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Vauquois

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Vauquois
Vauquois
La butte de Vauquois.
Blason de Vauquois
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meuse
Arrondissement Verdun
Intercommunalité Communauté de communes Argonne-Meuse
Maire
Mandat
Jean-Pierre Delandre
2020-2026
Code postal 55270
Code commune 55536
Démographie
Population
municipale
21 hab. (2021 en augmentation de 10,53 % par rapport à 2015)
Densité 2,6 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 12′ 14″ nord, 5° 04′ 24″ est
Altitude Min. 184 m
Max. 290 m
Superficie 8,14 km2
Type Commune rurale à habitat très dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Clermont-en-Argonne
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
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Vauquois
Géolocalisation sur la carte : France
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Vauquois
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Vauquois
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Vauquois

Vauquois est une commune française située dans le département de la Meuse, en région Grand Est.

Le village est connu pour la bataille de Vauquois qui s'est déroulée durant la Première Guerre mondiale du au entre l'armée française et l'armée allemande.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Vauquois est un petit village du département de la Meuse, situé à 35 kilomètres au nord-ouest de Verdun. Il est dominé par une butte haute de 290 mètres et sur laquelle avant la Première Guerre mondiale, se trouvait le village.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est dans la région hydrographique « la Seine du confluent de l'Oise (inclus) à l'embouchure » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Buante, le Fossé 01 de la commune de Vauquois, le Fossé 03 de la commune de Vauquois, le ruisseau de Vaux, le ruisseau de Branière et la Beaussogne[1],[Carte 1].

La Buante, d'une longueur de 18 km, prend sa source dans la commune de Avocourt et se jette dans l'Aire à Baulny, après avoir traversé cinq communes[2].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Vauquois[Note 1].

Climat[modifier | modifier le code]

En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[3]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (1,5 °C), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver[4].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 991 mm, avec 13,8 jours de précipitations en janvier et 9,3 jours en juillet[3]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Aubréville_sapc », sur la commune d'Aubréville à 7 km à vol d'oiseau[5], est de 10,9 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 854,3 mm. La température maximale relevée sur cette station est de 41,8 °C, atteinte le ; la température minimale est de −15,7 °C, atteinte le [Note 2],[6],[7].

Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020[8]. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[9].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Au , Vauquois est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[10]. Elle est située hors unité urbaine[11] et hors attraction des villes[12],[13].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (57,4 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (54,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (57,4 %), prairies (42,6 %)[14]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

L'occupation du site date de l'époque gallo-romaine.

Le village est surtout célèbre pour sa bataille, dite bataille de Vauquois, qui se déroula durant presque toute la Première Guerre mondiale, de 1914 à 1918 (quatre années et deux jours exactement) et qui opposa les armées françaises et américaines contre l'armée allemande. Elle s'est déroulée du au , se soldant par une victoire tactique de la France, mais continua jusqu'en avril 1918 sous forme de « guerre des mines ».

Le village était construit sur la butte du même nom ce qui en faisait un lieu stratégique pour les armées en présence. En effet, dominant la plaine du haut de ses 290 m, cette position permettait d'avoir une vue imprenable sur les voies de communications de Verdun et Sainte-Menehould et permettait de diriger les tirs d'artillerie contre les positions ennemies. Haut-lieu de la guerre dite des mines durant laquelle chaque adversaire creusait de profondes galeries (mines) et y enfouissait des tonnes d'explosifs afin de causer d'importants dégâts en surface avant de lancer un assaut. Terrible affrontement où la peur de sauter était constamment à l'esprit des combattants. Les profonds cratères encore visibles témoignent de la violence des combats et forment une profonde tranchée au sommet de la butte. La ligne de front fut percée par les Américains lors d'une offensive de grande envergure en 1918. Le futur président américain Harry Truman et le futur général Patton combattirent dans le secteur. Il ne reste plus aucune trace de l'ancien village.

Bien que classé en zone rouge, du fait des munitions et cadavres dispersés sur et dans la butte, les habitants se réinstallèrent au pied de celle-ci où fut construit le village actuel. La commune sera alors parrainée par la ville d'Orléans en grâce à l'intervention du général Céleste Deprez, originaire du village. Plusieurs régiments composés d'Orléanais avaient combattu à Vauquois. Une souscription publique y sera lancée. Mais le nouveau village ne sera composé, pendant de nombreuses années, que de baraquements, la première maison en pierre n'étant construite qu'en 1923. Un monument « aux combattants et aux morts de Vauquois » est inauguré en 1925 au sommet de la butte qui devient un site puis un monument historique. La rue principale du nouveau village est baptisée rue d'Orléans.

Il resterait sous le sol environ 14 km de galeries en parties effondrées dont deux étudiées par les historiens et par les archéologues[15].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 En cours Jean-Pierre Delandre    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[17].

