Patrick Artus

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Patrick Artus
Patrick Artus - 2017.jpg
Patrick Artus en 2017.
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Patrick Artus, né le 14 octobre 1951 à Lille[1], est un économiste français, directeur de la recherche et des études de Natixis[2] et administrateur de Total[3], qui a en particulier travaillé sur les nouvelles stratégies boursières des entreprises. Il est un des spécialistes français en économie internationale et en politique monétaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Il est admis à l'École polytechnique et fait partie de la promotion 1970. Il est diplômé en 1975 de l'ENSAE et de Sciences Po[4].

Il est marié et père de trois enfants.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il commence sa carrière comme administrateur de l'Insee. En 1980, il commence à travailler au département économique de l'OCDE. Il est également maître de conférences à l'université Paris-Dauphine en 1982[5].

De 1982 à 1985, il est directeur des études de l’ENSAE. De 1985 à 1988, il est conseiller scientifique à la direction générale des études de la Banque de France. A partir de 1988, il est chef du service des études économiques et financières à la Caisse des Dépôts, puis dans sa filiale, CDC-Ixis[6]. Après le désengagement de la Caisse des Dépôts d'Ixis, il demeure chez Ixis qui devient Natixis en 2006.

De 1996 à 2011, il est professeur de sciences économiques à l'École polytechnique.

Il est nommé membre du Conseil d’analyse économique à une date inconnue[7].

Il est actuellement professeur associé à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne. En 2013, il devient chef économiste de Natixis.

Il est aussi membre du Cercle des économistes[8] et de la Commission économique de la Nation. Il est membre du conseil d'administration de Total[9].

Il écrit régulièrement des chroniques et points de vue dans Le Monde, Alternatives économiques, Challenges, Les Échos et Revue Banque. Il intervient également dans l'émission L'Économie en questions sur France Culture. Il est actuellement directeur des études à la banque Natixis, où il publie notamment plusieurs « Flash économie » par jour.

Mandats sociaux[modifier | modifier le code]

  • Membre du conseil d'administration de Total SA
  • Membre du conseil d'administration d'Ipsos

Prises de positions[modifier | modifier le code]

Erreur de prévision au sujet de la crise des subprimes[modifier | modifier le code]

Le 22 mars 2007, Patrick Artus rédige une note « Flash Marchés »[10] publiée par Natixis où il explique pourquoi il n'y a pas lieu de craindre une crise financière prochaine :

« Les marchés financiers croient n'importe quoi. Les corrections successives des marchés d'actions en février-mars 2007 sont liées à une série de craintes des marchés : […] il peut y avoir une récession aux États-Unis ; […] la crise du crédit immobilier « subprime » […] aux États-Unis va déclencher une crise bancaire et financière. Or, toutes ces affirmations sont fausses. La crédulité et l'absence de sang froid des marchés financiers sont donc remarquables. »

Cette thèse est reprise le 24 mai 2007 dans un éditorial publié dans le magazine Challenges :

« Le potentiel des Bourses européennes est gigantesque. […] Dans une économie mondiale qui peut fonctionner avec des États-Unis en croissance faible et où l'inflation semble vaincue, il est possible de croire que le seul CAC 40, par exemple, puisse atteindre 7 000 points au premier semestre 2008[11]. »

Ses prévisions seront cependant contredites par la crise financière mondiale débutant en 2007.

Il estime dans une nouvelle note en mai 2008 que la crise financière est « finie»[12], et que « On peut considérer que le pire de la crise financière qui débute à l’été 2007 est derrière nous : le provisionnement des banques est suffisant, la confiance revient sur la plupart des marchés financiers, les banques consolident leurs bilans[13]. » Ceci est à nouveau contredit par les nombreuses faillites et sauvetages bancaires de septembre 2008, en particulier Fannie Mae, Freddy Mac, Lehman Brothers, Merrill Lynch et AIG.

Le 3 février 2009, Patrick Artus publie une nouvelle note « Flash Marchés[14] » pour expliquer en quoi ses analyses étaient erronées (« Quand nous sommes-nous trompés sur nos prévisions, et comment l'expliquer ? »). Il y écrit qu'« Essentiellement nos erreurs de prévisions consistent en un optimisme global très excessif (portant sur la croissance, les cours boursiers,...) au premier semestre 2008 ». Erreurs déjà signalées auparavant, comme en 2007 « Le scénario le plus raisonnable est celui où la crise immobilière aux États-Unis ralentit l'économie mondiale mais est loin de la plonger dans une récession. Notre scénario central n'est donc absolument pas celui d'une récession en 2008. »[15].

