste. Sur 69 pasteurs, 27 furent en faveur de Jakob Amman dont 20 en provenance d'Alsace et cinq du Palatinat. La grande majorité des anabaptistes alsaciens devient donc amish. Vers 1700, Jakob Amman et plusieurs de ses partisans regrettant la division proposent de s'excommunier eux-mêmes temporairement jusqu'à ce que l'unité soit retrouvée mais ils ont été très vigoureux dans le débat et leur proposition est reçue avec méfiance[13]. La notion d'exclusion totale mise en avant par les Amish est ce qui va donner à leur communauté la capacité de résister à toute intégration et à toute influence, particulièrement lorsqu'elle est regroupée dans une région isolée.

L'édit d'expulsion de Louis XIV et la dispersion[modifier | modifier le code]

En 1712, Louis XIV prend un édit d'expulsion des anabaptistes d'Alsace. La trace de Jakob Amman se perd, il est généralement retenu qu'il serait décédé avant 1730 à Zellwiller dans le Bas-Rhin. Nombreux sont les mennonites et les Amish qui passent dans des territoires non soumis au roi de France comme la principauté de Montbéliard ou le duché de Lorraine. Dans certains cas, le manque à gagner des seigneurs privés des revenus des fermes mennonites les pousse à intervenir pour modérer la sévérité des ordres du roi afin de conserver leurs excellents fermiers mennonites[12]. Nombreux sont ceux aussi qui émigrent vers les Pays-Bas où se trouve une importante et prospère communauté mennonite, puis, de là pour l'Amérique du Nord.

À partir de 1681 en effet, William Penn, fondateur de la Société des Amis de Dieu, plus connue sous le nom de Quakers, accueille tous les réprouvés, à la seule condition qu'ils tolèrent les autres. Les mennonites puis les Amish s'installent donc à partir de ce moment aux États-Unis (Pennsylvanie). Regroupées fortement sous l'autorité de leur conseil presbytéral, dit "conseil des anciens", sous une très forte discipline appuyée sur l'arme suprême de l'excommunication et de l'exclusion sociale (en allemand Meidung, en anglais shunning), ces communautés rejettent tout ce qui peut pousser la communauté à se couper de l’Évangile ou à se diviser, en particulier l'orgueil (en allemand Hochmut). Les "conseils des anciens" de chaque communauté ont statué graduellement sur toutes les innovations techniques et sociales, interdisant le plus souvent d'y avoir recours, ce qui a conduit les Amish à refuser d'entrer dans le progrès technique et dans la société de consommation, et à conserver un mode de vie devenu aujourd'hui marginal, avec parfois quelques différences entre communautés. Si les communautés amish ont disparu en France (voir plus bas le paragraphe "En France"), il n'en va pas de même aux États-Unis (voir plus haut le point "Population").

Organisation politique[modifier | modifier le code]

Femmes amish dans le comté de Lancaster, en Pennsylvanie.

Chaque communauté Amish est indépendante et a sa propre tradition. Les communautés communiquent entre elles, mais il n'existe aucune organisation régionale ou nationale. Les communautés sont dirigées par un évêque, un prêcheur, et deux niveaux de diacres. Les femmes qui restent silencieuses pendant les cultes (sauf pour chanter) participent comme les hommes à l'élection des dirigeants de la communauté : chaque membre baptisé donne le nom d'un homme qu'il pense être désigné par Dieu. Les futurs dirigeants sont élus comme suit : lors d'un culte spécial, les hommes qui ont été proposés par l'ensemble de la communauté se présentent devant celle-ci et choisissent chacun une Bible préparée à cet effet. Un morceau de papier avec un verset biblique avait été glissé dans une d'entre elles et l'homme qui l'a choisi est ainsi « élu ». Par cette méthode, les Amish considèrent que c'est le Saint-Esprit lui-même qui a dirigé la main de l'élu.

La vie des Amish est basée sur la lecture et l'application pratique des enseignements du Nouveau Testament. Par exemple, les femmes portent des robes parce que la Bible condamne l'utilisation de vêtements d'hommes par les femmes et vice versa. Les femmes couvrent leur tête en application d'une exhortation de l'apôtre Paul dans le Nouveau Testament, etc.

