Ethel Smyth

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Ethel Smyth
Ethel Smyth.jpg

Ethel Smyth

Informations générales
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
WokingVoir et modifier les données sur Wikidata
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Œuvres réputées
Der Wald (d), The March of the Women (d), The Boatswain's Mate (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Ethel Mary Smyth, née à Londres le et morte à Woking (Surrey) le , est une compositrice et suffragette anglaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née d'une mère française et d'un père général britannique, elle grandit dans une famille de huit enfants près d'Aldershot. À l'âge de douze ans, elle décide de devenir compositrice. Malgré le refus de ses parents, elle parvient en 1877 à rejoindre l'école de musique de Leipzig (elle est la première femme à suivre les cours de composition dans cette école[1]).

Ethel Smyth et la musique[modifier | modifier le code]

A Leipzig, elle étudie auprès de Carl Reinecke. Elle y rencontre Johannes Brahms, Clara Schumann et Piotr Ilitch Tchaïkovski, qui l'encourage à suivre sa voie et qui écrivit à son propos, dans ses Mémoires : « Mademoiselle Smyth est l’une des quelques compositrices qui comptent parmi les personnes qui travaillent dans le domaine de la musique… Elle a composé plusieurs œuvres intéressantes, dont j’ai entendu la meilleure, une sonate pour violon, extrêmement bien jouée par la compositrice elle-même. Elle a donné la promesse pour l’avenir d’une sérieuse et talentueuse carrière.[1] ». Elle rencontre à Florence en 1882 Henry Bennet Brewster, un écrivain qui devient l'un de ses plus proches amis et écrit pour elle des livrets d'opéra.

photo : Ethel Smyth en 1901
Dame Ethel Smyth.
Portrait par John Singer Sargent (1901).

En 1890, elle revient en Angleterre. Sa Sérénade en ré majeur est créée la même année au Crystal Palace. Puis en 1893, le Royal Albert Hall voit représenter la Messe en ré avec le soutien de l'Impératrice Eugénie. Œuvre dont la compositrice avait elle-même eu l'occasion de chanter quelques extraits à la Reine Victoria.

De nombreux succès ponctuent la carrière d'Ethel Smyth, notamment entre 1893 et 1910[1]. En 1898, son premier opéra est monté à Weimar : Fantasio. Puis, deux opéras sont représentés à Berlin et au Royal Opera House de Londres : Der Wald (La Forêt, 1902), également accueilli en 1903 par le Metropolitan Opera de New York. Et The Wreckers (1910), monté grâce au célèbre chef Thomas Beecham, lié à Ethel Smyth et grand défenseur de son œuvre.

Ethel Smyth et la politique[modifier | modifier le code]

En 1910, Ethel Smyth assiste à une réunion féministe de la Women's Social and Political Union fondée en 1903 par Emmeline Pankhurst et s'engage dans le mouvement des suffragettes. En 1911, elle écrit The March of the Women (La Marche des femmes), qui devient l'hymne du mouvement. Elle dirige l'œuvre lors d'un rassemblement au Royal Albert Hall. En 1912, elle est condamnée à deux mois de prison pour avoir cassé la fenêtre de la résidence d'un secrétaire d’Etat lors d’une manifestation. Dans la prison de Holloway, elle dirige une représentation mémorable de sa March of the Women, comme l'écrit Thomas Beecham après une visite qu'il lui rendit un jour : « Quand je suis arrivé, le gardien de la prison était pris d’un fou rire. Il m’a dit "Entrez dans le quadrilatère". Il y avait… une douzaine de dames, marchant de long en large et chantant fort. Le gardien me montra une fenêtre où se trouvait Ethel ; elle était penchée, et dirigeait vigoureusement avec une brosse à dents, se joignant au chœur sur sa propre chanson[1]. »

Pendant la Première Guerre mondiale, elle rejoint la XIIIe division de l’armée française et l’hôpital militaire situé à Vichy [1].

