Talking Heads

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 Ne pas confondre avec la série télévisée britannique éponyme.
Talking Heads
Description de cette image, également commentée ci-après

Talking Heads sur scène à la Horseshoe Tavern de Toronto, le 13 mai 1978

Informations générales
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre musical Art punk, new wave et post-punk
Années actives 19741991
Labels Sire Records et EMI
Composition du groupe
Membres David Byrne, Chris Frantz, Jerry Harrison et Tina Weymouth
logo de Talking Heads

Logo de Talking Heads.

Les Talking Heads sont un groupe américain de rock, originaire de New York. Le nom « talking head » désigne en anglais un spécialiste intervenant à la télévision.

Issu de la scène punk de New York et associé plus tard aux mouvements post-punk et new wave, le groupe a existé entre 1974[1] et 1991 et notamment joué au CBGB aux côtés de groupes tels que les Ramones, Television ou Patti Smith.

Le style musical new wave de Talking Heads combine des éléments de punk, avant-garde, pop, funk, world music et d'art rock. Le chanteur-compositeur David Byrne apporte des paroles ésotériques et fantasques aux chansons du groupe et accentue leur côté spectaculaire par son apport multimédia.

En 2002, le groupe entre au Rock and Roll Hall of Fame.

Membres[modifier | modifier le code]

Membres permanents[modifier | modifier le code]

Tina et Chris développeront en parallèle le projet musical Tom Tom Club.

Membres additionels (enregistrement, tournées et concerts)[modifier | modifier le code]

  • Adrian Belew : guitare et chant (1980-1981)
  • Alex Weir : guitare (1982-1984)
  • Bernie Worrell : claviers (1980-1981 puis 1983-1984)
  • Steve Scales : percussions (1980-1984)
  • Busta « Cherry » Jones : basse (1980-1981)
  • Dollette McDonald : chant (1980-1982)
  • Lynn Mabry : chant (1983-1984)
  • Edna Holt : chant (1983-1984)
  • Raymond Jones : claviers (1982)

Biographie[modifier | modifier le code]

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Débuts (1975-1977)[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, Chris Frantz, Martina « Tina » Weymouth et David Byrne étudient à la Rhode Island School of Design. Vers 1974, Chris et David se rencontrent. Le premier est batteur, l'autre est guitariste et chanteur. Tous deux, ils forment un premier groupe nommé The Artistics (ou The Autistics selon l'humeur du jour). Byrne et Frantz y interprètent surtout des reprises, mais également quelques morceaux que David compose tels que Psycho Killer, I'm Not In Love ou encore Warning Sign (trois morceaux ré-interprétés par le groupe ensuite). La plus grande fan du duo n'est autre que Tina Weymouth, petite amie du batteur Chris. Peu de temps après, le duo se dissout et les trois étudiants déménagent ensemble dans un loft du Lower East Side de New York. Les deux amis reforment un groupe encore sans nom, et recherchent alors un bassiste. Chris demande alors à Tina, joueuse occasionnelle de guitare, d'apprendre la basse et de les rejoindre. Quelques mois après, au tout début de l'année 1975, le groupe est prêt à jouer sur scène. Il ne leur manque qu'un nom. C'est alors qu'en fouillant dans un guide TV, un ami du groupe trouve le nom de Talking Heads, qui évoque les têtes parlantes, les speakerines et autres présentateurs de la télé américaines. C'est au début de l'été caniculaire de 1975 que les Talking Heads se produisent pour la première fois sur scène. En fait, ils ouvrent pour le concert des Ramones au célèbre CBGB. Là, ils jouent Psycho Killer, qui devient lee morceau identifiable du groupe, déjà à l'état de trio.

À cette époque, New York connait une véritable explosion musicale : The Ramones, Patti Smith, Tom Verlaine ou Television. Tous ces groupes participent à l'atmosphère arty-punk propice au développement d'un groupe comme les Talking Heads. Les concerts ne manquent pas et le groupe commence à se créer une image; celle de trois étudiants en art bien habillés qui jouent un punk arty et intelligent (les fringues, la façon décousue de jouer et de chanter, les paroles en français de Psycho Killer...)

