Mouha ou Hammou Zayani

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Mouha Ou Hammou Zayani
Le Combat - Toile d'Eugène Delacroix qui décrit une bataille tribale
Le Combat - Toile d'Eugène Delacroix qui décrit une bataille tribale

Naissance
Khénifra, Moyen Atlas, Maroc
Décès le 27 mars 1921
Tamallakt Khénifra, Moyen Atlas, Maroc
Origine Drapeau du Maroc Maroc
Faits d'armes Résistance des Zayanis contre l'occupation française:

victoire des Zayans dans la bataille d'Elhri le 13 novembre 1914

Mouha Ou Hammou Zayani est une figure de la résistance de la confédération Zayanes contre l'armée coloniale française au début du XIXe siècle. En 1883, à l'âge de 20 ans, Mouha ou Hammou remplaça son frère à la tête des tribus Zayanes, il s'est imposé en tant que chef guerrier puis nommé caïd à l'âge de 23 ans par le sultan alaouite Moulay Hassan Ier pour ses qualités de chef guerrier et de stratège. Sa renommée remonte à la victoire du contingent Zayan lors de la bataille d'Elhri, le 13 novembre 1914, contre le colonel René Philippe Laverdure. Il avait combattu sans compromission jusqu'à sa mort dans la bataille Taoujgalt à ( Azelag-N'Tazemourt )le 27 mars 1921 face au général Poeymirau .Sa mort provoqua une fracture dans la structure socio-politique des tribus Zayanes .

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Le personnage de Mouha ou Hammou ne peut être traité en dehors du contexte historique du XIXe et XXe siècles. Au début du XXe siècle, la France, qui administre l'Algérie colonisée depuis 1830, se préoccupe de la sécurité de sa frontière avec le Maroc, tout en lorgnant sur ce pays. Le royaume chérifien était alors l'un des derniers pays non colonisés d'Afrique. Le Maroc précolonial se trouva en confrontation avec l’instabilité socio-politique internes, la convoitise européenne et par la suite, une période de lutte anti-coloniale qui durera jusqu'en 1934. Mouha ou Hammou et le contingent Zayan se trouveront au cœur de cette guerre de libération connue sous le nom de « Guerre zayane » .

Carte du Maroc en 1830.
La mort de Hassan Ier allié des Zayanes, à la une du Journal illustré.

Facteurs internes[modifier | modifier le code]

Pénétration étrangère[modifier | modifier le code]

La volonté de christianiser les populations berbères (considérées alors comme étant d'ascendance européenne) fut l'un des objectifs recherchés par la puissance coloniale française déjà installée en Algérie. Cette tâche sera confiée aux divers services et aux orientalistes toute disciplines confondues, comme le père Charles de Foucauld (1858-1916) connu pour ses travaux d'exploration, qui serviront de base pour la conquête du Maroc (durant 12 mois Charles de Foucauld parcourt le Maroc avec aide de Mardochée Aby Serour, muni d'un cahier et d'un crayon). En 1885, Charles de Foucauld est en pleine rédaction du fameux livre Reconnaissance au Maroc, source considérable d'informations géographiques et ethnologiques où il décrit notamment les Zayanes et d'autres tribus, ce qui lui vaudra la médaille d'or de la Société de géographie de Paris).

Le peintre Henrik August Ankarcrona (1831-1917) fut auparavant colonel dans l’armée suédoise puis entra au service de la France puis de l’armée espagnole au cours de la guerre hispano-marocaine de 1859-1860. Tous ces travaux marqueront la phase préparant la colonisation du Maroc au XXe siècle. Profitant de la faiblesse de l'autorité du makhzen des sultans Moulay Abdelaziz (1878-1943), et Moulay Hafid (1873-1937), et de l'anarchie politique et sociale (Siba), la France commença à exécuter le plan de mainmise coloniale élaboré par René de Segonzac et général Bugeaud, en invalidant successivement les clauses du traité du Traité de Lalla Maghnia (signé entre le Maroc et la France en 1845), qui délimitaient la frontière entre le Maroc et l'Algérie française de la Méditerranée jusqu'à Figuig.

Situation interne[modifier | modifier le code]

La Bataille d'Isly marquera le début du délabrement de l'Empire chérifien au profit de la colonisation française qui cherchait à dominer l'Afrique du Nord depuis sa possession algérienne.

