The House that Jack Built

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
The House that Jack Built
Réalisation Lars von Trier
Scénario Lars von Trier
Acteurs principaux
Sociétés de production Zentropa
Film i Väst
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de la Suède Suède
Drapeau du Danemark Danemark
Genre Thriller
Durée 155 minutes
Sortie 2018

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

The House that Jack Built[1] est un film franco-germano-danois écrit et réalisé par Lars von Trier, sorti en 2018.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Un tueur en série solitaire atteint de TOC, Jack, sévit dans l'état de Washington dans les années 1970 et 1980 pendant les mêmes années que le tueur à gages dit « Ice Man ». Ingénieur perfectionniste, surnommé « Monsieur Sophistication » en raison de sa maniaquerie et de sa passion pour la mise en scène de ses assassinats, il cherche à commettre le crime parfait tout en considérant chaque meurtre en soi comme une œuvre d'art. Alors que la police s'apprête à l'arrêter dans la chambre froide où il stocke ses victimes, Verge (qui est en fait Virgile) lui apparaît et le guide vers les enfers. Lors de leur voyage, Jack lui raconte son histoire personnelle coupée en cinq chapitres, fondés sur un meurtre en particulier.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Développement et casting[modifier | modifier le code]

La tête d'affiche Matt Dillon au Festival de Cannes 2018 pour la présentation du film

Initialement prévu comme une série télévisée, Lars von Trier annonce finalement, en février 2016, que son nouveau projet sera un film, une co-production entre la France, l'Allemagne, la Suède et le Danemark[2].

En mai 2016, Von Trier annonce que le film sera tourné en point de vue subjectif, comme La Dame du lac et Maniac[3].

En novembre 2016, von Trier annonce que l'Américain Matt Dillon jouera le rôle principal, Jack, un tueur en série, suivi du Suisse Bruno Ganz dans celui de son confesseur, Verge[4].

Pour jouer les quatre rôles féminins du film, ceux des victimes de Jack, Riley Keough et la Danoise Sofie Gråbøl, surtout connue pour avoir joué Sarah Lund dans la série télé The Killing, sont les deux premières à les rejoindre en février 2017[5]. Le mois suivant, Uma Thurman, déjà apparue dans Nymphomaniac du cinéaste, et Siobhan Fallon Hogan, troisième collaboration avec von Trier après Dancer in the Dark et Dogville, complètent le casting[6]. En avril 2017, l'acteur coréen Yu Ji-tae, surtout connu pour avoir joué le méchant dans Old Boy de Park Chan-wook, rejoint le casting[7].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage est divisé en deux temps, commencé en mars 2017 à Bengtsfors, en Suède, et se terminera en mai 2017 au Danemark[8].

Lars von Trier espère présenter ce film au Festival de Cannes 2018, malgré le fait qu'il soit banni, persona non grata, après avoir tenu des propos scandaleux sur Hitler en 2011 lors de la conférence de presse de Melancholia[9],[10]. Lors de la conférence de presse tenue par Thierry Frémaux et Pierre Lescure pour annoncer les sélections du Festival de Cannes 2018, Philippe Rouyer, journaliste chez Positif, pose la question de savoir si l'absence de celui-ci en sélection est due à une déception du comité de sélection, ou si Lars von Trier est encore persona non grata. Ce à quoi Thierry Frémaux a répondu qu'il donnerait la réponse les jours suivants, laissant supposer que le film pourrait être présenté.

Le film est finalement présenté hors-compétition au Festival de Cannes tandis que Lars von Trier n'est plus, sept ans après son exclusion, persona non grata. Des festivaliers ont néanmoins remarqué qu'il n'y a pas de conférence de presse prévue pour le film[11].

Analyse[modifier | modifier le code]

La Barque de Dante de Delacroix, recréée en tableau vivant dans le film.

La critique voit un hommage à Andreï Tarkovski, que Von Trier admire et qu'il cita souvent comme inspiration.

Le personnage de Verge évoque Virgile guidant Dante à travers les Enfers de la Divine Comédie.

Propos de Lars von Trier[modifier | modifier le code]

Pour illustrer son nouveau film, l'histoire d'un tueur en série sévissant durant 12 années de sa vie, le cinéaste compare son personnage au président des États-Unis, Donald Trump : « Le film célèbre l'idée que la vie est maléfique et dénuée d'âme, ce qui a malheureusement été prouvé par l'avènement récent de l'homo trumpus : le roi rat »[12]. Le cinéaste parle de son film qui adoptera un ton pessimiste sans espoirs, il se prit en photo sur le tournage déguisé en grande faucheuse de Vampyr.

Réception critique[modifier | modifier le code]

The House that Jack Built

Score cumulé
SiteNote
Metacritic41/100
Rotten Tomatoes58%
Allociné3.3 étoiles sur 5
Compilation des critiques
PériodiqueNote
CinéSéries4.0 étoiles sur 5
Télérama1.0 étoiles sur 5

Il fut l'un des films les plus controversés du Festival de Cannes en 2018 en raison de ses scènes barbares et insoutenables, dont le meurtre de deux enfants lors d'une partie de chasse ou la longue torture d'une jeune femme, interprétée par Riley Keough, dont les seins sont découpés par le tueur en série Jack. Lors de la première projection mondiale du film en hors-compétition, une centaine de spectateurs, dégoûtés par le long-métrage à la fois gore et brutal et surtout par les deux scènes en question, quittent la salle avant que le film ne se termine[13].

