Melancholia (film, 2011)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Melancholia
Titre original Melancholia
Réalisation Lars von Trier
Scénario Lars von Trier
Acteurs principaux
Sociétés de production Zentropa
Pays d’origine Drapeau du Danemark Danemark
Drapeau de la Suède Suède
Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de l'Espagne Espagne
Genre Drame
Science-fiction
Catastrophe
Durée 130 minutes
Sortie 2011


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Melancholia est un film dramatique écrit et réalisé par Lars von Trier, sorti en 2011.

Les principaux personnages sont interprétés par Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg et Kiefer Sutherland. L'histoire tourne autour de deux sœurs, l'une d'elles se mariant tandis qu'une gigantesque planète surnommée Melancholia s'apprête à entrer en collision avec la Terre.

L'inspiration initiale de Lars von Trier pour réaliser ce film venait d'un épisode dépressif dont il a souffert, ainsi que d'une idée selon laquelle les personnes mélancoliques ont tendance à être sereines lors d'un événement catastrophique.

D'abord présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2011, ce film y a été distingué par le prix d'interprétation féminine pour Kirsten Dunst.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Prologue[modifier | modifier le code]

Le prologue, construit par des images fixes puis mises lentement en mouvement, introduit le film, sous le prélude de Tristan und Isolde de Wagner.

Chapitre 1 : « Justine »[modifier | modifier le code]

À l'occasion de leur mariage, Justine (Kirsten Dunst) et Michael (Alexander Skarsgård) donnent une somptueuse réception dans la maison de Claire (Charlotte Gainsbourg), la sœur de Justine, et de John (Kiefer Sutherland), le très riche mari de Claire. Alors que les relations familiales se dégradent peu à peu et que la soirée subit les effets des états d'âmes de Justine, la planète Melancholia se rapproche de la Terre.

Justine a une perception des événements dramatiques à venir. Lorsque Michael se propose de tracer des plans pour le futur, Justine fait une sorte de dépression.

Elle profite de son état d'esprit pessimiste pour annoncer à son employeur qu'elle le déteste et qu'elle déteste le métier qu'elle exerce à ses côtés. L'homme quitte la réception en colère.

Chapitre 2 : « Claire »[modifier | modifier le code]

En consultant des sites sur internet, Claire acquiert la perception que la fin de la Terre est peut-être terriblement proche. Comment vivre avec la peur de voir le monde disparaître ? Comment l'annoncer à son fils de 6 ans ?

Le films se termine par la collision de la Terre avec Melancholia. Justine, Claire et son enfant de 6 ans sont ensemble, tentant de faire face à leur peur de la mort.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg lors de la présentation du film au festival de Cannes 2011.
Source et légende : Version française (V. F.) sur le site d’AlterEgo (la société de doublage[2]) et selon le carton de doublage.

Autour du film[modifier | modifier le code]

Tournage[modifier | modifier le code]

Château de Tjolöholm, en Suède, où a eu lieu une partie du tournage

Le tournage a eu lieu entre le 22 juillet et le [1]. Des scènes intérieures ont été tournées à Trollhättan[4], en Suède, aux studios Film i Väst, mais aussi en extérieur aux alentours comme au château de Tjolöholm. C'était la quatrième fois que Lars von Trier faisait un film à Trollhättan. Lars von Trier a employé son style de réalisation habituel sans répétitions ; au lieu de cela les acteurs ont partiellement improvisé et ont reçu des instructions entre les prises. Techniquement, Lars von Trier a utilisé une caméra Phantom HD[5]. Dans la première partie du film, on peut reconnaitre un scénario similaire à celui de Festen. En effet, on retrouve aussi un diner de famille dans lequel certaines déclarations ou comportements vont aboutir à un trouble. Par ailleurs, dans la façon de tourner, on reconnait le style du courant cinématographique Dogme95 initié par Lars von Trier et Thomas Vinterberg.

