Iguane marin des Galapagos

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Amblyrhynchus cristatus

Amblyrhynchus cristatus
Description de cette image, également commentée ci-après

Iguanes marins des Galápagos

Classification selon ReptileDB
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Reptilia
Sous-classe Lepidosauria
Ordre Squamata
Sous-ordre Sauria
Infra-ordre Iguania
Famille Iguanidae

Genre

Amblyrhynchus
Bell, 1825

Nom binominal

Amblyrhynchus cristatus
Bell, 1825

Synonymes

  • Iguana ater Gray, 1831
  • Amblyrhincus demarlii Duméril & Bibron, 1837

Statut de conservation UICN

( VU )
VU B2ac(iv) : Vulnérable

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 01/07/1975

Amblyrhynchus cristatus, l'Iguane marin des Galapagos, unique représentant du genre Amblyrhynchus, est une espèce de sauriens de la famille des Iguanidae[1].

Distribution[modifier | modifier le code]

Cette espèce est endémique des îles Galápagos[1].

Description[modifier | modifier le code]

Un mâle adulte coloré sur l'île Fernandina.
Iguane marin nageant
Iguane marin des Galapagos, Puerto Ayora
Iguane marin marchant sur la plage de Tortuga Bay, sur l'île Santa Cruz.
Amblyrhynchus cristatus venustissimus sur l'île Española.

Lors de sa visite aux îles, Charles Darwin trouva fort déplaisante l'apparence de ces animaux, écrivant : « Les pierres de lave noire de la plage sont très fréquentées par de grands (2-3 pieds) et dégoûtants lézards maladroits. Ils sont aussi noirs que les roches poreuses sur lesquelles ils rampent [...]. Je les appelle les « lutins des ténèbres[2] ».

En fait, Amblyrhynchus cristatus n'est pas toujours noir. Les jeunes ont une bande dorsale de couleur plus claire et quelques spécimens adultes sont de couleur grise. La raison pour laquelle les tons sombres dominent c'est que l'espèce doit absorber rapidement la chaleur afin de minimiser la période de léthargie due au froid, après avoir émergé de l'eau. Les couleurs sombres absorbent plus d'énergie solaire et favorisent ainsi le réchauffement de l'animal qui passe une importante partie de sa vie à se chauffer au soleil.

Les Iguanes marins se nourrissent presque exclusivement d'algues marines. Ils ont souvent la tête blanchie par les dépôts de sel expulsé par leurs glandes nasales. Chez les mâles adultes, la coloration varie avec la saison. À la saison de la reproduction, les mâles des îles du sud (Île Española, île Floreana,..) sont les plus colorés et arborent des couleurs rouge et bleu-vert, sur l'île Santa Cruz, ils sont rouge brique et noirs, et sur l'île Fernandina, rouge brique et verdâtres.

Une autre différence entre les sous-populations d'iguanes marins est leur taille, puisque celle-ci diffère en fonction de l'île. Les iguanes vivant sur les îles Fernandina et Isabela sont les plus grands. Les plus petits se trouvent sur l'île Genovesa.

Les mâles adultes mesurent jusqu'à 1,70 mètre, et les femelles 1 mètre. Les mâles peuvent peser jusqu'à 1,5 kg.

Sur terre, l'iguane marin est un animal plutôt maladroit, mais dans l'eau, c'est un nageur gracieux. Cela est dû à des adaptations à la vie marine qu'il ne partage pas avec les autres espèces d'iguanes. Sa queue aplatie latéralement et ses piquantes nageoires dorsales lui permettent de nager plus vite, tandis que ses longues griffes acérées lui permettent de s'accrocher aux roches et autres matériaux qui l'entourent, luttant ainsi contre les courants violents et la force des vagues.

Deux auteurs ont rapporté des cas d'hybridation, sur l'île Plaza Sud, entre Amblyrhynchus cristatus et Conolophus subcristatus, un iguane purement terrestre apparenté à l'iguane marin[3].

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Une troupe d'iguanes marins.

En tant qu'animal ectotherme (à sang froid), l'iguane marin ne peut passer qu'un temps limité dans la mer entourant les Galápagos, celle-ci étant assez froide. C'est cependant là que se trouvent les algues, sa seule source de nourriture.

En nageant seulement dans les eaux peu profondes autour des îles, les iguanes marins sont capables de survivre à des plongées allant jusqu'à une demi-heure à des profondeurs de plus de 15 m[4]. Darwin écrit d'ailleurs qu'un membre de l'équipage avait immergé un iguane pendant une heure puis, en le tirant avec une corde, l'avait trouvé encore en vie.

Les plongées types ne durent cependant que quelques minutes à des profondeurs de moins de cinq mètres.

