Trafic d'organes

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Le trafic d'organes est l'exercice illégal du commerce d'organes, il comprend le prélèvement sur des personnes vivantes ou décédées, la conservation ou l'utilisation d'un organe ou d'un tissu humain. Le trafic d'organes vise particulièrement les populations vulnérables et pauvres, souvent dans des pays peu ou très peu développés. Il est souvent exercé par des réseaux mafieux, en raison des difficultés à se procurer des organes et des risques courus pénalement. Cette pratique fait encourir sept ans de prison et plus de 100 000 US$ d'amende aux États-Unis.

Le trafic d'organe est largement dominé par le marché des reins car c'est la plus grande demande ainsi que le seul organe qui puisse être complètement transplanter avec relativement peu de risque. Le trafic d'organe compte pour 10 % des 70 000 reins transplantés chaque années à travers le monde. La Chine, l'Inde, le Pakistan, l'Egypte, le Brésil, les Philippines, la Moldavie et la Roumanie sont les pays ou le trafic est le plus important[1].

Légalisation du trafic d'organes[modifier | modifier le code]

l'Iran est le premier pays a permettre l'achat et la vente d'organes. Le marché est contenu au pays et à des personnes de même nationalité[2].

Sur le marché noir la sécurité n'est pas assuré. Des maladies comme le VIH ou l'hépatite peuvent être transmis au receveur et la qualité du sang et des organes n'est pas assuré. L'opération se fait souvent dans des conditions précaires. Le matériel, les technologies médicale moderne et les compétences des chirurgiens ne sont pas garanties[3]. Sur le marché noir, le donneurs rique de ne pas recevoir suffisamment de traitements post-opératoire. Un autre argument en faveur de la légalisation, concerne l'immoralité de l'exploitation de la misère, de la pauvreté et de la faiblesse de certaines personnes par le trafic illégal[4].

Prix d'un organe[modifier | modifier le code]

Sur le marché légal iranien un rein vaut 2000$ à 4000$[5]. Sur le marché illégale le prix peut aller au déla des 160 000 $[6],[7].

Tentatives de légalisation[modifier | modifier le code]

Trafic illégale d'organes[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

L'un des premiers cas recensé de l'histoire moderne est celui des tueurs en série, William Burke et William Hare, qui commirent dix-sept meurtres à Édimbourg, de novembre 1827 à octobre 1828, dans le but de revendre les corps au docteur Robert Knox.

Dans son Rapport sur le trafic d'organes en Europe, la Commission des questions sociales, de la santé et de la famille du Conseil de l'Europe écrivait : « À l'échelle de la planète, le trafic d'organes n'est pas un problème nouveau. Dans les années 1980, des experts ont commencé à remarquer une pratique baptisée par la suite « tourisme de transplantation » : de riches Asiatiques se rendaient en Inde et dans d'autres régions du Sud-Est asiatique pour obtenir des organes de donneurs pauvres. Depuis, d'autres destinations ont vu le jour, telles que le Brésil et les Philippines. Selon certaines allégations, la Chine ferait commerce des organes prélevés sur les détenus exécutés. La vente d'organes se poursuit en Inde malgré les nouvelles lois du pays, qui rendent cette pratique illégale dans la plupart des régions. Si les estimations actuelles suggèrent que le commerce illicite d'organes se maintient à un niveau relativement modeste en Europe, ce problème ne perd rien de sa gravité, car il est très probable qu'avec les nouveaux progrès de la médecine, le décalage entre l'offre et la demande d'organes continuera de se creuser. » [8]

Mobilisation mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Trafic d'êtres humains.

La Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée, inclut dans sa définition de l'exploitation humaine, le prélèvement d'organes à but lucratif.

Dans sa recommandation 1611 (2003) sur le trafic d’organe en Europe, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a suggéré de concevoir, en collaboration avec les organisations compétentes, une stratégie européenne de lutte contre le trafic d’organes et d’envisager, dans le cadre de l’élaboration de la future convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains, d’inclure un protocole additionnel relatif au trafic des organes et des tissus d’origine humaine. Le principe selon lequel le corps humain et ses divers éléments ne peuvent en tant que tels faire l’objet de bénéfices fait partie des acquis juridiques du Conseil de l’Europe. Ce principe, qui figurait déjà dans la résolution (78) 29 du Comité des Ministres et qui a, en particulier, été confirmé par la déclaration finale de la 3e Conférence des ministres européens de la Santé, tenue à Paris, en 1987, a été consacré par l’article 21 de la Convention sur les droits de l’homme et la biomédecine (STE no 164). Ce principe a été réaffirmé dans son Protocole additionnel relatif à la transplantation d’organes et de tissus d’origine humaine (STE no 186), ouvert à la signature en janvier 2002. L’article 22 de ce Protocole interdit explicitement le trafic d’organes et de tissus. Il doit également être souligné que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté un rapport sur le « trafic d’organes en Europe » (Doc. 9822, 3 juin 2003, Commission des questions sociales, de la santé et de la famille, rapporteuse : Mme Vermot-Mangold, Suisse, SOC) et la recommandation 1611 (2003) sur le trafic d’organes en Europe[9].

