Moto Hagio

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Moto Hagio
Hagio Moto in 2008.jpg
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (70 ans)
ŌmutaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
萩尾望都Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Université Joshibi d'Art et Design (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Groupe de l'an 24
Science Fiction and Fantasy Writers of Japan
Association des auteurs de bande dessinée japonais (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Œuvres principales
signature de Moto Hagio
signature

Moto Hagio (萩尾 望都, Hagio Moto?) est une mangaka japonaise née le à Ōmuta. Elle a principalement dessiné pour le compte de la maison d'édition Shōgakukan dans le domaine du shōjo manga.

Elle débute sa carrière en 1969, et avec ses consœurs du Groupe de l'an 24, donne ses lettres de noblesse au shōjo manga dans les années 1970, jusqu'alors déconsidéré par les critiques et éditeurs de manga. Récompensée par plus de douze prix et décorations au Japon et à l'international, elle est souvent comparée à Osamu Tezuka et regardée comme l'une des contributrices les plus importantes de l'histoire du manga.

Connue en dehors du Japon comme une pionnière du genre boys' love avec Le Cœur de Thomas, elle est surtout appréciée au Japon pour ses œuvres de science-fiction comme Nous sommes onze ! ou Barbara Ikai. Marquée par une relation difficile avec ses parents, la majorité de ses œuvres mettent en avant le thème de la famille dysfonctionnelle, avec une forte psychologisation de ses personnages.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Moto Hagio est née dans la ville minière d'Ōmuta dans la préfecture de Fukuoka en 1949. Son père travaille dans le port de la ville quand sa mère est femme au foyer, elle possède une grande sœur, une petite sœur ainsi qu'un petit frère. À cause du travail de son père la famille Hagio ne cesse de déménager entre la ville d'Ōmuta et celle de Suita dans la préfecture d'Osaka, aussi Moto Hagio fréquente lors de sa scolarité deux écoles primaires, deux collèges et deux lycées[1].

Elle commence très tôt à dessiner sur son temps libre et, avec sa grande sœur, elle assiste à des cours particulier d'art. Pour autant tant sa mère que son père n'aiment pas les bandes dessinées, qu'ils déconsidèrent comme des livres s'adressant à des enfants ne sachant pas lire. De manière générale elle entre en conflit avec et se sent délaissée par ses parents, qui semblent lui préférer ses frères et sœurs. Le climat à la maison mais aussi le climat social, marqué par des luttes syndicales violentes, la pousse à se réfugier dans les mangas[1],[2].

Elle commence à lire des mangas à partir du troisième grade de l'école primaire, autant des mangas provenant de librairies de prêt que des mangas disponibles dans la bibliothèque de l'école. Parmi les mangaka qui l'influencent particulièrement à cette époque, elle cite Osamu Tezuka, Shōtarō Ishinomori et Hideko Mizuno, elle est en outre fascinée par les histoires de Masako Watanabe qui mettent en scène des jumeaux. Moto Hagio lit aussi de la littérature : si elle apprécie particulièrement les œuvres de Kenji Miyazawa, elle lit principalement de la littérature occidentale, notamment de la science fiction et du fantastique avec les auteurs Isaac Asimov, Arthur C. Clarke ou encore Robert A. Heinlein[3],[1].

Elle rencontre à l'école une amie avec qui elle peut partager sa passion pour le manga. Toutes deux rêvent de devenir mangaka et commencent à dessiner des mangas. Mais c'est à l'entrée au lycée, à 17 ans, après une lecture du manga Shinsengumi (新選組?) par Tezuka qui la touche profondément, qu'elle devient sérieuse quant au fait de devenir mangaka professionnelle. En 1967 elle commence à envoyer ses manuscrits à divers éditeurs de manga, notamment Kōdansha, Shūeisha ainsi que le magazine COM créé par Tezuka. Le lycée terminé, elle intègre une école de design à Ōmuta et continue d'envoyer des manuscrits à divers éditeurs[1],[4].

Début de carrière chez Kōdansha[modifier | modifier le code]

Encore au lycée, Hagio découvre qu'une mangaka, Makiko Hirata, vit elle aussi à Ōmuta et mène sa carrière en parallèle du lycée. Lorsque Hirata termine ses études au lycée, elle déménage à Tokyo et propose à Hagio de la présenter à son éditeur. Une fois en école de design, Moto Hagio, dont les manuscrits ne trouvent pas d'éditeurs, accepte l'invitation de Hirata et publie dans le magazine Nakayoshi (なかよし?) de Kōdansha[1], les histoires courtes Lulu to Mimi (ルルとミミ?), en août 1969[Ed. 1] et Suteki na mahō (すてきな魔法?), en septembre[Ed. 2].

