Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur

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Coface
logo de Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur

Création 1946
Dates clés 1994 (privatisation)
Fondateurs État français
Forme juridique Société anonyme
Siège social Bois-Colombes[1]
Drapeau de France France
Direction François Riahi
(président)
Xavier Durand
(directeur général)
Actionnaires Natixis (41,24 % du capital), salariés (0,24 %) et 58,51 % coté en bourse
Activité Assurance-crédit, information d'entreprise, recouvrement de créances, affacturage
Effectif 4 100[2]
Site web www.coface.fr

Fonds propres 1 802 M (2017)[2]
Chiffre d’affaires 1 355 M (2017) [2]
en diminution -0.2 % [2]
Résultat net 83,2 M(2017) [2]
en augmentation 340 % [2]

Coface (Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur)[3] est une société d’assurance-crédit dont la mission est de protéger les entreprises d’éventuels impayés de la part d’autres sociétés clientes.

Créée en 1946 et privatisée en 1994, la Coface est une société anonyme avec un conseil d'administration constitué en France.

Depuis juin 2014, elle est cotée en bourse au marché réglementé d'Euronext Paris, indice CAC Small. Au 31 décembre 2015, 58,51 % de son capital est coté en bourse, 41,24 % est détenu par le groupe bancaire Natixis[4], et 0,24 % par ses salariés[5].

Historique[modifier | modifier le code]

Coface est créée en 1946 comme compagnie d’assurance spécialisée dans l’assurance-crédit à l’exportation. Elle gère ses propres produits ainsi que les garanties publiques destinées aux entreprises françaises exportatrices.

De 1946 à 1966, selon une étude de l'université de Montréal, Coface « devient partie intégrante du processus d'exportation », car l'obtention de sa garantie décide souvent de la conclusion, ou non, d'un contrat. Cette proximité avec l'État lui permet d'être qualifiée de « bras séculier du pouvoir public », et cette situation génère une rentabilité forte pendant ses premières années[6].

Au cours des années 1990, Coface se développe à l’international par croissance interne et externe en acquérant des compagnies d’assurance-crédit ou en créant de nouvelles filiales ou succursales. Les prises de participation incluent La Viscontea en 1992 (compagnie italienne d’assurance caution et d’assurance-crédit), la London Bridge Finance en 1993 (compagnie financière britannique offrant des services d’assurance-crédit ), Allgemeine Kredit en 1996 (compagnie allemande fournissant des solutions d’assurance-crédit domestique et export), Osterreichische Kreditversicherung en 1997 (assureur crédit autrichien) et le rachat du portefeuille de Continental aux États-Unis en 2002.

Ce développement international s’appuie aussi sur la création en 1992 d’un réseau baptisé CreditAlliance (rebaptisé Coface Partner en 2013[7]), qui permet la conclusion de partenariats avec des assureurs généralistes, des banques… notamment dans des pays émergents.

En 1994, la société est privatisée.

En 1996 et 1997, elle rachète l'assureur-crédit allemand AK et l'autrichien OKV[8].

En 1999, Coface étend son offre d'affacturage en Allemagne, en créant la société Allgemeine Kredit Coface Finanz (AKCF). L'année suivante l'entreprise lance le score @rating qui évalue la probabilité de défaut d'une entreprise à 1 an.

En 2002, Natexis Banques Populaires (devenu depuis : Natixis) devient actionnaire majoritaire de Coface.

En 2006, Coface devient filiale à 100 % de Natixis (elle-même filiale des Banques Populaires et des Caisses d'Épargne), qui regroupe les activités de banque de financement, d'investissement, de gestion d'actifs et de services financiers.

En 2008, Coface s'implante en Égypte puis au Vietnam et au Gabon en 2009 et en Russie en 2010.

La crise de 2008/2009 provoque la faillite de nombreuses entreprises dans le monde entier, mettant Coface à contribution pour indemniser les fournisseurs de ces entreprises. Elle contribue donc à atténuer ses effets pour ses assurés. Mais devant l’amplitude de la crise (Coface connaîtra une perte de 163 millions d’euros en 2009), les assureurs-crédit sont amenés à réduire voire résilier dans certains cas leurs garanties, ce qui leur vaut des critiques. C'est l'occasion pour l’entreprise de « revoir en profondeur le modèle traditionnel de l'assurance-crédit »[9].

En 2011, Coface organise un recentrage de ses activités sur l'assurance-crédit[réf. nécessaire], cœur de métier historique du groupe.

Le , Coface fait son entrée à la Bourse de Paris (Euronext Paris, indice CAC Small)[10]. Elle est notée A2 par Moody's et AA- par Fitch Ratings, avec perspectives stables dans les deux cas. Ces notes sont confirmées respectivement en octobre 2015[11] et en mai 2016[12].