Facteurs externes[modifier | modifier le code]

Le Maroc est le dernier pays aux portes de l'Europe non colonisé, sa position géostratégique fait du Maroc une zone de rivalité européenne ce qui aboutira à une crise internationale, opposant les puissances européennes au sujet de la colonisation du Maroc.Cette crise fut marquée par deux événements, le 31 mars 1905, lors de Crise de Tanger, Guillaume II soutint le Maroc contre la France à Tanger, en 1906 et le Coup d'Agadir en 1911. Les puissances coloniales (espagnol, britannique, française, allemand, italienne...), finiront par trouver une solution de la crise marocaine dans La conférence internationale d'Algésiras sur le Maroc, qui se déroule du 16 janvier au 7 avril 1906, est un succès pour la France et démontre l'isolement diplomatique de l'Allemagne.

Devant les impératifs de la guerre la France contrainte d'abandonner la conquête du Maroc, le général Lyautey (résident général du protectorat français au Maroc en 1912), imposa alors à Paris une décision audacieuse devant l'assemblée nationale de maintenir le projet de pacification du Maroc : « Je donnerai tout ce que l'on me demandera et je garderai ici tout le Maroc conquis (…) comme un réservoir où je puiserai pour alimenter sans cesse nos forces en Europe (…) », contrairement aux directives du ministère des affaires étrangères qui stipule l’abandon de la pacification du Maroc au profit de l’engagement de la France dans la première guerre mondiale (1912).

Politique du Makhzen[modifier | modifier le code]

La lutte contre les Zaouias[modifier | modifier le code]

Le succès de l'expérience wahhabite a coïncidé avec le règne de trois monarques, en l'occurrence Mohammed Ben Abdallah (1757-1790), Moulay Yazid ( 1790-1792) et Moulay Slimane (1792-1822). Celui-ci est connu pour sa fermeté contre les Zaouïas ; il avait subi l'influence des Oulémas salafistes wahabis notamment (Abou Chouaïb Doukkali et Mohammed Belarbi Alaoui) Université Al Quaraouiyine (Fès). L'instrumentalisation politique de l'idéologie wahabie et de son utilisation face aux au zaouïas entre officiellement sur la scène politique marocaine .contre les Zaouïas et le maraboutisme considérés comme charlatanisme , prohibé par la religion de l'islam, il est donc impératif d'instaurer des réformes afin de mettre fin à cette pratique et par conséquent de combattre et d'éloigner les marabouts de la scène politique. Les tribus amazighes voyaient dans ces réformes une menace qui pourrait mettre en jeu leur existence et leur intérêt, la riposte des tribus berbères aboutira à la défaite des troupes du Makhzen dans bataille de Lenda (1818) des canons pris à la mehalla de Moulay Slimane avaient abouti à Tounfite.

Les Zayans sont l’ennemi historique des Ait Soukhmane et des Ichkerns, ils sont en perpétuelle guerre sur les zones vitales (points d'eau, les pâturages et la route qui contrôle l’accès vers Tafilalet. L'alliance de Mouha ou Hammou avec le sultan Moulay Hassan Ier est basée sur l’intérêt mutuel : le sultan avait envoyé une expédition militaire pour soutenir les Zayans contre les tribus rivales (Ait Soukhmane et Ichkerns). Outre l'approvisionnent en armement moderne, cette alliance stratégique aboutira à la présence du Makhzen à Khénifra et sera couronnée par la visite du sultan Hassan Ier à Adekhssal en 1887. Le pouvoir de Mouha ou Hammou Zayani s'affirmait sur les tribus Zayanes et une grande partie du Moyen Atlas central.

Les relations avec les sultans alaouites s'intensifient et seront consolidées notamment avec les sultan Moulay AbdeLaziz et Moulay Hafid, mais ce pacte d'amitié avec le Makhzen finira par une rupture à la suite de l'intervention coloniale.