Après ces plongées, les animaux reviennent sur leur territoire de bord de mer pour se prélasser et se réchauffer au soleil. Quand le froid l'engourdit, l'iguane n'est pas en mesure de se déplacer efficacement, ce qui le rend vulnérable à la prédation. Il devient alors très agressif, compensant son manque de mobilité par des morsures brutales.

Au cours de la saison de reproduction, les mâles deviennent très territoriaux. Les mâles assemblent à cette époque de grands groupes de femelles avec lesquelles ils s'accouplent, empêchant d'autres iguanes mâles de s'approcher.

Les iguanes marins sont capables de modifier leur taille pour s'adapter à différentes conditions de ressources alimentaires. Pendant les épisodes El Niño, les ressources en algues peuvent diminuer sensiblement, et certains iguanes ont diminué leurs besoins alimentaires en réduisant leur taille de 20 %. Lorsque les conditions alimentaires reviennent à la normale, les iguanes observés ont retrouvé leur taille antérieure.
Il est supposé que les os des iguanes raccourcissent par un retrait du tissu conjonctif via une hormone de stress particulière qui est en corrélation avec la taille du squelette diminué[5].

La réduction de taille serait également due à l'avantage qu'ont les petits iguanes, comparativement aux plus gros, pour se réchauffer au soleil, leur permettant de retourner plus rapidement dans l'eau pour s'y nourrir[6].

Alimentation[modifier | modifier le code]

L'iguane marin a un régime alimentaire strictement herbivore tout au long de sa vie : il se nourrit de grandes algues prélevées sur le littoral rocheux des îles, soit sur l'estran, soit en pleine eau. Sur l'estran, il se contente de prélever les algues exondées à basse mer. Mais il peut également nager autour des îles et plonger pour s'alimenter sur les champs d'algues immergés[7].

Liste des sous-espèces[modifier | modifier le code]

Comme souvent dans les archipels, des sous-espèces propres à une île ou à un groupe d'îles sont nées du croisement entre les sous-populations isolées sur ces îles, en raison de leur faible nombre ou absence.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Référence Reptarium Reptile Database : Amblyrhynchus cristatus  (en)
  2. Charles Darwin's Beagle Diary, par Charles Darwin, Cambridge University Press, édition de 2001, isbn = 0521003172
  3. (de) Lücker & Feiler, Beobachtungen einer Paarung zwischen Meerechsen-Männchen (Amblyrhynchus cristatus) und Landleguan-Weibchen (Conolophus subcristatus) auf Plaza-Sur/Galapagos-Inseln sowie Beobachtungen an einem adulten Gattungshybriden (Amblyrhynchus x Conolophus) [« Observations d'un accouplement entre un iguane marin mâle et un iguane terrestre femelle sur l'île Plaza Sud/ Galápagos ainsi que d'un adulte hybride »], Elaphe, 2002, vol. 10, n. 4, p. 49-54.
  4. ~ rhrsbi ou GalapagosPages ou GalapagosPages MarineIguana.html
  5. Wikelski & Thom, 2000 : Marine iguanas shrink to survive El Niño Nature, vol. 403, p. 37-38 (nature doi:10.1038/47396.
  6. Wikelski, 2005 : Evolution of body size in Galapagos marine iguanas. Proceedings of the Royal Society B-Biological Sciences, vol. 272, n. 1576, p. 1985-1993.
  7. (en) Trillmich & Trillmich, 1986 : Foraging strategies of the marine iguana, Amblyrhynchus cristatus. Behavioral Ecology and Sociobiology, vol. 18, p. 259-266.

Publications originales[modifier | modifier le code]

  • Bell, 1825 : On a new genus of Iguanidae. Zoological Journal, London, vol. 2, p. 204-207 (texte intégral).
  • Eibl-Eibesfeldt, 1956 : Eine neue Rasse der Meerechse, Amblyrhynchus cristatus venustissimus, nebst einigen Bemerkungen über Amblyrhynchus cristatus cristatus. Senckenbergiana biologica, vol. 37, p. 87-100.
  • Eibl-Eibesfeldt, 1962: Neue Unterarten der Meerechse Amblyrhynchus cristatus, nebst weiteren Angaben zur Biologie der Art. Senckenbergiana biologica, vol. 43, no 3, p. 177-199.
  • Garman, 1892 : The reptiles of the Galapagos Islands. Bulletin of the Essex Institute, vol. 24, p. 73-87 (texte intégral).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alberts, Carter, Hayes & Martins, 2004 : Iguanas - Biology and Conservation. University of California Press, p. 1-356.
  • Bonetti, 2002 : Sauri. Mondadori (Milano), p. 1-192.
  • Switak, 1996 : The iguanas of the Galapagos Islands Reptiles. vol. 4, n. 8, p. 12-30.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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