Riyoko Ikeda

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Riyoko Ikeda
2008TIBE Hall2 ComicPavilion Opening RiyokoIkeda.jpg
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
池田理代子Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Membre de
Tessiture
Site web
Distinction
Œuvres principales

Riyoko Ikeda (池田理代子, Ikeda Riyoko?) est une dessinatrice de bande dessinée japonaise, écrivain, essayiste, comédienne et chanteuse lyrique née le à Ōsaka, au Japon.

Spécialisée dans le shōjo manga, elle commence sa carrière en 1967 avec Bara yashiki no shōjo. Elle se fait connaître grâce à La Rose de Versailles. Avec cette œuvre, Ikeda vient bouleverser le shōjo manga des années 1970, participant à son âge d'or au côté d'une nouvelle génération de dessinatrices, le Groupe de l'an 24. Elle offre à ses lectrices une romance sur fond historique, prônant l'émancipation féminine.

En 1999, elle devient chanteuse lyrique professionnelle et crée une école de chant. Elle continue cependant à écrire des mangas de manière parcellaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Riyoko Ikeda née le à Ōsaka, au Japon. Elle grandit à Kashiwa dans la préfecture de Chiba. Elle étudie au lycée Hakuō à Tokyo puis à l'université pour des études de philosophie et de lettres[1]. Elle devient étudiante en philosophie à l'université de Tsukuba où elle étudie Marx, Lenine et devient membre d'une organisation étudiante du Parti Communiste Japonais - la Democratic Youth League of Japan[2]. Mais elle doit interrompre ses études au bout d'un an faute de soutien de sa famille. Pour gagner sa vie, elle commence alors une carrière en tant que mangaka[3]. Dans les années 1960, la forte demande en shōjo manga permet l’émergence des femmes mangaka[réf. souhaitée].

En 1967, elle est repérée par un éditeur qui lui permet de publier notamment de Princesse Saphir d'Ozamu Tezuka, Ikeda publie Bara Yashiki no Shōjo (バラ屋敷の少女?) dans Shōjo Friend en 1967[3]. Elle publie ensuite plusieurs histoires et raffine son style tout en participant au Groupe de l'an 24 (24年組, Nijūyo nen Gumi?).

En 1972, elle doit convaincre[4] son éditeur[5] pour commencer à publier La Rose de Versailles (ベルサイユのばら, Berusaiyu no bara?).

La série rencontre un succès immédiat, les ventes du magazine Margaret explosent.

Inspirée par Marie-Antoinette de Stefan Zweig qu'elle avait lu au lycée[6], l'histoire reprend le contexte historique et politique de la Révolution française et de Marie Antoinette ainsi que les codes du shojo avec des héros au destin tragique, ce qui touche — au-delà de la cible éditoriale des adolescentes — un large public au Japon, désireux d'en apprendre plus sur cette période de la France[3].

Le manga est adapté par Jacques Demy en film live (Lady Oscar, 1978) pour le public japonais[7], en dessins animés (Lady Oscar, 1979) par TMS, en comédie musicale[8] à succès[9] par la troupe de théâtre féminine Takarazuka[10] ; entre autres[11]. Riyoko Ikeda définie une nouvelle approche du genre et le début de l'âge d'or du shojo[12]. L'histoire rencontre un succès phénoménal au Japon[réf. souhaitée] et s'exporte à l'international par le biais de la série TV d'animation, notamment en Italie (1982) et en France (sur Récré A2 en 1986) où la série rencontre un grand succès.

En 1975, elle trouve un nouveau succès avec la publication de Orphée no Mado qui lui apporte, en 1980, un prix de la Japan Manga Association

En 1995, Riyoko Ikeda décide de changer de carrière. Elle est acceptée à l'Université Musicale de Tokyo et se consacre désormais au chant[13]. Elle est cantatrice soprano, accompagnée par le pianiste Hiroshi[Qui ?] . Elle reprend ensuite[Quand ?] sa carrière de mangaka[14].