Activités[modifier | modifier le code]

Accueil du siège de Coface à Bois-Colombes / France

Coface commercialise dans le monde des services d'assurance-crédit pour protéger les entreprises d'éventuels impayés de la part de leurs clients.

Elle met aussi à disposition des entreprises des analyses de risques dans la plupart des pays et des secteurs d'activité du monde, ainsi que des informations sur la solvabilité financière des entreprises.

Dans certains pays, Coface propose également des services de recouvrement de créances et de l'affacturage, ainsi que la délivrance de cautions pour le compte d'entreprises (caution de marché, caution environnementale, caution fiscale, etc.).

Depuis sa création, Coface gérait les garanties publiques pour le compte de l’État Français. Le 01 janvier 2017, les garanties publiques sont transférées au sein d'une filiale de Bpifrance nommée Bpifrance Assurance Export[13].

Bureaux de Coface à Mayence / Allemagne

Mécanisme de l’assurance-crédit[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Assurance crédit.

Dans le cadre de ses relations commerciales, une entreprise est souvent amenée à accorder à son client un délai de paiement pour vendre ses produits. Cette pratique présente pour le vendeur le risque que son débiteur ne veuille pas, ou ne puisse pas, honorer sa dette le moment venu. C’est ce risque que l’assurance-crédit prend en charge, moyennant le règlement d’une prime.

L’assurance-crédit couvre le risque de non-paiement d’une créance qu’une entreprise (vendeur/fournisseur) détient sur une autre entreprise (acheteur/client), dans le cadre d’une relation commerciale contractuelle. Si la créance n’est pas réglée à bonne date, l’entreprise assurée est indemnisée par son assureur crédit du montant garanti. L’assureur crédit intervient alors pour recouvrer la créance non-réglée : négociation amiable et, si nécessaire, lancement de procédures contentieuses.

Chiffres-clés[modifier | modifier le code]

Présence internationale[modifier | modifier le code]

Coface est présente directement ou indirectement dans 100 pays[14],[15].

Chiffres liés à l'activité[modifier | modifier le code]

En 2015, Coface a garanti 475 milliards d'euros de créances[15]. Coface dispose d'informations sur 80 millions d'entreprises et évalue le risque dans 160 pays[15].

Le groupe revendique 40 000 clients et compte 4 100 collaborateurs dont 660 arbitres et analystes crédit.

Position sur le marché[modifier | modifier le code]

Environ 80 % du marché mondial de l'assurance crédit est détenu par trois acteurs (par ordre d'importance du chiffre d'affaires) : Euler Hermes (groupe Allianz), Atradius (Grupo Catalana Occidente) et Coface[16], qui détient 19 % du marché en 2014[17].

Organisation et gouvernance[modifier | modifier le code]

Comité exécutif[modifier | modifier le code]

En 2018[18], le comité exécutif est composé de :

  • Xavier Durand, directeur général
  • Valérie Brami, directeur de Business technology
  • Nicolas de Buttet, directeur du Transformation office
  • Cyrille Charbonnel, directeur de la souscription
  • Declan Daly, directeur région Europe centrale et de l'est
  • Nicolas Garcia, directeur commercial
  • Bhupesh Gupta, directeur région Asie-Pacific
  • Katarzyna Kompowska, directeur région Europe du nord
  • Carole Lytton, secrétaire général
  • Antonio Marchitelli, directeur région Europe de l'ouest
  • Fredrik Murer, directeur région Amérique du nord
  • Carmina Abad Sanchez, directeur région Amérique latine
  • Cécile Paillard, directeur région Méditerranée et Afrique
  • Carine Pichon, directeur finance & risques
  • Thibault Surer, directeur de la stratégie et du développement

Conseil d'administration[modifier | modifier le code]

En 2018[19], le conseil d'administration est composé de :

  • François Riahi, président du conseil d’administration, directeur général de Natixis
  • Jean Arondel, président du conseil d'orientation et de surveillance, Caisse d'épargne Loire-Centre
  • Jean-Paul Dumortier, président du conseil d’administration, Banque populaire Rives de Paris
  • Eric Hemar, président-directeur général, ID Logistics
  • Daniel Karyotis, directeur général, Banque Populaire AURA (Auvergne Rhône-Alpes)
  • Isabelle Laforgue, directeur de la transformation, Econocom
  • Nathalie Lomon, directeur financier groupe, membre du comité exécutif Ingenico
  • Sharon MacBeath, directeur des ressources humaines et communication groupe, Tarkett
  • Isabelle Rodney, membre du directoire, Caisse d’Epargne Côte d’Azur
  • Anne Salle Mongauze, directrice générale, Compagnie Européenne de Garanties et Cautions
  • Olivier Zarrouati, président de Thélème

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Logo Coface de Janvier 2013 à Janvier 2018

En janvier 2018, Coface décide de faire évoluer l'accroche visible sous son logo, qui devient "For trade" au lieu de "For safer trade".