Plusieurs associations non gouvernementales et internationales ont pris position sur le sujet, l'Association médicale mondiale a déclaré à Madrid en 1987 : « L’achat et la vente d’organes humains aux fins de transplantation sont interdites ». Elle demande aux chirurgiens de refuser de transplanter un organe qui a été obtenu par le patient de manière illégale ou contraire à l’éthique. L’OMS a adopté certains principes pour garantir l’éthique des transplantations d’organes et de tissus. Elle soutient qu’il faut protéger les plus pauvres et les plus vulnérables du « tourisme de transplantation » et de la vente et du trafic de tissus et d'organes.

En vue de réglementer et de s'opposer au trafic d'organe et au tourisme de transplantation, des organisations médicales se sont réunies du 30 avril au 1er mai 2008 à Istanbul, en Turquie, lors d'un sommet qui a finalement aboutit à la Déclaration d'Istanbul[10]. Celle ci fournit des directives éthiques encadrant le don et la transplantation d'organes. Depuis la création de la déclaration, plus de 100 pays ont renforcé leurs lois luttant contre le commerce illégal d'organes, dont la Chine, Israël, les Philippines et le Pakistan[11].

Cas par pays[modifier | modifier le code]

Trafics de tous types d'organes[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

  • En 2006, la police de New York a démantelé un réseau de pilleurs de cadavres, qui opérait à travers les canaux médicaux légaux, formé d'entrepreneurs de pompes funèbres et mené par, Michael Mastromarino, un ancien dentiste du New Jersey qui avait créé Biomedical Tissue Services, une entreprise revendant des organes humains pour des implants médicaux. Des os, des tendons, des valves de cœur et d'autres tissus ont été retirés sur plus de mille personnes récemment décédées. «Ils falsifiaient les documents pour indiquer que les os émanaient de personnes sans maladie, alors que la plupart en avaient, ce qui rendait illégaux le prélèvement de ces os et leur revente», a déclaré le procureur adjoint Michael Vecchione. Les malfaiteurs créaient également de faux certificats par lesquels les personnes faisaient don de leur corps après leur mort[12].
  • En 2009, un vaste réseau de corruption, de blanchiment d’argent à travers des organisations caritatives aux États-Unis et en Israël et de trafic d'organes qui prenait source en Israël avait été démantelé par le FBI dans une opération gigantesque, baptisée Operation Bid Rig (en), qui a mobilisé plus de 300 agents. Cinq rabbins, trois maires de l'État du New Jersey et vingt-six élus et fonctionnaires locaux font partie des 44 personnes arrêtées. Un rabbin orthodoxe de Brooklyn, Levy-Izhak Rosenbaum, 58 ans, gérait, depuis des dizaines d'années, un trafic d'organes. Il les aurait obtenus pour 10 000 dollars avant de les revendre 160 000 dollars. Les donneurs de reins en provenance d'Israël sont en grande majorité des immigrants asiatiques, surtout des Philippins, il menaçait les récalcitrants avec un pistolet.[réf. insuffisante][13],[14],[15].

Israël[modifier | modifier le code]

  • En 2009, un article du tabloïd suédois Aftonbladet, intitulé « Nos enfants sont dépouillés de leurs organes » accuse Tsahal de couvrir un trafic d'organes prélevés sur des Palestiniens. Cet article avait suscité un malaise diplomatique entre la Suède et Israël qui a demandé une condamnation officielle de l'article, une demande rejetée par le gouvernement suédois qui a manifesté son « attachement à la liberté de la presse »[réf. insuffisante][16]. Le docteur Jehuda Hiss (en), qui fut responsable de l'institut médico-légal israélien dans les années 1990, avait précisé que des cornées avait été prélevées sur des cadavres « de manière extrêmement informelle ». Selon certaines sources, les spécialistes de la morgue d'Abu Kabir (en), prélevaient de la peau, des cornées, des valves cardiaques et des os, sur des cadavres de soldats et de citoyens israéliens, de Palestiniens et de travailleurs étrangers, généralement sans même l'autorisation de leurs familles.[17],[18],[19],[20].