Au début de l'année 1976, le groupe enregistre ses premières démos pour le label CBS. Parmi celles-ci, des morceaux tels que Psycho Killer, First Week, Last Week/Carefree et Artists Only. Ces démos n'ont jamais été publiées officiellement mais un bootleg à fait surface au début des années 1980. Le son du trio est de plus en plus construit, le son est minimaliste mais plein de charme. Toujours en 1976, le groupe signe finalement avec le tout nouveau label de Seymour Stein, Sire (qui a également signé les Ramones). En décembre, un premier single est enregistré. Il s'agit de  Love->Building on Fire qui sera publié en janvier 1977. À cette même période, un certain Jerry Harrison (clavier de Modern Lovers - le groupe de Jonathan Richman) est engagé comme second guitariste, choriste et clavier. Le groupe devenu quatuor enregistre son premier album entre avril et juillet.

Entre-deux, le groupe fait sa première tournée en Europe en tant que première partie des Ramones. L'album, nommé Talking Heads: 77 sort début septembre. Il est considéré comme un petit succès et détone complètement face aux autres productions New Yorkaise beaucoup plus énergiques et punk. 77 sonne comme un mélange d'art rock, de pop-punk et de funk.

L'ère Brian Eno (1977-1980)[modifier | modifier le code]

Lors de la première tournée Européenne de Talking Heads au milieu de l'année 1977, Brian Eno se présente à eux lors d'un concert à Londres. Il est impressionné par le groupe et devient un bon ami de David. Plus tard la même année, Eno rendra même un hommage au groupe en écrivant King's Lead Hat dans son album Before and After Science. Le nom du morceau est un anagramme de Talking Heads.

Alors que le premier album est produit par Toni Bongiovi (frère de Jon Bon Jovi), les Talking Heads demandent à leur label un autre producteur. C'est donc Brian Eno, ancien clavier de Roxy Music et récent collaborateur de David Bowie et de Robert Fripp, qui produit le nouvel album. Dés mars 1978, direction les Bahamas et les studios Compass Point pour enregistrer ce qui deviendra More Songs About Building and Food.

Avec Eno aux manettes, le son minimaliste du groupe se retrouve plus étoffé : plus d'électronique et arrangements plus complexes. Ce nouvel album mélange à perfection l'évidence rock du Velvet Underground au groove de Parliament/Funkadelic. Il reste dans la continuité de 77, en y apportant donc une sensibilité un peu plus éclectique. Parmi les tours de force de l'album, on peu noter Found A Job et son énergie débordante ou encore la reprise d'Al Green, Take Me To The River qui permettra aux Talking Heads de connaitre leur premier véritable succès aux États-Unis. L'enregistrement de l'album marque deux points majeurs dans l'histoire de Talking Heads : l'introduction du producteur Brian Eno et du studio Compass Point qui servira de lieu d'enregistrement pour les cinq années à venir. Le reste de l'année voit le groupe parcourir le monde, cette fois en tête d'affiche. Leur album fonctionne bien et le groupe commence doucement à se créer une renommée mondiale.

Un nouvel album est déjà préconçu au tout début de l'année 1979. Le groupe l'enregistre directement et en quasi intégralité dans le même loft qu'ils occupent tous ensemble depuis 1977. En l'espace de trois dimanches (jours choisi afin d'éviter les nuisances sonores urbaines, les camions étant interdits de circuler dans la rue), l'album est prêt à être mixé sous la houlette du non-musicien Eno. Au milieu de l'année, juste avant de partir en tournée, le groupe compose un drôle de morceau avec l'aide de Brian Eno et de Robert Fripp. Construit comme un hommage poly-rythmique au dadaïste Hugo Ball (en reprenant un de ses poèmes surréaliste), le morceau I Zimbra ouvre ce nouvel album nommé Fear of Music.

Le disque sort en août 1979. Les critiques le considèrent comme le chef-d’œuvre de Talking Heads. C'est l'album préféré du groupe pour Lester Bangs, célèbre journaliste musical New-Yorkais. L'album reprends le concept des deux premiers, mais en le poussant à l'extrême : la production est à la fois explosive et étouffante, les paroles de Byrne sont plus folles et paranoïaques qu'auparavant (cf les chansons Animals ou Drugs par exemple) et les morceaux sont minimalistes au possible. La pochette du disque représente une plaque de métal noire, à contrepied des pochettes de disques post-punk sortis à la même époque. À la fin de la même année sort également un album live promotionnel, reprenant la setlist des concerts de la tournée.

