Robert Fripp

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Robert Fripp

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Robert Fripp en 2007.

Informations générales
Naissance 16 mai 1946 (68 ans)
Wimborne Minster, Angleterre
Genre musical rock progressif, ambient, rock expérimental, jazz fusion
Instruments guitare, claviers
Années actives 1968 à 2012
Labels E.G., Polydor, Discipline Global Mobile

Robert Fripp est un guitariste britannique né le 16 mai 1946 à Wimborne Minster[1]. Il est principalement connu en tant que fondateur, en 1969, du groupe de rock progressif King Crimson, dont il est le seul membre permanent. Il a également travaillé avec de nombreux autres artistes, parmi lesquels David Bowie, Blondie, Andy Summers, Brian Eno, Peter Gabriel ou David Sylvian. Robert Fripp a influencé un grand nombre de musiciens des années 1970, comme Steve Hackett, et il est considéré comme l'un des pères du rock progressif.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts (1946-1968)[modifier | modifier le code]

Originaire de la région de Bornemouth, dans le Dorset, Robert Fripp commence à jouer de la guitare à l'âge de 11 ans[2]. Il fait ses débuts professionnels au milieu des années 1960, au sein du groupe The League of Gentlemen[3].

En 1967, il répond à une annonce des frères Giles, Mike (batterie) et Peter (basse), qui recherchent un chanteur et organiste. Bien que Fripp ne corresponde absolument pas à ce profil, les trois hommes forment un groupe simplement appelé Giles, Giles & Fripp[4]. Un album, The Cheerful Insanity of Giles, Giles & Fripp, sort chez Deram en avril 1968. Mêlant diverses influences (folk, music-hall, classique), il ne rencontre pas un grand succès.

Courant 1968, le trio est rejoint par le multi-instrumentiste Ian McDonald et le parolier Peter Sinfield. Peter Giles se retire, et c'est un ami d'enfance de Fripp, Greg Lake, qui vient prendre sa place. Le groupe adopte un nouveau nom : King Crimson[5].

King Crimson (1969-1974)[modifier | modifier le code]

Robert Fripp en 1974.

Le premier album de King Crimson, In the Court of the Crimson King, paraît en octobre 1969. Il rencontre un franc succès, mais le groupe perd Ian McDonald et Michael Giles avant la fin de l'année : les deux hommes souhaitent s'orienter dans une autre direction que celle voulue par Fripp. Lorsque Greg Lake annonce à son tour son départ, la survie du groupe semble si compromise que Fripp se voit proposer de rejoindre Yes, qui vient de perdre son guitariste Peter Banks. Il refuse l'offre.

King Crimson enchaîne les remplaçants jusqu'à la mi-1971, date à laquelle une formation stable semble enfin s'imposer : Fripp et Sinfield, les deux derniers fondateurs du groupe, sont accompagnés de Boz Burrell (basse, chant), Ian Wallace (batterie) et Mel Collins (instruments à vent). Toutefois, des divergences entre Fripp et les nouveaux venus, adeptes d'un mode de vie plus « rock and roll », ne tardent pas à voir le jour. Après la sortie de l'album Islands, Peter Sinfield est renvoyé en décembre 1971, et en avril 1972, Burrell, Wallace et Collins claquent la porte du groupe[6].

King Crimson renaît quelques mois plus tard : Fripp engage Bill Bruford (ex-batteur de Yes), John Wetton (ex-bassiste de Family), le violoniste David Cross et le percussionniste Jamie Muir. Cette formation reste quasiment la même pendant trois ans et publie autant d'albums : Larks' Tongues in Aspic, Starless and Bible Black et Red. Réduit au trio Bruford-Fripp-Wetton en 1974, le groupe est dissous à la surprise générale par Robert Fripp. Celui-ci croit la fin des civilisations modernes proche et choisit de mettre un terme à l'existence d'un groupe « dinosaure » au profit d'une carrière solo, se définissant comme « une petite unité indépendante, mobile et intelligente[7] ».