Ukraine[modifier | modifier le code]

  • En 2010, les autorités ukrainiennes ont mis fin aux activités criminelles d'un groupe transnational spécialisé dans le trafic d'organes et qui a sévi près de trois ans au pays. Selon Louri Kucher, le chef du département de lutte contre la cybercriminalité et la traite au ministère de l'Intérieur, la bande recrutait des citoyens en Ukraine, en Russie, en Moldavie, en Biélorussie et en Ouzbékistan[réf. insuffisante]. En Ukraine, l'utilisation d'organes sans la permission des proches est illégal, cela à mener à la création d'un important marché noir[21]. Selon certaines sources, il aurait été relevé la présence d’un trafic d’organes dans le Sud-Est ukrainien en 2014[22]

Moldavie[modifier | modifier le code]

Kosovo[modifier | modifier le code]

  • Dans son livre-témoignage: « La chasse, moi et les criminels de guerre », l'ex-procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, dénonce un trafic d'organes mené au Kosovo à la fin des années 1990, impliquant de hauts responsables politiques actuels, elle raconte que certaines victimes étaient des prisonniers, dont des femmes, des Serbes et d'autres ressortissants slaves, transportés au courant de l'été 1999 depuis le Kosovo jusqu'en Albanie où ils étaient tués pour s'emparer de leurs organes. «Ces organes étaient ensuite envoyés depuis l'aéroport de Tirana vers des cliniques à l'étranger pour être implantés sur des patients qui payaient » écrit-elle. Leurs bourreaux n'hésitaient pas à aller plus loin. « Les victimes privées d'un rein étaient de nouveau enfermées dans une baraque jusqu'au moment où elles étaient tuées pour d'autres organes» précise-t-elle[23]. En juin 2008, Le Conseil de l'Europe a ouvert une enquête et en a chargé le sénateur suisse Dick Marty[24].
  • Dans un rapport préliminaire publié en décembre 2010, il accuse l'actuel premier ministre du Kosovo, Hashim Thaçi, d'être à la tête de ce trafic. Ce groupe est entre autres accusé d'avoir installé des camps retranchés en Albanie où il détenait ses prisonniers puis les exécutait[25]. Ces geôles étaient des maisons isolées et une usine désaffectée, dont certaines ont été transformées en cliniques improvisées dirigées par le chirurgien Shaip Muja, membre d'un groupe de responsables de l'UÇK baptisé Groupe de Drenica.
  • En 2013, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe estime que l'Union européenne ne semble pas lutter activement contre ce tourisme de transplantation. L'enquête, menée par le procureur Vladimir Vuckevic, a permis de mettre à jour de nouveaux témoignages, comme celui d'un maquisard kosovar prélevant, sans anesthésie, le cœur d'un prisonnier serbe d'une vingtaine d'années, attaché sur des bancs d'écolier[26].


  • Affaire de la clinique Medicus.

Une enquête menée par l'EULEX a révélé l'existence près de Pristina d'une clinique privée, la clinique Medicus, qui a été au cœur d'un réseau international de trafic d'organes[27],[28] ayant été actif jusqu'en 2008. Gérée par Yusuf Erçin Sönmez, un chirurgien turc de mauvaise réputation, elle accueillait des « volontaires » venus d'Europe de l'Est, d'Asie centrale [27] de Turquie[28]. Lors d'opérations clandestines, ceux-ci se faisaient prélever des organes en échange desquels ils recevaient théoriquement de 10 000 à 15 000 euros[27]. En réalité, beaucoup de victimes n'étaient jamais payées. Ces organes étaient ensuite transplantés chez des receveurs venus de pays riches, qui payaient l'opération jusqu'à 100 000 euros[27]. La clinique a bénéficié de complicités de l'administration kosovare qui lui donnait des certificats de complaisance[28]. Le propriétaire de la clinique, Lutfi Dervishi, est un proche de Hashim Thaci[28].

En janvier 2011, Yusuf Erçin Sönmez est arrêté à Istanbul à la suite d'un mandat d'arrêt international d'Interpol[29]. Surnommé « Dr Frankenstein» par la presse, un procureur turc a requis 171 ans de prison contre lui[30].

En Août 2012, une enquête du Spiegel révèle qu'un urologue allemand aurait investi près de trois millions d'euros dans la clinique à l'époque où elle était active[31].