Début 1980, le groupe rembarque pour quelques mois direction Compass Point, à Nassau. Objectif : enregistrer un quatrième album. Le processus de création de ce nouvel album sera assez long. Les quatre membres du groupes sont rejoints a Nassau au début du printemps 1980 par un Brian Eno assez peu enjoué à l'idée de produire un nouvel album des Talking Heads. Pourtant, le groupe est parvenu à créer quelques plages instrumentales particulièrement funky en partant de I Zimbra et en s'inspirant des travaux poly-rythmiques de Fela Kuti. Eno est emballé et décide de produire le nouvel album dont le titre de travail est Melody Attack. Entre avril et août 1980, le groupe jamme, compose, retravaille et enregistre la matière brute. Brian Eno devient presque le cinquième membre du groupe (quitte à demander à Tina Weymouth de figurer en tant que tel sur la pochette). De retour à New York, Byrne se retrouve avec des morceaux instrumentaux et doit lutter avec la page blanche. S'inspirant une nouvelle fois de la musique africaine, il décide d'écrire de façon aléatoire et absurde. Les overdubs sont enregistrés à la même période et le groupe invite Adrian Belew (ex guitariste de Bowie et futur membre influent de King Crimson) ainsi que Nona Hendryx, chanteuse noire de soul.

L'album est enfin terminé et sort en octobre 1980. Un clip assez novateur est créé pour la chanson Once In A Lifetime. David Byrne y apparait en tant que prédicateur complètement dingue, effectuant divers mouvements absurdes. Le clip reste célèbre pour sa teinte d'étrangeté et permet au groupe une exposition à un public nouveau qui contribuera au succès du nouvel album.

Avant même la sortie du disque, le groupe s'est lancé dans une tournée de promo mondiale à partir d'août 1980 (lors du festival Heatwave). Afin de mieux rendre compte en live la densité des arrangements du nouvel album, les Talking Heads font appel à Adrian Belew à la guitare, Dolette McDonald aux chœurs féminins, Steve Scales aux percussions, feu-Bernie Worell (ex-Parliament) aux claviers et Busta Jones à la basse (Tina jouant parfois quelques parties de clavier).

Remain in Light reste à ce jour l'album le plus dense et le complexe des Talking Heads. Il mélange beaucoup de genres et contribue à façonner la nouvelle image polyvalente du groupe.

Projets solo puis réunion (1981-1982)[modifier | modifier le code]

Dans les premiers mois de 1981, juste après avoir terminé la tournée mondiale de Remain In Light au Japon, le groupe se sépare.

D'un côté, le couple de Chris et de Tina qui en ont marre de devoir subir la dictature Eno-Byrne au sein d'un groupe qu'ils ont tout autant contribué à créer; de l'autre un David Byrne en quête d'indépendance qui s'allie au producteur Brian Eno. Entre deux, Jerry Harrison s’efface.

Chris et Tina sont mariés depuis 1978. Lors de vacances préliminaires aux sessions d'enregistrement de Remain In Light l'année précédente, le couple achète un appartement juste au-dessus du studio Compass Point. Ils partent donc là-bas avec en tête l'idée de produire un maxi ou deux, rien qu'eux. Là-bas, ils font la rencontre de nombreux autres musiciens (notamment Robert Palmer, qui a fait construire sa maison juste à côté du studio) et décident de créer leur propre projet sous le nom de Tom Tom Club. Ils signent un contrat avec le gourou du reggae et directeur du label britannique Island Chris Blackwell et sortent leur premier album éponyme dans le courant de l'année. Se rendant compte de l'arrivée du rap comme un genre nouveau dans la musique, le couple y contribue en composant Wordy Rappinghood et Genius Of Love, deux morceaux qui vont sont très souvent samplés et reproduit chez les artistes du genre.

De son côté, Jerry Harrison produit un maxi single de Nona Hendryx puis se lance en solo avec un premier album nommé The Red And The Black, proposant plus ou moins les mêmes sonorités que Remain In Light, le résultat sonne tout aussi poly-rythmique mais en plus soul et funky encore. De plus, Harrison y appose sa maitrise des claviers. Sur son album figure Nona Hendryx, Dolette McDonald et Bernie Worell, tous membre du line-up étendu de Talking Heads pour les tournées de la même période. Peu d'autres informations existent pour cette période de la carrière d'Harrison, l'album n'ayant pas été un grand succès.

