Armande de Polignac

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Armande de Polignac
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Hedwige de Chabannes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Officier d'Académie ( Palmes Académiques 1907 )
Archives conservées par

Marie Armande Mathilde de Polignac, comtesse de Chabannes-La Palice, est une instrumentiste, critique et compositrice française née le à Paris (16e arrondissement)[2] et morte le à Neauphle-le-Vieux (Yvelines). D'une solide formation musicale, Armande de Polignac fut en 1903 la première femme en France à diriger un orchestre, devançant en réalité Jane Evrard reconnue comme la première professionnelle en 1930.

Biographie[modifier | modifier le code]

Armande de Polignac est l'unique fille du premier mariage de Camille de Polignac et de Marie Adolphine Langenberger. Dès sa prime jeunesse, Armande de Polignac se passionne pour les langues étrangères dont elle parle une douzaine et cultive depuis toujours une attirance et un goût prononcé pour la création musicale.

Elle commence ses leçons d'harmonie à Londres. Puis, elle travaille sous la direction de Gabriel Fauré, d'Eugène Gigout et reçoit de Vincent d'Indy des cours de direction d'orchestre à la Schola Cantorum de Paris et elle est, probablement, la seule compositrice à avoir joué à l'orchestre en tant qu'altiste.

Dans son enfance, elle essaie de s'enlaidir pour ressembler aux génies qu'elle admire, Berlioz et Wagner, en mettant dans sa bouche des petits bâtonnets de manière à déformer son visage.

Elle se marie en 1895 avec le comte Alfred de Chabannes La Palice, mélomane et chanteur amateur. Une seule fille, Hedwige, naît de cette union. Jusqu'à la perte de son patrimoine, intervenue en 1930, elle se consacre à sa passion. Sa fille indique : « Elle avait voué sa vie à la musique, travaillait avec régularité, sacrifiait les plaisirs et le monde »[3].

Elle apporte son soutien à Edgar Varèse qu'elle a connu à la Schola Cantorum en récoltant des fonds en 1915 pour lui afin qu'il puisse aller aux États-Unis.

Elle produit, entre 1900 et 1914, des mélodies apparentées à de la musique légère. A partir de sa fondation en 1905, Armande de Polignac devient collaboratrice de la revue du Mercure Musical fondée par Louis Laloy et où collabore dès ses débuts, Claude Debussy, Romain Rolland, Jean Marnold, Willy, et où elle donne comme critique, plusieurs articles dénommés "Pensées d'Ailleur".

En 1920, elle compose son cycle de huit mélodies sur des poèmes chinois traduits par Franz Toussaint, La Flûte de Jade et un court recueil L'Amour fardé. Elle met en musique un texte de Lucie Delarue-Mardrus et publie des mélodies sur des poèmes de Melchior Polignac, Edouard Guyot, Louis Longepierre, Robert d'Humières, Georges de Dubor, , etc. Avec Willy, elle écrit des mélodies comme Café Maure, Chemin de Mihaïl, Le Dernier Menuet du Roy, Nuit à Capri, Poème, Pastel et Soir de Jardin. Elle fait, aussi, plusieurs adaptations sur des poèmes de Françoise d'Antoine : Le Vieux clavecin, Printemps morts, Mélancolie et Berceuse.

Sa musique pianistique est aussi importante : Danses Brèves orchestrées et dirigées par elle en concert, Six Préludes, Toccata dédiée à Ricardo Viñes, Berceuse, Échappée, Pluie, Carillon, Dans le steppe et Bazar d'orient, un nocturne pour harpe (1912) et la Petite Suite pour clavecin (1939) dédiée à Marcelle de Lacour. Elle est l'auteur de trois quatuors à cordes, deux sonates pour violon et piano, un quintette avec piano dédié à Louis Laloy (), deux pièces pour quintette à vent et diverses pièces pour flûte et piano, violon et piano ou violoncelle et piano.

Elle présente six fois des œuvres à la Société musicale indépendante entre 1911 et 1922 et c'est à cette occasion que Maurice Ravel montre un certain intérêt pour sa musique.

Son catalogue comprend, également, une quinzaine de pièces symphoniques, une dizaine de pièces apparentées à de la musique légère, une ouverture Lear, Salomé, un poème symphonique. Dans le domaine de l'opéra et des ballets, il faut citer : La Petite Sirène (Nice, ), Les Roses de Califes (Paris, 1909), le ballet arabe Les Mille et Une Nuits (Paris, 1914), un ballet japonais Urashima La Source Lointaine et le ballet Les Chinois.