En avril 2013, un tribunal européen a reconnu coupables cinq médecins kosovars (dont Dervishi) d'exercice illégal d'activités médicales et de criminalité organisée[32]. Dervishi a été condamné à huit ans de prison[27]. Le rapporteur du Conseil de l'Europe, Dick Marty, a déclaré que l'affaire de la clinique Medicus était liée aux hautes sphères du pouvoir kosovar[33].

Quelques jours plus tard, début mai, la justice européenne ouvre une nouvelle enquête contre 8 personnes dans l'affaire Medicus dont l'ancien ministre kosovar de la santé Alush Gashi et le conseiller du premier ministre, Shaip Muja, accusés de trafic d'organes et de 5 autres chefs d'accusation[34]. Proches eux aussi d'Hashim Thaci, ils sont impliqués dans l'affaire Medicus mais leurs noms reviennent également dans le trafic d'organes sur les prisonniers serbes de la guerre du Kosovo. Selon le rapport de Dick Marty, Shaip Muja était chef du service médical de la guérilla UCK durant la guerre et a lui-même procédé aux ablations d'organes sur les prisonniers assassinés[35].

Albanie[modifier | modifier le code]

  • En 2004, un rapport de l'ambassade de Grèce à Tirana affirme que des « enfants de Tirana ont été assassinés et leurs organes sont partis pour l’Italie et la Grèce dans les valises diplomatiques de fonctionnaires albanais »[36].

Turquie[modifier | modifier le code]

  • En 2009, quatre Algériens qui tentaient de regagner l'Europe en transitant par la Turquie ont été retrouvés morts à la frontière séparant la Turquie de la Grèce, leurs corps mutilés présentant les traces d'un prélèvement d'organes et dépouillés des deux reins, ils auraient été piégés par un réseau criminel de trafiquants d'organes[37].

Brésil[modifier | modifier le code]

  • En 2004, un réseau international de trafic d’organes qui avait des ramifications en Israël et en Afrique du Sud a été démantelé à Recife au Brésil, des examens médicaux et des tests de compatibilité sanguine avec les demandeurs étaient effectués dans le pays, les candidats sélectionnés étaient emmenés ensuite à Durban, en Afrique du Sud. Ils y étaient opérés et recevaient entre 3 000 et 10 000 dollars. La loi brésilienne interdit la commercialisation d'organes même si le donneur y consent. Elle n'autorise le don d'organes qu'après la mort et avec le consentement de la famille. Dans des cas exceptionnels, le don est possible entre personnes vivantes au sein d'une même famille. Deux israéliens, Geldaya Tauber Gady et Eliezer Ramon ainsi que 6 Brésiliens ont été arrêtés et jugés [38],[39]. Gedalya Tauber a été arrêté à Rome en juin 2013. En fuite, à la suite d'une condamnation à perpétuité[40].

Mexique[modifier | modifier le code]

Le procureur général du Mexique a estimé qu'il est probable que les meurtres non élucidés et la disparition de centaines de femmes à Ciudad Juárez, qui n'ont jamais été retrouvées, soient liés à un trafic d'organe. « plusieurs détails soutiennent l'idée que ces femmes ont été tuées pour leurs organes » a-t-il déclaré[41].

Chine[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, les autorités chinoises récupèrent les organes sur les prisonniers des Laogais afin de les transplanter sur des membres du Parti communiste chinois ou sur de riches étrangers[42],[43].

Un certain nombre d'enquêtes et de rapports attestent l'existence de prélèvements forcés d'organes en Chine. Cette pratique, encouragée par les autorités chinoises avec la complicité des hôpitaux militaires, des forces de sécurités et de la police militaire, concerne les prisonniers de conscience chinois -ouïgours, tibétains, chrétiens, pratiquants de Falun Gong (groupe majoritairement concerné)[44].

En 2006, suite aux témoignages d'un chirurgien déclarant avoir effectué de nombreuses transplantations à partir d'organes prélevés de forces de pratiquants de Falun Gong, David Kilgour, ancien secrétaire d'État canadien et avocat de la Couronne et David Matas, avocat international des droits de l'homme, mènent une enquête indépendante[45]. Parallèlement, en mai 2006, le vice-président du Parlement européen, Edward McMillan-Scott se rend en Chine et recueille un témoignage attestant l'existence d'une telle pratique. Malgré les démentis du gouvernement chinois[46] et l'enquête controversée d'Harry Wu [47], d'autres investigations indépendantes suivent et confirment ces dires[48],[49],[50],[51],[52].