Colonne de Fez conduite par le général Moinier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sir Harry Aubrey de Maclean, caïd au service du sultan Hassan Ier

Né en 1863 à Khénifra, Mouha ou Hammou issu d'une famille dont le père Moha Ou Akka venu dans une expédition, parmi les 4215 soldats, envoyés par le sultan de la dynastie alaouite Moulay Slimane en 1791pour soumettre les tribu Ichkern ( Elkbab) et d'Tribu Aït Soukhmane(Aghbalou), influencés par l'idéologie de la confrérie du marabout Sidi Ali Amhaouch et hostiles au gouvernement centrale du Makhzen.

Moha ou Hammou El Harkati Zayani , est le fils de Mouha ou Akka, Ce dernier, après sa mort, laissa deux fils et un gendre: Saïd, Moha ou Hammou et El haj Ali. Son nom Mohammed dit Mouha ou Hammou (parfois aussi "Zayani" ou "Ousaid") ben Akka ben Ahmed surnommé "Amahzoune ben Moussa", né en 1863 (dans la tribu des Ait Lahcen Ousaid, appartenant à la confédération des Zayanes composée de sous tribus suivantes :
1-Ait Alla, Laffija
2-Aït Bou Ichii,
3-Aït Khouya,
4-Aït Bouhou, de Talat Oumadgoun et de Taabit,
5-Aït Moussa, Tribu de Mouha Ou Hammou
6-Aït Chard,
7- Aït Maï,
8-Aït Boumazzoughe,
9-Aït Bouhamad (Ouzaghar),
10-Ihbbarn,
11-Aït Boumzil,
12-Aït Ammou Aïssa
13-Aït Bajji
14-Aït Haddou Ouhammou
15-Aït Bouhaddou
En 1883 et à l'âge de 20 ans, Mouha ou Hammou remplaça son frère à la tête des tribus Zayanes, il s'est imposé en tant que chef guerrier, sa popularité ne cesse de s'affirmer en dehors de Khénifra. Sa renommée a eu un écho dans toute la région Meknes, de la Chaouia, et de Tadla, les caïd et chefs des confréries imploraient sa protection. En 1886 et à l'âge de 23 ans, Il fut nommé Caïd sur les Zayane à(Khénifra), par le sultan Moulay Hassan I , sachant que cette fonction est symbolique, vu l'anarchie (Siba) qui y régnait à Fazaz( Moyen Atlas central ) : la présence de l'État marocain (le Makhzen). est inexistante .
Sa nomination en tant que caïd fait partie de la politique dite Guich (par altération du terme djich (troupe armée), une politique que les sultans Saâdiens et alaouites pratiquèrent, elle consiste à placer un caïd, un pacha ou un chef militaire à la tête de chaque tribu ou groupement, dans le but de renforcer la présence de l'état (Makhzen), une pratique animé d’un très fort sentiment de l'« esprit de clan » , ces chefs jouissaient de terrains attribués par le Makhzen en récompense de leur service de défense des intérêts du sultan: donc une armée forte composée des Abids El Boukhari dont la fonction initiale est la surveillance de Meknès face aux attaques des Amazighens du Moyen Atlas.L'alliance de Mouha Ou Hammou avec Moulay Hassan I devait bientôt cesser . Dans cette perspective les chefs de tribus et de confréries Amazighes avaient une tendance à acquérir une large indépendance vis-à-vis du Makhzen, ils voyaient dans cette alliance une sorte de vassalité.

Selon le bibliographe Ahmed Belkacem Zayani Al Mansouri(1897-1965), fils d'un chef militaire envoyé à Khénifra en 1879: (natif de Khénifra en 1897, de formation Quaraouite et disciple du religieux Abou Chouaïb Doukkali(1878-1937):ministre de la justice et figure de proue du salafisme réformateur au Maroc. Dans son manuscrit : (كباء العنبر من عظماء زيان وأطلس البربر), Ahmed Belkacem le décrit comme grand leader charismatique, militaire et politique, surnommé Amahzoune, l’invisible ou encore le lion des montagnes, il avait été un obstacle pour la mainmise coloniale sur le haut et le moyen Atlas, malgré divers promesses prodigieuses proposées, le chef militaire de la région de Meknès : Henrys avait envoyé le caïd Driss Ourahou Lamtiri d'Elhajeb en tant qu'émissaire pour gagner l'estime de Mouha ou Hammou, déjà Lyautey avait échoué de le convaincre à se soumettre par l'intermédiaire des personnalités influentes au sein du Makhzen en particulier le premier ministre Driss El Boukili et le Pacha de Boujaad Hadj Driss Cherkaoui. Mouha ou Hammou refusa tout compromis et choisit de continuer la lutte armée, contraint de quitter la casbah (aujourd'hui défigurée) de Khénifra et d'Adekhssal pour se réfugier dans les montagnes où il mena des opérations de guérilla sporadique d'usure sans impact militaire sur les légionnaires de Charles Mangin, jusqu'à sa mort le 27 mars 1921 dans la bataille Taoujgalt à ( Azelag-N'Tazemourt ).La mort de Mouha ou Hammou est ressentie comme une victoire sur le contingent dissident Zayan.Ont participé à cette ultime bataille les partisans Zayans soumis à la volonté coloniale, une opération menée par le général Poeymirau.
Mouha ou Hammou est convaincu par la foi religieuse de s'engager contre la colonisation et le projet de christianisation des berbères .