Sur le site Allociné, le film obtient une moyenne de 3,1/5 pour 33 critiques de presse recensées. Comme d'habitude, le cinéaste danois divise la critique.

Côté positif, le critique de cinéma Jean-François Rauger est très élogieux à propos du travail de Lars Von Trier : « Après sa trilogie "féminine", le cinéaste continue de s’affirmer comme un alchimiste médiéval, un artiste scrutant les abymes d’un monde originaire pour y retrouver l’élan pulsionnel, la formule secrète, entre kitsch et sublime, entre humour et romantisme noir, qui donnerait la clé tout à la fois d’une explication de l’Univers et de ses lois mystérieuses, ainsi que de la possibilité de sa transposition symbolique. »[14]. Pour CinéSéries, le film est une « une touchante coloscopie dans la psyché de son créateur maudit, comme une édifiante maison cadévérique, cocon à la fois grotesque et protecteur, prêt à s’écrouler d’un moment à l’autre. »[15]. La rédaction des Inrockuptibles y voit enfin un film éminemment philosophique et « une expérience sidérante où Lars von Trier atteint finalement son but : faire émerger la grande santé nietzschéenne de l’artiste par un travail du négatif, trouver la lumière à l’intérieur du tunnel. »[16]. Le film fait la couverture du numéro d'octobre des Cahiers du cinéma[17], et se trouve classé n°8 du Top 10 2018[18].

A l'inverse, Barbara Théate du Journal du Dimanche s'insurge notamment contre l'image de la femme dans le film de Von Trier : « la femme est toujours stupide et hautement sacrifiable. Avec une cruauté à peine soutenable. Surtout, le récit vire à l’autocélébration, se révèle sentencieux, long et ennuyeux. ». Pour Hélène Marzolf de Télérama, le cinéaste « se complaît dans un sadisme raffiné. Le second degré ne sauve pas cette démonstration boursouflée, simpliste et gratuite. »[19]. Ou encore pour la rédaction du Figaro : « Lars von Trier multiplie les provocations, frôle le ridicule, cite ses propres films et Albert Speer, s'extasie sur les stukas et les vins doux. »[20]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Sélections[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. que l’on peut traduire par « La maison que Jack a bâti », dont l'origine est une comptine britannique.
  2. Elsa Keslassy, « Lars Von Trier's The House That Jack Built: New Details Emerge », Variety, (consulté le 1er avril 2017)
  3. « Lars Von Trier prépare un film de serial killer en vue subjective », sur Les Inrocks,
  4. Mike Fleming Jr, « Lars Von Trier Sets Matt Dillon, Bruno Ganz For The House That Jack Built », Deadline.com, (consulté le 1er avril 2017)
  5. Scott Roxborough, « Berlin: Lars von Trier's The House That Jack Built Adds Riley Keough, Sofie Grabol (Exclusive) », Hollywood Reporter, (consulté le 1er avril 2017)
  6. Elsa Keslassy, « Uma Thurman Joins Cast of Lars von Trier's The House That Jack Built », Variety, (consulté le 1er avril 2017)
  7. Sonia Kil, « Korea's Yu Ji-tae Joins Lars von Trier's The House That Jack Built », Variety, (consulté le 3 mai 2017)
  8. Zach Sharf, « Lars von Trier Wants You to Know The House That Jack Built Will Be His Most Brutal Film Ever », IndieWire, (consulté le 1er avril 2017)
  9. Ryan Gilbey, « Lars von Trier negotiating for Cannes return after 2011 Nazi comments ban », The Guardian, (consulté le 1er avril 2017)
  10. A Cannes, Lars von Trier jette un froid en évoquant Hitler sur lemonde.fr
  11. [1]
  12. Alix Fourcade, « Lars von Trier inspiré par Donald Trump pour son nouveau film », Le Figaro, (consulté le 1er avril 2017)
  13. « À Cannes, des spectateurs quittent la projection du dernier (et ultra-violent) film de Lars von Trier », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  14. « « The House That Jack Built » : portrait de l’artiste en psychopathe », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  15. « The House That Jack Built (Film, 2018) – La Critique – CinéSéries », CinéSéries,‎ (lire en ligne)
  16. « "The House that Jack Built": une expérience sidérante signée Lars von Trier », Les Inrocks,‎ (lire en ligne)
  17. « Octobre 2018 – n°748 | Cahiers du Cinéma » (consulté le 7 décembre 2018)
  18. « Top 10 2018 des Cahiers | Cahiers du Cinéma » (consulté le 7 décembre 2018)
  19. « The House That Jack Built de Lars von Trier - (2018) - Film - Thriller » (consulté le 12 novembre 2018)
  20. « First Man, Capharnaüm, The House That Jack Built... Les films à voir ou à éviter cette semaine », FIGARO,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]