Selon David Kilgour, la moitié des détenus des camps de rééducation par le travail sont des pratiquants de Falun Gong[53]. Ceux-ci, durant leur incarcération, sont testés pour leur groupe sanguin, et leurs organes sont examinés[54]. Ils font alors l'objet d'une sélection par les médecins et les autorités carcérales, puis les organes sont prélevés au cours d'une opération, entraînant le décès du pratiquant. Les deux auteurs de "Bloody Harvest" affirment également que depuis 1999, les pratiquants de Falun Gong constituent la source principale des organes prélevés en Chine, et que ces derniers sont vendus à des prix très élevés[55]. Ils estiment qu'il y aurait eu 41 500 transplantations d'organes non expliquées entre 2000 et 2005[56].

En 2010, le Congrès des États-Unis a voté une résolution qui mentionne de telles pratiques dans la persécution du Falun Gong[57]. Elle a été suivie en 2013 d’une résolution spéciale du Parlement européen condamnant les prélèvements forcés d'organes cautionnés par l'État chinois, touchant en particulier les pratiquants de Falun Gong[58]. En juillet 2014, les médias d’État chinois ont rapporté des « abus de transplantations d’organes » en mentionnant notamment le nom d’un haut responsable du domaine médical, connu pour être impliqué dans les prélèvements forcés d’organes sur les pratiquants de Falun Gong[59].

Inde[modifier | modifier le code]

  • Le , la police indienne fait une descente dans une résidence de Gurgaon convertie en une clinique clandestine dirigée par Dr Amit Kumar, un médecin indien de 40 ans, surnommé « docteur Horreur » par les médias. En huit ans d'activité, il aurait fait, selon la police, 600 transplantations d'organes provenant de paysans indiens en utilisant la force ou en promettant des compensations financières. Trois personnes sont décédées au cours d'opérations de prélèvement. Le raid de la police a permis de sauver cinq personnes et cinq autres, un couple indien résidant aux États-Unis et trois Grecs qui attendaient une transplantation ont été arrêtés en plus de cinq de ses collaborateurs. Il a été arrêté au Népal le [60],[61].

Trafics de reins[modifier | modifier le code]

Moldavie[modifier | modifier le code]

  • En Moldavie des centaines de citoyens ont été recensés comme étant devenus donneurs de reins par besoin, des réseaux de trafiquants sont actifs dans le pays rapporte une enquête de la commission de l'assemblée parlementaire européenne des questions sociales, de la santé et de la famille[62].

Kosovo[modifier | modifier le code]

  • En 2008 la police de la MINUK et du Kosovo ont ouvert une enquête sur un réseau de trafic d'organes basé à Pristina et opérant dans une clinique privée: la Medicus. L'enquête a été repris ultérieurement par les policiers européens d’Eulex sous la direction du procureur spécial. Les « chasseurs des reins », tel que baptisés par la presse, promettaient 15 000 euros pour un rein à des donneurs originaires de Moldavie, du Kazakhstan, de Russie ou de Turquie. Les patients eux payaient 100 000 euros. Sept personnes ont été inculpées, dont cinq Kosovars et un chirurgien turc surnommé « docteur Vautour », Yusuf Sonmez, qui sera arrêté en 2011[63]. Le vice-ministre de la Santé, Ilir Rrecaj, a été suspendu de ses fonctions pour avoir autorisé la clinique à effectuer des transplantations, malgré l'interdiction explicite de la législation kosovare[64],[65].

Yémen[modifier | modifier le code]

  • En 2010, un Jordanien recherché pour trafic d'organe, Ramzi Khalil Abdallah Farah, a été arrêté à Sanaa au Yémen avec 7 Yéménites persuadés par le trafiquant de vendre un de leurs reins, le prélèvement devrait s'effectuer en Égypte vers lequel ils s'apprêtaient à voyager.[réf. nécessaire]

Syrie[modifier | modifier le code]

  • En 2010, onze personnes ont été arrêtées en Syrie pour trafic d'organe, le groupe de trafiquants, dirigé par un couple syrien, acheminait les donneurs des quartiers pauvres d'Alep, dans le nord de la Syrie, vers l'Égypte, où ces derniers vendaient un rein à des clients arabes du golfe Persique, principalement des Saoudiens et Émiratis[66].
  • À partir de 2013, la Guerre civile syrienne a entraîné l'exode de centaines de milliers de réfugiés, proies vulnérables au trafic d'organes notamment en Turquie[67],[68].

