Winnaretta Singer

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Winnaretta Singer
Winnaretta Singer10.jpg
Titre de noblesse
Princesse
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Mère
Fratrie
Isabelle Singer (d)
Mortimer Singer (en)
Washington Singer (en)
Paris SingerVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Autres informations
Propriétaire de
Galerie de vues de la Rome antique (d), galerie de vues de la Rome moderne (d), hôtel Singer-Polignac (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Winnaretta Singer, princesse de Polignac, dite « Winnie » née à Yonkers (État de New York) le et morte à Londres le , est une mécène musicale d'origine américaine et l'héritière des machines à coudre Singer.

Biographie[modifier | modifier le code]

Façade d'Oldway Mansion

Ses parents sont l'inventeur et richissime homme d'affaires Isaac Merritt Singer et Isabella Eugénie Boyer. Elle passe ses premières années à Paris, où ses parents se sont installés à cause de la guerre civile américaine, puis dans leur immense demeure d'Oldway Mansion (en) dans le Devon en Angleterre. Son père meurt lorsqu'elle a dix ans, laissant une fortune colossale d'environ trois milliards d'euros actuels. Elle retourne en France en 1879 avec sa mère qui s'installe à Paris avec son deuxième mari, un violoniste hollandais célèbre, Victor Reubsaet, fait duc de Camposelise par Humbert Ier d'Italie en 1881.

Elle étudie le piano et l'orgue. Après un mariage malheureux avec le prince Louis de Scey-Montbéliard en 1887[1] (elle avait 22 ans), annulé par le Vatican en 1892, elle épouse l'année suivante Edmond de Polignac, homosexuel discret de 59 ans, chacun vivant librement grâce à cette union chaste. Le mariage avait été arrangé par la comtesse Greffulhe et Robert de Montesquiou[2], faisant dire à Mme Blanche, mère de Jacques-Émile Blanche, chez qui le prince de Polignac se rendait souvent : « Ainsi nous marierons la machine à coudre à la lyre. »

Après le suicide en 1896 de sa sœur Isabelle, duchesse Decazes, la princesse élève en partie les enfants Decazes.

Palais de la princesse à Venise

Elle tient un salon à Venise, dans son palais Contarini-Polignac, où elle invite Gabriel Fauré. Elle encourage la plupart des musiciens de son temps : Nadia Boulanger, Emmanuel Chabrier, Jean Françaix, Reynaldo Hahn, Darius Milhaud, Maurice Ravel, Henri Sauguet, Germaine Tailleferre, Jean Wiener, Isaac Albéniz, Igor Markevitch, Kurt Weill, Ethel Smyth, Karol Szymanowski. Les pianistes Ricardo Viñes, Blanche Selva, Clara Haskil, Lili Kraus, Arthur Rubinstein et la danseuse Isadora Duncan ont également profité de son aide.

Elle commande de nombreuses pièces à des compositeurs célèbres. On lui doit entre autres la création de Socrate d'Erik Satie, du Renard d'Igor Stravinsky, du Retablo de Maese Pedro de Manuel de Falla, du Concerto pour deux pianos et du Concerto pour orgue, cordes et timbales de Francis Poulenc. Ravel lui dédia sa célèbre Pavane pour une infante défunte.

Elle fréquente le salon littéraire de Geneviève Halévy où l'on rencontre le prince Auguste d'Arenberg, Lucien Guitry, le peintre Antonio de La Gandara qui fait son portrait, le romancier Paul Bourget ou Edgar Degas, qui rompt avec Halévy lors de l'Affaire Dreyfus.

Son sens des réparties acides la faisait surnommer dans les cercles parisiens « Vinaigretta ».

La princesse Edmond de Polignac est notamment à l'origine de la collecte de fonds pour la construction d'un bâtiment de l'hôpital Foch, à Suresnes[3].

En 1928, avec l'artiste Madeleine Zillhardt, elle est à l'initiative de l'achat de la péniche de béton Liège, réhabilitée par le Corbusier, afin de la mettre à disposition de l'Armée du Salut. Le bateau prend alors le nom de Louise-Catherine en hommage à Louise Catherine Breslau, peintre germano-suisse, compagne de Madeleine Zillhardt, disparue l'année précédente d'une longue maladie. Selon les voeux de Madeleine Zillhardt, le bateau devient un refuge pour les sans-abris l'hiver et une colonie de vacances pour les enfants l'été. Géré par l’Armée du Salut jusqu'en 1986, amarré à Paris sur les berges de la Seine, au pont des Arts puis au Pont d'Austerlitz, la péniche Louise-Catherine est reprise en main par l'architecte Michel Cantal-Dupart et la Fondation Le Corbusier mais sombre accidentellement en février 2018 durant la crue de la Seine à Paris[4].

Fondation Singer-Polignac[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fondation Singer-Polignac.

Winnaretta Singer fit un don à l'État français en vue de la création d'une fondation pour la promotion des arts et des sciences.

La loi du 25 mars 1928 ratifia la création de l’établissement public dénommé fondation Singer-Polignac, et le décret du 17 octobre 1928 approuva la dotation de la princesse à l’État français en vue de cette création, le revenu de ce capital étant destiné aux activités de mécénat. À la mort de la princesse, la fondation reçut en legs son hôtel particulier, sis au 43 avenue Georges-Mandel à Paris, et s’y installa en 1945.

Relations amoureuses[modifier | modifier le code]

La princesse de Polignac eut des relations amoureuses notoires avec Ethel Smyth, Romaine Brooks, Olga de Meyer, Alvilde Chaplin (en), Renata Borgatti et Violet Trefusis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Elle se serait réfugiée sur une armoire pendant sa nuit de noces, effrayée de ce qui se passait et aurait menacé son mari de se tuer s'il l'approchait.
  2. George D. Painter, Marcel Proust, Paris, Mercure de France, 1966, p. 219
  3. « L'histoire de la Fondation Foch », fondation-foch.com, consulté le 27 novembre 2018.
  4. « Une péniche de Le Corbusier classée monument historique coule lors de la décrue | Connaissance des Arts », Connaissance des Arts,‎ (lire en ligne, consulté le 27 novembre 2018)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvia Kahan, Winnaretta Singer-Polignac : Princesse, mécène et musicienne. Dijon, Les presses du réel, 2018.
  • Sylvia Kahan, Music's Modern Muse: A Life of Winnaretta Singer, Princesse de Polignac, Eastman Studies in Music. University of Rochester Press, 2003. (ISBN 1-58046-133-6).
  • Sylvia Kahan, Winnaretta Singer-Polignac. Princesse, mécène et musicienne, Les Presses du réel, 2018. (ISBN 978-2-84066-268-6).
  • Michaël de Cossart, La Princesse Edmond de Polignac et son salon, Plon, 1979.
  • Mario d'Angelo (coord., textes réunis et édités avec le soutien de l'Observatoire musical français), La musique à la Belle Époque. Autour du foyer artistique de Gustave Fayet -Béziers, Paris, Fontfroide-, éd. MAGFF, 2010. [ (ISBN 2-909941-07-8)].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]