Entre les différentes communautés, les pratiques diffèrent, mais en général les Amish se vêtent de couleurs foncées. Les hommes laissent pousser leur barbe dès le mariage. Les femmes portent une coiffe proche de la quichenotte du pays Vendéen. L'idéal de tous consiste à être modeste.

Les Amish n'ont pas de sécurité sociale ni de cotisation de retraite : l'entraide et la solidarité y suppléent. Les familles ont souvent de huit à dix enfants. Il arrive que le père transmette la ferme à l'aîné dès le mariage. Le père se transforme alors facilement en sculpteur et fabrique de petits objets artisanaux en bois, ou il devient tisserand. En règle générale, les Amish ne votent pas et ne paient pas d'assurance sociale. Ils ne participent pas non plus au service militaire.

Les Amish du Vieil Ordre, une Église mennonite, ont certaines particularités qui peuvent frapper le visiteur ou l'étranger :

  • ils ont, encore aujourd'hui, seulement des voitures à cheval, le buggy
  • les labours se font à l'attelage, sans tracteur (certaines communautés possèdent des tracteurs sans pneus, avec des roues en fer).

Ils ouvrent néanmoins des magasins en ville où l'on peut se procurer de l'artisanat amish, principalement des couvertures "quiltées" (patchwork), et d'autres objets d'artisanat. Ils peuvent aussi s'occuper de magasins maraîchers. Ces magasins, par exception, sont parfois branchés sur des groupes électrogènes si leur propriétaire n’est pas Amish.

Culture[modifier | modifier le code]

Éducation[14][modifier | modifier le code]

Enfants amish allant à l'école.

Dans la première moitié du XXe siècle, les enfants amish fréquentaient des écoles publiques rurales. Sous contrôle local, ces écoles ne menaçaient pas les valeurs amish. Cependant, au début des années 1950, le renforcement du système des écoles publiques commence à générer des tensions entre les Amish et les représentants de l'État en charge de l'éducation. Finalement, en 1972, la Cour Suprême des États-Unis accorde aux Amish la permission d'organiser leur propre enseignement jusqu'au 8e grade (quatorze ans).

L'école est assez proche pour que les enfants puissent y aller à pied. Tous les enfants sont regroupés en une classe unique encadrée par un enseignant amish, non certifié par l'État. L’école est administrée par une commission scolaire de parents amish élus. La formation vise surtout l’anglais (qui est la langue d'enseignement principale), l'allemand, les mathématiques, la géographie et l’histoire. La religion n'est pas enseignée de façon formelle à l'école, même si chaque journée commence par un temps de prière. À l'âge de quatorze ans, les jeunes quittent l'école, mais continuent souvent à se cultiver. Ils continuent à vivre dans la maison familiale où ils aident aux travaux domestiques ou commencent à travailler à l'extérieur.

L'enseignant est en général une femme célibataire âgée autour de la vingtaine. Elle est choisie parmi les meilleurs élèves en fonction de ses capacités à enseigner et de son engagement envers les valeurs amish. Les enseignantes renoncent à leur mission quand elles se marient.

À partir de 16 ans, dans les communautés conservatrices vient le rumspringa (terme issu du Pennsylvania Dutch qui signifie littéralement "courir dans tous les sens"), sorte de rite de passage durant lequel les adolescents sont temporairement libérés des règles de la communauté[15]. Ils sont autorisés à sortir le weekend avec leurs amis, la plupart du temps réunis sous la forme de groupes de jeunes. Certains groupes sont chaperonnés par des adultes. Ils se réunissent pour des tournois sportifs, des goûters, aller nager ensemble... D'autres groupes sont auto-gérés par les jeunes eux-mêmes. Parmi eux, certains s'essayent aux pratiques de la vie moderne, comme boire de l'alcool, fumer, porter des vêtements modernes, écouter du rock et de la pop music… Ils peuvent éventuellement quitter la communauté durant cette période. Cette pratique est controversée au sein même des Églises amish. Beaucoup l'ont abandonnée et tentent de promouvoir un comportement décent et conforme à la morale biblique à tous les âges de la vie.