Moto Hagio commence à travailler pour le magazine Nakayoshi avec un nouvel éditeur envoyé par Kōdansha mais les débuts de la mangaka sont difficiles : Nakayoshi suit une ligne éditoriale très stricte, avec le genre sportif comme genre phare, tandis que Hagio souhaite faire des histoires sombres, de science-fiction ou fantastique. La plupart des ses manuscrits et idées sont donc rejetés. En plus de la pression éditoriale ses parents ne cessent de lui demander de quitter le manga[1],[5].

En suivant les contraintes éditoriales, elle parvient à publier Cool Cat (クールキャット, Kūrukyatto?)[Ed. 3], Bakuhatsu Kaisha (爆発会社?)[Ed. 4] et attire l'attention de Norie Masuyama. Les deux femmes deviennent rapidement amies et Masuyama introduit Hagio aux travaux du romancier Hermann Hesse, qui affecte et inspire grandement la mangaka. Puis son éditeur lui demande d'assister Keiko Takemiya, une jeune mangaka qui à cette époque travaille pour les magazines Nakayoshi, COM et Magaret. Les deux mangaka sympathisent et Takemiya explique à Hagio qu'elle compte déménager dans un appartement plus grand, et lui propose de vivre avec elle. Hagio qui a des difficultés à être publiée refuse d'abord, mais Takemiya lui présente Junya Yamamoto, éditeur travaillant pour Shōgakukan et rédacteur en chef du magazine Bessatsu Shōjo Comic, qui accepte de publier les manuscrits jusqu'alors rejetés. Hagio emménage alors avec Takemiya, non sans avoir eu des difficultés à obtenir l'accord de ses parents, qui refusent toujours son choix de carrière[1],[5].

Le salon Ōizumi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Groupe de l'an 24.

Hagio et Takemiya s'installent en 1971 dans une maison mitoyenne du quartier Ōizumi de l'arrondissement Nerima de Tokyo, à proximité de là où habite Norie Masuyama. Masuyama rend très souvent visite aux mangaka et ensemble décident de créer un "salon", à l'image des salons littéraires français du XIXe siècle, dans le but d'améliorer la qualité et surtout la réputation du shōjo manga, alors déconsidéré par les critiques et éditeurs de manga[6],[7].

De très nombreuses mangaka et assistantes participent au salon et forment le « Groupe de l'an 24 » : Nanae Sasaya, Ryōko Yamagishi, Mineko Yamada, Jun Morita, Akiko Hatsu, Yasuko Sakata, Shio Satōetc.[1]

Lors de cette période l'an 24 initie le genre du shōnen'ai, l'ancêtre du boys' love moderne. Hagio publie une des œuvres pionnières du genre, le one shot Le pensionnat de novembre, dans le magazine Bessatsu Shōjo Comic en 1971. Elle s'essaye aussi à des œuvres plus philosophiques en débutant la publication de son premier succès majeur, la série Poe no Ichizoku sur des vampires, publiée en 1972 dans le même magazine et qui sera la première série de Shōgakukan publiée sous format tankōbon[2].

Le salon Ōizumi prend fin en 1973 lorsque Hagio et Takemiya quittent l'appartement. Des années plus tard Takemiya dira qu'elle était devenue particulièrement jalouse du succès de Moto Hagio, ce qui affectait sa capacité à travailler correctement, aussi elle a préféré rompre leur collocation afin de continuer sa carrière[8]. Quoi qu'il en soit l'objectif du salon est atteint et le shōjo manga entre quelques années plus tard dans son « âge d'or » avec un fort intérêt des critiques et éditeurs de manga grâce aux travaux du groupe[6],[7].

Carrière d'autrice à succès[modifier | modifier le code]

En 1974 un éditeur travaillant pour le magazine Shōjo Comic, impressionné par le manga La Rose de Versailles de Riyoko Ikeda, demande à Hagio de créer une série centrée sur le développement de personnages et de thèmes. La mangaka lui propose de développer l'histoire de Le pensionnat de novembre sous une forme longue. Ce nouveau manga, Le Cœur de Thomas, connaît quelques problèmes de popularité en début de pré-publication, mais devient bien vite une série à succès[9].

