Erwin Panofsky

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Erwin Panofsky

Naissance 30 mars 1892
Hanovre
Décès 14 mars 1968 (à 75 ans)
Princeton, New Jersey
Nationalité Allemand, Américain
Pays de résidence États-Unis
Profession
Enseignant/Universitaire
Activité principale
Formation

Erwin Panofsky, né le 30 mars 1892, à Hanovre en Allemagne et mort le 14 mars 1968, à Princeton aux États-Unis, est un historien de l'art et essayiste allemand d'origine juive émigré aux États-Unis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait des Arnolfini, Jan van Eyck, 1434

Erwin Panofsky a étudié à l'Université de Fribourg-en-Brisgau, à Berlin et à Munich. En 1914, sa thèse de doctorat sur la théorie de l'art sur Albrecht Dürer est acceptée par l'université de Fribourg. En 1916, il se marie avec Dora Mosse, elle-même historienne de l'art. Il travaille à la bibliothèque Warburg et devient avec Aby Warburg l'un des fondateurs de l'Université de Hambourg où il entre en 1921 comme chercheur, avant d'obtenir la chaire de professeur d'histoire de l'art en 1927. Il y fréquente le philosophe Ernst Cassirer. En 1933, il est contraint de quitter son poste après l'adoption par le régime nazi des lois sur le rétablissement du système des fonctionnaires de profession et il émigre aux États-Unis. Selon Ernst Gombrich, il qualifie cet épisode d'expulsion vers le Paradis terrestre[1]. En effet, Panofsky avait déjà fait plusieurs séjours aux États-Unis où il enseigne à l'université de New York et plus tard à l'Université de Princeton (New Jersey).

Panofsky se fait connaître pour ses études sur les symboles et l'iconographie des œuvres d'art dans un article qui date de 1934. Il publie ensuite Les Primitifs flamands, dans lequel il décrit pour la première fois le tableau de Jan van Eyck, Le Portrait des époux Arnolfini[2], comme la représentation d'une cérémonie privée de mariage pour servir de contrat. Il y décrypte toute une série de détails symboliques qui connotent tous l'idée de mariage. Les conclusions de Panofsky font actuellement l'objet d'une remise en question[3] mais ses recherches sur ce qu'il appelait le symbolisme caché des choses restent encore très importantes pour la compréhension de l'art de la Renaissance nordique[3].

Il s'oppose en histoire de l'art à l'historien de l'art suisse Heinrich Wölfflin et à l'historien de l'art français Henri Focillon, qui ne s'appuient que de manière secondaire sur l'érudition. Il est l'un des historiens de l'art les plus célèbres du XXe siècle.

Ses apports[modifier | modifier le code]

Panofsky fut le plus éminent représentant de l'iconographie, méthode d'étude de l'histoire de l'art créée par Warburg et ses disciples, en particulier Fritz Saxl, à l'Institut Warburg de Hamburg. Une amitié personnelle et professionnelle le liait à Fritz Saxl en collaboration avec lequel il produisit une grande partie de son œuvre. Il donna une description courte et précise de sa méthode dans son article Iconographie et Iconologie.

La Perspective comme forme symbolique comporte deux parties :

  1. Une partie théorique postulant que la perspective de la Renaissance s'appuie sur une philosophie de l'espace qui est elle-même solidaire d'une philosophie de la relation entre le sujet et le monde.
  2. Une partie historique examinant la façon dont les artistes précédents, de l'époque romaine au Moyen Âge, ont résolu le problème de la représentation des objets dans l'espace ou en trois dimensions.

Imago pietatis[modifier | modifier le code]

Panofsky distingue dans l'imago pietatis : l'image de dévotion, l'image historique à caractère scénique et l'image de représentation à caractère hiératique ou culturel.

Auteur d’un unique essai sur le cinéma, il considérait cet art comme un divertissement populaire au départ sans prétention esthétique, qui est devenu un art sui generis. De telles observations peuvent être rapprochées de Stanley Cavell.

