Oëlleville

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Oëlleville
Vue depuis le Nord-Ouest (Haut de la Vigne)
Vue depuis le Nord-Ouest (Haut de la Vigne)
Blason de Oëlleville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Vosges
Arrondissement Neufchâteau
Canton Mirecourt
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Mirecourt
Maire
Mandat
Gilbert Renault
2014-2020
Code postal 88500
Code commune 88334
Démographie
Gentilé Oëllevillois(es)
Population
municipale
281 hab. (2012)
Densité 28 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 20′ 07″ N 6° 01′ 15″ E / 48.3352777778, 6.0208333333348° 20′ 07″ Nord 6° 01′ 15″ Est / 48.3352777778, 6.02083333333
Altitude 364 m (min. : 308 m) (max. : 391 m)
Superficie 10,08 km2
Localisation

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Oëlleville

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Oëlleville

Oëlleville est une commune française située à l'ouest du département des Vosges en région Lorraine et peuplée de 281 habitants[Note 1].

Ses habitants sont appelés les Oëllevillois et les Oëllevilloises .

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Commune rurale du Xaintois et du canton de Mirecourt, située entre Mirecourt à 12 kilomètres à l'Est et Châtenois à 16 kilomètres à l'Ouest, un peu à l'écart de l'axe Épinal-Mirecourt-Châtenois-Neufchâteau. Vittel est à 22 kilomètres au Sud-Ouest, Neufchâteau à 31 kilomètres à l'Ouest, Épinal à 45 kilomètres à l'Est et Nancy à 47 kilomètres au Nord.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes d’Oëlleville[1]
Repel Chef-Haut, Blémerey Frenelle-la-Petite
Totainville Oëlleville[1] Juvaincourt
Dombasle-en-Xaintois Rouvres-en-Xaintois Baudricourt

Le village est groupé autour d'un réseau dense de routes d'intérêt local, la D14 vers Totainville à l'Ouest ou Frenelle-la-Petite au Nord-Est, la D29 vers Repel au Nord-Ouest ou Baudricourt au Sud-Est, la D29b vers Juvaincourt à l'Est et la D14b montant à Chef-Haut au Nord par la Côte Durand, point culminant de la commune à 391 mètres.

Paysage et ressources naturelles[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune d'Oëlleville (extrait de l'orthophoto 2010 IGN) : le village est au centre du territoire, à partir duquel un réseau de routes et chemins rayonne dans toutes les directions ; les bois tout autour en périphérie sont sur les limites communales, une organisation du territoire qui remonte probablement à l'époque gallo-romaine.

Oëlleville compte 124 hectares de forêts : la Couare, le Grand Trait, la Genière, le Cheminé, Niauchamp et le Franquillon. Ces bois, dominés par le Chêne rouvre, sont disposés tout le long de la limite communale, certains étant partagés avec les communes limitrophes, le village étant au centre, dans une configuration qui remonte probablement à la création du premier domaine gallo-romain et à la définition des limites communales. Au nord de la commune, des vergers de mirabelliers et quelques vignes occupent les coteaux exposés au sud.

Vue d'Oëlleville depuis les vergers du Haut de la Vigne (limite de la commune avec Chef-Haut). Derrière le village, le bois de Franquillon (limite de la commune avec Rouvres).

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le ruisseau d'Oëlleville prend sa source sur la commune en de multiples points et s'échappe vers l'est par Juvaincourt pour rejoindre le Madon. La limite ouest de la commune avec Totainville marque la ligne de partage des eaux entre le bassin de la Moselle et du Rhin à l'Est (Oëlleville) et celui de la Meuse à l'Ouest (Totainville).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme d’Oëlleville est attesté pour la première fois au XIIe siècle : en 1147 est signalé le lieu apud Ollei villam. Le nom a subi ensuite des modifications multiples au cours de siècles pour passer de l'originel Olleivilla à l'appellation actuelle, en transitant par les Oyllevilla, Doyleville ou Oilleville sur la Carte de Cassini.