En 2008, Riyoko Ikeda est nommé chevalier de la légion d'honneur.[15]

En 2011, l'autrice est de passage en France pour le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême, notamment[16].

En 2019 paraît en France un quatrième volume de La Rose de Versailles, série de courtes histoires sur Marie-Antoinette d'Autriche et sa garde du corps Oscar de Jarjayes[17].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1967 :
    • Bara Yashiki no Shōjo (バラ屋敷の少女?), pré publié dans le magazine Shōjo Friend ; 1 volume publié[BU 1],[18].
  • 1969 :
    • Ai wa Eien ni (愛は永遠に?) ; 1 volume publié chez Shueisha[BU 2].
    • Francesca no shōzō (フランチェスカの肖像, Furanchesuka no shōzō?), pré publié dans le magazine Margaret ; 1 volume publié chez Shueisha, puis Wakaki Shobo[BU 3].
    • Sokoku ni Ai o (祖国に愛を?), pré publié dans le magazine Margaret ; 1 volume publié chez Shueisha[BU 4].
  • 1970 :
    • Hatsukoi Monogatari (初恋物語?) ; 1 volume[BU 5].
    • Freesia no Asa (フリージアの朝, Furījia no asa?), pré publié dans le magazine Margaret ; 1 volume publié chez Wakaki Shobo[BU 6].
  • 1971 :
    • Mariko (真理子?) ; 1 volume publié chez Wakaki Shobo[BU 7].
    • Ikite te Yokatta! (生きててよかった!?) ; 1 volume publié chez Shueisha[BU 8].
    • Futari Pocchi (ふたりぽっち?) ; 1 volume publié chez Shueisha[BU 9].
    • Jinchouge (沈丁花?) ; 1 volume publié chez Shueisha[BU 10].
  • 1972 :
    • Sakura Kyō (桜京?) ; 2 volumes publiés chez Shueisha[BU 11].
    • La Rose de Versailles (ベルサイユのばら, Versailles no bara?), pré publié dans le magazine Margaret ; 14 volumes publiés chez Shueisha ; plusieurs fois ré-édité (différents formats, volumes) par Shueisha, Chuokoron, Fairbell et Fukkan[BU 12].
  • 1973 :
    • Shiroi Egmont (白いエグモント?) ; 1 volume publié chez Chuuoukouronsha[BU 13].
    • Yureru Soushun (ゆれる早春?), pré publié dans le magazine Margaret ; 1 volume publié chez Shueisha[BU 14].
  • 1974 :
    • Shōko no Echūdo (章子のエチュード?), pré publié dans le magazine Margaret ; 2 volumes publiés chez Shueisha[BU 15].
  • 1975 :
    • Très cher frère... (おにいさまへ…, Oniisama e…?), pré publié dans le magazine Margaret ; 3 volumes publiés chez Shueisha, puis Chuuoukouron Shinsha[BU 16].
    • Orpheus no mado (オルフェウスの窓, Orufeusu no mado?), pré publié dans le magazine Margaret ; 18 volumes publiés chez Shueisha, puis Chuuoukouron Shinsha[BU 17].
  • 1978 :
    • Claudine (クローディーヌ・・・!, Kurōdīnu!?), pré publié dans le magazine Margaret ; 1 volume publié chez Shueisha, puis Chuuoukouron Shinsha[BU 18].
