William C. Bullitt

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William Christian Bullitt, Jr.
Illustration.
Fonctions
Maire de Paris
(provisoire)

(2 jours)
Prédécesseur Jules Ferry (indirectement)
Successeur Jacques Chirac (indirectement)
Ambassadeur des États-Unis en France

(3 ans, 8 mois et 28 jours)
Prédécesseur Jesse I. Straus
Successeur William Leahy
Ambassadeur des États-Unis en Union soviétique

(2 ans, 5 mois et 3 jours)
Prédécesseur David R. Francis (ambassadeur en Russie)
Successeur Joseph E. Davies
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Philadelphie (États-Unis)
Date de décès (76 ans)
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine
Nationalité Américaine
Profession Diplomate
Ambassadeurs des États-Unis d'Amérique en France

William Christian Bullitt, Jr. ( Philadelphie) est un journaliste et diplomate américain, nommé ambassadeur des États-Unis en Union soviétique puis en France avant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Né dans une grande famille d’avocats de Philadelphie, il est diplômé de Yale en 1913 et commence sa carrière comme correspondant de guerre pour le Philadelphia Public Ledger durant la Première Guerre mondiale.

Russie[modifier | modifier le code]

En 1919, il participe à une mission en Russie bolchévique pour établir des relations diplomatiques avec les États-Unis. Nommé par le président Woodrow Wilson, il fait partie de la délégation américaine à la conférence de paix de Paris. Il démissionne en jugeant les conditions du traité de Versailles inacceptables pour les vaincus et porteurs des germes de futurs conflits.

En 1933, il est nommé par le président Franklin Roosevelt premier ambassadeur américain auprès de l'Union soviétique. Il restera en poste jusqu’en , lorsqu'il est nommé ambassadeur à Paris.

France[modifier | modifier le code]

Lors de l'avancée des allemands vers Paris, en juin 1940, Paris étant déclaré ville ouverte, il négocie, accompagné de Robert Murphy avec le général von Küchler, qui menace de bombarder la ville. Cela est reproché par Roosevelt, et Bullitt répondra le au Département d’État : « La tradition veut que l’ambassadeur américain ne quitte pas Paris. Souvenez-vous de Gouverneur Morris, et de sa jambe de bois sous la Terreur, de Washburne sous la Commune, de Herrick [pendant la Première Guerre mondiale]. »

Le , il refuse de quitter la capitale et est nommé maire de Paris[1] à titre provisoire par Paul Reynaud, contraint de prendre la fuite face à l'avancée de l'armée allemande[2]. Cet américain est donc officiellement inscrit comme maire de Paris par intérim entre le 20 et le 22 juin 1940[3]. Dans la réalité, sa nomination est plus une revendication qu'une véritable fonction ; le rôle de maire est assuré par le préfet de police Roger Langeron et le préfet de la Seine Achille Villey-Desmeserets qui ont reçu l'ordre explicite de Mendel de rester à leur poste, en lien permanent avec le gouverneur militaire de Paris le général Dentz[4]. Ayant refusé de quitter Paris pour respecter une certaine idée de la tradition, Bullit se présente comme "de facto maire de Paris"[5].

En juin, après avoir occupé le château de Candé grâce à l'aide de son propriétaire, Charles Bedaux, le personnel de l’ambassade s’installe à Vichy. Après le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain le , Bullitt rejoint les États-Unis en passant par l’Espagne. Murphy est chargé d'affaires auprès du gouvernement de Vichy jusqu'à la nomination comme ambassadeur de l’amiral Leahy .

États-Unis[modifier | modifier le code]

Bullitt aide Roosevelt pendant la campagne présidentielle de 1940 pour son troisième mandat. Il est écarté, et Jeffrey Mehlman du département de littérature française, de l'université de Boston, en donne la raison : « De retour à Washington, le principal souci de Bullitt semble avoir été d’obtenir la mise à l’écart de l’éminence grise de Roosevelt, le sous-secrétaire d’État Sumner Welles (en), qu'il accusait d’avoir fait des propositions homosexuelles à des portiers « nègres » dans un train. Roosevelt refuse de l’écouter et se hérissa en entendant Welles traité de « criminel »[6]. »

Il est, sans succès, candidat démocrate à la mairie de Philadelphie en 1944[7].

France[modifier | modifier le code]

S'étant vu refuser un poste d'officier dans l'armée américaine, il sollicite, en , du général de Gaulle de servir dans les Forces françaises Libres. Avec le grade de commandant dans la 1re armée française, il participe au débarquement de Provence. Il rejoint ensuite Paris lors de sa libération[8]. Il est grièvement blessé à la colonne vertébrale à la bataille d'Alsace. Il est décoré le à Stuttgart par le général de Gaulle en personne, en même temps que les généraux Jean de Lattre de Tassigny et Joseph de Goislard de Monsabert de la Légion d'honneur et de la croix de guerre 1939-1945.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Un homme marche d'un pas décidé, en manteau noir, cravate et coiffé d'un chapeau
William C. Bullitt en 1937

Psychanalysé par Sigmund Freud en 1920, ils demeurent amis et coécrivent le livre Thomas Woodrow Wilson: A Psychological Study.

Il s'est marié deux fois ; d’abord avec Aimee Ernesta Drinker en 1916, dont il divorce en 1923, puis en 1924 avec Louise Bryant, veuve de John Reed, dont il eut une fille qui épousera en quatrièmes noces Daniel Brewster, sénateur du Maryland. Il divorce de Louise en 1930, après avoir découvert son adultère avec la sculptrice anglaise Gwen Le Gallienne.

Il meurt d'un cancer le à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine.

On lui a reproché d'être proche des socialistes (il était notamment ami de Léon Blum) et d'avoir eu des idées communistes bien qu'il soit ensuite très anticommuniste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Assemblée adopte, le , une loi municipale, formée de 20 articles, qui prévoit de procéder dans le plus bref délai au renouvellement intégral des conseils municipaux, au scrutin de liste. Paris, dont le conseil municipal est formé de 4 élus pour chacun des 20 arrondissements, a un régime spécial. Provisoirement, le gouvernement désigne par décret le maire et les adjoints dans les villes de plus de 20 000 âmes, les chefs-lieux de département et d'arrondissement et les vingt arrondissements municipaux de la capitale.
  2. Site lefigaro.fr, article de Blaise de Chabalier "Parisiens d'Amérique", consulté le 21 février 2021.
  3. « LISTE DES MAIRES DE PARIS », sur annuaire-mairie.fr
  4. Gilles RAGACHE, Juin 40, , 334 p. (ISBN 978-2-262-08735-7, lire en ligne), p. 76.
  5. (en) Alison R. Holmes, Global Diplomacy : Theories, Types, and Models, , 346 p. (ISBN 978-0-429-97342-0, lire en ligne), p. 56.
  6. Jeffrey Mehlman, Anti-France : Un fantasme du roman américain contemporain, Diogène, pp. 146 à 160 [1].
  7. Google Livres "Congressional Record: Proceedings and Debates of the United States. 78th Congress", page A4169.
  8. (en) Orville Bullitt :For the President : Personal and Secret : Correspondence Between Franklin D. Roosevelt and William. C. Bullitt, Boston, Houghton Mifflin 1972.

Source de la traduction[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]