Irak[modifier | modifier le code]

  • Conséquence de la guerre en Irak et la détérioration de la situation sanitaire, un trafic d’organes, notamment celui de reins, au profit d'irakiens fortunés, s'est développé ainsi que le tourisme de transplantation, selon une enquête de la chaîne de télévision qatarie, Al Jazeera, appuyée par des témoignages, un rein se négocie, avec des intermédiaires stationnés à l’extérieur de l’hôpital, à environ 15 000 dollars[69].

Égypte[modifier | modifier le code]

  • Selon les Nations unies, l'Égypte est l’un des pays les plus touchés au monde par le trafic d’organe après la Chine, les Philippines et l’Inde. Un rein acheté environ 2 300 euros à des donateurs pauvres est vendu 6 fois le prix à de riches originaires des pays du Golfe. Sur 500 greffes de reins effectuées chaque année, 90 % proviendraient de donneurs rétribués[70].

Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Trafics d'ovules[modifier | modifier le code]

Roumanie[modifier | modifier le code]

  • En 2009, les autorités roumaines ont ouvert une enquête sur un trafic d’ovules impliquant des gynécologues israéliens, dont les deux responsables israéliens de la clinique Sabyc, pourtant rayée dès 2006 du registre des cliniques pouvant procéder à des fécondations in vitro, ainsi que deux de leurs compatriotes spécialisés dans les techniques de procréation médicalement assistée. Les bénéficiaires, des Israéliennes pour la plupart, payaient entre 12 000 et 15 000 euros pour une FIV réalisée avec des ovules provenant de jeunes Roumaines en difficulté. Ces dernières, qui n’étaient pas informées des risques auxquels elles s’exposaient, étaient payées entre 190 à 238 euros. [réf. nécessaire]

Grèce[modifier | modifier le code]