Politiques austéritaires[modifier | modifier le code]

Dans une conférence à la Coface en janvier 2012[16], il indique qu'une réduction simultanée et trop brutale des dépenses publiques en zone Euro accroitrait globalement les dettes publiques au lieu de les réduire (principe du multiplicateur budgétaire [17],[18],[19],[20]). Selon lui, si tous les pays de la zone Euro font en même temps des plans de réduction de leur déficit budgétaire (principe du pacte de stabilité et de croissance), à la différence d'une politique conjoncturelle, pour 1 % de réduction des déficits, on obtient en proportion une réduction comprise entre 0,6 % et 1 % de la croissance, ou plus. Ceci est particulièrement vrai dans les pays où le PIB est majoritairement assis sur la dépense publique (en France plus de 56 % du PIB est créé par de la dépense publique[21],[22]). Il résulte de la dynamique économique de l'endettement public[23] que l'écart entre les taux de croissance et les taux de financement s'accroît d'autant plus que dans le même temps les taux de financement augmentent, car les agences de notation dégradent les États au vu des baisses de croissance constatées.

Il s'élève par ailleurs contre l'idée d’augmenter les impôts payés par les banque pour faire face à la crise économique[3].

Crise migratoire européenne[modifier | modifier le code]

En 2015, commentant la crise migratoire en Europe, il voit dans ces événements une « chance pour l’Europe ». L'afflux de population provoquant une hausse de la population active qui serait avec la hausse de la productivité, selon Artus, une de deux grandes sources de croissance potentielle[24].

Déglobalisation et marxisme[modifier | modifier le code]

En 2018, il publie dans le cadre de son activité au sein de la banque Natixis une note affirmant que les prédictions de Karl Marx concernant les baisses de rendement du capital des entreprises et les conséquences en ce qui concerne la diminution des salaires et la survenue de crises financières étaient fondées[25]. En 2020, alors que la Pandémie de Covid-19 renforce le rôle des États par rapport aux acteurs économiques et "met en évidence la fragilité des chaînes de valeur mondiale", ce qui se traduit entre-autres par un krach boursier, Artus va plus loin et y voit le début d'une "déglobalisation" de l'économie avec un recentrage des investissements et des productions aux échelles régionales et nationales, et le retour de l'État-providence fort avec la Sécurité sociale qui lui est associée, ce qui saperait donc les fondements du capitalisme néolibéral[26]. Il précise cependant qu'il parle de la fin possible du néolibéralisme, mais de celle du capitalisme en lui-même, pensant qu'il passera la pandémie et ses conséquences en changeant de forme et en mettant fin à ses propres excès[26].

Critiques[modifier | modifier le code]

Pour le journaliste Laurent Mauduit, Patrick Artus, « bien que brillant », « est trop incrusté dans ce système pour en dénoncer tous les vices et toutes les turpitudes. Sans même parler de ses rémunérations principales, celles que lui sert sa banque d'attache. »[27]

Vers l'issue de la crise, les économistes Henri Sterdyniak et Michel Husson, dont les observations sont reprises par le site regards.fr, lui reprochent de faire des erreurs grossières dans ses analyses, afin de pousser aux politiques d'austérité[28].

Un exemple de cette sorte d'erreur serait contenu dans un rapport Natixis (« Flash économie ») de 2013. Il y établit une corrélation entre salaire minimum et chômage des jeunes. Dans la partie empirique de son analyse, il utilise, entre autres, des données concernant l'Australie, qui aurait le plus haut salaire minimum des pays donnés en exemple. Or, l'OCDE situe cette année là l'Australie dans la moitié des pays ayant le plus faible rapport de chômage entre jeune et ensemble de la population active[29].

Prix et décorations[modifier | modifier le code]

  • Officier de la Légion d'honneur (2019[30])

Publications[modifier | modifier le code]

