Federal National Mortgage Association

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Federal National Mortgage Association
logo de Federal National Mortgage Association
illustration de Federal National Mortgage Association

Création 1938
Forme juridique société par actions
Action NYSE : FNM
Slogan Our Business is The American Dream
Siège social Washington, D.C., États-Unis
Direction Daniel Mudd
Activité refinancement hypothécaire
Produits hypothèques et garantie d'hypothèques
Effectif 7 400 (janvier 2019)[1]
Site web www.fanniemae.com

Chiffre d'affaires portfolio : 179,153 Mds $ (2018)[1]
Résultat net 16 Mds $ (2018)[1]

La Federal National Mortgage Association (FNMA), surnommée « Fannie Mae », est une Government Sponsored Enterprise (GSE), c'est-à-dire une société d'économie mixte à capitaux privés et à mission publique, créée par le gouvernement fédéral américain dans le but d'augmenter la taille du marché des prêts hypothécaires.

Plus précisément, il s'agit d'une société par actions qui, missionnée par le parlement, bénéficie de privilèges (particulièrement fiscaux), notamment pour titriser des hypothèques. Elle achète ainsi des hypothèques sur le marché des prêts hypothécaires de « première main »[note 1], les assemble en titres de prêts hypothécaires de « deuxième main »[note 2], et les revend à des investisseurs sur le marché mondial.

Son surnom « Fannie Mae » est une création phonétique faite à partir de son sigle (FNMA), ce qui permet de l'identifier plus facilement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fannie Mae, alors agence du gouvernement fédéral, est créée en 1938 par la puissance publique américaine. Le président Franklin Roosevelt souhaite promouvoir l'accès à la propriété immobilière et pour cela faciliter le marché hypothécaire en le rendant plus liquide. Trois décennies après, la guerre du Viêt Nam engendre des difficultés budgétaires de la puissance publique qui cherche alors à se désengager des activités porteuses de dettes ou de dépenses budgétaires. En 1968, Fannie Mae est transformée en Government Sponsored Enterprise (GSE), société à capitaux privée et à mission de service public définie par la puissance publique. Richard Nixon souhaite placer en situation de concurrence Fannie Mae. En 1970 est créée sa sœur cadette, Freddie Mac. Ces deux GSE auront des missions similaires mais se différencieront partiellement. Ainsi Fannie Mae traite principalement avec les grands organismes bancaires alors que Freddie Mac traite principalement avec les organismes de crédit de plus petite taille[2].

L'énorme développement de Fannie Mae dans les années 2000 est dû à l'administration Clinton qui met en place un programme d'aide à l'achat immobilier. Avec la garantie de l'État, le marché prospère. Il engendre une bulle immobilière et émet « des montants épiques de dette hypothécaire »[3].

Crise des subprimes[modifier | modifier le code]

Fannie Mae et Freddie Mac jouent un rôle majeur dans le système de titrisation au cœur de la crise des subprimes survenue en 2007 et en 2008. En mars 2007, le gouverneur de la Réserve fédérale (Fed), Ben Bernanke, donne une allocution consacrée au risque systémique porté par ces deux GSE dont la dette est alors de 5 200 milliards de dollars[4]. À la mi-2008, alors que la crise des subprimes s'apprête à connaître son paroxysme, elles possèdent ou garantissent environ 5 400 milliards de dollars du marché américain des hypothèques, évalué à environ 12 000 milliards de dollars[5],[6].

Bien que son capital soit privé, la mission de service public et les privilèges qu'elle en tire, font que Fannie Mae est considérée comme implicitement garantie par la puissance publique, même si aucun dispositif légal ne l'explicite. En outre beaucoup de gens œuvrant dans le secteur de la finance estiment qu'elle est trop importante pour que la puissance publique la laisse tomber en faillite le cas échéant (too big to fail)[7]. Ainsi, le , le gouvernement fédéral intervient pour prévenir sa faillite[8], juste avant son dépôt de bilan potentiel, et procédera à sa nationalisation en septembre 2008[9],[10], prenant son contrôle en septembre 2008 par le biais de la Federal Housing Finance Agency (en) (FHFA), l'organisme qui le régule[11].

En 2009, malgré le sauvetage financier réalisé par le gouvernement suite à des performances financières catastrophiques, plusieurs cadres de Fannie Mae recevront des bonus atteignant jusqu'à 100 000 dollars[12].

Principaux actionnaires[modifier | modifier le code]

Au 15 avril 2020[13].

Capital Research & Management 18,0%
Pershing Square Capital Management 9,98%
Dodge & Cox 5,49%
The Vanguard Group 3,34%
First Eagle Investment Management 2,10%
Brandes Investment Partners 2,00%
Good Hope Advisers 1,99%
Dreman Value Management 1,98%
Esl Investments 1,92%
Renaissance Technologies 1,84%

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le marché des prêts hypothécaires de « première main » offre principalement des hypothèques aux acheteurs de maisons.
  2. Le marché des prêts hypothécaires de « deuxième main » répond aux demandes en financement des entreprises qui offrent des crédits hypothécaires aux acheteurs de maison.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) « Annual Report For the fiscal year ended December 31, 2018 » [PDF], Site officiel, .
  2. (en) Kimberly Amadeo, « Fannie Mae Versus Freddie Mac, Their Similarities and Differences », The Balance, (consulté le 23 novembre 2019).
  3. (en) The Untold Story Of How Clinton's Budget Destroyed The American Economy, Joe Weisenthal, businessinsider.com, 5 septembre 2012.
  4. (en) Ben Bernanke, « GSE Portfolios, Systemic Risk, and Affordable Housing », Réserve fédérale des États-Unis, (consulté le 23 novembre 2019).
  5. (en) Charles Duhigg, Loan-Agency Woes Swell From a Trickle to a Torrent, The New York Times, 11 juillet 2008.
  6. États-Unis : Vers un ambitieux plan de sauvetage de l'immobilier, Le Devoir, 24 juillet 2008.
  7. (en) Jeremy Gaunt, « Pledge fails to lift cloud over Fannie, Freddie », (consulté le 14 juillet 2008).
  8. (en) « Help is at hand », The Economist, (consulté le 14 janvier 2009).
  9. Pierre-Yves Dugua, « Deux géants américains de la finance nationalisés », Le Figaro, .
  10. (en) « Help is at hand », The Economist, .
  11. « L'État au secours de Fannie et Freddie », Le Devoir/Reuters, (consulté le 24 novembre 2019).
  12. « Des primes de 210 millions chez Fannie Mae et Freddie Mac », Le Devoir/AFP, (consulté le 24 novembre 2019).
  13. Zone Bourse, « Federal... : actionnaires », sur www.zonebourse.com (consulté le 15 avril 2020)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) James R. Barth et R. Dan Brumbaugh Jr., « Turmoil Among Depository Institutions: Implications for the U.S. Real Estate Market », in Housing Policy and Debate, vol. 3, no 4, 1992, publié par Fannie Mae, Office of Housing Policy Research, Washington [lire en ligne] [PDF].

Liens externes[modifier | modifier le code]