Transplantation rénale

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Schéma représentant la position d'un rein transplanté.

La transplantation rénale, ou greffe de rein est une intervention chirurgicale consistant à remplacer un rein défectueux par un rein sain, prélevé sur un donneur. Selon la pathologie initiale, le greffon peut être posé sans que le rein ou les reins malades n'aient été retirés. Le rein transplanté est généralement greffé plus bas que la position anatomique normale, notamment dans la fosse iliaque.

Il s'agit de la greffe la plus courante, elle possède un taux de réussite élevé. Elle est pratiquée chez les patients souffrant d'insuffisance rénale terminale afin d'améliorer leur qualité de vie, et de les libérer des contraintes des séances de dialyses. Cette greffe n'est donc pas vitale pour le patient.

Historique[modifier | modifier le code]

Les premières expérimentations ont lieu sur des animaux. En 1902, le docteur Emerich Ullmann (en) rapporte la première autotransplantation avec un succès relatif : sa transplantation de rein d'un chien au niveau de son cou reste fonctionnelle quelques jours[1].

En 1906, Mathieu Jaboulay met au point la technique de xénotransplantation rénale humaine en greffant un rein de porc puis un rein de chèvre au pli du coude de deux femmes atteintes d'insuffisance rénale. Dans les deux cas, les deux femmes meurent à cause du rejet mais malgré cet échec, il montre la faisabilité de la technique. La même année, Ernst Unger (de) greffe un rein de macaque sur une femme, sans plus de succès. En 1908, Alexis Carrel réalise la première auto-transplantation rénale parfaitement fonctionnelle sur une chienne[2].

Dans les années 1930 et 1940, le chirurgien soviétique Yuri Voronoy, conscient que les greffons d'animaux sur des hommes sont incompatibles au niveau immunologique, réalise des homogreffes sur des patients humains mais les problèmes de rejet font que les patients ne survivent que quelques jours[3]. Au début des années 1950, les greffes à partir de rein de cadavres humains ou de donneurs vivants voient quelques succès relatifs : certains patients survivent quelques mois grâce à un traitement immunosuppresseur à base d'ACTH et de cortisone[4].

La première transplantation rénale à partir d'un donneur vivant apparenté a lieu dans la nuit du 24 au sur le jeune Marius Renard par le professeur Jean Hamburger et l'équipe de Louis Michon à l'Hôpital Necker à Paris[5]. Malgré un traitement immunosuppresseur à base de cortisone, Le jeune homme meurt 21 jours plus tard. La première transplantation rénale en Belgique est pratiquée le 2 février 1960 à l'hôpital Brugmann par l'équipe du professeur Paul Mingers.

Rôles du rein[modifier | modifier le code]

Le rein est l'organe de filtration du sang et de la formation de l'urine. Il permet de purifier le sang de ses déchets tels que certains métabolites ou des médicaments. Le rein assure également l'équilibre des volumes corporels.

Indication[modifier | modifier le code]

Insuffisance rénale chronique au stade terminal.

Technique et déroulement[modifier | modifier le code]

Le donneur[modifier | modifier le code]

Il s'agit le plus souvent d'une personne décédée. Mais le donneur peut aussi être vivant[6], non-apparenté ou membre de la famille. En cas de donneur vivant apparenté :

  • lorsque les deux reins sont équivalents on prélève le rein gauche ;
  • lorsque les deux reins ne sont pas équivalents on prélève le moins performant ;
  • lorsque la vascularisation est multiple, on prélève le rein qui a la vascularisation la plus simple.

L'opération[modifier | modifier le code]

L'intervention chirurgicale occasionne des appréhensions propres à chacun quant aux douleurs ressenties, aux cicatrices, aux suites opératoires[7]etc.

Évolution et suivi[modifier | modifier le code]

Complications possibles[modifier | modifier le code]

Présence de lymphocytes au sein de l'épithélium tubulaire; ce qui représente l'une des caractéristiques pathologiques de rejet cellulaire aigu.

Suivi du patient greffé[modifier | modifier le code]

Les analyses sanguines seront fréquentes : créatininémie, urémie, population des globules blancs ainsi que la clairance de la créatinine (pourcentage de la filtration rénale et le fonctionnement) avec également le dosage du médicament anti-rejet (Tacrolymus ou Ciclosporine). Une échographie du greffon cherche à détecter le rejet du greffon, une échographie Doppler rénale une fois tous les six mois surveille l'absence de sténose de l’artère rénale.

La cortisone, Le Tacrolymus (ou la Ciclosporine) et les immunosuppresseurs seront administrés à vie pour éviter le rejet du greffon et leur dosage sera revu par le médecin lors de la consultation.

L'Institut national de santé américain (National Institutes of Health) a annoncé, le , la mise au point d'un nouveau test urinaire non invasif permettant de détecter le rejet probable d'un rein greffé[8]. Ce test mesure les taux de trois biomarqueurs présents dans les urines d'un patient et permet d'indiquer si le système immunitaire du receveur est en train de réagir contre les cellules du greffon, entraînant ainsi son rejet et l'échec de la greffe[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Emerich Ullmann, « Experimentelle Nierentransplantation », Wiener Klinische Wochenschrift, vol. 15,‎ 1902, p. 281–282
  2. René Küss, Pierre Bourget, Une histoire illustrée de la greffe d'organes: la grande aventure du siècle, Frison-Roche,‎ 1993, p. 29-32
  3. (en) David Hamilton, A History of Organ Transplantation, University of Pittsburgh Pre,‎ 2012, p. 162
  4. Christophe Legendre, La transplantation rénale, Lavoisier,‎ 2011, p. 12
  5. René Küss, Pierre Bourget, Une histoire illustrée de la greffe d'organes. La grande aventure du siècle, Frison-Roche,‎ 1993, p. 44
  6. (en) Matas AJ, Payne WD, Sutherland DE, Humar A, Gruessner RW, Kandaswamy R, Dunn DL, Gillingham KJ, Najarian JS. « 2,500 living donor kidney transplants: a single-center experience » Ann Surg. 2001;234(2):149-64. PMID 11505060
  7. (fr) [vidéo] La greffe de rein : au bloc et après - une vidéo Renaloo TV sur YouTube
  8. (en) « Urine test can diagnose, predict kidney transplant rejection », National Institutes of Health,‎ (consulté le 19 juillet 2013)
  9. Suthanthiran M, Schwartz JE, Ding R, Abecassis M, Dadhania D, Samstein B, Knechtle SJ, Friedewald J, Becker YT, Sharma VK, Williams NM, Chang CS, Hoang C, Muthukumar T, August P, Keslar KS, Fairchild RL, Hricik DE, Heeger PS, Han L, Liu J, Riggs M, Ikle DN, Bridges ND, Shaked A., « Urinary-cell mRNA profile and acute cellular rejection in kidney allografts », The New England journal of medicine, vol. 369, no 1,‎ , p. 20-31 (PMID 23822777, lire en ligne) modifier

Voir aussi[modifier | modifier le code]