En 2021, la commune comptait 21 habitants[Note 3], en augmentation de 10,53 % par rapport à 2015 (Meuse : −4,57 %, France hors Mayotte : +1,84 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
345338348328323331305320319
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
324332313278239233239253236
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2161831685863102858555
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
574849362826202318
2021 - - - - - - - -
21--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Butte de Vauquois[modifier | modifier le code]

Monument « Aux combattants et aux morts du Vauquois »
  • Nécropole nationale
  • Le Monument Aux combattants et aux morts du Vauquois.

Le site de la butte de Vauquois a été préservé après la guerre. En 1925, un monument « aux combattants et aux morts du Vauquois » a été construit au sommet de la butte, côté "français". Il représente une pyramide tronquée avec une lanterne des morts. Y est sculpté un poilu en tenue de 1915 et un marronnier tronqué, rappelant un marronnier de la butte scié à la mitrailleuse par les Allemands car il servait de repère à l'artillerie française. L'ensemble des terrains de la zone rouge sur la butte a été classé monument historique depuis 1937[20].

Aujourd'hui, le site est ouvert au public et constitue un témoignage de la première guerre mondiale, du sacrifice des valeureux soldats de chaque camp et de la « guerre des mines ». Une association de bénévoles, l'association des amis de Vauquois et de sa région, entretient et restaure le site pour conserver ce témoignage de l'histoire[21]. Cette association propose une visite guidée des souterrains le premier dimanche de chaque mois ou sur rendez-vous pour des groupes.

Église de l'Immaculée-Conception[modifier | modifier le code]

L'église de l'Immaculée-Conception, reconstruite en 1928.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Parmi « ceux de Vauquois », nom donné à ceux qui ont participé à la bataille de Vauquois :

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Vauquois Blason
Les armoiries de Vauquois se blasonnent ainsi :

D'azur au coupeau d'or sommé de la Vierge de Vauquois en majesté, portant l'enfant Jésus, les deux d'argent, nimbés d'or ; chapé de gueules chargé de deux casques de centurion romain d'argent affrontés.
Détails
Création Robert A. Louis et Dominique Lacorde. Adopté le 8 avril 2017.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amat, J. P. (1987). Guerre et milieux naturels: les forêts meurtries de l'Est de la France, 70 ans après Verdun. Espace géographique, 16(3), 217-233.
  • Boucheron, G. (1917). L'assaut: l'Argonne et Vauquois avec la 10e Division, 1914-1915. Perrin.
  • Chenet, G. (1908). Grafites figulins des alieux et d'avocourt (Meuse). Revue Archéologique, 11, 391-394 résumé.
  • Grappe, E. (2002). Carnets de guerre, 1914-1919: 52 mois sur le front. Editions L'Harmattan.
  • Landolt, M., Schnitzler, B., Laparra, J. C., Mourot, F., & Legendre, J. P. (2014). Des tranchées aux musées: l’archéologie pendant la Grande Guerre en Alsace et en Lorraine. In Situ. Revue des patrimoines, (23).
  • les Amis de Vauquois et de sa région (2004) La Butte meurtrie, Vauquois, la guerre des mines 1914-1918, Verdun, 2004.
  • Marguin-Hamon, E. (2014). Un patrimoine mémoriel en expansion. André Pézard et la Grande Guerre: un éternel retour. In Situ. Revue des patrimoines, (25) URL :http://insitu.revues.org/11666.
  • Pézard André (1918) Nous autres à Vauquois, 1915-1916: 46°R.I..

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
  2. Les records sont établis sur la période du au .
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2024, millésimée 2021, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2023, date de référence statistique : 1er janvier 2021.

Cartes[modifier | modifier le code]

  1. « Réseau hydrographique de Vauquois » sur Géoportail (consulté le 9 juin 2024).
  2. IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Fiche communale de Vauquois », sur le système d'information pour la gestion des eaux souterraines dans le bassin Seine-Normandie (consulté le )
  2. Sandre, « la Buante »
  3. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI 10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
  4. « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
  5. « Orthodromie entre Vauquois et Aubréville », sur fr.distance.to (consulté le ).
  6. « Station Météo-France « Aubréville_sapc », sur la commune d'Aubréville - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le )
  7. « Station Météo-France « Aubréville_sapc », sur la commune d'Aubréville - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le )
  8. « Les nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020. », sur drias-climat.fr (consulté le )
  9. « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur meteofrance.com, (consulté le )
  10. « La grille communale de densité », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  11. Insee, « Métadonnées de la commune de Vauquois ».
  12. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  13. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  14. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  15. France 3 La Voix est Libre : Archéologie et Grande Guerre, consulté 16 décembre 2017
  16. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  17. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021.
  20. « Zone rouge », notice no PA00106652, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  21. « L'association des amis de Vauquois et de sa région » (consulté le ).
  22. Letters home by Harry Truman, rassemblées et publiées par Monte M. Poen (ISBN 9780826214744), 2003, p. 57.