À la fin de cette période, environ 90 % des jeunes Amish demandent le baptême et vivent selon les traditions de la communauté. Une infime minorité d'adolescents quitte la communauté définitivement et se décide pour la vie moderne. S'ils font le choix de quitter la communauté après avoir été baptisés, ils sont bannis et ne peuvent plus revenir voir leur famille.

Ces dernières années, la pratique du rumspringa a donné lieu à plusieurs programmes de téléréalité aux États-Unis, comme Amish in the city (en).

Au sein de la famille amish les parents et les grands-parents, voire les arrière-grands-parents considèrent que leurs paroles contribuent nettement moins que leurs actes à l'éducation des enfants. Pour les Amish, la parole est dangereuse car elle peut être porteuse de violences, d'attaques, d'injures, d'impureté ou de méchanceté. Les Amish ont comme principe éducatif que les enfants ne suivent pas les conseils mais l'exemple des adultes.

Langue[modifier | modifier le code]

La plupart des familles Amish parlent à la maison un dialecte allemand connu sous le nom d'allemand pennsylvanien (« Pennsylvania Dutch » ou « Pennsylvania German »). Le terme de Dutch vient du mot allemand « Deutsch », qui, dans un sens archaïque, renvoie à toutes les personnes parlant l'un des nombreux dialectes germano-danois - et non aux habitants des Pays-Bas (en anglais Dutch signifie « Néerlandais »). Ce dialecte est assez proche du suisse allemand et de l'alsacien.

Les Amish appellent les non-Amish des English, en référence au fait qu'ils ne parlent pas le Pennsylvania Dutch.

En Suisse, les mennonites réfugiés dans le canton francophone du Jura parlent encore le dialecte suisse alémanique à la maison, et suivent les écoles du canton en français, y compris ceux qui, au cours des siècles, se sont convertis au protestantisme « officiel ».

Cuisine[modifier | modifier le code]

La cuisine amish est simple et copieuse, proche de celles des pays du nord de l'Europe, dont les membres de cette communauté sont souvent originaires. On peut notamment citer les soupes aux huiles végétales (à base de poulet), les Boova Shenkel (beignets de pommes de terre), les Shoo-fly pies (type de crumble à la cannelle et noix de muscade) ou le Pain des Écritures.

Les Amish commercialisent une partie de leur production agricole dans les circuits de distributions classiques. Ces produits connaissent un fort succès auprès des consommateurs américains car ils apparaissent comme des produits sains, cultivés sans OGM ni produit phytosanitaire, selon les méthodes traditionnelles des Amish, ceux sont les équivalents des produits "Agriculture Biologique" en France.

Santé[modifier | modifier le code]

La vie quotidienne des Amish exige d'importants efforts physiques. Les hommes font en moyenne 18 500 pas par jour et les femmes un peu plus de 14 000, beaucoup plus que les 10 000 pas par jour recommandés pour être en bonne santé (les Amish, notamment les enfants, marchent aussi très souvent pieds nus). Leur activité physique serait six fois plus importante que celle d'un adulte moyen en Amérique du Nord.

Leur alimentation est très riche en matières grasses et en sucres puisqu’ils consomment beaucoup de viande, de pommes de terre, de pain, de gâteaux et d’œufs. Malgré cela, ils sont moins victimes d'obésité que la majorité des Américains et des Canadiens. D’après des chercheurs de l’université du Tennessee, aucun des fermiers amish n'est obèse et seulement 9 % des femmes de la communauté le sont. Leur dur labeur et la marche font évacuer les quelques calories de trop, ont conclu les chercheurs.

Les Amish privilégient les médecines traditionnelles, comme la naturopathie ou la réflexologie. Si nécessaire, ils font appel à la médecine moderne, fréquentent les hôpitaux américains et acceptent les transplantations d'organes. Ils acceptent souvent, même si c'est avec réticence, les vaccinations — en fait cette acceptation peut varier de communauté à communauté.