Festival de Cannes : polémique et récompense[modifier | modifier le code]

Le film est présenté en compétition au Festival de Cannes 2011 mais est éclipsé par la polémique touchant le réalisateur après certaines de ses déclarations tenues lors d'une conférence de presse : à la suite d'une question sur ses origines allemandes (qu'il a découvertes à la mort de sa mère en 1989[6]), Lars von Trier déclare à propos d'Hitler : « Je dis que je comprends l'homme. Ce n'est pas vraiment un brave type, mais [...] je compatis un peu avec lui ». Il renchérit « Je pense qu'il a fait de mauvaises choses. [...] Je ne suis pas pour la seconde guerre mondiale, je ne suis pas contre les juifs. Je suis avec les juifs bien sûr, mais pas trop... parce que Israël fait vraiment chier ». Prenant conscience de l'ambiguïté de ses propos, il annonce « Je ne sais pas comment je vais me sortir de cette phrase » avant de conclure dans un rire gêné : « OK je suis un nazi »[7]. Ces propos font également suite à une interview récente dans laquelle il avouait son « goût pour l'esthétique nazie » et notamment pour Albert Speer[8], sur lequel il est également revenu à Cannes en affirmant : « Même s'il ne fut peut-être pas l'une des meilleures créatures de Dieu, il avait ce talent qu'il a pu exercer [grâce au régime nazi] »[8].

Peu de temps après la conférence, il publie un communiqué d'excuses : « Si j'ai pu blesser quelqu'un par les propos que j'ai tenus ce matin, je tiens sincèrement à m'en excuser. Je ne suis ni antisémite, ni raciste, ni nazi »[8]. La direction du festival fait savoir à son tour dans un communiqué que le cinéaste s'est « laissé entraîner à une provocation »[8]. La presse s'empare rapidement des propos polémiques du réalisateur danois et en diffuse des extraits sans toujours les contextualiser[7]. Le lendemain, malgré les excuses de Lars von Trier, la direction du festival le déclare « persona non grata », tout en laissant son film Melancholia en compétition[9]. Tout en répétant ses excuses, Lars von Trier a accepté la décision en se disant « fier d'avoir été déclaré persona non grata »[10], soulignant que « c'est peut-être la première fois dans l'histoire du cinéma que cela se produit »[10]. Il s'est plus longuement expliqué en affirmant avoir seulement souhaité faire preuve d'un humour volontairement choquant, regrettant que celui-ci ait été mal interprété[10]. Il a aussi souligné qu'il considérait la Shoah comme « le pire des crimes jamais perpétrés »[10]. Enfin, il a précisé que son goût pour l'esthétique nazie n'était lié à aucune conviction politique[10].

Le film est l'un des plus appréciés de la compétition[11],[12]. Plusieurs journalistes ont indiqué que la polémique a très probablement sapé les chances du film d'obtenir les plus hautes distinctions, y compris la Palme d'or[13],[14]. En 2020, Olivier Assayas, membre du jury de l'édition 2011, explique ainsi : « Tout le monde est monté sur ses grands chevaux [...] Il y a eu des conséquences sur le palmarès, car il était un sérieux candidat pour la Palme. Au début, on était que deux, Jude Law et moi, à penser que The Tree of Life de Terrence Malick pouvait, lui aussi, prétendre au plus haut prix. Si on a rallié d'autres membres à notre cause, c'est parce qu'ils avaient perdu leur favori. »[15] Kirsten Dunst reçoit néanmoins le prix d'interprétation féminine.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Box office / business for Melancholia (2011) », sur imdb.com (consulté le 4 mai 2011)
  2. « Fiche de doublage V. F. du film » sur Alterego75.fr, consulté le 15 juin 2013
  3. Maroussia Dubreuil, « La Roue de la fortune - Penelope Cruz », So Film n°38,‎ , p. 15
  4. (en) « Filming locations for Melancholia (2011) », sur imdb.com (consulté le 4 mai 2011)
  5. « Technical specifications for Melancholia (2011) », sur imdb.com (consulté le 4 mai 2011)
  6. « Lars von Trier sympathise avec Hitler », sur ladepeche.fr, (consulté le 20 mai 2011)
  7. a et b « Cannes : on se calme, on boit frais et on oublie Lars... », sur nordeclair.fr, (consulté le 20 mai 2011)
  8. a b c et d Lars von Trier et Hitler, lemonde.fr
  9. « Lars von Trier viré du festival de Cannes », next.liberation.fr
  10. a b c d et e « Cannes 2011 : Lars von Trier, le provocateur, fier d'être persona non grata ! », sur purepeople.com, (consulté le 20 mai 2011)
  11. Le Film Français : étoiles de la critique
  12. « Jury Grid », sur Screen Daily
  13. « La palme d'or ne doit pas cacher la forêt », sur Les Echos,
  14. « Cannes 2011 : les excuses de Lars Von Trier », sur Ecran Noir,
  15. « Cannes, promis jury », réservé aux abonnés, sur Libération,

Liens externes[modifier | modifier le code]