Aage de Danemark

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Aage de Danemark
Portrait du prince
Portrait du prince

Naissance
Palais Jaune à Copenhague (Danemark)
Décès (à 52 ans)
Taza (Maroc)
Origine Drapeau du Danemark Danemark
Arme Légion étrangère
Grade Chef de bataillon
Années de service 19091940
Conflits Campagne du Maroc
Commandement 2e bataillon du 3e Régiment étranger
Distinctions Officier de la Légion d'honneur
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs, titulaire de 2 citations
médaille coloniale
grand cordon de l’ordre de Léopold II, roi des Belges
officier du Ouissam alaouite.
Famille Descendance de Christian IX de Danemark

Aage du Danemark ( à Copenhague - à Taza) est un prince danois.

Fils de Valdemar de Danemark et de Marie d'Orléans, il n'a pas régné, ayant cédé ses droits au trône. Il est connu pour avoir servi durant 17 ans au sein de la Légion étrangère et d'en avoir été l'une des figures emblématique de la campagne d'Algérie du début du XXe siècle.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Palais Jaune de la famille royale

Le prince Aage Christian Alexandre Robert, comte de Rosenborg, est un prince danois de la Maison von Holstein – Sonderburg – Glucksburg, issue de celle d’Oldenburg.

Il est fils de Valdemar de Danemark et de Marie d'Orléans[1], arrière-petit-fils maternel de Louis-Philippe Ier, créateur de la Légion étrangère, petit-fils de Christian IX de Danemark et cousin germain de Georges V, roi d’Angleterre.

Son père, frère du roi Frédéric VIII, est amiral de la flotte et sa mère, la princesse Françoise Marie Amélie d’Orléans, est une sœur de Jean III, duc de Guise et chef de la maison d'Orléans en 1926[2].


Ascendance sur trois degrés[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
8. Frédéric-Guillaume de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg
 
 
 
 
 
 
 
4. Christian IX du Danemark
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
9. Louise de Hesse-Cassel
 
 
 
 
 
 
 
2. Valdemar de Danemark
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
10. Guillaume de Hesse-Cassel
 
 
 
 
 
 
 
5. Louise de Hesse-Cassel
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
11. Louise de Danemark
 
 
 
 
 
 
 
1. Aage de Danemark
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
12. Ferdinand-Philippe d'Orléans
 
 
 
 
 
 
 
6. Robert d'Orléans, duc de Chartres
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
13. Hélène de Mecklembourg-Schwerin
 
 
 
 
 
 
 
3. Marie d'Orléans
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
14. François d'Orléans, prince de Joinville
 
 
 
 
 
 
 
7. Françoise d'Orléans
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
15. Françoise de Bragance
 
 
 
 
 
 

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Aage est l'aîné d'une fratrie de cinq. Ses frères et soeurs sont[3] :

  • Axel (1888-1964), prince de Danemark,
  • Erik (1890-1950), comte de Rosenborg,
  • Viggo (1893-1970), comte de Rosenborg,
  • Margrethe (1895-1992), princesse de Danemark.

À l’âge de quatorze ans, le lieutenant Selchauhansen, officier de la Légion étrangère, le fait rêver et provoque sa vocation en lui offrant un soldat de plomb.

Il épouse la princesse Mathilde Émilie Françoise Marie Calvi di Bergolo[4],[Note 1], le à Turin, qui lui donne un fils en 1915, le comte Valdemar Alexander Georg Luigi Maria, comte de Rosenborg. Ce dernier épouse en 1949 Floria d'Huart-Saint-Mauris (1925-1995), et meurt en 1995 sans postérité[3].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Le jeune prince suit la formation d'officier au sein de l'école de formation des officiers danoise (Hérens Officerskole) dont il sort avec le grade de sous-lieutenant (Sekondløjtnant) en 1909[3]. Il rejoint alors le régiment d’infanterie de la garde royale le . Il participe, avec l'état-major de l'armée grecque, à la bataille de Dzumajök en 1913 pendant la seconde guerre balkanique.