  • avec F. Legros, Le choix du Système de retraites, Economica, 1999
  • Crises des pays émergents, Economica, 2000
  • L’Euro et la Banque Centrale Européenne, Economica, 2001
  • La nouvelle économie, La Découverte, 2001
  • Politique monétaire, Economica, 2001
  • La France peut se ressaisir, Economica 2004
  • Macroéconomie, Economica 2005
  • avec Marie-Paule Virard, Le Capitalisme est en train de s'autodétruire, La Découverte, 2005
  • avec Marie-Paule Virard, Comment nous avons ruiné nos enfants, La Découverte, 2006
  • Les incendiaires - Les banques centrales dépassées par la globalisation, Perrin, 2007
  • avec Marie-Paule Virard, Globalisation, le pire est à venir, La Découverte, 2008
  • avec Marie-Paule Virard, On comprend mieux le monde à travers l'économie, Pearson Education, 2008
  • avec Marie-Paule Virard, Est-il trop tard pour sauver l'Amérique ?, La Découverte, 2009
  • avec Olivier Pastré, Sorties de crise. Ce qu'on ne nous dit pas. Ce qui nous attend., Éditions Perrin, 2009
  • avec Marie-Paule Virard, La France sans ses usines, éditions Fayard, 2011
  • avec Marie-Paule Virard, Les apprentis sorciers, 40 ans d'échecs la politique économique française, Éditions Fayard, 2013
  • avec Marie-Paule Virard, Croissance zéro, comment éviter le chaos?, Éditions Fayard, 2015
  • avec Marie-Paule Virard, La Folie des banques centrales, Éditions Fayard, 2016
  • avec Marie-Paule Virard, Euro, par ici la sortie, Éditions Fayard, 2017[34]
  • avec Marie Paule Virard, Et si les salariés se révoltaient?, Éditions Fayard, 2018[35].


Références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Wikipol sur slate.fr
  2. « CV de Patrick Artus », Conseil d'analyse économique (consulté le 10 décembre 2011)
  3. a et b Renaud Lambert, « Les économistes à gages sur la sellette », sur Le Monde diplomatique,
  4. « Patrick ARTUS », sur Le Cercle des économistes (consulté le 27 juin 2020)
  5. « Patrick Artus, Chef économiste de Natixis - Carnet des décideurs de l'Argus de l'Assurance », sur www.argusdelassurance.com (consulté le 27 juin 2020)
  6. [1]
  7. « Artus Patrick - Accueil | Conseil d'Analyse Economique | CAE », sur www.cae-eco.fr (consulté le 27 juin 2020)
  8. « Patrick ARTUS », Le Cercle des économistes, (consulté le 10 décembre 2011)
  9. Site web de Total, présentation du conseil d'administration.
  10. « Flash Marchés », sur Natixis, .
  11. Challenges nº 81, 24 mai 2007
  12. interview pour Challenges, 02 avril 2008, bourse.blogs.challenges.fr/archive/2008/04/02/la-crise-est-finie.html
  13. « Flash Marchés », sur Natixis, .
  14. « Flash Marchés », sur Natixis, .
  15. Mauduit 2012, p. 81
  16. « Conférence de la Coface, janvier 2012 »
  17. « P Artus, octobre 2010, Natixis, peut on estimer empiriquement le multiplicateur budgétaire »
  18. « Septembre 2011, à propos du multiplicateur budgétaire »
  19. « Rapport du sénat: Projet de loi de finances pour 2010 »
  20. « Ofce, page 5, Multiplicateurs budgétaires.Tableau 6, page 17. Xavier Timbeau, Qui sème la restriction récolte la recession »
  21. « Retrouver l'équilibre des finances publiques », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  22. http://www.ifrap.org/La-croissance-du-PIB-face-aux-depenses-publiques,1124.html
  23. Wikipedia : dynamique économique de l'endettement public
  24. "Pourquoi la crise migratoire est une chance pour l’Europe" « Copie archivée » (version du 30 octobre 2016 sur l'Internet Archive), Patrick Artus, challenges.fr, 11/09/2015
  25. « Un économiste de la banque Natixis donne raison aux prévisions de Karl Marx », 20 minutes,‎ (lire en ligne, consulté le 14 février 2018).
  26. a et b Sébastien Seibt, « Le coronavirus aura-t-il la peau du capitalisme néolibéral ? », sur france24.com, (consulté le 3 avril 2020)
  27. Mauduit 2012, p. 82
  28. La dernière (grosse) boulette de l’économiste Patrick Artus, Laura Raim, regards.fr, 12 novembre 2013
  29. Comment Patrick Artus a compris l’origine du chômage des kangourous – note hussonet no 60, 12 septembre 2013, par l'économiste Michel Husson,
  30. Décret du 31 décembre 2019 portant promotion et nomination
  31. Décret du 31 décembre 2003 portant promotion et nomination
  32. Ordre national du Mérite
  33. « Patrick Artus », http://www.journeeseconomie.org (consulté le 10 décembre 2011)
  34. « Euro, par ici la sortie », Éditions Fayard (consulté le 16 juin 2017)
  35. "Et si les salariés se révoltaient ?", Patrick Artus, Marie-Paule VIRARD, (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]