Cercles de l'Enfer

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Les cercles de l'Enfer sont neuf zones circulaires concentriques et superposées constituant l'Enfer imaginé par Dante Alighieri et décrit dans la première partie de la Divine Comédie. Dans chaque cercle sont punis ceux dont la vie fut entachée d'un type bien défini de péché. La subdivision en neuf zones se réfère aux pensées aristotélicienne et thomiste. Dante expose dans le Chant XI cette vision de l'Enfer qu'il découvre lors de son voyage imaginaire dans l'au-delà .

La carte de l'Enfer : l'Enfer vu par Sandro Botticelli, illustration d'un manuscrit de la Divine Comédie, vers 14851495.

Ante-enfer[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Enfer, Chants I, II, III et Vestibule de l'Enfer.

Avant d'accéder aux cercles de lEnfer proprement dits, Dante se trouve égaré dans une forêt située sur une colline, « au milieu du chemin de notre vie » (« nel mezzo del cammin di nostra vita ») : derrière cette colline se trouve la cité de Jérusalem, sous laquelle est creusé l'immense gouffre de l'Enfer. On y entre en passant la Porte de l'Enfer, pénétrant tout d'abord dans l'Ante-enfer, le Vestibule de l'Enfer. Franchissant le fleuve Achéron sur la barque de Charon, on entre enfin dans lEnfer lui-même.

Premier cercle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Enfer - Chant IV.

Il s'agit des Limbes dans lequel se trouvent les personnes qui, n'ayant pas reçu le baptême et se trouvant privées de la foi, ne peuvent jouir de la vision de Dieu mais ne sont néanmoins pas punis pour un quelconque péché. Leur condition sous terre a de nombreuses similitudes avec la conception classique des Champs Élysées.

Selon la doctrine catholique, quelques âmes pourront cependant sortir des Limbes et accéder au Paradis : il s'agit des grands patriarches (parmi lesquels on retrouvera dans la troisième partie, le païen Riphée). Ceux-ci ont vécu avant l'avènement du Christianisme mais le Christ les a libérés après sa mort en signe de sa victoire sur le mal et provoquant entre autres des dégâts à l'Enfer (en faisant par exemple s'écrouler tous les ponts de la Malebolge comme l'explique Malacoda à Virgile dans le chant XXI).

Se trouvent dans ce premier cercle : Homère, Horace, Ovide, Lucain, Électre, Hector, Énée, César, Camille, Penthésilée, Latinus, Lavinia, Lucius Junius Brutus, Lucrèce, Julia, Marzia, Cornelia, Saladin, Aristote, Socrate, Platon, Démocrite, Diogène de Sinope, Anaxagore, Thalès, Empédocle, Héraclite, Zénon d'Élée, Dioscoride, Orphée, Cicéron, Linos, Sénèque, Euclide, Ptolémée, Hippocrate, Avicenne, Galien, Averroès.

Dans le chant XXII du Purgatoire Virgile nomme ses autres compagnons du Limbe dans une conversation avec le poète latin Stace : Terence, Caecilius Statius, Plaute, Varron), Perse, Euripide, Antiphon, Simonide de Céos, Agathon, Antigone, Déiphile, Argie, Ismène, Hypsipyle, Manto (Dante parle ici de la « fille de Tirésias » : il semble que le poète se soit mépris car il l'a précédemment située avec les devins dans le chant XXVI de l'Enfer), Thétis, Déidamie.

Deuxième cercle[modifier | modifier le code]

Luxure. Le sort des âmes damnées dans ce cercle est d'être balayées par des vents sans relâche. Parmi eux se trouvent les âmes de Sémiramis, Cléopâtre et Hélène de Troie

Troisième cercle[modifier | modifier le code]

Gourmandise. Ceux envoyés dans ce cercle sont immergés dans une fange puante, sous une pluie sans trêve, mordus et griffés par Cerbère, troisième gardien de l'Enfer

Quatrième cercle[modifier | modifier le code]

Avarice. Les avares et les prodigues, divisés en deux groupes destinées à s'affronter éternellement en roulant des tas de pierres tout autour du cercle

Cinquième cercle[modifier | modifier le code]

Colère. Cercle du Styx, dans les eaux boueuses duquel sont punis les coléreux et les indifférents qui rêvent maintenant de n'être jamais nés. Les deux poètes sont transportés sur la rive opposée par la barque de Phlégias, quatrième gardien de l'Enfer

Leur sort est de croupir immergés dans les eaux boueuses du Styx Combien se prennent là-haut pour de grands rois qui seront ici comme porcs dans l’ordure, laissant de soi un horrible mépris. » Apres les mille démons, les trois furies gardent les remparts de Dité derrière lesquels percent les trois derniers cercles de L’Enfer (Chant IX)

Sixième cercle[modifier | modifier le code]

Hérésie (résistance à la vertu). Là se dresse la cité de Dité , dans laquelle sont punis les pécheurs conscients de leur péché. Devant la porte fermée de la ville, les deux amis sont bloqués par les démons et les Érinyes ; ils n'entreront que grâce à l'intervention de l'archange Michel et verront alors comme sont châtiés ceux « che l'anima col corpo morta fanno » (« qui font mourir l'âme avec le corps »), c'est-à-dire les épicuriens et les hérétiques enterrés et brûlés dans un brasier sans fin.