Engagement idéologique[modifier | modifier le code]

Le traité d'Algesiras (1906) et le traité de Fès 30 mars 1912 ,deux traités reconnaissaient aux français le droit de tutelle et d'intervenir au Maroc, dans le cadre du programme militaire connu par "la pacification du Maroc" (œuvre du maréchal Lyautey). Après l'occupation d'Oujda et de Casablanca en (1907). Mouha Ou Hammou Zayani s'engagea dans une guerre sainte contre les chrétiens (Iroumines). La présence coloniale fut ressentis comme un acte humiliant vis-à-vis des marocains notamment l'élite des oulémas issue de l'université Université Al Quaraouiyine de Fes dont les réformistes Abou Chouaïb Doukkali, et Mohammed Belarbi Alaoui dit (Cheikh Al Islam), les deux compagnons nourris de l’idéologie wahabie contre l'hérésies «Bidaâ» et le charlatanisme des Zaouias, mais ce projet se heurta à la pénétraion coloniale Mouha Ou Hammou s'engage avec les oulémas dans la lutte contre le colonialisme. Après le traité de Fès, Abou Chouaïb démissionna de ses fonctions de ministre de la justice et regagna le camp des Zayans àKhénifra . En dehors des convictions religieuses, les chefs de tribus et de confréries religieuses voyaient l'intervention de la France comme une menace à leurs intérêts personnelles restreints.

Actions militaires[modifier | modifier le code]

Les Zayans participèrent au côté des Chaouias dans la bataille de Mediouna (combats autour de Casablanca, prendront fin par l'occupation de la casbah de Médiouna le 1er janvier 1908).

Le contingent des Zayanes intervient auprès de Mohand N'hamoucha, caïd des Beni M'tir à Fès contre le mouvement français en (1911) sous le commandement du général Charles Émile Moinier[1]. Après la signature du protectorat, Mouha Ou Hammou continue sa lutte sans répit, après la mort suspecte du sultan Moulay Hassan Ier, il organise des interventions en dehors de la tutelle du Makhzen, car selon lui, il s'agit d'un jeu politique orchestré par le puissant chambellan Ahmed ben Moussa dit : "Bahmad" (1841-1900), qui cachera la mort de Moulay Hassan Ier (1894) et organisa la Beyaâ sans le consentement des oulémas de Fès, pour éviter toute confrontation avec ses opposants, il quitta Fès pour Marrakech et dirigea le pays avec tyrannie jusqu'à sa mort en 1900. Le sultan Moulay Abdelaziz se trouva face à un pays en ruine ce qui rendra sa tâche de gouverner très délicate dans un milieu politique confiné. Il perd alors sa popularité, l'image du sultan se ternit surtout après la ratification du traité d'Algésiras. Plusieurs foyers insurrectionnels éclatèrent dans le pays, à la suite de réformes fiscales suggérées par ses conseillers notamment celles du fameux britannique Harry Aubrey de Maclean (1848-1920)[2] qui en 1877, s'installa au Maroc au service du sultan Moulay Hassan I en tant qu'instructeur dans l'armée du Makhzen, sa carrière militaire lui a valu la confiance du Sultan et de son successeur, il proposa au sultan d'instituer l'impôt sur les biens agricoles « le Tartib ».

