Première Révolution anglaise

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Gravure allemande représentant la décapitation de Charles Ier d'Angleterre, XVIIe siècle.

La Première Révolution anglaise (appelée English Civil War par les historiens britanniques), dont les épisodes se déroulèrent entre 1641 et 1649, est la conséquence de multiples événements passés, de la prise de pouvoir des Stuart sur le royaume d'Angleterre, au règne de Charles Ier. Cet événement aboutira à la mise en jugement du roi Charles Ier, puis à son exécution le 30 janvier 1649 à Whitehall près de Westminster. Cette révolution a aussi pour conséquence l'établissement d'une monarchie parlementaire. Cette révolution est le conflit le plus connu des guerres des Trois Royaumes. Elle est sans doute le commencement de ce qui fera la puissance de l'Angleterre aux XVIIIe et XIXe siècles avec les colonies et la Révolution industrielle.

L'avant-Charles Ier[modifier | modifier le code]

La succession du royaume d’Élisabeth Ire[modifier | modifier le code]

L'Angleterre du XVIe siècle est connue pour être le royaume de la reine Élisabeth Ire, reine d'Angleterre et d'Irlande (1558-1603). À sa mort en 1603, elle n'a pas de successeurs propres, aussitôt la dynastie Stuart d'Écosse fait main mise sur le royaume d'Angleterre, c'est l'accession au pouvoir de James VI, qui deviendra Jacques Ier d'Angleterre. En même temps l'union des deux royaumes est faite, et le rêve des Tudors est réalisé, l'Angleterre sera un grand royaume respecté[1].

Le règne de James Ier ou Jacques Ier[modifier | modifier le code]

En 1603, Jacques Ier devient roi d'Angleterre, d'Écosse, d'Irlande et du Pays de Galles en tant que successeur d'Élisabeth Ire. Le règne de Jacques Ier semble être un règne chaotique, dès les premiers jours en tant que roi d'Angleterre, il est soumis à certaines conspirations (le Bye Plot et le Main Plot (en)), ceux qui espéraient que la succession s'accompagnerait d'un changement de gouvernement sont tout d'abord déçus : James maintient en place les membres du Conseil privé d'Élisabeth, suivant un accord conclu en secret avec Cecil. Un changement gouvernemental de la part de James déçoit lorsqu'il maintient en place les conseillers d'Élisabeth dans le Conseil Privé. De plus, il tente certaines réformes et se met à dos le parlement britannique, comme celle de développer l'union entre les couronnes d'Écosse et d'Angleterre pour créer un royaume unique, sous l'autorité d'un seul roi, avec un seul parlement et une seule loi. Or le Parlement est contre cette réforme et en 1604, il refuse que Jacques prenne le titre de roi de Grande-Bretagne, ce qui n'empêchera pas le roi de s'autoproclamer en octobre 1604 malgré les recommandations des parlementaires. C'est donc un enchaînement de sujet de discorde entre Jacques et les Anglais, ces derniers n'étaient déjà pas favorables au fait qu'un Écossais dirige leur pays. Et par dessus les problèmes politiques Jacques Ier mène un train de vie très extravaguant, et dilapide les richesses du pays dans ses loisirs. L'impopularité du roi devient de plus en plus forte dans le royaume, impopularité tempérée en 1625 par la mort du roi et l’avènement de son fils Charles Ier[2].

Le règne de Charles Ier jusqu'en 1642 : la marche vers la guerre civile[modifier | modifier le code]

Depuis 1603, un même roi règne sur l'Angleterre, le pays de Galles et l'Écosse. Toutefois, l'Écosse et l'Angleterre étaient toujours deux royaumes distincts, disposant chacun d'un parlement propre. Charles Ier, roi depuis 1625 désire réaliser le rêve de son père Jacques Stuart : unifier l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande dans un même royaume. Ces aspirations inquiètent certains Anglais qui craignent pour leurs droits. En effet, Charles, comme son père, se réclame du droit divin, et n'accepte pas les limites que la tradition impose au roi d'Angleterre. D'autres événements contribuent à rendre la situation tendue. En 1625, Charles épouse Henriette-Marie de Bourbon, une catholique, dans un pays à large domination anglicane.

