Victor-Joseph Doutreloux

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Victor-Joseph Doutreloux
Image illustrative de l’article Victor-Joseph Doutreloux
Biographie
Naissance
à Chênée, Drapeau de la Belgique Belgique
Ordination sacerdotale
Décès
à Liège, Drapeau de la Belgique Belgique
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
Évêque de Liège

Ornements extérieurs Evêques.svg
Blason à dessiner.svg
« Caritas edificat »
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Victor-Joseph Doutreloux, né le à Chênée, près de Liège (Belgique) et décédé le (à 64 ans) à Liège, était un prêtre belge, nommé 86e évêque de Liège. Consacré le comme évêque-coadjuteur de Liège, il prend la succession de Mgr de Montpellier en 1879 et est à la tête du diocèse de Liège jusqu’à sa mort en 1901.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Sixième enfant d'une famille aux revenus modestes, le jeune Victor est orphelin dès l'âge de 7 ans. Recueilli par un oncle maternel qui est curé dans le Limbourg néerlandais, il reçoit au presbytère les premiers éléments de sa formation. Il fréquente ensuite le collège Marie-Thérèse de Herve. Les études secondaires terminées il entre au petit séminaire de Saint-Trond car il souhaite devenir prêtre: il y étudie la philosophie. Pour la théologie immédiatement préparatoire au sacerdoce il se trouve au grand séminaire de Liège. Doué pour les études il est envoyé à l’université grégorienne de Rome où il termine sa théologie. Il y est ordonné prêtre le .

Carrière[modifier | modifier le code]

Son premier poste est au collège Saint-Quirin de Huy où il est sous-directeur. Entre 1863 et 1871, il est directeur du petit-séminaire de Saint-Roch à Ferrières. En 1865 il est directeur du petit-séminaire de Saint-Trond, et six ans plus tard, en 1871, président du grand séminaire de Liège, un poste de grande responsabilité.

Mgr Théodore de Montpellier le prend comme vicaire général en 1874. Et c’est sans doute sur sa proposition que Doutreloux est nommé évêque coadjuteur avec droit de succession par Pie IX (). Il est consacré évêque le et adopte comme devise épiscopale une parole de saint Paul tirée de la première lettre aux Corinthiens : « Caritas aedificat » (« L’amour édifie » : 1Cor. 8:1).

Évêque de Liège[modifier | modifier le code]

Victor-Joseph Doutreloux a 42 ans lorsque, à la mort de Montpellier en 1879, il prend possession du prestigieux siège épiscopal du saint évêque Lambert de Maastricht, à Liège. Cette nomination est un tournant important car, même si la principauté de Liège avait disparu comme entité politique depuis près d’un siècle, la succession épiscopale liégeoise avait gardé au XIXe siècle un aspect aristocratique, si pas princier. Doutreloux est le premier évêque issu de milieu modeste.

À la tête du diocèse qui institué la Fête-Dieu, Doutreloux soutient vigoureusement les congrès eucharistiques. Le troisième a lieu à Liège, en . Homme de piété sincère et profonde l’évêque tient à encourager la dévotion au Saint-Sacrement dans sa ville épiscopale et dans son diocèse.

Engagement social[modifier | modifier le code]

C’est surtout par son engagement social très progressiste que Mgr Doutreloux marque son diocèse de Liège et l’Église de Belgique. Dès 1883, il est en correspondance avec Don Bosco, le fondateur des Salésiens, lui demandant de fonder un orphelinat à Liège. Le , l’orphelinat Saint-Jean-Berchmans[1] est ouvert : c’est la première maison salésienne en Belgique.

En 1886, 1887 et 1890, il réunit, au collège Saint-Servais, trois grands congrès sociaux qui étudient ce que l’on appelait alors la question ouvrière. Ces grandes assises sociales catholiques mettent en mouvement la démocratie chrétienne et débouchent en un centre de réflexion, de pensée et d’action sociale chrétienne. On l’appelait l’École de Liège’. Il est l’évêque des ouvriers[2]. Une série d’œuvres et d’actions en faveur des pauvres et des ouvriers sont créées. L’orphelinat des salésiens en est une ; le soutien à Théophile Reyn et à sa fondation des Aumôniers du Travail en est une autre.

En Belgique, Mgr Doutreloux est le précurseur de l’enseignement social du pape Léon XIII. Aussi reçoit-il avec enthousiasme son encyclique sociale, Rerum Novarum, de 1891. Lui-même envoie au clergé de son diocèse une longue lettre pastorale « sur la question ouvrière » ()[3] qui, au-delà d’un commentaire de texte pontifical, répond aux objections que l’on pourrait faire et est une invitation pressante à mettre en pratique l’enseignement social de Léon XIII.

Dernières années de sa vie[modifier | modifier le code]

Son engagement social lui crée des inimitiés y compris dans les milieux catholiques conservateurs. Il rencontre de sérieuses difficultés et doit faire face à des campagnes de calomnies. Toujours soucieux de maintenir l’unité parmi ses fidèles, il travaille à l’entente au sein des diverses associations et tendances parmi les catholiques de son diocèse, pas toujours avec succès. Aussi sent-il le besoin, par crainte de divisions encore plus profondes, de tempérer l’ardeur novatrice qui avait été sienne durant les premières années de son épiscopat.

Victor-Joseph Doutreloux meurt à Liège, le . Son influence sur le catholicisme social et la démocratie chrétienne dans la Belgique du début du XXe siècle sera profonde.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le jeune saint belge, Jean Berchmans, avait été récemment canonisé (en 1888) par Léon XIII.
  2. Dans la Gazette de Liège du 8 et 9 juin 1889 : Mgr Doutreloux est « L'Évêque du peuple et des enfants, l'Évêque des pauvres et des écoles catholiques, l'Évêque des ouvriers et du rapprochement fraternel de toutes les classes sociales »
  3. Lettre pastorale de Sa Grandeur Mgr Doutreloux au clergé de son diocèse sur « la question ouvrière », H. Dessain, Liège, 1894, 35pp

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Gerin, Catholiques liégeois et question sociale (1833-1914), Paris-Bruxelles, 1959.
  • Paul Gerin, La démocratie chrétienne dans les relations Église-État à la fin du XIXe siècle. L'action de Mgr Doutreloux, dans L'Église et l'État à l'époque contemporaine (Mélanges dédiés à la mémoire de Mgr Aloïs Simon), Bruxelles, 1975, p. 225-287.

Article connexe[modifier | modifier le code]