  • En 2010, la police grecque a arrêté cinq personnes, dont un médecin grec qui s'apprêtait à prélever des ovules sur une jeune Roumaine de 23 ans, soupçonnées d'exploiter des immigrées dans le cadre d'un trafic illégal d'ovules basé en Bulgarie, les victimes étaient soumises par force au prélèvement d'ovules[71].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) http://www.traffickingproject.org/2008/03/organ-trafficking-fast-expanding-black.html
  2. (en) Robert D. Truog, « The Ethics of Organ Donation by Living Donors », New England Journal of Medicine, vol. 353,‎ , p. 444–446 (DOI 10.1056/NEJMp058155)
  3. (en) Robert D. Truog, « The Ethics of Organ Donation by Living Donors », New England Journal of Medicine, vol. 353,‎ , p. 444–446 (DOI 10.1056/NEJMp058155)
  4. (en)Should the Purchase and Sale of Organs for Transplant Surgery be Permitted?, economics professor Gary S. Becker, 2006-01-01.
  5. (en) « Psst, wanna buy a kidney? », Organ transplants, The Economist Newspaper Limited 2011,‎ (consulté le 12 juin 2011)
  6. (en) John A. Schall, « A New Outlook on Compensated Kidney Donations », RENALIFE, American Association of Kidney Patients,‎ (consulté le 14 juin 2011)
  7. Edecio Martinez, « Black Market Kidneys, $160,000 a Pop », CBS News,‎ (consulté le 12 juin 2011)
  8. Doc. 98223 juin 2003 Trafic d’organes en Europe Rapport Commission des questions sociales, de la santé et de la famille
  9. http://conventions.coe.int/Treaty/FR/Reports/Html/197.htm
  10. (en)Participants in the International Summit on Transplant Tourism and Organ Trafficking convened by The Transplantation Society and International Society of Nephrology in Istanbul, Turkey, 30 April to 2 May 2008. "The Declaration of Istanbul on Organ Trafficking and Transplant Tourism." Kidney International 74, no. 7 (2008): 854-59.
  11. (en) Ambagtsheer, F., and W. Weimar. 2011. "A Criminological Perspective: Why Prohibition of Organ Trade Is Not Effective and How the Declaration of Istanbul Can Move Forward." American Journal Of Transplantation 12, no. 3: 571-575.
  12. http://www.liberation.fr/monde/010164004-etats-unis-cadavres-exquis-aux-pompes-funebres
  13. http://www.lefigaro.fr/international/2009/07/25/01003-20090725ARTFIG00256-corruption-au-sommet-dans-le-new-jersey-.php
  14. http://www.haaretz.com/print-edition/news/u-s-professor-i-told-fbi-about-kidney-trafficking-7-years-ago-1.280718
  15. http://edition.presstv.ir/detail/105711.html
  16. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20090820.OBS8288/trafics-d-organes-presumes-la-suede-indigne-israel.html
  17. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2009/12/21/008-Israel-prelevement-organes.shtml
  18. http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2613
  19. http://www.guardian.co.uk/world/2009/dec/21/israeli-pathologists-harvested-organs
  20. http://edition.presstv.ir/detail/114324.html
  21. (en) http://www.rt.com/news/ukraine-illegal-transplant-organs-645/
  22. http://fr.sputniknews.com/french.ruvr.ru/radio_broadcast/217362642/274374444/ « La correspondance de l’ex-avocat de Timochenko avec une chirurgienne allemande, Olga Wieber »
  23. http://www.lefigaro.fr/international/2008/04/14/01003-20080414ARTFIG00326-le-premier-ministre-kosovar-accuse-de-trafic-d-organes-.php
  24. Le Monde du 27 juin 2008
  25. http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-01-04-Kosovo
  26. Trafic d'organes au Kosovo: le témoin de la Serbie livre un récit horrifiant (article de journal)
  27. a, b, c, d et e http://www.liberation.fr/monde/2013/04/29/kosovo-5-medecins-condamnes-pour-trafic-d-organes_899871
  28. a, b, c et d http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/12/01003-20110112ARTFIG00670-un-trafic-d-organes-mis-au-jour-au-kosovo.php
  29. http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1207074/2011/01/12/Arrestation-du-Docteur-Frankenstein-turc.dhtml
  30. http://www.europe1.fr/International/171-ans-requis-contre-le-Dr-Frankenstein-742055/
  31. http://balkans.courriers.info/article20482.html
  32. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/04/29/97001-20130429FILWWW00421-trafic-d-organes-5-medecins-condamnes.php
  33. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130429.REU3072/cinq-condamnations-pour-trafic-d-organes-humains-au-kosovo.html
  34. http://fr.euronews.com/2013/05/07/des-anciens-ministres-soupconnes-de-trafic-dorganes/
  35. http://www.rfi.fr/europe/20130509-kosovo-enquete-trafic-organes-medicus-hashim-thaci
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  37. http://www.vitaminedz.com/ils-auraient-ete-victimes-d-un-trafic-d-organes-quatre/Articles_15688_153747_14_1.html
  38. http://ipsnews.net/interna.asp?idnews=22524
  39. http://www.bioedge.org/index.php/bioethics/bioethics_article/7726/
  40. Italie : un Israélien arrêté à Rome pour trafic d'organes
  41. http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/2993831.stm
  42. La vrai nature du loagai Réforme, 28 juillet 2008
  43. Alerte pour les lanceurs Amnesty International, 2 février 2015 « De même, il fallut les témoignages de Harry Wu et Wei Jingsheng sur le laogaï et leurs révélations sur les prélèvements d’organes des condamnés à mort ou le cannibalisme des années de famine pour que le monde découvre l’envers du rideau de bambou. »
  44. He Yu et Mu Wenqing, Dans les coulisses du « miracle » des transplantations d’organes du régime chinois, Minghui, décembre 2014.
  45. David Kilgour et David Matas, Prélèvements meurtriers, Deuxième rapport concernant les allégations de prélèvement d'organes sur des pratiquants de Falun Gong en Chine, 31 janvier 2007.