La situation socio-politique se dégrade en faveur de la France.Mouha ou Hammou opta pour la rébellion et participa activement au côté des rebelles aux confins de Khénifra, mais toutes ses interventions n'ont pas été fructueuses, il s'est avéré que certaines Zaouïas ont porté leur soutien discret au colonisateur, ce qui explique la défaite de Mouha ou Hammou, à la suite de la soumission de certaines tribus. Son projet anti-colonialiste s'est volatilisé, Après la défaite des Zayanes, Abdelkrim El Khattabi au Rif reprend le flambeau de la résistance contre les Espagnols.

Les interventions de Mouha ou Hammou[modifier | modifier le code]

En dehors de Khénifra[modifier | modifier le code]

A Khénifra[modifier | modifier le code]

Ces batailles se déroulèrent avant la prise de Khénifra en (1914), la bataille d'Elhri marquera un nouvel épisode dans le processus colonial du Maroc, le 13 novembre 1914 où la colonne française (1273 militaires) sous le commandement de l'officier Laverdure, subit une large défaite. Cette bataille précéda l'intervention féroce des colons français, ce fut une surprise pour Mouha Ou Hammou, la revanche contre l'assaillant ne tardera pas à prendre effet, ripostant immédiatement avec l'aide des berbères confédérés. Des milliers de cavaliers faiblement armés s'opposèrent farouchement malgré l'avantage technologique des légionnaires : déploiement de canons, de fusils mitrailleurs. La défaite des envahisseurs était au rendez-vous, selon la littérature française plus de 600 morts.

Du côté des Amazighs, on ignore le nombre des morts; selon des témoins il y avait une dizaine de morts dans chaque tribu. La participation massive des confédérations amazighes unies autour d'un seul chef en la personne de Mouha ou hammou se réalise pour la première fois. Les services secrets du Reich Prussien de Guillaume II sont présents aux côtés des Marocains, avec la bénédiction du sultan; rivalité coloniale oblige (La crise franco-allemande pour la domination du Maroc), ils opéraient à partir de Tanger, qui représentait à cette époque un centre important pour les espions. Malgré cette résistance, Khénifra sera définitivement dominé par le colonialiste déguisé en pacificateur. L'intrigue française prend effet : par la division des Zayanis, d'une part les anti-colonialistes, qui seront contraints de quitter les territoires conquis, les terre des insoumis seront spoliées au profit des caïds, d'autre part les pro-colonialistes au sein même de la famille de Mouha ou Hammou, son fils Hassan est nommé Pacha sur les Zayanes après sa soumission au général Poeymirau le 2 juin 1920, il devient ainsi grand propriétaire terrien (50 000 hectares de terre appartenant à la jemaa) ce qui aboutira au déséquilibre de la structure sociale des tribus Amazighes attachés profondément à leurs terres qui détermine leurs espace vital pour leurs troupeaux et l'essence de leur existence étant donné que les tribus sont des nomades à la recherche des pâturages qui par principe appartiennent à la collectivité (terre Jemaa), ce système de pastoralisme bien structuré renforce les liens entre les membres de la tribu, à chacun ses attributions. On assiste donc à l'effritement de l'ancien modèle social.

Malgré l'attitude modérée du résident Lyautey envers les populations rurales, il ne veut pas répéter ce qui a été produit en Algérie, contrairement à ses prédécesseurs comme le résident, général Théodore Steeg qui adopta une politique en faveur des colons. Voyant leurs terres exploitées par les colons dont le nombre ne cesse de s'accroître, les Amazighs continuent le combat au nord à Anoual au Rif(1921), à Tazizaoute (Tazizawt), dernier bastion de la rébellion berbère (1932) menée par Sidi El Mekki Amhaouch qui se distingua héroïquement dans la bataille de Tazizaoute et enfin par Assou Oubasslam dans la bataille de Bougafer.