Publications[modifier | modifier le code]

Par date de première publication :

  • Die theoretische Kunstlehre Albrecht Dürers (Dürers Ästhetik), Berlin:Reimer, 1914.
  • Idea. Contribution à l'histoire du concept de l'ancienne théorie de l'art (1924, 2.e ed. 1960), traduit de l'allemand par Henri Joly, Paris:Gallimard, 1984.
  • Die Deutsche Plastik des elften bis dreizehnten Jahrhunderts, Munich:Wolff, 1924.
  • La Perspective comme forme symbolique (1924), 1927, rééd. 1975 aux Éditions de Minuit (ISBN 2-7073-0091-8)
  • In Imago Pietatis. Ein Beitrag zur Typengeschichte des Schmerzenmanns und des Maria Mediatrix, Festchrift für Max Frienländer, Leipzig, 1927, p. 261-308.
  • Hercule à la croisée des chemins et autres matériaux figuratifs de l'Antiquité dans l'art plus récent (1930), traduit par Danièle Cohn, Flammarion, 1999.
  • Essais d’iconologie : thèmes humanistes dans l'art de la Renaissance (1939), traduit de l'anglais par C. Herbette et B. Teyssèdre avec une présentation de Bernard Teyssèdre, Paris, Gallimard, 1967.
  • The History of Art as Humanistic Discipline (1940).
  • La Vie et l’Art d’Albrecht Dürer (The Life and Art of Albrecht Dürer, Princeton, 1943), traduit par Dominique Le Bourg, Hazan 2012.
  • Architecture gothique et pensée scolastique (1951) ; trad. fr. et postface de Pierre Bourdieu aux éd. Minuit, coll. « Le sens commun », 1967 (ISBN 2-7073-0036-5, 2-7073-0036-5 et 978-2-7073-0036-2).
  • Les Primitifs flamands (Early Netherlandish Painting) (1953). Paris:Hazan 2010.
  • Galilée critique d'art, trad. de Galileo as a critic of the arts (La Haye:Nijhoff, 1954) et préf. par Nathalie Heinich. suivi de Attitude esthétique et pensée scientifique, par Alexandre Koyré Paris:Les Impressions nouvelles, 2001.
  • avec Dora Panofsky, La Boîte de Pandore (Pandora's box, the changing aspects of a mythical symbol, 1956) ; trad. de l'anglais par Maud Sissung, Paris:Hazan, 1990.
  • La Renaissance et ses avant-courriers dans l’art en Occident (1960 ; trad. 1976). Traduit par Laure Meyer, Paris:Flammarion, 2008.
  • L'Œuvre d’art et ses significations (Meaning in the Visual Arts, 1955), traduit de l'anglais par Marthe et Bernard Teyssèdre avec une présentation de Bernard Teyssèdre, Paris:Gallimard, 1969.
  • Le Titien. Questions d'iconographie (1969). Paris:Hazan 2009.
  • La sculpture funéraire : de l'ancienne Égypte au Bernin, traduit de Tomb sculpture : four lectures on its changing aspects from ancient Egypt to Bernini par Dennis Collins, Paris:Flammarion, 1995.

  • Trois essais sur le style (« Qu’est-ce que le baroque ? », conférences de 1935 ; « Style et matière du septième art » (1934-1937) ; « Les antécédents idéologiques de la calandre de Rolls-Royce», 1963), rassemblés et présentés par Irving Lavin ; avec un texte de William S. Heckscher ; trad. de l'anglais par Bernard Turle, 3e éd. rev. et augm., le Promeneur, 1996
  • Peinture et dévotion en Europe du Nord à la fin du Moyen Âge; présentation par Daniel Arasse ; trad. de l'allemand et de l'anglais, Paris: Flammarion
  • avec Fritz Saxl, La Mythologie classique dans l'art médiéval, trad. de Sylvie Girard, Saint-Pierre-de-Salerne:G. Monfort, 1990

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ernst Gombrich, 15 février 1996, in The New York review of Books
  2. 1434, Londres, National Gallery
  3. a et b Selon l'article anglais Erwin Panofsky