  46. (en) « Chinese embassy denies organ harvesting report », CTV Television Network,‎ (consulté le 2 août 2014)
  47. (en) Wesley J. Smith, « Harry Wu doubts Falun Gong claim but not organ market », National Review,‎ (lire en ligne) : « Dissident Harry Wu doubts Falon Gong claims, but agrees that the organs of executed prisoners are indeed sold in China. He says that some Falon Gong witnesses have refused to meet with him, which is interesting, but may be a matter of fear for safety or other concerns. He claims that he sent in people to look for "concentration camps" holding Falun Gong and came up empty. But this isn't the same as a thorough investigation. Moreover, there is no doubt that Falun Gong are being imprisoned en masse. And it would be almost impossible to witness organ harvesting first hand at an organ procurement hospital. »
  48. (en) Ethan Gutmann, « The Xinjiang Procedure », Weekly Standard,‎ (lire en ligne)
  49. (en) Edward McMillan-Scott, « Olympic athletes compete under the shadow of genocide », The Yorkshire Post,‎ 1er août 2008 (lire en ligne)
  50. (en) Torsten Trey, « Response by Dr. Torsten Trey et al. in reply to Drs Shi Bing-Yi and Chen Li-Peng », DAFOH,‎ (consulté le 2 août 2014)
  51. « Retranscription des propos des Professeurs Francis Navarro et Yves Chapuis à l'Assemblée Nationale, le 3 décembre 2009 », ClearHarmony.net,‎ (consulté le 2 septembre 2014) : « Deux professeurs en médecine français témoignent dans le contexte d'une Conférence à l'Assemblée nationale : « Prélèvements d’organes sur des prisonniers du Falun Gong en Chine » »
  52. Laurent Gey, « La complicité médicale internationale sur les prélèvements d’organes bafoue nos valeurs citoyennes », Epoch Times,‎ (consulté le 7 août 2014)
  53. Noria Ait-Kheddache, « Prélèvement sauvage d'organes sur des opposants chinois », L'Express,‎ (lire en ligne)
  54. (en) Hao Wang, China’s Organ Transplant Industry and Falun Gong Organ Harvesting : An Economic Analysis, Yale University Press,‎ (lire en ligne)
  55. David Kilgour et David Matas 31 janvier 2007, p. 56 : « depuis 1999 le gouvernement chinois et ses organismes dans de nombreuses régions du pays, en particulier dans les hôpitaux mais également les centres de détention et les « tribunaux du peuple », ont mis à mort un grand nombre mais un nombre indéfini de prisonniers de conscience du Falun Gong. Leurs organes vitaux, notamment le cœur, les reins, le foie et les cornées ont été prélevés en même temps sans leur consentement et vendus à prix très élevés, parfois à des étrangers qui normalement doivent attendre très longtemps des donneurs volontaires dans leur pays d’origine »
  56. David Kilgour et David Matas 31 janvier 2007, p. 56 : « Selon des enquêtes plus approfondies, nous sommes encore plus convaincus de notre conclusion initiale selon laquelle les allégations sont vraies. Nous pensons qu'il y a eu et continue d’y avoir aujourd'hui des prélèvements d'organes à grande échelle sur des pratiquants de Falun Gong non consentants. »
  57. (en) « H.Res. 605 (111th) : Recognizing the continued persecution of Falun Gong practitioners in China on the 11th anniversary of the Chinese Communist Party campaign to suppress the Falun Gong spiritual movement and calling for an immediate end to the campaign »,‎ (consulté le 23 mars 2014)
  58. « Résolution du Parlement européen du 12 décembre 2013 sur le prélèvement d'organes en Chine », Parlement Européen,‎ (consulté le 2 janvier 2014)
  59. « Un médecin impliqué dans les prélèvements forcés d'organes cité dans la presse chinoise », Epoch Times,‎ (lire en ligne)
  60. http://www.radio-canada.ca/regions/Ontario/2008/02/03/005-Kumar-recherche.shtml?ref=rss
  61. http://ibnlive.in.com/news/spilling-the-beans-how-the-kidney-racket-unfolded/58458-3.html
  62. document de l’assemblé du Conseil de l’Europe
  63. « Un trafic d'organes mis au jour au Kosovo », Le Figaro, 2011 Deux ans après la découverte de la clinique Medicus, Le chirurgien turc Yusuf Sonmez a été libéré sous caution avec interdiction de quitter le territoire, le docteur Lutfi Dervishi, chef du service d'urologie à l'hôpital de Pristina, aurait imaginé ce trafic dans le courant de 2006, peu après avoir rencontré Sonmez lors d'un congrès d'urologie. Moshe Harel, qui est désormais visé par un mandat d'arrêt international, aurait assuré la mise en relation des donneurs recrutés en Turquie, en Moldavie, au Kazakhstan ainsi qu'en Russie, avec les receveurs.
  64. http://fr.euronews.net/2010/11/12/trafic-d-organes-au-kosovo-deux-nouvelles-inculpations/
  65. http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2008/11/14/trafic-d-organes-a-pristina-les-premieres-tetes-tombent
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  68. Trafic d’organes des Syriens, avec la coopération des hôpitaux turcs
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  71. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/09/18/97001-20100918FILWWW00396-grece-des-trafiquants-d-ovules-arretes.php

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carla Del Ponte, La Chasse, les criminels de guerre et moi, éditions Feltrinelli 2008.
  • Marie Monique Robin, Voleurs d’organes, Enquête sur un trafic, éditions Bayard, 1996.
  • Annie Vintze, Au sud du Rio Grande, éditions Pierre Tisseyre, 2002.
  • David Kilgour et David Matas, Prélèvements meurtriers : deuxième rapport concernant les allégations de prélèvement d'organes sur des pratiquants de Falun Gong en Chine,‎ (lire en ligne)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]