Les succès de Poe no Ichizoku et de Le Cœur de Thomas permettent à Hagio de se libérer quelque peu des contraintes éditoriales et d'enfin publier ce qu'elle voulait depuis des années, des histoires de science-fiction, genre alors quasi-inexistant dans le shōjo manga : Nous sommes onze ! , une adaptation manga du roman Hyakuoku no Hiru to Senoku no Yoru, ainsi que Star Red, toutes publiées chez Shōgakukan. Elle publiera aussi Gin no Sankaku dans un magazine dédié au genre, S-F Magazine. Ces œuvres de science-fiction sont pour la plupart directement inspirées des œuvres du romancier Ray Bradbury, dont elle adaptera d'ailleurs plusieurs nouvelles dans l'anthologie manga U wa Uchuusen no U[10].

En 1980 Junya Yamamoto devient rédacteur en chef d'un nouveau magazine de Shōgakukan, Petit Flower, dédié à un public féminin plus adulte. Moto Hagio y a une totale liberté d'expression, ce qui lui permet d'aborder des thématiques plus dures. Notamment elle y publiera entre 1993 et 2001 sa plus longue œuvre, Zankoku na kami ga shihai suru, sorte de réécriture plus adulte de Le Cœur de Thomas[1]. Avec ce magazine Hagio se tient aussi à l'écart de développements contemporains du shōjo manga, notamment le redikomi ou encore le shōjo adulte inspiré de travaux de Kyōko Okazaki[2].

Moto Hagio continue sa carrière jusqu'à l'accident nucléaire de Fukushima en 2011. Elle sera l'une des premières artistes à réagir à la catastrophe peu après Kotobuki Shiriagari, en publiant le manga Nanohana, ce qui permet de libérer la parole sur l'incident et à d'autres artistes de leur emboîter le pas[4].

Style et narration[modifier | modifier le code]

Lorsque interrogée sur ses influences visuelles, Moto Hagio répond qu'elle s'est principalement inspirée des mises en page de Shōtarō Ishinomori, des vêtements de Hideko Mizuno et des yeux de Masako Yashiro[1],[11].

Lors de ses premières années de carrière avec des séries telles que Poe no Ichizoku ou Le Cœur de Thomas, Hagio réunit les principaux développements visuels du shōjo conçus lors des années 1950 et 1960 par divers auteurs, pour les solidifier et ainsi former la « grammaire visuelle du shōjo manga ». Au centre de cette grammaire se trouvent les monologues intérieurs, rédigés en dehors des phylactères pour être fragmentés et éclatés sur l'ensemble de la page. Ces monologues permettent d'explorer l'intériorité des personnages ainsi que d'exprimer leurs émotions. Au niveau narratif ils deviennent au moins aussi importants que les dialogues et pallient l'absence de narration à la troisième personne[12].

Les monologues sont souvent accompagnés de motifs symboliques qui débordent des cases et s'assemblent les uns dans les autres par couches tel un montage-collage, ce qui donne un effet en trois dimensions[12]. Ces motifs sont principalement des fonds émotionnels (fleurs, nuages, tramesetc.[13]), mais aussi des lignes à effet, des éclats et des onomatopées et servent à renforcer l'« exploration de l'intériorité » des personnages[14]. Hagio ajoute à ses compositions les portraits en pieds développés par Macoto Takahashi qu'elle contrebalance par une sur-imposition de portraits de tête afin de marquer, souligner, les personnages[13]. L'objectif de ces compositions non-linéaires, qui peuvent s'étendre sur l'ensemble de la planche, est de créer une atmosphère, plutôt que de décrire une succession d'actions[15],[1].

Moto Hagio utilise aussi une mise en scène ainsi qu'un éclairage, marqué par un fort contraste d'ombres et de lumières, qui donnent un effet théâtral à ses travaux, accentué par un surjeux de ses personnages, avec un travail particulier porté sur le regard des personnages[11],[14].

Lorsque Hagio commence à écrire des manga pour un public plus adulte, lors de l'élaboration de Mesh en 1980, elle adapte son style pour le rendre plus réaliste. Notamment elle change la proportion de ses personnages, qui jusqu'à présent avaient une tête proportionnellement plus grosse que le reste du corps, ce qui est perçu comme une caractéristique enfantine et inappropriée pour un public adulte[4].