Jusqu'en 1627 : premiers sujets de discorde[modifier | modifier le code]

En 1627, le favori du roi, le duc de Buckingham échoue lors d'une expédition destinée à rompre le siège de La Rochelle ; le parlement entreprend alors contre lui une procédure d'impeachment. Le roi y répond par la dissolution du parlement. Le nouveau parlement lui demande de signer la Pétition des droits. Charles accepte, car il a besoin du soutien du parlement pour pouvoir lever de nouveaux impôts.

1627-1640 : le règne solitaire de Charles[modifier | modifier le code]

Sauf pour lever des impôts, le roi n'a pas besoin du parlement. Charles a besoin d'argent, mais sait qu'il ne peut pas compter sur un réel soutien de la part des parlementaires, et il s'abstient de convoquer un parlement. Il a recours à des moyens détournés pour tenter d'augmenter ses revenus. Ces procédés ne sont pas illégaux, mais sont perçus comme contraires aux libertés, et entretiennent des rancœurs.

Des réformes religieuses suscitent également des hostilités. En Angleterre, les puritains accusent Charles de vouloir rétablir le catholicisme et protéger les rentes de situation par des monopoles.

En Écosse, les dissensions sont plus graves encore. La politique des plantations en Irlande déclenche la colère. Expropriés, des milliers d'Irlandais ont dû migrer dans les années 1630, comme engagés volontaires, sur la petite île antillaise de la Barbade. Il a été calculé qu'en 1641 près de 125 000 colons s'étaient installés en Irlande. Ces spoliations exacerbent les tensions avec les Écossais qui avaient émigré au début des années 1600 en Irlande. Charles Ier est accusé de favoriser les hommes de cour. Thomas Wentworth (1593-1641), un de ses proches, Lord Deputy d'Irlande depuis 1632, accéléra les plantations en Irlande, déclenchant en 1639 les guerres des évêques en Écosse qui conduisent à son exécution en 1641 par le parlement.

Charles, voulant unifier les pratiques religieuses de ces deux royaumes, cherche à imposer un nouveau livre de prières en Écosse. L'entreprise aboutit à des émeutes qui s'enveniment ; la guerre civile éclate et les insurgés écossais connaissent des succès.

1640-1641 : nouveaux parlements, nouveaux conflits[modifier | modifier le code]

En 1640, pour faire face à la rébellion, Charles a besoin de lever de nouveaux impôts. Un nouveau parlement est convoqué. Celui-ci profite de l'occasion pour exposer ses griefs au roi, qui le dissout au bout de quelques semaines, c'est le court parlement. Charles reprend donc la guerre en Écosse sans nouveaux moyens financiers. Mais, face à une situation financière intenable, il se résigne en novembre à convoquer un nouveau parlement.

Le nouveau parlement se montre encore plus hostile envers Charles : il fait passer plusieurs lois destinées à défendre ses droits contre le pouvoir royal, notamment la Grande Remontrance. Le parlement interdit notamment au roi de le dissoudre.

Première guerre civile (1642-1646)[modifier | modifier le code]

Les positions royalistes sont en rouge et les parlementaires, en jaune (1642-1646)

La Première guerre civile a lieu de 1642 à 1646. Le long parlement contourne la volonté du roi et monte une armée dirigée par le comte d'Essex (en), afin de contrer une invasion écossaise ainsi que les actions de reprise de pouvoir du roi par les Royalists.