  • 1980 :
    • Ayako (妖子, Yōko?), pré publié dans le magazine Monthly Seventeen ; 2 volumes publiés chez Shueisha, puis Chuokoron Shinsha, Fairbell, Shueisha[BU 19].
  • 1981 :
    • Epitaram: A Wedding Song (エピタラム -祝婚歌, Epitaramu - shukkonka?), pré publié dans le magazine Monthly Seventeen ; 2 volumes publiés chez Shueisha, puis Chuokoron Shinsha, Fairbell, Shueisha[BU 20].
  • 1983 :
    • Jotei Ecatherina (女帝エカテリーナ?) ; 5 volumes publiés[BU 21].
    • Aoi Zakuro (蒼い柘榴?) ; 2 volumes publiés chez Shueisha[BU 22].
  • 1984 :
    • Versailles no Bara Gaiden (ベルサイユのばら外伝?), pré publié dans le magazine Gekkan Jam ; 2 volumes publiés chez Jitsugyou no Nihonsha, puis Chuuoukouron Shinsha et Fairbell[BU 23].
  • 1986 :
    • Eikō no Napoleon - Eroica (栄光のナポレオン - エロイカ, Eikō no Naporeon - eroika?) ; 14 volumes publiés chez Chuokoron Shinsha[BU 24].
  • 1987 :
    • Glass no Yami (ガラスの闇?) ; 1 volume publié chez Shueisha[BU 25].
  • 1988 :
    • Mijo Monogatari (魅女物語?) ; 3 volumes publiés chez Shueisha[BU 26].
  • 1991 :
    • Shoutoku Taishi (聖徳太子?) ; 7 volumes publiés chez Kodansha[BU 27].
    • Porando Hishi Ten no Hate Made (天の涯まで -ポーランド秘史-?) ; 3 volumes publiés chez Shueisha[BU 28].
  • 1997 :
    • Fuyu no Shukusai (冬の祝祭?) ; 1 volume publié chez Shueisha[BU 29].
  • 1999 :
    • Elizabeth (女王エリザベス?), pré publié dans le magazine Shuukan Josei ; 1 volume publié chez Shufu to Seikatsusha, puis Kodansha[BU 30].
  • 2000 :
    • Nibelungen no Yubiwa (ニーベルンクの指輪?) dessin par Erika Miyamoto, pré publié dans le magazine You ; 4 volumes publiés chez Shueisha[BU 31].
  • 2001 :
    • Ikeda Riyoko the Best: Ai to Tatakau Onnatachi (愛と闘う女たち?) ; 1 volume publié chez Shueisha[BU 32].
  • 2004 :
    • Falcon no Meikishu (ファルコンの名騎手?) ; 1 volume publié chez Shimanaka Shoten[BU 33].
  • 2005 :
    • Ai wa Waltz ni Nosete (愛はワルツにのせて?) ; 1 volume publié chez Shimanaka Shoten[BU 34].
  • 2006 :
    • Haru no Yuki (春の雪?) ; 1 volume publié chez Shufu to Seikatsusha, puis Chuokoron Shinsha[BU 35].
    • BeruBara Kids (ベルばらKids?), pré publié dans le magazine Asahi Shinbun ; 7 volumes publiés chez Asahi Shimbunsha[BU 36].
  • 2007 :
    • Taiyou Shijinki (太王四神記?), pré publié dans le magazine Tokyo 1 Week ; 6 volumes publiés chez Kodansha[BU 37].
  • 2014 :
    • Taketori Monogatari: Sōgyō 90-shūnen kikaku (竹取物語: 創業90周年企画?), pré publié dans le magazine Tokyo 1 Week ; 6 volumes publiés chez Kodansha[BU 38].