En 1922, elle devient Dame Commandeur (en) de l'Ordre de l'Empire britannique. Elle est nommée Docteur honoris causa en musique par l'Université d'Oxford en 1926[1]. Elle cesse de composer devant l'évolution de sa surdité. Elle a inspiré les personnages littéraires d'Edith Staines dans Dodo d'E. F. Benson (1893) et de Dame Hilda Tablet dans la pièce du même nom de Henry Reed (1950).

Ses lettres révèlent ses coups de foudre pour des femmes telles que Pauline Trevelyan, la princesse de Polignac, Lady Mary Ponsonby et Edith Somerville (en). À l'âge de 71 ans, elle tombe amoureuse de Virginia Woolf qui, amusée, entretient leur amitié jusqu'à son suicide en 1941.

Ethel Smyth s'éteint le 8 mai 1944 à l'âge de 86 ans.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Musique de chambre 
  • Sonate pour piano no 2 en fa soutenu mineur „Geistinger Sonate“ (1877)
  • Quintette à cordes en mi majeur, op. 1 pour 2 violons, alto et 2 violoncelles (1883), Gewandhaus Leipzig, 26 janvier 1884
  • Sonate en la mineur, op. 7 pour violon et piano (1887), Gewandhaus Leipzig, 20 novembre 1887 (avec Adolph Brodsky et Fanny Davies)
  • Quintette à cordes en si mineur (1884)
  • Cinq préludes chorals pour orgue (1887)
  • Sonate en la mineur, op. 5 (1887), 8 décembre 1926
  • Quatuor à cordes en mi mineur (1914)
  • Variations sur « Bonny Sweet Robin » pour flûte, hautbois et piano (1928)
Orchestre
  • Symphonie pour petit orchestre (1878-1884)
  • Sérénade en ré majeur (1889-90)
  • Concerto pour violon, cor et orchestre (1928)
Musique vocale 
  • Eight Songs pour voix et piano sur des textes allemands (1879)
  • Lieder et Ballades, op. 3 pour chant et piano (1886)
  • Mass in D, Londres, Royal Albert Hall, 1893
  • Quatre mélodies, pour voix et piano sur des poèmes français (trois d'Henri de Régnier ; un de Leconte de Lisle, d'après Anacréon) 1909
  • The March of the Women (1911)
  • Hey Nonny No, pour chœur et orchestre (1911)
  • Songs of sunrise, pour chœur de femmes a cappella (1911)
  • Sleepless dreams, pour chœur et orchestre , 1912
  • The Prison, pour solistes, chœur et orchestre (1930)
Opéras 
  • Fantasio, livret de Henry Brewster d'après Alfred de Musset, Weimar, Hoftheater, 1898
  • Der Wald, Berlin, Staatsoper, 9 avril 1902
  • The Wreckers, Leipzig, Neues Theater, 11 novembre 1906
  • The Boatswain's Mate, livret d'Ethel Smyth (1915) création, Londres, Shaftesbury Theatre, 28 janvier 1916

Écrits[modifier | modifier le code]

  • (en) Impressions that remained, Londres/New York, Alfred A. Knopf,‎ 1946 (1re éd. 1919), 608 p. (lire en ligne)
  • Streaks of life, Londres/New York 1921.
  • What happened next.
  • A three-legged tour in Greece, Londres 1928.
  • A final burning of boats, Londres/New York 1928.
  • Female piping in Eden, Londres/New York 1933.
  • As time went on, Londres/New York 1935.
  • Beecham and Pharao, Londres 1935.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Messe en , Air de Mrs Waters (extraits de The Boastwain's Mate), Marche des femmes - Eiddwen Harrthy (soprano), Janis Hardy (alto), Dan Dressen (ténor), James Bohn (basse), Chœur et orchestre Plymouth Music Series, dir. Philip Brunelle (1990, "British Composers" EMI Classics)[2]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Ethel Smyth, compositrice engagée », sur France Musique,‎ (consulté le 6 mars 2015)
  2. Lors de sa sortie ce disque a reçu 5 clés dans Diapason no 479, mars 2001.

Liens externes[modifier | modifier le code]