Reao

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Reao
Image satellite de Reao.
Image satellite de Reao.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Tuamotu
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 18° 30′ 30″ S, 136° 22′ 30″ O
Superficie 9 km2
Géologie Atoll
Administration
Collectivité d'outre-mer Polynésie française
District Tuamotu
Commune Reao
Démographie
Population 379 hab. (2012[1])
Densité 42,11 hab./km2
Autres informations
Fuseau horaire UTC-10

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Reao
Reao

Géolocalisation sur la carte : Archipel des Tuamotu

(Voir situation sur carte : Archipel des Tuamotu)
Reao
Reao
Atolls en France

Reao ou Natūpe (anciennement île Clermont-Tonnerre) est un atoll situé à l'extrémité est de l'archipel des Tuamotu en Polynésie française. Il est administrativement rattaché à la commune de Reao.

Géographie[modifier | modifier le code]

Reao est situé à 48 km à l'ouest-nord-ouest de Pukarua et à 1 340 km à l'est de Tahiti. Il s'étend sur 24,5 km de longueur et 5 km de largeur maximales pour 9 km2 de surface de terres émergées. Un motu unique couvre l'intégralité de sa côte nord-est. Il n'y a pas de passe navigable pour entrer dans le lagon de 34 km2.

D'un point de vue géologique, l'atoll est la très fine excroissance corallienne (de seulement quelques mètres) du sommet du mont volcanique sous-marin homonyme, qui mesure 2 005 mètres depuis le plancher océanique, formé il y a environ 36,1 à 36,8 millions d'années[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Peuplement polynésien[modifier | modifier le code]

Des séries de fouilles archéologiques ont mis au jour sur Reao, en plus des maraes, la présence sur 85 000 m2 d'au moins 365 « fosses de culture » – creusées par des unités familiales de trois à quatre personnes pour atteindre l'humidité latente de la lentille des eaux des précipitations retenues dans le socle corallien où étaient déposés des branchages et des composts[3] – destinées à la culture de différentes variétés de taros dont les tubercules, sources de féculents, étaient récoltés tous les six mois par les Polynésiens ayant peuplé l'atoll[4]. La datation des couches les plus profondes indiquent que ces méthodes agricoles remontent sur cet atoll à l'an 1120 ± 40 ans, ce qui est la plus ancienne datation de ce type faite aux Tuamotu bien que Reao soit l'un des atolls les plus orientaux de l'archipel[4].

Découverte par les Européens[modifier | modifier le code]

La première mention par un Européen de l'atoll fut faite par l'explorateur français Louis Isidore Duperrey qui le visite, à bord du navire La Coquille, le [5] qui nomme l'île du nom de Clermont-Tonnerre[6],[7] en l'honneur de Aimé Marie Gaspard de Clermont-Tonnerre, ministre de la Marine[8]. C'est ensuite le capitaine britannique Frederick Beechey qui aborde l'atoll le 18 janvier 1826 puis Jules Dumont d'Urville qui le visite en août 1838 et lui donne en plus le nom de Minerve[9]. L'expédition américaine australe, menée par Charles Wilkes entre 1838 et 1842, accoste également l'atoll le et le signale sous le nom de Minerva[9].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, l'atoll se dote d'une administration, avec la construction de la mairie en pierre de corail en 1874 – rénovée en 2010[10]. Il est évangélisé avec la fondation de la paroisse Saint-Augustin en 1875, puis la construction de l'église homonyme en 1973 rattachée au diocèse de Papetee[11].

En 1983, l'atoll est dévasté par un cyclone qui toucha en particulier la cocoteraie qui dû être replantée de 17 000 cocotiers dans les années qui suivirent grâce à un programme de regénération[10].

Économie[modifier | modifier le code]

Reao est doté d'un aérodrome (NTGE), inauguré en 1979. L'économie de l'atoll repose principalement sur la production de coprah (318 tonnes en 2009 avec une tendance à la baisse), le développement de la culture de bénitier à des fins d'aquariophilie à l'international et de consommation culinaire à Tahiti[12], ainsi que sur la pêche et le mouillage de plaisance pour le tourisme avec une darse relativement importante[10].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Le lagon de l'atoll présente la particularité d'héberger d'importantes colonies de coraux du genre de Porites mordax et d'Acropora formosa et plus de 400 bénitiers recensés de type Tridacna maxima[13].

Littérature[modifier | modifier le code]

L'île Clermont-Tonnerre inspira Jules Verne qui la cite dans Vingt mille lieues sous les mers[8] (1870) ainsi que dans L'Île Mystérieuse (1874) à propos de la formation des atolls[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Population des communes de Polynésie française en 2012 sur le site de l'Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF).
  2. (en) Reao Seamount sur le catalogue Seamount de earthref.org
  3. Obtenus à partir des feuillages de Pisonia grandis, Scaevola frutescens et Messerschmidtia argenteade.
  4. a et b Les fosses de culture dans les Tuamotu par Jean-Michel Chazine, Journal de la Société des océanistes, no 80, tome 41, 1985. pp. 25-32.
  5. Tahiti et ses archipels par Pierre-Yves Toullelan, éditions Karthala, 1991, (ISBN 2-86537-291-X), p. 61. Extrait disponible sur le site Google Livres
  6. Voyage autour du monde entrepris par ordre du gouvernement sur la corvette La Coquille par Pierre Adolphe Lesson et René Primevère Lesson, p. 228, publié par P. Pourrat frères, 1838. Ouvrage disponible sur le site Google Livres
  7. (en) Names of the Paumotu Islands, with the Old Names So Far As They Are Known par J.L. Young dans The Journal of the Polynesian Society, vol. 8, no 4, décembre 1899, pp. 264-8.
  8. a et b Maison de Clermont-Tonnerre
  9. a et b Les Atolls des Tuamotu par Jacques Bonvallot, éditions de l'IRD, 1994, (ISBN 9782709911757), pp. 275-282.
  10. a, b et c Tournée gouvernementale : le contraste entre Nukutavake et Reao sur Tahiti infos le 20 juillet 2010.
  11. Paroisse Saint-Augustin sur le site l'archidiocèse de Papeete.
  12. Polynésie, la face cachée des lagons, documentaire diffusé sur Polynésie 1re, juillet 2015.
  13. (en) Review of the protected areas system in Oceania Arthur L. Dahl, IUCN Commission on National Parks and Protected Areas, United Nations Environment Programme, éd. IUCN, 1986, (ISBN 9782880325091), p. 208.
  14. L'Île Mystérieuse, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2012, (ISBN 978-2-07-012893-8), p. 227.