Charles Bedaux

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Charles Bedaux
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Biographie
Naissance
Décès
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Nationalités
Activité

Charles Eugène Bedaux (26 octobre 1886 Charenton-le-Pont - 18 février 1944 Miami) est un homme d'affaires franco-américain et l'un des précurseurs de l'organisation scientifique du travail.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

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Il est le troisième enfant d'un employé des chemins de fer et d'une couturière. Son frère Gaston, ingénieur des Ponts et Chaussées, travaillera avec lui. Il quitte l'école très tôt, après avoir obtenu son certificat d'études, et cherche du travail à Montmartre. Il émigre en 1906 aux États-Unis, sans parler l'anglais, après l'assassinat d'un proxénète à Montmartre dans un lupanar où il travaille.

Il exerce au début des petits métiers et parcourt les États-Unis. Il trouve un travail à Saint Louis chez Mallinckrodt Chemical Works. En 1908, il épouse Blanche de Kressier Allen, dont il a un fils un an plus tard, surnommé Charles Emile. En 1914, il s'engage pour combattre en France dans la Légion étrangère mais, à la suite d'un accident, il est démobilisé sans combattre. Il est aussi soupçonné d'espionner au service des Allemands[1]. Il rentre aux États-Unis et fonde sa société. En 1916, son épouse excédée par ses aventures le quitte.

Il invente la méthode Bedaux de management d'entreprise et publie, en 1917, The Bedaux Efficiency Course for Industrial Application, qui connaît un grand succès. Il fonde alors son bureau d'ingénieurs conseils.

La même année, il acquiert la citoyenneté américaine et rencontre Fern Lombard, fille d’un riche industriel de Grand Rapids (Michigan) et membre de l’Église chrétienne scientiste, qu'il épouse. Elle l'introduit chez les capitaines d'industrie et il devient consultant des grandes sociétés américaines : Ford, Standard Oil, etc. Il ouvre des cabinets partout en Europe, et particulièrement en Allemagne, et, dans les années trente, plus de mille sociétés utilisent sa méthode.

L'apogée[modifier | modifier le code]

Fortune faite, il mène avec son épouse une vie mondaine, et se consacre aux voyages. En 1927, il achète le château de Candé à Monts en Indre-et-Loire, qu'il équipe du dernier confort moderne.

En 1929, il traverse l'Afrique d'Est en Ouest puis, en 1939, il effectue la traverse du Cap au Caire en automobile. Ils montèrent une expédition au Tibet[Qui ?] et enfin, en 1934, il tente un raid automobile au Canada connu sous le nom de Croisière blanche. En 1995, le réalisateur canadien George Ungar réalise pour la télévision un film sur la vie de Bedaux sous le titre The Champagne Safari. Il voyage de manière intense, il visite l'Union soviétique et, en 1939, il traverse à nouveau l'Afrique en automobile du Cap au Caire[2].

L'avant-guerre[modifier | modifier le code]

Le système Bedaux en image. Dessin de 1930 exposé au Musée de la viscose, à Échirolles.

En 1934, ses bureaux en Allemagne sont saisis par les Nazis, ces derniers considérant le système Bedaux comme contradictoire avec leur attitude à l’égard des ouvriers[3]. Il développe alors des relations avec les dignitaires du Reich afin de les convaincre de la nécessité de sa méthode, et récupérer ses bureaux.

En 1936, il intervient comme médiateur aux accords Matignon.

En 1937, il accueille pour leur mariage le duc de Windsor et Wallis Simpson au château de Candé. Il organise pour eux un voyage en Allemagne au cours duquel le duc, par son intermédiaire, rencontre Robert Ley, Rudolf Hess, Hermann Göring et Adolf Hitler. Le voyage aux États-Unis qui devait suivre est annulé à la suite du scandale soulevé par le premier. Ce scandale l'obligera à céder, sous la pression, sa société américaine à son associé[4].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Du fait de ses relations, et surtout son expérience des affaires, il est chargé par le gouvernement de quelques missions au début de 1939 notamment par le ministre de l'Armement Raoul Dautry.

Il nourrit très tôt des sympathies pour le nazisme et semble avoir utilisé les liens entre les Windsor et certains dignitaires nazis[5]. Proche d'Otto Abetz, ambassadeur du Reich en France, il cherchait à faire des affaires, faisant preuve de beaucoup d'opportunisme. Il était suffisamment proche du régime nazi pour posséder une maison voisine du Berghof, la résidence d'Hitler à Berchtesgaden dans les Alpes bavaroises.

En septembre 1939, il loue une partie du château de Candé, pour une somme symbolique, à l'ambassade américaine pour qu'elle s'y replie. Il supervise les travaux de reconstruction de Tours, qui avait été bombardée en 1940. En 1942, le château est mis sous séquestre par les Allemands.