Dante condamne comme hérétiques tous les hommes assez présomptueux pour faire de leur pensée et de leur volonté propres la mesure de toute chose. L’esprit de parti est dénoncé dans le personnage de Farinata degli Uberti qui aima passionnément sa patrie mais ne laissa dans son sillage que haine et esprit de vengeance. Sans la grâce divine, sans la charité, la volonté verse dans des excès tyranniques. A la fin du XI chant, Virgile explique à Dante l’ordonnance de l’enfer selon l’échelle des maux pensée par Aristote.

Septième cercle[modifier | modifier le code]

Violence : Au-delà de la ville, le poète et son guide descendent vers le septième cercle le long d'un ravin escarpé (« alta ripa »), au fond duquel se trouve le troisième fleuve infernal, le Phlégéthon, un fleuve de sang en ébullition où sont ébouillantés les damnés. Ce fleuve constitue le premier des trois « girons » qui divisent le septième cercle ; y sont punis les violents parmi lesquels le Minotaure tué par Thésée avec l'aide d'Ariane. Sur l'autre rive du fleuve se trouve le second giron que Dante et Virgile rejoignent grâce à l'aide du centaure Nessos ; ici se tiennent les violents contre eux-mêmes, les suicidés transformés en arbustes secs, éternellement déchirés par les Harpies ; parmi eux se trouve Pier della Vigna ; dans le giron également sont les gaspilleurs, poursuivis et dévorés par des chiennes. Le troisième et dernier giron, est une lande brûlante où séjournent les violents contre Dieu, la nature et l'art mais aussi les blasphémateurs, les sodomites (parmi lesquels Brunetto Latini) et les usuriers/

Huitième cercle[modifier | modifier le code]

Ruse et tromperie. Appelé Malebolge, où sont punis les fraudeurs. Le huitième cercle est divisé en dix bolges ; chaque bolge est un fossé circulaire. Les cercles sont concentriques, creusés dans la roche et descendant en terrasses vers le bas. À leur base s'ouvre le « Pozzo dei Giganti » (le « puits des Géants »). Dans les bolges sont punis les ruffians et séducteurs, adulateurs et flatteurs, fraudeurs et simoniaques, devins et ensorceleurs, concussionnaires, hypocrites, voleurs, conseillers fourbes - parmi lesquels Ulysse et Diomède.


Neuvième cercle[modifier | modifier le code]

Trahison. Lucifer y résiderait. Ce cercle est divisé en quatre « zone » couvertes par les eaux gelées du Cocyte. Dans la première, appelée « Caina » (de Caïn qui tua son frère Abel), sont punis les traîtres à la parenté ; dans la seconde, « Antenora » (d'Anténor, qui livra le palladium de Troie aux ennemis grecs), se tiennent les traîtres à la patrie ; dans la troisième, la « Tolomea »(du roi Ptolémée XIII, qui, au temps de Jules César tua son hôte Pompée), se trouvent les traîtres à leurs hôtes, et enfin, dans la quatrième, « Giudecca » (de Judas, qui trahit Jésus), sont punis les traîtres à leurs bienfaiteurs.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Umberto Bosco et Giovanni Reggio, La Divina Commedia - Inferno, Le Monnier 1988 ;
  • (it) Andrea Gustarelli et Pietro Beltrami, L'Inferno, Carlo Signorelli éditeur, Milan 1994 ;
  • (it) Anna Maria Chiavacci Leonardi, Zanichelli, Bologne 1999
  • (it) Vittorio Sermonti, Inferno, Rizzoli 2001 ;
  • (it) Francesco Spera (sous la direction de), La divina foresta. Studi danteschi, D'Auria, Naples 2006 ;
  • (it) autres commentaires de la Divina Commedia : Anna Maria Chiavacci Leonardi (Zanichelli, Bologne 1999), Emilio Pasquini e Antonio Quaglio (Garzanti, Milan 1982-2004), Natalino Sapegno (La Nuova Italia, Florence 2002).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • [PDF] L'Enfer, traduction d'Antoine de Rivarol
  • [audio] L'Enfer, traduction d'Antoine de Rivarol

Source[modifier | modifier le code]