Le membre des Talking Heads le plus prodcutif de cette période n'est autre que David Byrne, profitant de l'année 1981 pour sortir deux albums et en produire un troisième; le Mesopotamia du groupe ami The B-52's (à la manière de Chris et Tina, les membres des B-52's ne seront pas entièrement satisfait du travail de Byrne lors de l'enregistrement de leur troisième album, avorté en mini-LP). Le premier disque n'est autre que My Life In The Bush Of Ghosts, le projet collaboratif de Byrne avec son désormais grand ami Brian Eno. Composé entre 1979 et 1981, le disque propose une dizaine de plages instrumentales composées de samples vocaux (TV, radio, prédicateur, exorciste, récitation du Coran -ce qui leur vaudra des ennuis- ou encore diverses publicités) et de constructions complexes et polyrythmiques tout droit venues d'Afrique. L'album est novateur et très en avance sur son temps : il met en exergue la construction musicale avec l'usage intensif de samples et de motifs répétitifs. L'autre production majeure de l'an 1981 pour Byrne est son premier disque solo, à savoir la bande-son du spectacle de danse orchestré par Twyla Tharp The Catherine Wheel. Ce disque mélange le côté expérimental de My Life avec le côté plus pop des premiers disques de Talking Heads.

Après cette pause salvatrice de 1981, le groupe se reforme mi-1982 pour une nouvelle tournée pour laquelle ce sera leur dernier passage en Europe. Le groupe se retrouve donc de nouveau avec un line-up étendus : les musiciens additionels de la tournée 1980 sont ré-engagés, sauf pour Adrian Belew qui est engagé dans le nouveau King Crimson (l'album "Discipline", sorte de continuation plus rock progressive à Remain In Light sort en 1981). Bernie Worell lui non plus n'est pas disponible. Ils sont remplacés par Alex Weir à la guitare et Raymond Jones aux claviers. La première partie des concerts est souvent assurée par Tom Tom Club, qui assure dans le même sa toute première tournée. La setlist du concert des Talking Heads en eux-même incluait alors Slink, morceau du premier album de Jerry Harrison, mais aussi My Big Hands, Big Blue Plymouth, What A Day That Was et Big Business, morceaux extraits de la bande son de The Catherine Wheel. Incluses égalements dans la setlist, les nouvelles compositions Swamp et Slippery People qui figureront dans un futur prochain album. Le groupe sera filmé par la BBC lors de leur concert Londonien a Wembley, ce qui permettra à David Byrne de travailler avec la tv britannique afin de créer une sorte de concert/documentaire agrémenté de samples visuels provenant de divers programmes tv censés illustrer la chanson jouée au moment de la diffusion.

C'est également en 1982 que le label Sire profite de la pause discographique du groupe pour sortir un double album live, The Name Of This Band Is Talking Heads, documentant sur disques respectifs les concerts des époques 1977-79 et 1980-81.

Talking Heads sur scène à the Horseshoe Tavern de Toronto (Canada), le 13 mai 1978

Le succès publique et Stop Making Sense (1982 - 1984)[modifier | modifier le code]

C'est au courant de l'année 1982 que les premiers morceaux d'un futur nouvel album sont écrits. L'influence nouvelle de Tom Tom Club se fait sentir dans les deux nouveaux morceaux écrits et joués dans les concerts de 1982. Swamp et Slippery People annoncent un album plus funky et pop que jamais, mais également moins dense et complexe que Remain In Light.

Quelques photos faites à la toute fin de 1982 montrent David Byrne arborant la pochette de la version collector du futur album réalisée par Robert Roschenberg, qui présente une pochette transparente et des collages de magazines divers dans toutes les couleurs, le tout avec un disque transparent. Les sessions d'enregistrement de l'album se terminent en février 1983 et le groupe s'autoproduit, évitant de retomber dans une dictature du son menée par le duo Eno/Byrne comme trois ans auparavant. L'album nommé Speaking In Tongues sort en juin de la même année.