D'après Dauzat et Rostaing[2], ce nom s'expliquerait par le passage à un composé en -villa d'un précédent Oliacum, construit sur le nom de personne latin Olius avec le suffixe -acum : il s'agirait du domaine d'Olius, nom qui pourrait remonter à la période gallo-romaine [3].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine d'Oëlleville est un domaine gallo-romain, qui serait donc le domaine d'Olius d'après la toponymie. Des restes de mosaïque, de colonnes cannelées et de céramique ont en effet été retrouvés à l'occasion de travaux sous la place du village, devant la mairie et en face de l'église[4]. Des sondages archéologiques ont également montré la présence d'un établissement agricole gallo-romain au lieu-dit le Genano[5]. Une voie romaine passait au niveau des limites avec les communes de Repel et de Totainville par le Grand Trait et la Grande Tranchée (toponymie caractéristique des voies anciennes[6]), venant de la direction d'Aboncourt et se dirigeant vers Mirecourt en passant à droite de Juvaincourt.

Un sarcophage mérovingien a également été retrouvé autour de l'église, et surtout une nécropole mérovingienne a été découverte en mai 1990 à la périphérie de la zone habitée actuelle, lors de la construction d'un hangard agricole au lieu-dit le Tombois, ce qui montre que la toponymie avait bien conservé la mémoire de l'utilisation ancienne du lieu. 17 tombes furent mises à jour avec un important mobilier : épées, scramasaxes, boucles de ceintures, éléments de parure[7].

  • Au Moyen-Âge, l’histoire d’Oëlleville est étroitement liée à celle de Juvaincourt. Le ban d’Oëlleville dépendait, comme celui-ci, de l’abbesse, de la dame sonrière et du chancelier du chapitre de Remiremont qui y exerçaient les haute, moyenne et basse justices.
  • Sous l’Ancien Régime, tous les sujets d’Oëlleville faisant ménage devaient chacun une poule et un poussin à l’abbesse de Remiremont.
  • Au XVIIIe siècle, les seigneurs voués d’Oëlleville étaient les sieurs de Bassompierre et de Tilly.
  • Oëlleville était située, avant la Révolution, dans le ressort du bailliage de Mirecourt.
  • Son église, que certains datent du XVe siècle, relevait du diocèse de Toul, doyenné de Porsas. Elle est dédiée à saint Brice. La cure était à la collation du chapitre de Remiremont et au concours.
  • De 1790 à l’an IX, Oëlleville a fait partie du canton de Rouvres-en-Xaintois, canton inclus par la suite dans celui de Mirecourt.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'azur, à une croix pattée alésée arrondie d'argent accompagnée à dextre d'un épi en bande d'or, et à senestre d'une croix de Lorraine en barre du même.
Commentaires : La croix pattée ornait une fibule du VIIe siècle découverte lors de fouilles près de l’église. L’épi de blé symbolise le caractère agricole de la localité, et la croix à double traverse, l’appartenance de la commune à la Lorraine.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
  1977 Guillot    
mars 1977 mars 1979 Ploquin    
mars 1979 mars 2001 Bernard Bazard    
mars 2001 mars 2008 Roger Mathieu DVG[8]  
mars 2008 en cours
(au 6 juin 2015)
Gilbert Renault    

Enseignement[modifier | modifier le code]

  • École maternelle et primaire du Xaintois.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 281 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
474 479 555 554 570 606 587 614 546
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
545 532 503 473 482 478 459 423 412
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
367 308 302 295 287 268 301 313 329
1975 1982 1990 1999 2006 2011 2012 - -
344 314 291 278 292 282 281 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Brice des XVe et XVIe siècles : retable de la vie de la Vierge en pierre du XVIe siècle, armoire eucharistique.
  • Deux croix de carrefour, en particulier la Croix des Pestiférés que l'on peut admirer sur la route de Rouvres.
  • Un calvaire édifié en 1856 pour rendre grâce au ciel que le choléra n'ait fait que 36 victimes dans la commune.
L'église Saint-Brice.
Mairie.
Lavoir.
La Croix des Pestiférés.

