Mosquée Koca Mustafa Pacha

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Mosquée Koca Mustafa Pacha
Image illustrative de l'article Mosquée Koca Mustafa Pacha
Présentation
Nom local Koca Mustafa Paşa Camii
Culte Musulman
Type Mosquée
Début de la construction Ve siècle
Géographie
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Région Province d'Istanbul
Commune Istanbul
Coordonnées 41° 00′ 12″ N 28° 55′ 43″ E / 41.0034, 28.9286 ()41° 00′ 12″ Nord 28° 55′ 43″ Est / 41.0034, 28.9286 ()  

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Mosquée Koca Mustafa Pacha

La mosquée Koca Mustafa Pacha (Koca Mustafa Paşa Camii ou Sünbül Efendi Camii, en turc) est une ancienne église orthodoxe, transformée en mosquée par les Ottomans, située à Istanbul, en Turquie. L'église initiale et son monastère sont dédiés à saint André de Crète et portent le nom de Saint-André-du-Jugement (Μονὴ τοῦ Ἁγίου Άνδρέου ἐν τῇ Κρίσει, en grec). L'édifice subit d'importantes transformations pendant les périodes ottomane et byzantine. C'est un des rares édifices d'Istanbul encore existant remontant au VIe siècle.[réf. nécessaire]

Situation[modifier | modifier le code]

La mosquée se trouve dans le district de Fatih, dans le quartier de Kocamustafapaşa, sur l'avenue Koca Mustafa Paşa (Koca Mustafa Paşa Caddesi, en turc). Elle est située à l'intérieur des murs, à proximité de l'église Saint Jean de Stoudion, sur la septième colline de Constantinople, à proximité de la mer de Marmara.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période byzantine[modifier | modifier le code]

Au début du Ve siècle, la princesse Arcadia, sœeur de l'empereur Théodose II, ordonne la construction du monastère dédié à Saint André à proximité de la porte de Saturnius[1]. L'édifice porte alors le nom de Rodophylion (Ροδοφύλιον, en grec)[2]. Il est transformé en couvent de femmes et est mentionné pour la première fois en 792. Le monastère de Saint-André est alors connu sous le nom de Du jugement d'après le nom du site Le Jugement (ή Κρίσις)[1]. Saint André de Crète meurt le en martyr, victime de son engagement contre la politique iconoclaste de l'empereur Constantin V. Il est enterré en ce lieu. Après le triomphe de l'Orthodoxie, la dédicace du monastère, de saint André l'apôtre passe à Saint André de Crète. Pendant la seconde moitié du IXe siècle, l'empereur Basile Ier reconstruit intégralement l'église qui a probablement subit les dommages occasionnés par les guerres iconoclastes.

Vers 1284, la princesse Théodora Paléologue, nièce de l'empereur Michel VIII et épouse du protovestiaire Jean Raoul, reconstruit le monastère et l'église et se voit décerner le titre de seconde ktētorissa. Elle passe les quinze dernières années de sa vie au monastère et y est enterrée. Abandonné pendant l'occupation latine de Constantinople, le monastère reçoit la visites de deux pèlerins russes en 1350 et de 1425 à 1450 qui mentionnent l'église et affirme que Saint André fait l'objet d'un culte par les gens victimes de maladies. Au début du XVe siècle, les environs du monastère sont recouverts de vignobles, ce qui témoigne du déclin de la cité[3].

Période ottomane[modifier | modifier le code]

La mosquée en 1877

Après la prise de Constantinople par les Ottomans, le monastère que les Turcs nomment Kızlar Kilisesi, ou « l'église des femmes », continue à être occupé pendant une période. Entre 1486 et 1491, le Kapıcıbaşı ou « chef des gardiens de la porte », Koca Mustafa Paşa transforme l'église en mosquée[4]. Quelques années plus tard, son beau-fils Şeih Çelebi Efendi dote le monastère d'un tekke pour les derviches de l'ordre Halveti[3]. Ces soufis sont alors dirigés par le maitre Sünbül Efendi. Son mausolée (turbe, en turc), lieu de pèlerinage musulman, est situé à proximité de la mosquée qui finit par prendre son nom. Au début du XVIe siècle, une querelle éclate entre Şeih Çelebi Efendi et le sultan Selim Ier qui veut raser une partie du monastère pour y construire le palais de Topkapı. Ce dernier, mort en 1520, est enterré avec son épouse Safiye Hatun dans un mausolée situé dans la cour de la mosquée, à proximité du mausolée de Koca Mustafa Paşa. Plusieurs cheiks de la communautés soufie des Halvetis sont inhumés à l'arrière de la mosquée[3].

Le cyprès mort et la chaine « détecteur de mensonge » (cachée d'un un abri en bois). La mosquée se trouve à droite tandis qu'à l'arrière-plan se trouve une fontaine décorée d'une fine colonnade. Derrière les arbres se trouve le dôme du mausolée (turbe) de Sünbül Efendi.

De cette période date une légende sur la présence d'une chaine accrochée à un cyprès. Cet arbre, mort depuis longtemps, demeure, avec la chaine, enchâssé dans un petit bâtiment circulaire situé dans la cour de la mosquée. On raconte que cette chaine, suspendue entre deux personnes aux avis différents, heurtait celle qui disait la vérité[5]. Cette légende fait partie d'un ensemble d'histoires populaires au sujet de la mosquée. Une autre légende relate l'histoire de deux sultans jumeaux aux racines byzantines, hérauts d'une fusion des cultures et croyances grecques et ottomanes[6].

Architecture[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Raymond Janin, La géographie ecclésiastique de l'empire byzantin, p. 34
  2. Wolfgang Müller-Wiener, Bildlexikon Zur Topographie Istanbuls: Byzantion, Konstantinupolis, Istanbul Bis Zum Beginn, 1977. Jh. Tübingen : Wasmuth, (ISBN 9783803010223), p. 172
  3. a, b et c Wolfgang Müller-Wiener, Bildlexikon Zur Topographie Istanbuls: Byzantion, Konstantinupolis, Istanbul Bis Zum Beginn, 1977. Jh. Tübingen : Wasmuth, (ISBN 9783803010223), p. 173
  4. Semavi Eyice, Istanbul. Petit guide à travers les monuments byzantins et turcs, 1955 Istanbul: Istanbul Matbaası, p.92
  5. Alexander Van Millingen, Byzantine Churches of Constantinople, 1912. London: MacMillan & Co, p. 107
  6. Çelik Gülersoy, A guide to Istanbul, 1976, Istanbul: Istanbul Kitaplığı, p. 262

Liens externes[modifier | modifier le code]