Thèmes et motifs[modifier | modifier le code]

Les œuvres d'Hagio appartiennent essentiellement aux genres de la science-fiction, du fantastique et du boys' love, pour autant elle s'essaie à des thématiques variées notamment sur ses œuvres les plus courtes : musique et danse, chroniques sociales et environnementales, comédies animalières, récits historiques . Et bien qu'elle publie essentiellement pour les démographies féminines, elle parvient à aussi toucher un public masculin[2],[1].

Famille dysfonctionnelle[modifier | modifier le code]

Tout au long de sa vie Moto Hagio entretient une relation difficile avec ses parents, et plus particulièrement sa mère. Notamment ses parents réprouvent son choix de carrière, ceci malgré le succès de leur fille et les distinctions qu'elle reçoit[2]. Ce n'est qu'en 2010, alors que Moto Hagio a 61 ans, que sa mère accepte finalement la profession de mangaka de sa fille[11]. Cette relation difficile a un grand impact sur les histoires créées par la mangaka, alimentées par des lectures sur la psychologie familiale[2].

Les mangas apparaissent d'abord pour Hagio comme un moyen d'atteindre quelque chose de « beau », opposé à la réalité qui serait « laide », ainsi elle évite d'abord de situer ses histoires dans le Japon contemporain et préfère déplacer ses intrigues vers dans une Europe éloignée si ce n'est dans l'espace avec la science-fiction[16]. Dans ces cadres, elle aborde tout de même les relations familiales dysfonctionnelles avec par exemple Bianca (ビアンカ, Bianka?) publié en 1970 et qui est vu comme une « revanche gothique » des enfants contre les parents par le critique Ken Parille[17].

Deux motifs familiaux apparaissent de façon prépondérante dans ses travaux. Premièrement celui des jumeaux : enfant, Moto Hagio a souvent rêvé avoir une sœur jumelle, ceci dans le but d'attirer d'avantage l'attention de sa mère[2],[1]. Secondement celui de la mère, qui est généralement incapable d'aimer ses enfants, peut être effrayante, et meurt régulièrement[1].

Le manga La princesse iguane (イグアナの娘, Iguana no musume?), publié en 1992, est un tournant dans la vie et carrière de Moto Hagio. Dans ce manga, de nature semi-autobiographique, une mère perçoit sa fille comme une iguane et la rejette, la fille internalise ce rejet et devient elle aussi persuadée d'être une iguane. La princesse iguane est pour Hagio un moyen de faire la paix avec sa mère, et depuis sa publication, elle se sent suffisamment à l'aise pour situer ses manga dans le Japon contemporain[16]. Pour autant la mangaka continue à aborder le thème de la famille dysfonctionnelle de façon variée : abandon d'enfants, viol incestueux, avortement, deuiletc.[2]

Science-fiction féministe[modifier | modifier le code]

« L'idée qu'un homme doit être comme-ci et une femme comme-ça est ridicule. L’individu devrait être en mesure de choisir ce qu’il veut vivre. C’est ce que je fais. »[3]

— Moto Hagio

Dans ses œuvres de science-fiction Moto Hagio aborde de nombreuses thématiques, du clonage au voyage dans le temps, mais elle profite aussi des possibilités offertes par le genre pour explorer la place de la femme dans la société, la maternité ou encore les différentes possibilités du genre. Dans ce domaine elle est particulièrement influencée par les œuvres d'Ursula K. Le Guin[18].

Ainsi dans Nous sommes onze ! certains personnages appartiennent à des races asexuées à la naissance et dont le sexe est déterminé à l'âge adulte, Star Red a pour protagoniste une jeune femme qui a été enfantée par son père et Marginal se situe dans une société intégralement constituée d'hommes avec un important usage de bioingénierie sexuelle et de parthénogenèse[10],[18],[2],[19].

Cette science-fiction féministe s'intègre plus largement dans l'œuvre de Hagio avec l'usage féministe du boys' love et inspirera d'autres autrices de manga de science-fiction dans le shōjo telles que Reiko Shimizu ou Saki Hiwatari[10],[18],[2],[19].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Mangas[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

La liste qui suit référence les premières éditions en volumes reliés[20], qui peuvent se faire des années après la publication en magazine.