En 1914, il reprend du service au sein de l'armée danoise et sert notamment pendant un an en Italie comme observateur. Il suit ensuite le cours de l'École d'état-major de 1918 à 1919 avant d'être promu capitaine de la Grade royale. Le jeune prince, attiré par la mystique des armes et en raison de son ascendance maternelle, souhaite servir la France. Il est donc détaché au 16e bataillon de chasseurs à pied en garnison à Metz pendant un an (du au )[3] avec le grade de capitaine. Il y est décoré de la Légion d'honneur le 8 octobre 1920[3] eu égard à son titre.

Le , le roi du Danemark l’autorise à quitter l’armée danoise pour rejoindre la légion étrangère française (avec le rang de capitaine, à la suite d'une négociation entre les gouvernements danois et français). Il est alors mis à la disposition du maréchal Lyautey, résident général de France et commandant supérieur des Troupes du Maroc[3].

Affecté au 2e REI au Maroc, avec le grade de capitaine à titre étranger, il participe aux opérations dans le Moyen Atlas, contre les tribus Aït Seghrouchen et les Marmoucha. Il obtient sa première citation à l’ordre de l’armée[Citation 1], le .

Détaché à la 1re compagnie montée en 1924, il prend part aux opérations de la Bataille de l'Ouergha, notamment aux combats de Bou-Afra-Recifa, de Bou Khamoudj, d’El Mers[5], d’Aït Maklouf, d’Aït Messaad, d’Imouzzer, du Djebel Idlan et de Aït-Bazza, de mai à . Il est nommé à l'état-major du général, commandant les troupes d’occupation du Maroc à Rabat en 1925. Ce poste sédentaire ne l’empêche pas de participer activement à la guerre du Rif contre Abd-el-Krim[3]. Il obtient une seconde citation à l’ordre de l’armée, le , pour son action lors de la bataille de Bibane[Citation 2].

En 1925, de décembre à mars de l'année suivante, il est mandaté par le ministère des affaires étrangères pour une mission de promotion et de communication en Amérique (à l'instar de Zinovi Pechkoff)[6],[3] avant de rejoindre, en fin d'année, la 48e promotion de l’École de guerre Il y suit la scolarité des officiers d'état-major de novembre 1926 à novembre 1928[7] avant d'effectuer son stage de nouveau breveté en corps de troupe de métropole[3]. Le , il retourne au Maroc où il retrouve son poste à l’état-major du commandant supérieur des troupes du Maroc[3]. Une troisième citation, à l’ordre de la colonne, vient récompenser son action lors des opérations du Tadla en 1929, aux combats de l’Azarar-Fal, de Bou-Adiane et de Bou-Anghzir[Citation 3].

Affecté en 1930 à l'état-major des confins algéro-marocains, il est ensuite, début 1931, affecté à l’état-major de la 3e division de cavalerie en France où il reste trois ans. De retour au Maroc, il sert au 19e corps d’armée puis au groupement motorisé opérant dans la région de l’Anti-Atlas sous les ordres du colonel Trinquet. C’est encore un engagement lors de la prise de Guelmim, du 8 au 10 mars. Il retrouve la Légion au sein du 1er REI où, le 25 février, il est promu chef de bataillon. Le , il rejoint le 3e REI stationné à Fez. Commandant le 2e bataillon par intérim en 1935[7], il prend ensuite le commandement du 1er bataillon, le [3],[7],[Note 2]. Il y sert jusqu’au , jour où il meurt brusquement de maladie[8] lors d'un déplacement en train[3] à Taza, au Maroc.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Il est d’abord enterré au cimetière d’El-Hank à Casablanca, puis selon son vœu, sa dépouille est transférée sept ans plus tard, à Sidi bel-Abbès[7],[9]. Enfin, elle rejoint le carré du Légionnaire du domaine « Capitaine Danjou » à Puyloubier dans les Bouches-du-Rhône lors du transfert en 1962 de la Légion étrangère en métropole. Il repose auprès de ses camarades, aux côtés du général Rollet et du légionnaire Zimmermann (dernier tué de la guerre d'Algérie)[3].