Rébellion Amazigh[modifier | modifier le code]

Carte indiquant les mouvements des Zayans dans les montagnes du Moyen Atlas et le Haut du Maroc
Le Q.G. de Mouha Ou Hammou Zayani à Khenifra avant la prise de Khénifta en 1914.
  • Les interventions du leader des Zayanes Mouha ou Hammou Zayani n'ont jamais constitué une vraie menace aux troupes coloniales, malgré la participation au côté de ses alliés à El Ksiba. Les Zayanis ont été pris en tenaille par l'avancée des troupes stationnées à Tadla et à Boujaad commandées par le Général Charles Mangin et des colonnes venues de Taza sous le commandement du général Baumgartner, de Méknes sous le commandement du Général Henrys cette opération s'inscrit dans la cadre stratégique de jonction des deux Maroc : le nord et le sud. Après la soumission de la plupart des tribus limitrophes du pays Zayane; Mouha ou Hammou s'isola dans les montagnes sans approvisionnement en nourriture ni en armes jusqu'au moment opportun (1920), où la prise de Khénifra sera définitive après un massacre des populations par l'aviation coloniale malgré le soutien des Allemands et des Espagnols contre la France, qui cessera en 1917. La France n'a pu soumettre la totalité du territoire marocain avant 1934 .La bataille de Bougafer étant le dernier épisode de "pacification du Maroc", ce bastion de la rébellion Amazigh est écrasé. La résistance des Ait Attas menée par les frères Oubasslam a tenu bon pendant deux mois contre l'armée française, sous le commandement du général Antoine Huré (1873-1949) qui décida de mettre fin à la question de Saghro, les Ait Atta subirent un massacre par encerclement, pilonnage, bombardement par l'aviation basée à Ouarzazate, le 25 mars 1933 Assou Oubasslam capitule, malgré la supériorité militaire des légionnaires, la France avait subi de lourdes pertes, l'invincible Henry de Bournazel y trouva la mort, à la liste s'ajoute le dernier guerrier du Haut Atlas Zaïd Ou Hmad Ou Hsaïn Ou Skounti de la tribu des Aït Merghad, mort le 10 juillet 1943 .

Le général Antoine Huré(1873-1949) s’emparait de la région comprise entre le Haut Atlas et l’Anti-Atlas, occupait Ksar-es-Souk, Erfoud, Ouarzazate et Zagora.

Fin d'un mythe[modifier | modifier le code]

A map showing the settlements and French outposts to the north-west of Khénifra and the route of three French columns approaching the town from the west, north and east
Mouvement des colonnes marchant sur Khénifra après la bataille d'Ehri le 13 novembre 1914

Mouha ou Hammou Zayani n'a jamais voulu négocier avec les forces coloniales. Par conséquent il insista durant toute son existence pour ne pas être vu par les Français même après sa mort ( le 27 mars 1921). Sa sépulture fut mise en terre initialement tout près de la source Arougou (15 km de Khénifra) avant d'être transportée de nuit à travers les forêts montagneuses vers la vallée de Tamelakt à plus de 35 km de là. Les Français eurent beau chercher la dépouille de Mouha ou Hammou Zayani en vain, ils n'ont jamais pu voir son visage selon la : revue mensuelle illustrée : "puis" organe du Comité…, il était le seule chef résistant qui périt lors d’une attaque à laquelle il était venu assister en spectateur malgré son âge avancé, ses fils ont participé dans le camp adverse sous le commandement de Poeymirau, du colonel Henry Freydenberg (1876 – 1975) et du général Jean Théveney (1866-1960), surtout du général Jean Jacques de Butler(1893-1984) qui avait mené les opérations de ratissage à Khénifra mettant ainsi la fin au mouvement de la résitance des Zayans.
La mort de Mouha Ou Hammou mettra fin au rêve des Zayans et au projet indépendantiste, après sept ans de lutte armée.La politique de division au sein de la même tribu voire la même famille le cas des Imahzanes , avait apporté ses fruits escomptés
À noter que Mouha Ou Hammou a été trahi par ses fils (Hassan ben Mohammed Amahzoune, Bouazza, , Amahrok, son neveu Oul Aidi) et une grande partie de la tribu Zayane soumise.
Un poème anonyme l'atteste :
que vaut Hassan et que vaut Baadi ;
que vaut l'homme qui a tué son père? .
Selon l'article de la "Revue mensuelle illustrée" publiée en 1921 relatif à la mort de cette personnalité mythique: « Mouha Ou Hammou est mort :« toute la montagne retentit des lamentations de ses trente femmes, de ses cinquante enfants et de ses guerriers. Le vieux lion est mort  »