  • Poe no Ichizoku (ポーの一族?), Shōgakukan, 1974-1976 puis 2017-
  • Le Cœur de Thomas (トーマの心臓, Thomas no shinzō?), Shōgakukan, 1975
  • Nous sommes onze ! (11人いる!, Jūichinin iru?), Shōgakukan, 1976-1977
  • Alois (アロイス?), Hakusensha, 1976
  • Hyakuoku no Hiru to Senoku no Yoru (百億の昼と千億の夜?), Shōgakukan, 1977-1980
  • Tottemo shiawase Moto-chan (とってもしあわせモトちゃん?), Shōgakukan, 1977
  • U wa Uchuusen no U (ウは宇宙船のウ?), Shūeisha, 1978
  • Star Red (スター・レッド?), Shōgakukan, 1980
  • Osorubeki Kodomo-tachi (恐るべき子どもたち?), Shūeisha, 1980
  • Mesh (メッシュ?), Shōgakukan, 1981-1984
  • Golden Lilac (ゴールデンライラック?), Shōgakukan, 1982
  • Gin no Sankaku (銀の三角?), Hayakawa Shobō, 1982
  • Mosaic Rasen (モザイク・ラセン?), Akita Shoten, 1982
  • Marginal (マージナル?), Shōgakukan, 1986-1987
  • Kanzen hanzai "Fairy" (完全犯罪《フェアリー》?), Shōgakukan, 1988
  • Flower Festival (フラワー・フェスティバル?), Shōgakukan, 1989
  • Umi no Aria (海のアリア?), Kadokawa Shoten, 1990
  • Rome e no Michi (ローマへの道?), Shōgakukan, 1990
  • Kansha Shirazu no Otoko (感謝知らずの男?), Shōgakukan, 1992
  • Zankoku na kami ga shihai suru (残酷な神が支配する?), Shōgakukan, 1993-2001
  • Abunai Oka no Ie (あぶない丘の家?), Kadokawa Shoten, 1993-1994
  • A, A', Shōgakukan, 1995
  • Cake cake cake (ケーキケーキケーキ?), Hakusensha, 1996
  • Kono musume urimasu ! (この娘うります!?), Hakusensha, 1996
  • Barbara Ikai (バルバラ異界?), Shōgakukan, 2003-2005
  • Anywhere But Here, Shōgakukan, 2007-2016
  • Abunazaka Hotel (あぶな坂HOTEL?), Shūeisha, 2008
  • Leo-kun (レオくん?), Shōgakukan, 2009
  • Hishikawa-san to Neko (菱川さんと猫?), Kōdansha, 2010
  • Nanohana (なのはな?), Shōgakukan, 2012
  • Ōhi Margot (王妃マルゴ?), Shūeisha, 2013-
  • Away, Shōgakukan, 2014-2015
One shot[modifier | modifier le code]
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Au Japon, les mangas sont d'abord pré-publiés dans des magazines[21] avant de sortir en volumes.

  • 1969 :
    • Lulu to Mimi (ルルとミミ?), pré publié dans le magazine Nakayoshi (なかよし?)
    • Suteki na mahō (すてきな魔法?), pré publié dans le magazine Nakayoshi
  • 1970 :
    • Cool Cat (クールキャット, Kūrukyatto?), pré publié dans le magazine Nakayoshi
    • Bakuhatsu Kaisha (爆発会社?), pré publié dans le magazine Nakayoshi
    • Bianca (ビアンカ, Bianka?), pré publié dans le magazine Shōjo Friend (少女フレンド?)
  • 1971 :
    • Pōchi de shōjo ga koinu to (ポーチで少女が小犬と?), pré publié dans le magazine COM
    • Beru to Maiku no ohanashi (ベルとマイクのお話し?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic (少女コミック, Shōjo Komikku?)
    • Yuki no ko (雪の子?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Tō no aru ie (塔のある家?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Jenifer no koi no o aite wa (ジェニファの恋のお相手は, Jenifa no koi no o aite wa?), pré publié dans le magazine Nakayoshi
    • Hanayome o hirotta otoko (花嫁をひろった男?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Katappo no furu gutsu (かたっぽのふるぐつ?), pré publié dans le magazine Nakayoshi
    • Pauvre maman (かわいそうなママ, Kawaisō na mama?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Seirei kari (精霊狩り?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Mōdorin (モードリン?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Sayo no nuu yukata (小夜の縫うゆかた?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Kenesu ojisan to futago (ケネスおじさんとふたご?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Mō hitotsu no koi (もうひとつの恋?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • 10-gatsu no shōjo-tachi (10月の少女たち?), pré publié dans le magazine COM
    • Aki no tabi (秋の旅?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Le pensionnat de novembre (11月のギムナジウム, 11-gatsu no Gymnasium?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Le petit flûtiste de la forêt blanche (白き森白い少年の笛, Shiroki mori shiroi shōnen no fue?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Shiroi tori ni natta shōjo (白い鳥になった少女?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Sēra hiru no seiya (セーラ・ヒルの聖夜?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
  • 1972 :
    • Asobi-dama (あそび玉?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Keito-dama ni jarenaide (毛糸玉にじゃれないで?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Mitsu kuni no musume (みつくにの娘?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Gomen asobase! (ごめんあそばせ!?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Doa no naka no watashi no musuko (seirei kari) (ドアの中のわたしのむすこ(精霊狩り)?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • 3-gatsu usagi ga shūdan de (3月ウサギが集団で?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Yōsei no ko mori (妖精の子もり?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • 6-gatsu no koe (6月の声?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Mamarēdo-chan (ママレードちゃん?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Mīa (ミーア?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Senbon-me no pin ☆ (千本めのピン☆?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
  • 1973
    • Kyabetsu hata no isanzōzoku hito (キャベツ畑の遺産相続人?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic
    • Ōmai kesira Sera (オーマイ ケセィラ セラ?), pré publié dans le magazine Shōjo Comic

