Nukutavake

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Nukutavake
Vue satellite de la NASA
Vue satellite de la NASA
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Tuamotu
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 19° 16′ 50″ S, 138° 47′ 07″ O
Superficie 5,5 km2
Point culminant 10 m
Géologie atoll
Administration
Collectivité d'outre-mer Polynésie française
District Tuamotu
Commune Nukutavake
Démographie
Population 190 hab. (2017[1])
Densité 34,55 hab./km2
Plus grande ville Tavananui
Autres informations
Découverte 1767
Fuseau horaire UTC-10

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Nukutavake
Nukutavake

Géolocalisation sur la carte : Archipel des Tuamotu

(Voir situation sur carte : Archipel des Tuamotu)
Nukutavake
Nukutavake
Atolls en France

Nukutavake est un petit atoll situé dans l'archipel des Tuamotu en Polynésie française. C'est le chef-lieu de la commune de Nukutavake.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Nukutavake est situé à 13,5 km au nord-ouest de Pinaki l'atoll le plus proche, à 42 km à l'est de Vairaatea et à 1 100 km à l'est de Tahiti. L'atoll est de forme très allongée de 5,2 km de longueur et 1,3 km de largeur maximales pour une surface de terres émergées de 5,5 km2. Le lagon a en revanche complètement disparu par comblement et a été remplacé par une cocoteraie de 800 ha.

Géologie[modifier | modifier le code]

D'un point de vue géologique, l'atoll est l'excroissance corallienne du sommet du mont volcanique sous-marin homonyme formé il y a environ 40 à 50 millions d'années[2]. Nukutavake, comme Pinaki voisin, présente la particularité d'avoir accumulé de grandes quantités de sables éoliens sous forme de dunes pouvant atteindre environ 10 mètres de hauteur[3] et ayant été un temps exploitées pour leur qualités physico-chimiques particulières.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2017, la population totale de Nukutavake est de 190 personnes[1],[4] principalement regroupées dans le village de Tavananui ; son évolution est la suivante :

1983 1988 1996 2002 2007 2012 2017
139 142 190 139 165 188 190
Sources ISPF[5] et Gouvernement de la Polynésie française.

Histoire[modifier | modifier le code]

Peuplement polynésien et découverte par les Européens[modifier | modifier le code]

Nukutavake — qui signifie littéralement « les armées (nuku) de Tavake » du nom de l'oiseau personnifiant le dieu Tû — porte de nombreux vestiges archéologiques d'occupation polynésienne appartenant à l'aire culturelle et linguistique Maragai (regroupant également les atolls de Vairaatea, Pinaki, Vahitahi et Akiaki)[6]. La première mention de l'atoll par un Européen a été faite par l'Anglais Samuel Wallis le [7],[8] qui le nomme Queen Charlotte Island[9]. C'est ensuite le navigateur britannique Frederick Beechey qui le visite le 22 janvier 1826.

Période moderne[modifier | modifier le code]

Polynésiens abordant Nukutavake en 1915.

Au XIXe siècle, Nukutavake devient un territoire français peuplé alors d'environ 30 habitants autochtones vers 1850[10]. L'atoll est alors évangélisé avec la fondation de la paroisse Saint-Joachim[11] en 1852 et la construction en 1924 de l'église homonyme rattachée au diocèse de Papetee[12]. En 1911, Nukutavake devient le chef-lieu de la commune regroupant également les atolls de Pinaki et Vahitahi[6].

En 1983, l'atoll est frappé par un important cyclone qui fait de lourds dégâts notamment sur le plus important marae Kurakakea, au centre du village de Tavananui[6].

Économie[modifier | modifier le code]

La production de coprah (170 tonnes en 2009) issue de l'exploitation de la cocoteraie occupe l'intégralité de l'atoll[13]. La pêche pratiquée autour de l'atoll sert à la consommation locale par les habitants de la commune.

Un petit aérodrome domestique — avec une piste de 900 mètres de longueur — a été ouvert en 1981 dans la partie sud-est de l'île. Il assure une bonne centaine de vols annuels pour environ 1 000 passagers[14], composés essentiellement de touristes qui est l'une des activités principales de l'atoll.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

L'atoll accueille une population endémique de Chevaliers des Tuamotu[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Répartition de la population de la Polynésie française par île en 2017, Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), consulté le 27 février 2019.
  2. (en) Nukutavake Seamount sur le catalogue Seamount de earthref.org
  3. (en) Coral reefs of the tropical Pacific, Alexander Agassiz, vol. 28 in Memoirs of the Museum of Comparative Zoology at Harvard College Coral Reefs of the Tropical Pacific, 1903, p. 123.
  4. Atlas de Polynésie : Nukutavake, Direction des ressources marines du Gouvernement de la Polynésie française, consulté le 27 février 2019.
  5. Population, naissances et décès entre deux recensements (RP), Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), consulté le 27 février 2019.
  6. a b et c Archéologie et traditions oralesdes atolls de Nukutavake, Vaira’atea et Pinaki par Tamara Maric, publication de la Direction de l'Environnement, 2010, p. 3-27.
  7. Les Atolls des Tuamotu par Jacques Bonvallot, éditions de l'IRD, 1994, (ISBN 9782709911757), p. 275-282.
  8. Tahiti et ses archipels par Pierre-Yves Toullelan, éditions Karthala, 1991, (ISBN 2-86537-291-X), p. 61.
  9. (en) Names of the Paumotu Islands, with the Old Names So Far As They Are Known par J.L. Young dans The Journal of the Polynesian Society, vol. 8, no 4, décembre 1899, p. 264-8.
  10. Notices sur les colonies françaises, Étienne Avalle, éditions Challamel aîné, Paris, 1866, p. 641.
  11. À laquelle sera également associée en 2004 l'église du Christ-Roi de Vairaatea construite en 1946.
  12. Paroisse Saint-Joachim sur le site l'archidiocèse de Papeete.
  13. Tournée gouvernementale : le contraste entre Nukutavake et Reao sur Tahiti infos le 20 juillet 2010.
  14. Statistiques annuelles de l'aérodrome de Nukutavake, Union des aéroports français, consulté le 27 février 2019.
  15. (en) Review of the protected areas system in Oceania Arthur L. Dahl, IUCN Commission on National Parks and Protected Areas, United Nations Environment Programme, éd. IUCN, 1986, (ISBN 9782880325091), p. 208.