Plusieurs courants[modifier | modifier le code]

Fermier amish fertilisant son champ.
  • Les Amish du Vieil Ordre parlent un dialecte haut-allemand : le Pennsylvania Dutch. Par tradition strictement agriculteurs, beaucoup aujourd’hui, surtout dans les grandes communautés où il est plus difficile de trouver de la terre, travaillent dans des usines ou sont entrepreneurs.
  • En 1864, en Indiana, un schisme se produit sous la direction de l'Ancien Henry Egli : on se met à parler anglais et à envoyer ses enfants à l'École du dimanche, au lieu de donner l'instruction religieuse à la maison, en famille. On proscrit les bijoux, le tabac et l'alcool. L'anglais provoque des rapprochements avec d'autres Mennonites.
  • La Conférence des Amishs mennonites conservateurs (schisme libéral) se rapproche du monde. Ce groupe a laissé tomber le mot « Amish » pendant le XXe siècle, et se considère aujourd’hui comme Mennonite.
  • En 1923, les Beachy Amish (schisme venu sous la direction de Moïse M. Beachy) reçoivent aussi bien des Conservative Amish que des gens attirés par un rapprochement avec le monde moderne, avec l'usage de l'électricité, des automobiles, des édifices du culte.

Les Amish sont venus faire une mission, entre 1980 et 1985, en Allemagne, ainsi qu'en Belgique et en Alsace : ce fut un échec. Ils préconisaient aux sympathisants non encore baptisés de ne pas avoir de télévision chez eux, et les Alsaciennes supportaient mal le port de la coiffe blanche. Vingt-cinq personnes seulement étaient intéressées par le genre de vie de l’Old Order, alors que les Beachy Amish proposaient une certaine modernité. Trois personnes furent finalement baptisées.

À l'exception de cette mission, organisée pour le tricentenaire des Amish et des missions Beachy Amish en Amérique latine, les Amish ne font aucun prosélytisme.

En France[modifier | modifier le code]

Au milieu du XVIIe siècle après la guerre de Trente Ans, Ribeaupierre, un noble de confession protestante, tente de trouver des agriculteurs pour ses terres ravagées par la guerre. Une soixantaine de familles d'anabaptistes mennonites, qui viennent d'être expulsées du canton de Berne, y trouvent refuge. Ils se réfugient autour de la communauté de Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace, dans les montagnes vosgiennes. Ils bénéficient d'une exemption militaire en échange de la promesse de ne pas faire de prosélytisme.

La grande majorité de ces anabaptistes arrivés en France ont choisi de suivre l'évêque Jakob Amman, en 1693, lorsque celui-ci fonde une communauté dissidente se voulant plus rigoureuse et plus fidèle aux principes fondateurs : les « Amish ». En 1712, Louis XIV tente de déplacer ces immigrants amish de langue suisse allemande. La majorité d'entre eux se réfugient dans la principauté de Montbéliard, qui était alors une enclave protestante indépendante, tandis que d'autres choisissent de rester autour de Sainte-Marie-aux-Mines, malgré l'ordre d'expulsion. Lors de l'avènement de Louis XV, certains réfugiés en profitent pour revenir en Alsace. Montbéliard passe sous le contrôle français lors de la Révolution française, et en 1792, les Amish bénéficient à nouveau d'une exemption de service militaire. Ils perdent ce privilège au début du XIXe siècle, sous l'autorité de Napoléon Bonaparte. Les Amish de France se rendent compte de leurs difficultés à concilier leur mode de vie avec celui de leurs compatriotes, et quittent massivement le pays pour s'installer aux États-Unis d'Amérique et au Canada. Ceux qui choisissent de rester en France doivent accepter la conscription.