Publications à l'international[modifier | modifier le code]

La société américaine VIZ Media est la première maison d'édition occidentale à avoir publié des travaux de Moto Hagio. Premièrement en 1996, où Jūichinin iru est publié dans une anthologie nommée Four Shōjo Stories, avant de publier en 1997 une édition anglaise de A, A'. L'éditeur américain Fantagraphics Books publie en 2010 une anthologie de dix mangas de Moto Hagio nommée A Drunken Dream and Other Stories, en 2013 la version anglaise de Thomas no shinzō, et en 2016 l'édition anglaise de Barbara Ikai.

En 2011, la maison d'édition italienne Kappa Edizioni publie Poe no Ichizoku sous le titre Edgar e Allan Poe. Il clan dei Poe.

En France, le premier manga de Moto Hagio est l'adaptation francophone de Leo-kun, il est distribué à compte d'auteur lors du salon Japan Expo de 2012[22]. L'éditeur Glénat publie en 2013 une anthologie de neuf mangas de Moto Hagio intitulée Moto Hagio - Anthologie, puis l'éditeur Kazé publie en 2014 Thomas no shinzō sous le titre de Le Cœur de Thomas.

L'éditeur polonais Japonica Polonica Fantastica (en) publie différents mangas de Moto Hagio en version polonaise: Poe no Ichizoku en 2012, Jūichinin iru en 2014 et Gin no Sankaku en 2016.

Écrits littéraires[modifier | modifier le code]

Moto Hagio a aussi publié divers livres en plus de ses mangas[23].

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

  • Gikyoku Hanshin (戯曲 半神?), Shōgakukan, 1987
    Coauteur : Hijeki Noda
  • Tokyō monogatari (斎王物語?), Shinchōsha, 1994
    Coauteurs : Kōhei Morita, Kōji Minagawa, Misako Yūki

Essais[modifier | modifier le code]

  • Omoide o kirinuku toki (思い出を切りぬくとき?), Anzu-dō, 1998
  • Yumemiru beads monogatari (夢見るビーズ物語?), Poplar Publishing (ja), 2009
  • Isshun to eien to (一瞬と永遠と?), Genkishobō (ja), 2011

Compilations de discours et conférences[modifier | modifier le code]

  • Manga no anata SF no watashi (マンガのあなた SFのわたし?), Kawade Shobo Shinsha (ja), 2012
  • Kotoba no anata manga no watashi (コトバのあなた マンガのわたし?), Kawade Shobo Shinsha, 2012
  • Monogataru anata e kaku watashi (物語るあなた 絵描くわたし?), Kawade Shobo Shinsha, 2012
  • Aisuru anata koisuru watashi (愛するあなた 恋するわたし?), Kawade Shobo Shinsha, 2014

Autres travaux[modifier | modifier le code]

Outre ses mangas et écrits littéraires, Moto Hagio a aussi travaillé sur d'autres types d'œuvre :

En 1985, elle scénarise la comédie musicale Curdken's Hat: A jigsaw Puzzle of the land of Grimm, qui est une adaptation du conte La Petite Gardeuse d'oies des Frères Grimm[24].