Eno, Frippertronics, Exposure, The League of Gentlemen (1974-1981)[modifier | modifier le code]

Brian Eno en 1974.

En réalité, Fripp s'est déjà autorisé quelques incursions en-dehors de King Crimson, notamment au travers d'un album ambient avec Brian Eno, (No Pussyfooting) (1973). Il participe aussi comme guitariste invité aux albums de Van der Graaf Generator H to He, Who Am the Only One (1970) et Pawn Hearts (1971). Enfin, il produit des albums pour le groupe de Robert Wyatt Matching Mole (Matching Mole's Little Red Record, 1972) et pour le pianiste de jazz Keith Tippett (Septober Energy, Blueprint, Ovary Lodge, 1971-1973).

(No Pussyfooting) est suivi en 1975 par Evening Star, toujours fruit du travail du tandem Fripp & Eno. Ces deux albums expérimentaux sont fondés sur un système de bandes passées en boucle élaboré par Eno et employé dans la courte tournée européenne donnée par le duo en avril-mai 1975. Par la suite, Fripp continue à utiliser ce système de « Frippertronics (en) » dans ses albums solo : notamment, il constitue la première face de God Save the Queen / Under Heavy Manners (1980), puis l'intégralité de Let the Power Fall (1981).

En 1975, Fripp se retire provisoirement du monde de la musique pour suivre les cours donnés par l'International Academy for Continuous Education, fondée par John G. Bennett pour étudier l'œuvre ésotérique de Georges Gurdjieff. Par la suite, il décrit la vie dans cette école comme « physiquement douloureuse et mentalement terrifiante », mais juge « précieux » ce qu'il y a appris, et il continue à faire référence à Gurdjieff par la suite[8].

Fripp revient à la musique en 1976, apparaissant sur les trois premiers album solo de Peter Gabriel. À la même époque, il entre en contact avec David Bowie via Brian Eno et joue sur l'album "Heroes". Installé à New York, Fripp se rapproche de la scène new wave locale, collaborant avec Blondie (Parallel Lines), Talking Heads (Fear of Music) et The Roches, entre autres. En 1979, il publie son premier « véritable » album solo, Exposure, auquel participent entre autres Eno, Gabriel, Peter Hammill, et Daryl Hall. L'album atteint la 79e place du classement Billboard.

En mars 1980, Robert Fripp forme un nouveau groupe avec l'organiste Barry Andrews (déjà présent lors des sessions d'Exposure), la bassiste Sara Lee et le batteur Johnny Toobad. Il le baptise « The League of Gentlemen », en souvenir de son premier groupe. Cette formation donne 77 concerts en Amérique du Nord et en Europe durant l'année et enregistre un album studio, The League of Gentlemen, qui paraît début 1981[9]. Toujours en 1980, Fripp collabore à nouveau avec David Bowie sur l'album Scary Monsters (and Super Creeps).

King Crimson reformé (1981-1984)[modifier | modifier le code]

1981 voit la naissance d'un nouveau groupe baptisé « Discipline ». Fripp retrouve Bill Bruford et engage le guitariste Adrian Belew et le bassiste Tony Levin. Le quatuor reprend rapidement le nom de King Crimson et sort trois albums : Discipline (1981), Beat et Three of a Perfect Pair (1984). Ce nouveau King Crimson, pétri d'influences minimaliste, new wave et funk, donne son dernier concert le 11 juillet 1984 au Spectrum de Montréal[10].

Durant cette même période, Fripp enregistre deux albums avec le guitariste de The Police, Andy Summers : I Advance Masked (1982) et Bewitched (1984).