Sous l’Occupation, il développe des relations d'affaires avec les autorités allemandes et participe, suivant certains, à l’aryanisation des biens juifs. Il devient aussi conseiller technique du gouvernement de Vichy[6].

Il est chargé en août 1942 d'une mission par le gouvernement pour étudier l'amélioration de la fabrication d'huile d'arachide en Afrique occidentale et son transport vers la Métropole. Il conçoit la construction ad hoc d'un oléoduc de 3200 kilomètres à travers le Sahara, de Dakar à Oran. Ce projet gigantesque devait s'appeler le transsaharien.

En septembre 1942, il est arrêté, puis interné au camp de Compiègne comme citoyen américain, mais il est rapidement relâché sur intervention allemande. En décembre 1942, il se trouve en Algérie pour mettre au point son projet d'oléoduc en compagnie de son fils et de Pierre Jérôme Ullmann, fils de Lisette de Brinon. Il est en relation avec Robert Murphy, chargé d'affaires à l'ambassade américaine à Vichy, qui sur place organise le débarquement allié en Afrique du Nord (opération Torch). Le 5 décembre 1942, il est arrêté avec son fils par les autorités françaises puis remis aux forces américaines[7].

Arrêté une première fois par les autorités françaises, il est relâché sur intervention de Robert Murphy. Puis, soupçonné d'espionnage au profit des nazis[7], il est à nouveau arrêté avec son fils à la demande des autorités américaines le 2 janvier 1944 et remis à la police militaire américaine. Son fils, une fois libéré, s'engage dans l'armée américaine et Charles est transféré aux États-Unis à la prison militaire de Miami sous l'inculpation de trahison.

Le 18 février 1944, Bedaux est retrouvé mort dans sa cellule. Une lettre aurait été retrouvée à ses côtés, validant la thèse du suicide. Bedaux aurait souhaité protéger son épouse et sa famille toujours en France. Cependant, on suppose aussi que Bedaux a été assassiné par les services secrets américains pour éviter toute révélation compromettante lors de son procès, celui-ci ayant noué des liens proches avec de nombreux politiques et industriels de tous bords.

Il est inhumé au Mount Auburn cemetery (en) de Cambridge (Massachusetts). Son nom est donné à une avenue de Tours. Un sommet des Rocheuses, au nord de la province canadienne de Colombie-Britannique, le mont Bedaux (57° 47′ 40″ N, 124° 51′ 30″ O) est nommé d'après lui.

Une personnalité controversée[modifier | modifier le code]

Selon Martin Allen, citant les rapports du FBI, en 2000, Charles Bedaux était proche des industriels américains affichant des sympathies pro-nazi (Henry Ford, la famille Dupont de Nemours) et avait des rapports d'affaires avec les Drs Schacht et Ley dès 1935 puis avec Fritz Weidmann, conseiller économique d'Hitler et Hermann Goering, le système Bedaux devenant « un élément clé du système d'Hitler »[8]. L'enquête du FBI effectuée en 1943 sur les agissements de Bedaux est évoquée en détail dans The Hidden agenda, How the Duke of Windsor betrayed the Allies de Martin Allen (publié par Mc Millan en 2000 et traduit en français chez Plon sous le titre Le Roi qui a trahi). Les documents concernant l'enquête menée par le FBI sur ses activités en France pendant l'Occupation ne seraient toujours pas accessibles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. MEYER-STABLEY, La véritable histoire de la duchesse de Windsor, p.214
  2. Sol Bloomenkranz Charles Bedaux - Deciphering an Enigma
  3. Charles Eugène Bedaux fut-il réellement un socialiste utopique ?
  4. Franck Ferrand, « Édouard VIII, roi nazi ? », émission L'Ombre d'un doute sur France 3, 6 février 2013
  5. Peter Allen : The Windsor secret: new revelations of the Nazi connection page 142 : « According to American Military Intelligence sources, Charles Bedaux was also a close friend of Otto Abetz »
  6. Henry du Moulin de Labarthète : Le temps des illusions. Souvenirs, juillet 1940-avril 1942- A l'enseigne du cheval ailé, 1947 Page 252 « Charles Bedaux celui-là, (collaborateur notoire) »
  7. a et b http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/camt/fr/memoires/donnees_colloques/07_03_29-30_Conference_Histoire_de_la_comptabilite/program_fichiers/levant.pdf
  8. (en) Martin Allen, The hidden agenda, London, Mac Millan, , 317 p. (ISBN 0333901819)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gaston Bedaux : La vie ardente de Charles Bedaux chez l'auteur Paris 1959
  • Jim Christy : The price of power, a biography of Charles Eugène Bedaux Doubleday New York 1989
  • Charles Glass : Les Américains à Paris: vie et mort sous l'occupation nazie Saint-Simon 2010
  • Jean des Cars : La saga des Windsor 2011