Par ce changement la société souhaite démontrer son implication dans les échanges mondiaux, créateurs de valeur et de stabilité pour l'économie et la société[20].

Critiques[modifier | modifier le code]

L'activité garanties publiques qui était gérée par Coface jusqu'en janvier 2017, et pour laquelle l'État français était décisionnaire, avait fait l'objet de deux grands types de critiques :

Absence de prise en compte du risque lié aux droits de l'homme[modifier | modifier le code]

La Commission Nationale consultative des Droits de l'Homme constate en 2013 que «  l'état des droits de l'homme et le risque qui pourrait y être lié ne sont jamais pris en compte au-delà de la question de la corruption », et recommande donc la mise en place d'un dispositif d'évaluation permettant de sensibiliser les entreprises françaises aux violations des droits de l'homme qu'elles seraient susceptibles de commettre[21].

Faiblesse de la prise en compte du risque environnemental[modifier | modifier le code]

L'ONG Les Amis de la Terre[22],[23],[24] reproche [25] à Coface l'absence ou la faiblesse de la prise en compte du risque environnemental.

Coface, pour sa part, déclarait que les aspects environnementaux et sociaux font partie des critères de prise en garantie de tous les projets d'assurance crédit de plus de 10 M€ ou situés dans une zone sensible, ou les projets d'assurance investissement.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Noinville, La COFACE. La garantie des risques à l'exportation, Paris, Dunod, , 199 p. (ISBN 2-10-001945-7)
  • Hubert Martini, L'assurance crédit dans le monde : mécanismes et perspectives, Paris, Revue Banque, , 135 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Natixis: Coface déménage à Bois-Colombes », sur http://bourse.lefigaro.fr/, (consulté le 13 novembre 2013)
  2. a, b, c, d, e et f « Rapport d'activité 2015 », sur www.coface.fr (consulté le 19 août 2016)
  3. La société a décidé d'adopter la forme sans article « Coface » au lieu de « la COFACE » à partir de 2014
  4. « Coface: Natixis cède 58,6 % du groupe : »
  5. « Actionnariat de Coface », sur www.coface.com, (consulté le 1er juin 2018) : « À la date du 31 mars 2018, l'actionnaire qui en résulte est : Natixis 41.24%; Salariés : 0.24%; Capital flottant : 58.51% »
  6. Samir Saul, « L'État et l'assurance des risques à l'exportation: la COFACE (1946-1966) », Histoire économie et société, no 3,‎ , p. 357-375 (lire en ligne)
  7. [1]
  8. La Coface prend 79,2 % du capital de l'autrichien ÖKV, les echo.fr, 28 mai 1997
  9. Anne de Guigné, « La Coface a essuyé une perte historique en 2009 », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  10. Worldline et Coface entrent en Bourse, Challenges, 27 juin 2014
  11. Moody's affirms the A2 IFSR of Coface with a stable outlook, Moody's, 8 octobre 2015
  12. FITCH CONFIRME LA NOTATION AA- DE COFACE, Capital.fr, 20 mai 2016
  13. « Coface transfère la gestion des garanties publiques à l'export à Bpifrance », sur www.boursedirect.fr, (consulté le 1er juin 2018)
  14. Coface, « Un puissant réseau international... », sur Coface (consulté le 30 novembre 2015) : « Coface est présente directement ou via ses partenaires dans 99 pays, et vous couvre dans près de 200 pays. Coface s’appuie sur son réseau international propre, mais aussi sur le réseau "Coface Partner". », Un puissant réseau international...
  15. a, b et c « Coface : une expertise éprouvée en arbitrage à l’international », sur Option Finance, (consulté le 19 août 2016)
  16. Classement des assureurs
  17. Etat du marché de l'assurance-crédit, AU Group, 9 juin 2015
  18. Comité exécutif Coface, www.coface.com
  19. Conseil d'administration Coface SA, www.coface.com
  20. « Une raison d’être pour Coface, et une nouvelle signature : for trade », sur www.coface.com, (consulté le 4 juin 2018)
  21. Avis sur les enjeux de l'application par la France des principes directeurs des Nations unies (lire en ligne)
  22. « OCDE : dernière occasion pour arrêter les soutiens au charbon avant la COP21 - Les Amis de la Terre », sur www.amisdelaterre.org (consulté le 8 juin 2016)
  23. « Mobilisation pour le retrait de la Société générale du projet de centrale nucléaire à Kaliningrad - Les Amis de la Terre », sur www.amisdelaterre.org (consulté le 8 juin 2016)
  24. « Petite histoire de la Coface - Les Amis de la Terre », sur www.amisdelaterre.org (consulté le 8 juin 2016)
  25. « Coface: barrages à la transparence ? », sur rivernet.org