Guitar Craft, Toyah Willcox, Sylvian/Fripp, Soundscapes (1984-1994)[modifier | modifier le code]

À partir de 1985, Robert Fripp commence à donner des cours. Les ateliers Guitar Craft s'adressent aux débutants et comprennent des leçons de guitare, mais aussi de développement de soi. Ils utilisent un accordage particulier, le New standard tuning (en), dont Fripp affirme qu'il lui est venu à l'esprit dans un sauna en septembre 1983[11]. Il est basé en partie sur un accordage en quintes, avec une tierce entre les cordes les plus aiguës: do-sol-ré-la-mi-sol (CGDAEG), ce qui offre une plus grande tessiture à l'instrument. Plusieurs albums sont enregistrés par Fripp avec des élèves de Guitar Craft réunis sous le nom « The League of Crafty Guitarists », notamment The League of Crafty Guitarists (1995), pour seize guitaristes électriques.

En 1986 paraît le premier album enregistré par Fripp avec sa nouvelle épouse, Toyah Willcox : The Lady or the Tiger. Willcox y récite deux nouvelles de Frank R. Stockton sur fond de Frippertronics, avec la participation des Crafty Guitarists. Cinq ans plus tard, Fripp et Wilcox sortent Kneeling at the Shrine sous le nom « Sunday All Over the World », qui comprend également le joueur de stick Trey Gunn et le batteur Paul Beavis.

Fin 1991, Fripp propose à David Sylvian, pour qui il a joué sur les albums Alchemy: An Index of Possibilities (1985) et Gone to Earth (1986), de le rejoindre dans une nouvelle réunion de King Crimson. Sylvian décline l'offre, mais les deux hommes donnent néanmoins une tournée ensemble au Japon en 1992[12]. Leur collaboration débouche sur les albums The First Day (1993) et Damage: Live (1994).

En 1992, suite à l'effondrement de son label historique E.G., Fripp fonde une structure de production et de distribution de projets musicaux qui gère les intérêts de King Crimson et de nombreux autres musiciens : Discipline Global Mobile[13].

À partir de 1994, les Frippertronics, dirigés par ordinateur, deviennent les Soundscapes, moins sereins, parfois morbides, comme dans The Gates of Paradise (1997), qui propose un voyage sonore à travers la mort. Fripp publie de nombreux albums de Soundscapes dans les années 1990 et 2000, dont certains ne sont disponibles qu'en téléchargement via le site de Discipline Global Mobile.

King Crimson reformé (1994...)[modifier | modifier le code]

King Crimson en concert en 2003. Robert Fripp est assis, à droite.

King Crimson renaît en 1994 autour du quatuor Fripp-Belew-Levin-Bruford, rejoints par Trey Gunn et le batteur Pat Mastelotto. Tous deux ont déjà joué avec Fripp durant la tournée avec David Sylvian. C'est la naissance du « double trio » : le groupe comporte alors deux guitaristes (Fripp et Belew), deux bassistes (Levin et Gunn) et deux batteurs (Bruford et Mastelotto). L'EP VROOOM sort en 1994, suivi de l'album THRAK l'année suivante.

En 1997, King Crimson est « fraKctalisé » : c'est le début des ProjeKcts, formation rassemblant une partie des membres du groupe pour jouer sur scène de manière purement improvisée. Quatre ProjeKcts se produisent entre 1997 et 1999, puis sporadiquement par la suite.

En 2000, un King Crimson réduit à quatre après le départ de Bill Bruford et Tony Levin enregistre The ConstruKction of Light, suivi par The Power to Believe en 2003. Gunn quitte le groupe l'année suivante. Levin y reprend sa place, et Gavin Harrison est engagé en 2007 comme second batteur.

Travaux récents[modifier | modifier le code]

En 1997, Robert Fripp participe à une série de concerts G3 avec Joe Satriani et Steve Vai aux États-Unis et au Canada.