Économie[modifier | modifier le code]

  • Pâturages, élevage de bovins et d'ovins.
  • Polyculture, céréales et plantes fourragères.
  • Forêt d'exploitation.
  • Petits commerces.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Traditions[modifier | modifier le code]

La fête de la Saint-Nicolas, typique du nord-est de la France, y est célébrée chaque année le 6 décembre. Le saint est incarné traditionnellement par un personnage populaire du village, choisi pour ses caractéristiques physiques imposantes et son regard dur. Il est accompagné du Père Fouettard et de sa hotte remplie de triques.

Dans les anciens temps, le passage de saint Nicolas sur son char jetant des bonbons dans la foule était l'apogée de la tournée qui le conduisait pendant plusieurs jours des écoles maternelles et primaires jusqu'au point d'orgue de cette célébration, à la "ruche" où les enfants sages attendaient devant un bol de cacao leurs mandarines, ainsi que leur pain d'épices et Saint-Nicolas en chocolat, fabriqués par le boulanger du village. Une anecdote fameuse raconte que le saint Nicolas le plus célèbre et le plus admiré, René Géhin, fut démasqué par son fils lors de la visite à la "ruche" car celui-ci commit l'imprudence d'utiliser sa paire de chaussures pour son déguisement, ce qui ne manqua pas d'attirer l'attention du dégourdi bambin.

Les dernières tournées connues de saint Nicolas allaient jusqu'au club du troisième âge, en passant parfois par le bistrot également. La "ruche" a été détruite, remplacée par un terrain de tennis, et les traditions se perdent, jusqu'à la fameuse fête des mirabelles et ses multiples activités (jeu de quilles, fléchettes, tir aux boîtes de conserve, mât de cocagne, tombola, pêche à la ligne...) ainsi qu'un bal populaire sous chapiteau réunissant les villageois pour la dégustation d'une traditionnelle choucroute. Le bal se fait de plus en plus rare et le dynamisme du village est érodé par le vieillissement de sa population et le départ des jeunes générations pour la ville.

Les crécelles 

Chaque enfant du village pouvait faire le tour du village pour remplacer les cloches qui étaient parties, selon la tradition. À l'aide d'un instrument appelé "la crécelle", ils faisaient des sons incroyables de musique. On chantait des chansons paillardes dans la rue. Puis, la fin du temps des crécelles venue, chaque enfant repassait dans le village pour récolter des bonbons, gâteaux, œufs, argents, etc., le tout mis dans une petite charrette. Le partage se faisait ensuite entre eux, chez un habitant du village. Cette tradition passait de grands à petits enfants ; généralement c'étaient les enfants de chœur de l'église qui appliquaient la tradition. À l'église d'Oelleville, un enfant de chœur faisait résonner une crécelle, près de Monsieur le Curé, devant les paroissiens présents, pour remplacer les petites clochettes traditionnelles, avant que chacun reçoive l'hostie.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2012.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  2. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1989, page 505.
  3. D'après Dauzat et Rostaing, op. cit. page 506, ce même nom Olius a conduit ailleurs en France a des Ouilly dans le Nord-Ouest, avec des formes anciennes Oilliacus, Oilleia ou Oylley, avec la même évolution initiale en Oill- que Oëlleville pour le début du nom.
  4. Matthieu Michler, Carte archéologique de la Gaule : les Vosges, 2004, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 426 pages, page 250
  5. H. Henrion, Oëlleville, « le Genano », rapport de sondage n° 177, 1987, 13 pages, C.A. S.R.A. Lorraine (Metz].
  6. Stéphane Gendron, La toponymie des voies romaines et médiévales : les mots des routes anciennes, éditions Errance, Paris, 2006, 199 pages.
  7. Matthieu Michler, op. cit.
  8. Annuaire des Mairies des Vosges (88) - EIP/ Les Éditions Céline
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011, 2012.