L'enregistrement s'est déroulé avec quelques musiciens additionnels, désormais devenus des habitués : Bernie Worell aux claviers, Dollette McDonald et Nona Hendryx aux chœurs, Steve Scales aux percussions et Alex Weir à la guitare. Avec comme premier single Burning Down The House, chanson pop et ouvertement funk, le groupe se voit propulsé dans les charts américains et Speaking In Tongues atteint rapidement le million de ventes rien qu'aux États-Unis. Avec un tel succès, il paraît normal que la tournée qui s'ensuive paraisse d'envergure. Cependant, avec la naissance du premier fils de Chris et Tina, cette tournée doit pour le moment se limiter aux États-Unis. Ainsi donc, entre août et décembre, le groupe parcourt le pays en présentant leur nouvel album.

Cette tournée est particulière : le cinéaste Jonathan Demme assiste à l'un de leurs concerts et approche le groupe pour leur proposer de les filmer. Byrne trouve accepte l'idée, puisqu'il à travaillé au maximum le concept de spectacle vivant rien que pour la performance des concerts pendant la tournée, baptisée Stop Making Sense (titre extrait des paroles de Girlfriend Is Better, du dernier album). Ainsi, Byrne démarre le concert seul, avec une guitare et une radio en guise d'accompagnement rythmique pour jouer une version ultra-épurée de Psycho Killer. La scène autour de lui est vide. Au fil des chansons, un musicien et son instrument fait son entrée sur scène et dans cet ordre : Tina Weymouth, Chris Frantz, Jerry Harrison, Lynn Mabry et Edna Holt (petites nouvelles aux chœurs féminins), Steve Scales, Alex Weir et finalement Bernie Worell. La disposition très visuelle du concert est donc très propice aux prises de vues cinéma. C'est donc entre le 14 et le 16 décembre 1983 qu'est réalisé le film Stop Making Sense de Jonathan Demme, filmant les derniers concerts de la tournée américaine des Talking Heads au Pantages Theater de Los Angeles. Le clou du spectacle n'est autre que la chanson titre, Girlfriend Is Better, pour laquelle Byrne chante et danse vêtu de son Big Suit, un costume gris aux dimensions gigantesques qui font apparaitre sa tête très petite.

Le concert est dans son ensemble très dansant. L'intervention de Jerry Harrison par intermittence de solos de claviers rendent le tout également très funky. Le film de Demme sort en salles le 24 avril 1984 et sera considéré par beaucoup de critiques comme le meilleur film musical jamais réalisé.

D'un point de vue pûrement discographique, 1983 voit également apparaitre le second album de Tom Tom Club, Close To The Bone, qui sera en partie composé à partir de certaines idées pour Speaking In Tongues. L'album est globalement décevant et ne sera jamais édité en CD (jusque la réedition du premier album homonyme, en 2009). En 1984 voit aussi apparaitre la bande-son du film Stop Making Sense, sorte d'album live retouché par overdubs dans sa version originale. La version remasterisée de 1999 verra sortir un disque fidèle à la setlist et son du film.

Vers la séparation (1984-1991)[modifier | modifier le code]

David Byrne, l'un des fondateurs du groupe

Après le tournage de Stop Making Sense, les Talking Heads s'embarquent en janvier 1984 pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande afin de jouer (sans le savoir) leurs derniers concerts, mais aussi les plus mauvais, selon Tina et David. Après ça, le groupe fait une courte pause. David Byrne va composer une bande-son uniquement composée de cuivres pour l'opéra de Robert Wilson, The Knee Plays. Chris et Tina, alias Tom Tom Club donnent quelques concerts puis rejoignent les B-52's pour jouer en guests avec eux au tout premier festival Rock'n'Rio de janvier 1985. Jerry Harrison va composer un morceau nommé Five Minutes avec Bootsy Collins (bassiste de George Clinton) et Bernie Worell sous le pseudo Bonzo Goes To Washington. Le morceau sample un discours que Ronald Reagan à donné afin de tester des micros, qui annonçait que les États-Unis « allaient bombarder l'URSS dans les cinq minutes ».

Fin 1984 et jusque mars 1985, le groupe enregistre un nouveau disque. Quelques démos non retenues pour Speaking In Tongues sont retravaillées et incluses dans ce nouvel opus. L'album est produit par le groupe lui-même à New York. Le mix terminé, l'album nommé Little Creatures sort en juin 1985.