Elle compose Judith de Béthulée scène dramatique inédite chantée par Felia Litvinne à l'Opéra de Paris en mars 1916.

Armande de Polignac est enterrée au cimetière de Neauphle-le-Vieux, dans la chapelle funéraire de Casimir de Rochechouart de Mortemart, arrière-grand-père de son mari.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Musique pour piano[modifier | modifier le code]

  • Prélude en mi (1901)
  • Barcarolle (1901)
  • Danses mièvres (1902)
  • Pluie (1905)
  • Berceuse (1906)
  • Nocturne (1907)
  • Miroitement (1907)
  • Ballade (1912)
  • Danse persane (1923)

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • Sonate pour violon et piano (1902)
  • Sonate en si bémol, pour piano et violon (1910)
  • Nocturne, pour harpe (1912)
  • Danse égyptienne, pour violon et piano (1913)
  • Quintette pour deux violons alto, violoncelle et piano (1916)

Musique symphonique[modifier | modifier le code]

  • Les Mille et une nuit, suite symphonique en trois parties (1913)

Mélodies[modifier | modifier le code]

  • Au mois d'avril (1898)
  • Ne me regarde pas (1898)
  • Café maure (1902)
  • Chanson de Mihaïl (1902)
  • Le Dernier Menuet du Roy (1902)
  • Nuit à Capri (1902)
  • Chanson (1903)
  • Rêverie ! (1903)
  • Adoration (1905)
  • Jardin du roi (1905)
  • Pastel ! (1905)
  • Poème (1905)
  • Rêverie, pour mezzo-soprano ou baryton et piano (1905)
  • Soir au jardin (1906)
  • Chanson espagnole (1908)
  • Deux mélodies, Plainte d'amour et Douleur (1910)
  • Chant d'amour, pour voix et piano (1911)
  • La Flûte de jade (1922)

Drames et opéras[modifier | modifier le code]

  • La Petite Sirène, drame lyrique en 3 actes, poésie de Henry Gauthier-Villars (1908)
  • Les Roses du calife, drame lyrique en 1 acte de Georges de Dubor (1909)
  • Judith de Béthulée, scène dramatique (1916)

Ballets[modifier | modifier le code]

  • Urashima (1900)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « http://www.archives43.fr/arkotheque/inventaires/ead_ir_consult.php?fam=1&ref=FRAD043_Guide_des_archives_de_la_Haute_Loire » (consulté le )
  2. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 16/26/1876, avec mention marginale du décès (consulté le 9 septembre 2012).
  3. Polignac H., Les Polignac, page 254.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Women in the Arts in the Belle Epoque : Essays on in influential artists, writers and performers, par Paul Fryer. Edition Mc Farland & Cie. 2012 (paragraphe écrit par Laura Hamer : " Armande de Polignac : An Aristocratic compositrice in Fin-de-siècle à Paris " pages 165-185)
  • Association Femmes & Musique, Les Compositrices françaises au XXe siècle. Edition Delatour. Paris 2007
  • Loïe Fuller, danseuse de la Belle Epoque par Giovanni Lista. Réédition Hermann. 2006
  • Les compositrices en France au XIXe siècle, par Florence Launay. Edition Fayard - Paris 2006
  • La princesse Edmond de Polignac et son salon (1865-1943) : Une américaine à Paris, par Michaël de Cossart. Edition Plon 1979
  • Les Polignac d'Hedwige de Polignac . (Edwidge de Chabannes) - Paris. Edition Fasquelle, 1960
  • Les Marronniers en Fleurs. Mémoires par Elisabeth de Gramont . Edition Grasset 1929. (Réédition " Les Cahiers Rouges " - Grasset 2018)
  • Revue Femina , N° 149 du Ier Avril 1907, consacrée à Mme de Chabannes, princesse Armande de Polignac.
  • Pensées d'Ailleurs par Armande de Polignac, in Le Mercure Musical. N° 14 - Ière Année. Ier Décembre 1905 ( Le Rythme )

Discographie.[modifier | modifier le code]

Compositrices d'Exception : Hélène de Montgeroult, Cécile Chaminade, Armande de Polignac, Blanche Selva & Melanie Bonis. Oeuvres pour piano , interprétées par Laurent MARTIN. CD album - Label : Ligia Digital 01033441-19 (paru en Septembre 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]