Parmi les forces royalistes se distingue un neveu du roi le prince Rupert. Charles Ier disposait de près de 10 000 hommes, mercenaires pour la plupart, dont la solde posait un problème financier aigu. Parmi les forces parlementaires, il y avait un puritain représentant au Parlement, Oliver Cromwell. Suite aux tournures des débuts de la Première guerre civile, la New Model Army est constituée par le Parlement grâce a l'arrivée des Écossais. Il mit en place l'Armée nouveau modèle (New Model Army, composée de soldats professionnels soudés par une foi intense, dont le fer de lance étaient les célèbres régiments de cavalerie des « Têtes rondes »).

D'octobre 1642 à octobre 1643, pendant cette période d'un an, les Royalistes remportèrent plusieurs succès, s'emparant notamment de Bristol, du Yorkshire et de la Cornouaille. Toutefois, leurs victoires de Edgehill en octobre 1642 et de Newbury ne furent pas décisives, et Londres resta hors d'atteinte. La fortune changea de camp lorsque les Écossais rejoignirent le camp des Parlementaires, en échange de leur promesse d'établir un système presbytérien en Angleterre. Leur aide permit à Oliver Cromwell de battre les Royalistes à Marston Moor en juillet 1644 et à la seconde bataille de Newbury en octobre 1644. Défait successivement à Naseby en juin et à Langport en juillet 1645, dans l'incapacité financière de lever d'autres troupes, Charles Ier choisit de se rendre aux Écossais en mai 1646[3].

Deuxième guerre civile (1648-1649)[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre civile, le Parlement (dont les effectifs avait diminué au point de ne compter guère plus de 150 députés) avait disposé tant de pouvoirs législatifs que de pouvoirs exécutifs. Ses décisions étaient prises sous forme d'ordonnances ayant force de loi. Après la mort de John Pym en décembre 1643, qui avait fait figure de chef virtuel de la révolution, le centre de gravité des Communes avait glissé vers les éléments les plus intransigeants : ils réclamaient une totale liberté de conscience, une Église décentralisée, sans évêque ni tutelle royale. L'indépendance totale de chaque paroisse en serait le principe de base. Hostiles à tout compromis avec le roi, les indépendants voulaient arriver jusqu'à l'abolition pure et simple de la monarchie. La réforme de l'Église fut mise en œuvre petit à petit : l'exécution de William Laud en janvier 1645 fût un symbole, mais la mesure essentielle fût la suppression de l'épiscopat. Alors que Charles Ier tentait de négocier, le roi rejeta en août 1647 un projet constitutionnel soumis par le gendre de Cromwell, Henry Ireton, qui lui retirait tout contrôle sur l'armée et la politique étrangère. Pour sortir de l'impasse, Charles Ier se réconcilia avec les Écossais : il envahit l'Angleterre en avril-mai 1648. Cette seconde guerre civile s'acheva dès le mois d'août par la victoire de Cromwell sur les Écossais à Preston[4].

L'exécution du roi[modifier | modifier le code]

Oliver Cromwell décide de faire le procès du roi. Le procès a lieu du 20 au 27 janvier 1649 devant un tribunal spécial, choisi par les quelque soixante députés siégeant encore aux Communes (Parlement croupion). La condamnation de « Charles Stuart » est acquise d'avance, pour haute trahison. Il est décapité à Whitehall, près de Westminster, le 30 janvier 1649, à l'âge de 49 ans.

Une semaine plus tard, la chambre des Lords est supprimée et la royauté abolie.

Troisième guerre civile (1649-1651)[modifier | modifier le code]

La troisième guerre civile a lieu de 1649 à 1651. Tandis que la conquête cromwellienne de l'Irlande continue, une partie de la New Model Army est rappelée en Écosse afin de lutter contre les Covenanters, au début de la troisième guerre civile.

Charles II est en exil et s'efforce de prendre le commandement des armées écossaises.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de l'Angleterre, de Philippe Chassaigne
  2. Histoire de l'Angleterre de Philippe Chassaigne
  3. Histoire de l'Angleterre, de Philippe Chassaigne
  4. Histoire de l'Angleterre de Philippe Chassaigne

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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