Décorations[modifier | modifier le code]

Intitulés[10],[11][modifier | modifier le code]

Rubans[modifier | modifier le code]

Legion Honneur Officier ribbon.svg Croix de Guerre des Theatres d'Operations Exterieurs ribbon.svg Croix de la Valeur Militaire ribbon.svg Croix du Combattant (1930 France) ribbon.svg

Medaille d'Outre-Mer (Coloniale) ribbon.svg DNK Order of Danebrog Knight 1st Degree BAR.png Orderelefant ribbon.png Denmark Medal RHkors.png

King Rama VI Coronation Medal (Thailand) ribbon.png Ordre de l'Ouissam Alaouite Officier ribbon (Maroc).svg Nauha suojeluskuntajarjeston rautainen ansioristi.png

Documentaire[modifier | modifier le code]

Le sixième épisode de la série documentaire danoise En kongelig Familie (en anglais : A Royal family) est centré sur la vie du prince Valdemar, de son épouse et de leur fils Aage.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Il a écrit ses "Mémoires" en 1936 : Aage de Danemark, Souvenirs de la Légion, Paris, Payot, (ISBN 978-2758700456) (ré-édité en 2009)

Citations[modifier | modifier le code]

  1. « Superbe soldat, ayant au plus haut degré le culte de la Légion étrangère et l'amour de la France. Volontaire pour servir au Maroc, ne cesse de se dépenser sans compter, dans la troupe comme dans l'état-major. Au cours des opérations de 1923 dans le Moyen Atlas, s'est constamment offert pour les missions périlleuses, notamment aux combats de Bou-Arfa, du Bou-Khamoudj et d'EI-Mers, les 20 mai, 9 juin et 24 juin 1923, où il a, sous un feu ajusté et dans un terrain particulièrement difficile, assuré et maintenu la liaison du commandement avec les bataillons de première ligne très vivement engagés. »
    source : site internet
  2. «Agent de liaison du colonel commandant le groupement d'attaque, a fait preuve du plus beau courage ; volontaire pour toutes les missions périlleuses, ayant porté à plusieurs reprises des ordres aux unités engagées en première ligne sous le feu le plus violent. »
    site internet
  3. « Officier de la Légion dont la réputation de bravoure est établie depuis longtemps au Maroc. Volontaire pour toutes les missions; plein d'allant et de dévouement; donnant constamment un bel exemple à la troupe, sur laquelle il exerce une influence particulièrement heureuse. A participé les 22 et 23 août aux opérations de Azarar-Fal et du Piton des Cèdres où, en qualité d'adjoint au lieutenant-colonel commandant le groupement et le 2e étranger, il a fait preuve des plus belles qualités militaires. »
    site internet

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Elle est née le 17 septembre 1885 à Buenos Aires, et décédée le 16 octobre 1949.
  2. Aage de Danemark était connu pour ses frasques en tout genre qui défrayaient la chronique. A tel point que ses hommes avaient affectueusement baptisé leur unité le bataillon du fada.
    Source : Pierre Montagnon, Légionnaires d'hier et d'aujourd'hui, Paris, Pygmalion, (ISBN 978-2-857-04995-1), p146

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jiri Louda et Michael MacLagan, Les Dynasties d'Europe, Bordas, 1995 (ISBN 2-04-027115-5), tableau 20, p. 51
  2. Louda et MacLagan, 1995, tableau 70, p. 149
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m site de l'ambassade de France au Danemark
  4. Louda et MacLagan, 1995, tableau 21, p. 52
  5. Site des villes et communes marocaines
  6. Site internet
  7. a, b, c et d Colll, La Légion étrangère Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, (ISBN 9782221114964), p73-74
  8. Site internet
  9. Pierre Montagnon, Légionnaires d'hier et d'aujourd'hui, Paris, Pygmalion, (ISBN 978-2-857-04995-1).
  10. Forum sur les décorations militaires
  11. [Liste des décorations du prince]