Pour de nombreux fans, c'est la déception. Après les expérimentations poly-rythmiques de Remain In Light et la new wave-funky de Speaking In Tongues, le groupe retourne aux pop-songs qu'il avait abandonné en 1979. Les chansons parlent toujours de choses quotidiennes, mais les paroles en elle-même ne sont plus autant absurdes qu'elles ont pu l'être dans le passé. En revanche, le groupe, toujours novateur dans le son, intègre des influences country et cajun dans des morceaux comme And She Was et le hit Road To Nowhere. Cette dernière chanson à fait germer une idée chez David Byrne, celle de réaliser un long-métrage sur une petite ville du Texas dans laquelle rien ne se passe, si ce n'est un festival de l'originalité. Ce pitch sera le motto de Byrne, qui réalisera le reste de l'année 1985 son premier film.

1985 et 1986 voit donc Byrne s'occuper de son film, qu'il nomme True Stories et qui sort en octobre de l'année 1986 et avec John Goodman dans le rôle principal, ce qui donne quelques scène d'anthologie. Pour la bande-son, Byrne fait bien-sûr appel aux Talking Heads. L'album enregistré au début de l'année 1986 sort en juillet, quelques mois avant le film. Chaque morceau évoque une certaine scène du film. Dans le film, chaque chanson est chantée par les acteurs eux-mêmes . Seuls Wild Wild Life, Love For Sale et City Of Dreams apparaissent comme telles dans le film, c'est-à-dire chantée par Byrne. La musique est encore plus pop/rock que Little Creatures, avec la guitare mise en avant. Les influences sont rock, country et même tex-mex, dans le morceau Radio Head (chanson qui donnera son nom au groupe anglais Radiohead[2]). David Byrne regrette d'ailleurs le fait que les chansons sur l'album soient chantées par lui et pas par les membres du casting. L'idée de base était pourtant de compléter l'album ainsi, mais les enregistrements ne furent jamais publiés en entier (seulement en faces B et dans certaines compilations). Une idée de tournée dans le même genre vint à l'esprit de Byrne mais abandonnée pour des raisons évidentes de budget et de timing, chaque acteur ayant son propre agenda.

L'année suivante, Byrne se détacha une nouvelle fois du groupe pour aller composer quelques morceaux avec Ryuichi Sakamoto et Cong-Su pour la bande son du film "Le Dernier Empereur, de Bernardo Bertolucci, ce qui lui vaudra un oscar peu après. La même année, Jerry Harrison produit Violent Femmes, et pose les bases d'un futur album solo. Le couple de Tom Tom Club recommence eux-aussi à travailler sur de nouvelles compositions, qui aboutiront un an plus tard à la sortie du très électro Boom Boom Chi Boom Boom, un album d'ailleurs plutôt faible provenant des compositeurs de Genius Of Love. Début 1988 donc, Jerry Harrison sort son deuxième album solo, le très pop/rock Casual Gods. Avec un single comme Rev It Up, on est loin des expérimentations afrobeat de The Red and The Black. Ce deuxième album connait cependant une certaine notoriété grâce au second single Man With A Gun.

Fin 1987, les membres de Talking Heads se mettent d'accord pour expérimenter un retour aux influences principalement africaine. Afin d'avoir des musiciens provenant de nations différentes, le groupe décide d'enregistrer leurs très nombreuses nouvelles compositions aux studios Davout à Paris. Pour mieux assurer leur retour aux sons africains, le producteur Steve Lillywhite est appelé en renfort. Avant d'arriver en France, les musiciens enregistrent une quarantaine de pistes instruentales qui leur serviront de bases pour le futur album, déjà nommé Naked. Sur place, le groupe fait appel à divers musiciens : Johnny Marr (ex-Smiths) à la guitare, Kirsty MacColl aux chœurs, Mory Kanté aux percussion et Wally Badarou aux claviers (entre de nombreux autres artistes).

Les morceaux de l'album furent pour la plupart totalement improvisés, autant au niveau des mélodies que des textes et paroles. La production se termina à New York ou le groupe enregistra les voix et quelques overdubs. L'album, terminé, est sorti en mars 1988. Il fut plutôt bien accueilli par le public et les critiques, qui le considérent comme une alternative pop à Remain In Light. Naked reste le dernier album du groupe au complet à ce jour.