Analyse[modifier | modifier le code]

Style[modifier | modifier le code]

Son style est d'abord très proche de son modèle de référence Princesse Saphir d'Osamu Tesuka[réf. nécessaire]. Elle s'en détache progressivement au travers de ses différents travaux et adopte une déstructuration de la mise en page[19] où les dessins sortent des cases ; jusqu'à ne plus utiliser de cases (hyper case[20]) et dessiner sur la page entière[21].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Riyoko IKEDA », sur www.lemondeladyoscar.com
  2. (en) Nobuko Anan, Contemporary Japanese Women’s Theatre and Visual Arts : Performing Girls’ Aesthetics, Springer, , 229 p. (ISBN 978-1-137-37298-7, lire en ligne)
  3. a b et c « Biographie », sur Les Roses de Versailles
  4. « Riyoko Ikeda Fan Site », sur www.riyokoikedafansite.org (consulté le 30 mars 2020) : « Selon ces éditeurs un Shōjo manga historique aurait tout simplement ennuyé les lecteurs. Les convaincre du contraire n'a pas été facile mais après plusieurs heures de discussion ils ont pu trouver un compromis. »
  5. « Le Manga », sur Les Roses de Versailles : « A l'époque, aborder un sujet historique dans, un shojo manga (manga pour filles) était en soi une grande aventure. Pour la réalisation de ce projet, j'ai dû convaincre la rédaction qui était sceptique, en arguant que même un sujet historique, s'il est traité de façon drôle, et compréhensible, pouvait faire un tabac... »
  6. (ja) « 池田理代子 », dans Wikipedia,‎ (lire en ligne)
  7. « Lady Oscar », sur nanarland.com
  8. « La biographie de Riyoko Ikeda », sur ZOO
  9. « Takarazuka, une compagnie théâtrale unique en son genre », sur nippon.com,
  10. « En 1974, la fameuse troupe de théâtre féminine Takarazuka a produit une comédie musicale basée sur la série. Elle est devenue un succès phénoménal et continue aujourd’hui d'attirer les foules. »Manga Design, p. 66
  11. « Écrans & scène », sur Les Roses de Versailles
  12. Lloyd Chéry, « L'art du shōjo manga en 3 leçons avec l'auteure de Takane & Hana », sur Le Point,  : « Mais connaissez-vous les shōjos ? Les mangas pour jeunes filles sont très populaires au pays du Soleil-Levant. Le genre vit un âge d'or dans les années 70 avec Lady Oscar de Riyoko Ikeda. »
  13. « Un changement inattendu dans sa carrière a eu lieu en 1995. Ikeda est accepté à l'Université Musicale de Tokyo avec une spécialisation en chant, et depuis lors elle se dévoue à la musique. »Manga Design, p. 66
  14. « Riyoko Ikeda », sur IMDb (consulté le 27 mars 2020)
  15. (en) « Rose of Versailles' Ikeda Receives France's Top Honor », sur Anime News Network (consulté le 30 mai 2020)
  16. « Rencontre avec la mangaka Riyoko Ikeda », sur Maison de la Culture du Japon à Paris
  17. Morgane Tual, « Manga : quarante ans après, « La Rose de Versailles » revient », sur Les enfants d'Akira, .
  18. « Debut with "Barayashiki no Shoujo" (The Girl from Rose Mansion) published in a special issue of Weekly Shojo Friend in 1967. »Manga Design, p. 64
  19. « La déconstruction des cases dans la mise en page met particulièrement bien en valeur les émotions violentes des différents protagonistes […] »L’héroïne travestie dans le shôjo manga
  20. « Dossier Riyoko Ikeda - Partie 2 », sur manga-news.com : « L’hyper case fait déborder décors et personnages sur toute la page sans se limiter aux cases »
  21. « Bibliographie », sur Les Roses de Versailles
  22. « Remise de la Légion d’honneur à Mme Riyoko Ikeda », sur La France au Japon (consulté le 24 mars 2020)
  23. Romain Brethes, « Manga-Antoinette à Angoulême », sur Le Point,  : « Riyoko Ikeda, qui a obtenu la Légion d'honneur en 2009 pour son rôle déterminant en faveur de la culture française au Japon [...] »
  24. Florian Rubis, « Angoulême 2011 : Riyoko Ikeda, la voix du shôjo manga », sur actuabd.com,  : « […] cette artiste nippone, « monument national » au Japon, qui avait déjà reçu, le 11 mars 2009, les insignes de chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur des mains de l’ambassadeur français à Tôkyô. »
Baka-Update

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]