Temple de Zeus à Olympie

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Model of temple of Zeus in Olympia (Louvre) 2.jpg
Ruines du temple de Zeus.

Le temple colossal de Zeus Olympien, de style dorique (64,2 m de long, 24,6 m de large), fut érigé entre 470 et 456 av. J.-C. Pausanias le Périégète affirme que le temple et la statue furent érigés par le butin pris par Élis lors de la destruction de Pisa. On sait que ces deux cités se disputaient Olympie ; certains événements historiques (en 471 Elis se constitua en nouvelle cité démocratique) confirmeraient la position de Pausanias. Le temple est traditionnellement attribué à l'architecte Libon d'Elis. Le temple était de style dorique périptère (6 × 13 colonnes), construit avec le calcaire coquillier local et recouvert de stuc blanc. Seul le toit et quelques décors étaient en marbre.

Model of temple of Zeus in Olympia (Louvre) 3.jpg

Architecture[modifier | modifier le code]

Le temple de Zeus est un temple dorique canonique. Il a un plan périptère hexastyle avec 6 colonnes sur 13. Le sékos est en trois parties : avec la cella divisée en trois nefs par deux colonnades de 7 colonnes, et avec le pronaos et l’opisthodome qui encadrent la cella, ils ont les mêmes dimensions, ce sont des pièces distyles in antis. Cependant l’opisthodome n’est pas ouvert sur la cella. Le sekos est donc distyles in antis double ; il ne semble pas flotter dans le péristyle car il est aligné avec la deuxième colonne à partir de l’angle de façades.

En ce qui conserve l’élévation de façade, le temple possède une crépis à 3 degrés de deux stéréobates et d’un stylobate, surmontée d’une colonne sans base, cannelée en tambour avec un chapiteau à échine plate. Puis, par-dessus, d’un entablement avec une architrave lisse et une frise dorique c’est-à-dire une frise qui alterne un triglyphe et une métope et un fronton qui peut recevoir un décor sculpté dans son tympan. L’entraxe, qui est la distance entre l’axe de deux colonnes est composé d’un demi-triglyphe, une métope, un triglyphe, une métope et un demi-triglyphe.

Zeustempel Olympia.PNG Temple zeus olympie.jpg

Sculpture[modifier | modifier le code]

Fronton[modifier | modifier le code]

Le fronton Est représente, toujours selon Pausanias, la préparation de la course de chars entre Pélops et Œnomaos. Le fronton Ouest, quant à lui, représente le combat des Lapithes contre les centaures. Le thème de la course de chars dans l'histoire de Pélops convient à Olympie, car elle renvoie à une victoire sur Pisa (gouvernée par Œnomaos). Ce thème du fronton Ouest est courant au Ve siècle, il sert à montrer le succès sur les « Barbares » (ou sur le comportement barbare d'autres Grecs). L'identification précise des personnages est difficile et de lourdes incertitudes subsistent[1].

Fronton est (ensemble)

Métope[modifier | modifier le code]

Les métopes sont des hauts reliefs en marbre de Paros. Elles se trouvaient initialement sur les murs ouest et est du sekos du temple. Les métopes du temple de Zeus à Olympie représentent les Douze travaux d'Héraclès[2] pour honorer sa personne à qui l’on attribue la création des Jeux Olympiques. En effet, selon la légende chantée par Pindare dans la Xème Olympique, Héraclès après avoir nettoyé les écuries d’Augias organisa une fête en l’honneur de son père, Zeus. Il organise un festin et une compétition pour mesurer les grecs entre eux. Pour délimiter le terrain où aura lieu la compétition, Héraclès traça un temenos c’est-à-dire une enceinte sacrée. Le temenos qu’il a tracé forme le sanctuaire d’Olympie ; c’est ainsi que Pindare attribue la création des jeux Olympiques à Héraclès.

Les métopes sont réalisées dans un style sévère : les personnages sont représentés avec une anatomie crédible notamment dans la musculature, de même on ne retrouve plus le sourire archaïque. Les visages sont plus pensifs. De plus, la représentation des personnages n’est plus figée, raide, hiératique comme lors de l’époque archaïque grâce à la représentation de trois-quarts des corps. Le style sévère répond tout à fait à l'ordre dorique présent sur le temple car le style sévère permet de mettre en place des configurations qui mettent en avant la force des actions. Cette sensation de force correspond à l'ordre dorique puisque cet ordre est qualifié par Vitruve de masculin, de dur.

Il semblerait que les métopes ont été sculptées par différents sculpteurs venus de différents ateliers du Péloponnèse, d'Egine, d'Athènes, et des Îles ioniennes. Il semblerait également que tous ces sculpteurs aient formé une équipe sous la tutelle d’un sculpteur qu’on nomme le maître d'Olympie.

Statue[modifier | modifier le code]

La statue chryséléphantine de Zeus à Olympie a été réalisée par le sculpteur grec Phidias, vers 436 av. J.-C. Aujourd'hui disparue, elle était considérée sous l'Antiquité comme la troisième des sept merveilles du monde. C'était une statue chryséléphantine assise, d'environ 10 ou 12 mètres de hauteur.

L'atelier de Phidias à Olympie.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • John Boardman, La Sculpture grecque classique, Paris, Thames et Hudson, , 251 p.
  • L'art grec, Paris, Mazenod, , 636 p.
  • Mousset Albert, Les Antiquités de la Grèce, Olympie et les jeux grecs, Paris, édition Albert Guillot, 1960
  • Ashmole Bernard, Yalouris Nicholas, Olympia the sculptures of the temple of Zeus, Londres, 1967, p.143 à 210

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Boardman, La sculpture grecque classique, p. 37
  2. « Métope Ouest du temple de Zeus à Olympie | Musée du Louvre | Paris », sur www.louvre.fr (consulté le 30 septembre 2016)