Au cours de l'année 1988, le groupe se sépare officieusement et chaque membre travaille sur son projet solo; Jerry et son album Casual Gods qu'il faut désormais promouvoir, Tom Tom Club et l'enregistrement de Boom Boom, et puis David qui donne quelques interviews avant de se concentrer sur un premier véritable album solo. Aucune tournée ne sera annoncée pour promouvoir Naked, chaque membre ayant un agenda déjà surchargé.

En 1989, Tom Tom Club donne un certain nombre de concerts pour promouvoir leur dernier album. Lors du concert à New York au Ritz le 17 juillet, Steve Scales, Jerry Harrison et David Byrne interprétent Under The Boardwalk et Psycho Killer tous ensemble. Ce sera la dernière apparition du groupe au complet dans un véritable concert. La même année, David enregistre et sort Rei Momo, premier album solo, qui regroupe une douzaine de morceaux dans des registres latinos différents (mambo, merengue, cha-cha-cha...). il donne ensuite une tournée américaine et européenne, ou il jouera pour la première fois des morceaux extraits des albums Little Creatures et Naked.

En 1990, Jerry Harrison sort son troisième et dernier album solo à ce jour, Walk On Water. Cet album sonne encore plus pop/rock que le précédent et se démarque donc définitivement des productions avec son désormais ancien groupe. Il donnera quelques concerts en solo.

L'été 1991, les Talking Heads sont invités à participer au festival Escape From New-York aux côtés des Ramones, Patti Smith et de Blondie. Tout le monde accepte, sauf David Byrne qui est occupé à composer la bande son du spectacle The Forest. Pire, lors d'une interview donné sur la raison de l'absence annoncée des Talking Heads, Byrne annonce la dissolution définitive du groupe. Chris, Tina et Jerry sont outrés. Ils joueront ensemble au festival, mais sans David et donc sous le nom de Shrunken Heads (les têtes réduites).

Plus tôt la même année, les Talking Heads ont eu le temps de composer un ultime morceau ensemble pour la bande son du film de Wim Wenders Jusqu'au Bout du Monde, nommé Sax And Violins. Le clip présente uniquement David Byrne et Jerry Harrison, pour une raison inconnue, Chris et Tina n'y figurent pas. Ce morceau signera donc le testament du groupes.

L'après Talking Heads (1991-aujourd'hui)[modifier | modifier le code]

Tina Weymouth, l'une des fondatrices du groupe

Après la dissolution du groupe, chaque membre se concentre sur sa carrière solo. Dés 1992, Tom Tom Club et David Byrne sortent de nouveaux disques; DarkSneakLoveAction pour les premiers et Uh, Oh pour le second. Les deux formations donnèrent de nombreux concerts et jouèrent quelques morceaux de Talking Heads (surtout Byrne, souvent dans des arrangements musicaux différents). De son côté, Jerry Harrison se retira de la vie de groupe et se consacra entièrement à la production (pour Violent Femmes, Fine Young Cannibals, No Doubt...). Entre 1993 et 1996, rien de la part de Tom Tom Club, mais David Byrne sort un album éponyme en 1994, assorti d'une nouvelle tournée mondiale. En 1996, Chris, Tina et Jerry se retrouvèrent et parlèrent de reformer les Talking Heads. Ils parlèrent de l'idée à David, qui refusa net. Les trois membres formèrent alors un nouveau groupe, nommé The Heads et enregistrérent un album No Talking, Just Heads avec différents chanteurs à la place de Byrne (Debbie Harry de Blondie, Shaun Ryder de Happy Mondays...)

Le projet tourna court quand Byrne leur intenta un procès. Le groupe eut tout de même le temps de faire une courte tournée, jouant les nouveaux morceaux comme les plus anciens. En 1997, David Byrne sort Feelings, nouvel album coproduit avec Morcheeba. Il enchaine ensuite sur une longue tournée dans laquelle il ré-intérpréte un certain nombre de morceaux composés à l'époque de Talking Heads (I Zimbra, Psycho Killer, Making Flippy Floppy ou encore Take Me To The River), mais dans des arrangements trip-hop et électro. En 1999, à l'occasion de la ressortie remastérisée de Stop Making Sense en salles et en DVD, le groupe est très brièvement réuni le temps d'une conférence de presse (qui figure désormais en tant que bonus dans le DVD). L'ambiance est relativement électrique, Byrne n'ayant pas adressé la parole aux autres membres depuis presque huit ans.