Fin de la pacification du Maroc[modifier | modifier le code]

Durant la période de pacification du Maroc la France avait bien réussi à contenir les foyers insurrectionnels par isolement successif , à commencer par Ahmed al-Hiba (1876 - 1919)(fils de Ma al-'Aynayn)), qui marcha sur Marrakech à la tête de 10 000 rebelles et se proclama sultan le 12 août 1912, mais fut battu le 6 septembre 1912 par Charles Mangin à Sidi Bou Othmane (au nord et à 32 km de Marrakech) et se réfugia à Taroudant. Outre une succession de soumission de chefs Amazighs à savoir celle Mohand N'hamoucha des béni M'tir, de Mouha Ou Saïd Ouirra (Elkssiba), du fils de Mouha Ou Hammou (Hassan) en 1920, de Sidi Rehou des Aït Seghrouchen lors de la bataille du Tichoukt:(Privés de ravitaillement, les Aït Serghrouchen se sont rendus, dans le Tichoukt ont combattu, entre autres, les célèbres Laffitte, Henri de Bournazel, de Lattre de Tassigny, Aage de Danemark, De Loustal, Poeymireau, de Sidi El Mekki Amhaouch après sa défaite à Tazizaoute et sa soumission au Caid Amahrok fils de Mouha ou Hammou Zayani , enfin ces mouvements de résistance se termineront par la soumission des frères Oubasslam en 1934 aussi avec Zaïd Ou Hmad dit « Ou Skounti » dans la bataille de Badou en 1936…

Tous les chefs rebelles sont donc battus, car ils n'ont pas agi en tant qu'entité solidaire avec une vision politique globale mettant l’intérêt national avant toute autre considération, dans le but de faire face au colonialisme français dans un cadre national, toutes les opérations militaires revêtaient un caractère purement local, sporadique et « para-nationale »…

Galerie photo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.memopnha.com/colon_fez.html, article traitant en partie du rôle du général Moinier au Maroc
  2. Harry Aubrey de MacLean, article de Harry Aubrey de MacLean http://lafayette.150m.com/mac2702.html sur la version anglaise de Wikipédia

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

لمؤلفه أحمد بن قاسم المنصوري

  • كباء العنبر من عظماء زيان وأطلس البربر"
  • [2]Le Cheikh Abou Chouaîb Doukkali : Combattre le charlatanisme par la religion
  • F. Berger, Moha ou Hammou le zaiani, un royaume berbère contemporain au Maroc, édition de L'Atlas, Marrakech, 1929
  • Abelhaq Elmrini, L'armée marocaine à travers l'histoire
  • Charles de Foucauld, Reconnaissance au Maroc (1883-1884), éd. L'Harmattan, coll. « Les Introuvables », Paris, (réimp. 2000) (ISBN 2738466451)
  • Reconnaissance au Maroc (1883-1884) sur Gallica
  • Le Maroc dans la tourmente/Eugène Aubin
  • Capitaine Coutard, « Au Maroc contre la montagne insoumise », in Revue d’infanterie, décembre 1920, avril 1921, p. 33.
  • L. Voinot, Sur les traces glorieuses des pacificateurs du Maroc, Charles-La Vauzelle, Paris, 1939, p. 501.
  • Rapport no 174/11, Colonel Théveney à Lyautey. K. Tadla, 13 février 1920, A.M.G.
  • M. Moattassim, Les Berbères et l’évolution politique au Maroc, thèse de Doctorat d’État non publiée, Paris I, novembre 1974, p. 58.
  • Journal de marche du brigadier Garry au Maroc, 1913
  • Georges Bernie "La bataille d'El Hri" publié en 1945 (Éditions Gauthey.
  • Georges Bernie : "MohaOu Hammou, guerrier berbère" paru en 1945.
  • Albert Ditte : Observations Sur la Guerre Dans Les Colonies, Édition( réimprimée Éditeur) Kessinger Publishing, 2010 ((ISBN|1160217424,9781160217422))
  • [3]Mouha Ou Hammou est mort

France-Maroc : revue mensuelle illustrée 1921

  • [4]كباء العنبر من عظماء زيان وأطلس البربر

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autres figures de la résistance marocaine:

Liens externes[modifier | modifier le code]