Dans les années 2000, Robert Fripp collabore avec de nombreux musiciens. Il retrouve Brian Eno pour deux albums, The Equatorial Stars (2004) et Beyond Even (1992-2006) (2007), et enregistre également des albums avec Jeffrey Fayman, compositeur d'Immediate Music, (A Temple in the Clouds, 2000) et Theo Travis (Thread, 2008). Il apparaît comme invité sur des albums de Porcupine Tree (Fear of a Blank Planet, 2007), Jakko Jakszyk (The Bruised Romantic Glee Club, 2007) ou Judy Dyble (Talking with Strangers, 2009).

En 2006, Fripp compose les sons du nouveau système d'exploitation de Microsoft, Windows Vista. Ils sont réutilisés par son successeur Windows 7[14].

En février 2009, Fripp recommande l'arrêt de Guitar Craft à l'occasion de son vingt-cinquième anniversaire, le 25 mars 2010[15].

En 2011 paraît l'album A Scarcity of Miracles, réalisé avec Mel Collins et Jakko Jakszyk et décrit comme « a King Crimson ProjeKct ». Tony Levin et Gavin Harrison participent également à l'enregistrement.

Dans une interview accordée le 3 août 2012 au Financial Times, Robert Fripp annonce sa retraite en tant que musicien, écœuré par l'évolution de l'industrie musicale[16]. Cette retraite est de courte durée, puisque le guitariste annonce en septembre 2013 une nouvelle réunion de King Crimson avec Tony Levin, Pat Mastelotto, Gavin Harrison, Mel Collins, Jakko Jakszyk et Bill Rieflin, qui doit commencer à se produire sur scène en septembre 2014[17].

Quelques éléments de discographie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Discographie de King Crimson.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Dahan, « King Crimson, Robert Fripp frappe », Libération,‎ 13 mai 1995 (lire en ligne)
  2. Steve Rosen, « Interview with Robert Fripp in Guitar Player (1974) », Guitar Player,‎ mai 1974 (consulté le 8 juin 2011).
  3. (en) Bruce Eder, « The League of Gentlemen », Allmusic (consulté le 8 juin 2011).
  4. « Interview with Robert Fripp in Musician », Musician,‎ août 1984 (consulté le 8 juin 2011).
  5. (en) Bruce Eder, « Giles, Giles & Fripp », Allmusic (consulté le 8 juin 2011).
  6. (en) Bruce Eder, « King Crimson », Allmusic (consulté le 8 juin 2011).
  7. (en) Robert Partridge, « Interview with Robert Fripp in Melody Maker (1974) », Melody Maker,‎ 5 octobre 1974 (consulté le 9 juin 2011).
  8. (en) Jean-Gilles Blum, « Interview with Robert Fripp in Best », Best,‎ janvier 1979 (consulté le 9 juin 2011).
  9. Sid Smith, « The League of Gentlemen », DGM Live,‎ décembre 2005 (consulté le 11 juin 2011).
  10. « King Crimson 81 », DGM Live (consulté le 11 juin 2011).
  11. Tom Mulhern, « Interview with Robert Fripp in Guitar Player (1986) », Guitar Player,‎ janvier 1986 (consulté le 12 juin 2011).
  12. Paul Tingen, « David Sylvian: Flux & Mutability », Sound on Sound,‎ juin 1994 (consulté le 12 juin 2011).
  13. « About Discipline Global Mobile (DGM) » (consulté le 12 juin 2011).
  14. Martin Veitch, « Robert Fripp's Vista sounds are here », The Inquirer,‎ 10 novembre 2006 (consulté le 12 juin 2011)
  15. « Robert Fripp's Diary », DGM Live,‎ 14 février 2009 (consulté le 12 juin 2011).
  16. (en) Ludovic Hunter-Tilney, « The day the music died », Financial Times,‎ 3 août 2012 (consulté le 25 septembre 2012).
  17. (en) Sid Smith, « New King Crimson Line-Up Confirmed », sur DGM Live,‎ 24 septembre 2013 (consulté le 26 mai 2014).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]