En 2000, c'est au tour de Tom Tom Club de sortir un nouvel album, The Good, The Bad and The Funky. En 2001, Byrne sort Look Into The Eyeball et fait un carton avec le single Like Humans Do, morceau choisi par Microsoft pour illustrer le lecteur multimédia de leur nouveau système d'exploitation Windows XP. Tout cela est suivi d'une nouvelle tournée mondiale pour Byrne. Il apparait même dans un épisode des Simpsons ou il produit une chanson d'Homer et l'interprète dans le Big Suit de Stop Making Sense.

En 2002, le groupe est introduit le 18 mars au Rock'n'Roll Hall Of Fame, en même temps que leurs collègues des Ramones. Le quartette est de nouveau réuni pour recevoir le prix. Tout le monde s'exprime et le groupe est invité à jouer quelques classiques. Une fois de plus, l'ambiance n'est pas très détendue. Sur les images, Byrne est visiblement stressé. Ils jouent Psycho Killer mais aussi Burning Down The House et Life During Wartime avec leurs anciens collègues Steve Scales et Bernie Worell rappelés pour l'occasion. Comme l'ont dit plus tard Tina et Chris, l'occasion était parfaite pour terminer dans la bonne humeur l'histoire de leur groupe.

Depuis, Byrne et Tom Tom Club n'ont pas arrêtés de tourner. Mention spéciale à David, qui en 2008, pour promouvoir la sortie de l'album collaboratif Everything That Happens Will Happen Today avec Brian Eno, à parcouru le monde en jouant de nombreux morceaux datant de l'époque des Talking Heads qui n'avaient pas été rejoués depuis le début des années 1980 (avec par exemple Houses In Motion, Air, Cities, Crosseyed And Painless...). Cette tournée est filmée et le film qui s'ensuit en 2009, Ride Rise Roar, n'est pas sans évoquer par bien des égards Stop Making Sense.

En 2012, David compose un album avec St. Vincent, Love This Giant qui donne lieu une fois encore à une importante tournée. La même année, Tom Tom Club à sort un nouvel EP, Downtown Rockers avant de reparcourir le monde une nouvelle fois.

Aujourd'hui, les anciens membres de Talking Heads sont quasiment tous au repos. Jerry Harrison fait de très rares apparitions, Chris et Tina sont assez actifs mais ne font plus que de très rares concerts avec Tom Tom Club et David participe à mains projet culturels.

Influence et reconnaissance[modifier | modifier le code]

Les Talking Heads ont influencé nombre de formations majeures de la pop et du rock, notamment Duran Duran, Radiohead, qui tient son nom d'un morceau du groupe, et Arcade Fire.

Le critique Stephen Thomas Erlewine de Allmusic décrit les Talking Heads comme étant « l'un des groupes les plus encensés des années 80, tout en réussissant à gagner plusieurs hits pop »[3].

Quatre albums du groupe apparaissent dans la liste publiée en 2003 des 500 plus grands albums de tous les temps. Fear of Music se classe au soixante seizième rang des 100 meilleurs albums selon Channel 4.

Le titre Burning Down the House est utilisé dans le téléfilm américain Les Pirates de la Silicon Valley, le morceau This Must Be The Place (Naïve Melody) apparaît dans la bande originale du film Wall Street sorti en 1987 et de sa suite, Wall Street : L'argent ne dort jamais sorti, quant à lui, en 2010. Un autre film de Paolo Sorentino se nomme This Must Be The Place reprenant le titre des Talking Heads (avec Sean Penn dans le rôle titre).

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums live[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 1992 : Sand in the Vaseline: Popular Favorites
  • 2003 : Once in a Lifetime
  • 2004 : The Best of Talking Heads
  • 2005 : Talking Heads
  • 2006 : Bonus Rarities and Outtakes
  • 2007 : The Collection
  • 2009 : Same as It Ever Was

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • 1984 : Stop Making Sense de Jonathan Demme : Show au Pantage Theater à Los Angeles en décembre 1983.
  • 1988 : Storyteller Giant (Compilation 10 vidéo-clips)
  • 2011 : Chronology (Compilation live 1975-1983 & 2002)

Notes et références[modifier | modifier le code]

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