En 1986, elle travaille sur le character design pour le film d'animation japonais Toki no Tabibito[25].

En 1993, elle intervient en tant qu'artiste lors de la réalisation du jeu vidéo Illusion of Time.

En 2008, elle est actrice pour le film Domomata no Shi[26].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Moto Hagio a reçu tout au long de sa carrière de nombreuses récompenses. Elle remporte le 21e prix du manga Shōgakukan en 1976 pour ses deux mangas Nous sommes onze ! et Poe no Ichizoku[27]. Elle reçoit ensuite les 11e, 14e et 16e prix Seiun pour respectivement ses mangas Star Red, Gin no Sankaku et X + Y[28].

En 1997, son manga Zankoku na kami ga shihai suru est primé du prix de l'excellence lors du premier prix culturel Osamu Tezuka[29], puis en 2006 son manga Barbara Ikai remporte le 27e prix Nihon SF Taisho[30].

Par la suite, l'ensemble de son œuvre est récompensée, d'abord par le prix Inkpot en 2010[31], puis en 2011 par 40e prix du ministère de la culture au Nihon Mangaka Kyōkai[32]. Elle devient en 2012 la première femme mangaka à être récompensée de la médaille au ruban pourpre[33], la même année elle reçoit aussi le 12e prix Sense of Gender pour son manga Nanohana et l'ensemble de son œuvre[34].

En 2017 Moto Hagio est récompensée, pour ses innovations dans le manga, du prix Asahi dans le domaine des arts pour l'année fiscale 2016[35]. À la fin de l'année elle reçoit le 52e prix de la culture jeunesse décerné par le groupe industriel JXTG, ce prix récompense les personnes qui ont grandement contribuée à la culture jeunesse, Moto Hagio est la première mangaka à recevoir le prix[36]. L'année suivante en 2018, lors du 8e grand prix du manga de la préfecture d'Iwate, son manga Nanohana est récompensé de la 3e édition du prix spécial, qui récompense les titres participant à la promotion et à la reconstruction de la préfecture depuis le tsunami et l'incident nucléaire de 2011[37]. En 2019 elle est déclarée personne de mérite culturel[38].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en + de + fr + ja) Masanao Amano, Manga Design, Cologne, Taschen, coll. « Mi », , 576 p., 19,6 cm × 24,9 cm, broché (ISBN 978-3-8228-2591-4, présentation en ligne), p. 398-401
    édition multilingue (1 livre + 1 DVD) : allemand (trad. originale Ulrike Roeckelein), anglais (trad. John McDonald & Tamami Sanbommatsu) et français (trad. Marc Combes)
  • [Brient 2008] Hervé Brient, « Moto Hagio », dans Homosexualité et manga : le yaoi, Versailles, Éditions H, coll. « Manga 10 000 images » (no 1), , 1re éd., 192 p. (ISBN 978-2-9531781-0-4, OCLC 690610651), p. 48-49.
  • [Shamoon 2012] (en) Deborah Shamoon, « The Revolution in 1970s Shōjo Manga », dans Passionate Friendship : The Aesthetics of Girl's Culture in Japan, Université d'Hawaï, (ISBN 978-0-82483-542-2).
  • [Glénat 2013] Moto Hagio (trad. Akiko Indei et Pierre Fernande, préf. Tomoko Yamada), Moto Hagio - Anthologie, vol. 1 : De la rêverie, Grenoble, Glénat, , 350 p. (ISBN 978-2-7234-9344-4, OCLC 878607783).
  • [Brient 2013] Hervé Brient, « Hagio Moto, une artiste au cœur du manga moderne », sur du9, (consulté le 23 mai 2016).
  • [Pinon & Lefebvre 2015] Matthieu Pinon et Laurent Lefebvre, Histoire(s) du manga moderne : 1952-2012, Ynnis, , 204 p. (ISBN 9-791-09337-622-6), « Moto Hagio ».
  • [Tamura 2019] (en) Kaoru Tamura, When a Woman Betrays the Nation : an Analysis of Moto Hagio’s The Heart of Thomas, Arts & Sciences Electronic Theses and Dissertations, (lire en ligne).

Encyclopédies[modifier | modifier le code]

Interviews[modifier | modifier le code]

  • [Thorn 2005] (en) Matt Thorn, « The Moto Hagio Interview », The Comics Journal, no 268,‎ (lire en ligne, consulté le 24 novembre 2019).
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Filmographie et conférences[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]


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