En 1850, il y avait en France 5 000 Amish ; en 1900, il n'en restait que 3 000. Qui plus est, au cours du XIXe siècle, 14 communautés avaient disparu, et les familles s'étaient éloignées les unes des autres ; certaines communautés ne pratiquaient le culte qu'une fois par mois. En 1907, les Amish de France, de moins en moins nombreux, laissent le mot « amish » et le remplacent par « mennonite », pour marquer leur réunification avec les Mennonites. Certaines traditions amish, comme le lavement des pieds, perdurèrent encore quelques années, malgré la réunification. Aujourd'hui, quelques Églises mennonites en France doivent leurs origines aux anciens amish.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. “Amish Population by State (2013).” Young Center for Anabaptist and Pietist Studies, Elizabethtown College. http://www2.etown.edu/amishstudies/Population_by_State_2013.asp.
  2. a et b http://www.foxnews.com/story/0,2933,407461,00.html
  3. a et b Propos cités par Donald Kraybill dans une interview donnée le 28/7/2013 à la chaîne de télévision PCN, suite à la publication de son ouvrage sur les Amishs (https://pcntv.com/2013/07/26/july-28-the-amish/)
  4. Nolt : 1992
  5. http://www2.etown.edu/amishstudies/Population_Growth_2013.asp
  6. http://researchnews.osu.edu/archive/amishpop.htm (en)
  7. (en) http://www.religiontoday.com/blog/amish-fastest-growing-u-s-religious-group.html
  8. http://www.census.gov/compendia/statab/cats/population/religion.html (en)
  9. http://amishamerica.com/7-million-amish-by-2100/
  10. http://www2.etown.edu/amishstudies/Population_Trends_2009_2010.asp
  11. http://search.census.gov/search?utf8=%E2%9C%93&affiliate=census&query=Amish+&commit.x=0&commit.y=0
  12. a et b Charles Mathiot et Roger Boigeol, Recherches historiques sur les anabaptistes de l'ancienne principauté de Montbéliard, d'Alsace et de Belfort, Collection essais sur l'histoire du protestantisme français, éditions Le Phare, Flavion (Belgique), 1969, pages 30 et suivantes
  13. a et b John D. Roth, Letters of the Amish Division: A Sourcebook, Mennonite Historical Society, Goshen, Indiana, 1993
  14. Donald B. Kraybill, The Amish of Lancaster County, Stackpole Books, 2008, p. 40-44
  15. Tom Shachtman, Rumspringa, To Be or Not to Be Amish, North Point Press, 2006. Extrait et interview de l'auteur sur le site de NPR (http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=5455572, page consultée le 26/11/13)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

La notoriété de la communauté amish dans le monde s'est considérablement accrue après la sortie en 1985 de Witness, un film policier du réalisateur Peter Weir. Harrison Ford y joue un policier extérieur à la communauté et Kelly McGillis une jeune mère veuve amish.

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Donald B. Kraybill, Karen M. Johnson-Weiner, and Steven M. Nolt. The Amish. Baltimore: Johns Hopkins University Press, 2013.
  • Steven Nolt, Histoire des amish, Excelsis, Charols, 2010. Commander en ligne
  • Donald B. Kraybill, The Amish of Lancaster County, Stackpole Books, 2008
  • Donald B. Kraybill, Les amish : une énigme pour le monde moderne, Excelsis, Charols, 2004. Commander en ligne
  • Fabienne Randaxhe, « Temporalités en regard. Le Vieil Ordre amish entre slow et fast time », Annales, 2002, no 2, p. 251-274. [lire en ligne].
  • Jacques Légeret, L'énigme Amish : vivre au XXIe siècle comme au XVIIe siècle, Labor et Fides, Genève, 2000.
  • Marie-Thérèse Lassabe-Bernard, Les Amish : étude historique et sociologique, Honoré Champion, Paris, 2000.
  • John A. Hostetler, Amish Society, The Johns Hopkins University Press, Baltimore & London, 1993.
  • Steven M. Nolt, A History of the Amish, Good Books, Intercourse (Pennsylvanie), 1992.
  • Neal Blough, The Anabaptist Vision and its Impact among French Mennonites. [lire en ligne].
  • Frits Plancke et Michaël S. Szulczewski, Les Amish, Sarreguemines, Association d'étude et d'information sur les mouvements religieux, 1987

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]