Mirabel-et-Blacons

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Mirabel-et-Blacons
Mirabel-et-Blacons
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Die
Canton Crest
Intercommunalité Communauté de communes du Crestois et du pays de Saillans
Maire
Mandat
Maryline Manen
2014-2020
Code postal 26400
Code commune 26183
Démographie
Gentilé Mirabeaux
Population
municipale
1 058 hab. (2016 en augmentation de 19,55 % par rapport à 2011)
Densité 61 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 42′ 41″ nord, 5° 05′ 33″ est
Altitude Min. 197 m
Max. 705 m
Superficie 17,48 km2
Localisation

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Mirabel-et-Blacons est une commune française située dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle regroupe deux anciens villages.

Le nom des habitants est Mirabeaux[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Paysage depuis le vieux village de Mirabel.

Le village est installé sur un promontoire marneux.

La commune de Mirabel-et-Blacons comprend également le hameau des Berthalais, établi en direction de Beaufort-sur-Gervanne.

Mirabel-et-Blacons appartient au canton de Crest-Nord, et se situe à six kilomètres de Crest, aux premiers contreforts du massif du Vercors.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Mirabel-et-Blacons
Suze
Montclar-sur-Gervanne
Véronne
Aouste-sur-Sye Mirabel-et-Blacons Saillans
Piégros-la-Clastre Aubenasson

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestée sous les formes Castrum de Mirabel au XIe siècle [2], Mirabel en 1165[3], Mirabel en Diois en 1642, Mirabel-et-Blacons en 1805.

En latin populaire le verbe regarder se disait « mirare », en franco-provençal « mira », en vieux français « mirer ». Associé à bel et beau il a donné naissance à ce toponyme.

Le nom de Mirabel vient de l'occitan et signifie « voit loin » du fait de sa position élevée.

Blacons : vient de Hector d'Armand de Forest qui ayant vendu son domaine de Blacons à la Roche-Saint-Secret en Drôme provençale, a transposé ce toponyme sur le territoire qu'il a acquis en 1642 à Mirabel.

Histoire[modifier | modifier le code]

On a découvert dans le village des vestiges de l'âge de bronze[réf. nécessaire].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Mirabel est le regroupement initial d'habitations dans un village défendu par une muraille, trois tours et le donjon du seigneur[4]. Ce castrum est signalé pour la première fois dans les chartes en 1165 : le seigneur est alors l'évêque de Die[4].

Mirabel est rattaché au royaume de France en 1461 ; un châtelain est installé au village, qui assure la police et prélève les impôts royaux[4].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

La Réforme protestante connaît d'importants succès dans la vallée du Rhône, et le seigneur de Mirabel, Claude de Mirabel, se convertit. Il se bat dans les rangs huguenots lors des guerres de religion[4].

Lors du siège de Die (Drôme) en 1574 par les huguenots, un renfort de troupes catholiques provoquent la bataille au pont sur la Gervanne, le 4 juillet. Le capitaine protestant de Montbrun y est blessé et fait prisonnier[réf. souhaitée][5][réf. non conforme].

La crainte d'une attaque des catholiques pousse au renforcement des fortifications : c'est en les inspectant que Claude de Mirabel tombe du chemin de ronde et meurt, en 1576[4].

Au XVIIe siècle, les Forest, une famille des Baronnies, possède la seigneurie. C'est elle qui donne le nom de Blacons au confluent de la Gervanne et de la Drôme, où se trouve le moulin[4].

En 1664, le village compte deux tiers de protestants. Il souffre peu des persécutions qui ont précédé et suivi la révocation de l'édit de Nantes en 1685 : on ne relève ni dragonnades, ni condamnations aux galères. Les «nouveaux convertis», c'est-à-dire les protestants forcés d'abjurer, qui avaient conservé leurs convictions protestantes se rendaient aux assemblées du Désert entre Aouste et Mirabel. Ces assemblées eurent lieu jusqu'à l'édit de tolérance de 1787. Deux frères furent condamnés et emprisonnés à Crest. Le village avait une école et un précepteur de la jeunesse[6].

L'énergie hydraulique de la Gervanne permet une certaine activité de transformation : plusieurs moulins à farine, deux moulins à huile, des foulons, des fabriques de soie, un four à chaux[6]...

Révolution française[modifier | modifier le code]

Le marquis de Blacons est député de la noblesse à l'Assemblée de Vizille en 1788[4].

Le marquis de Blacons émigre en 1792[4]. Son moulin est déclaré bien national et vendu en 1805 à M. Lombard-Latune, d'une famille de négociants de la vallée de la Drôme, qui y installe une papeterie moderne[6].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La papeterie Latune se développe, et emploie 90 ouvriers en 1843. Plus moderne, elle concurrence les papeteries de Chabeuil et d'Aouste, qui ferment. En 1880, elle compte 300 ouvriers[6].

Mirabel au XIXe siècle illustrée par Alexandre Debelle (1805-1897).
Blacons au XIXe siècle illustrée par Alexandre Debelle.

Une filature, utilisant elle aussi la force hydraulique de la Gervanne via un canal de dérivation, est reconvertie en usine de fabrication de billes[6]. Aujourd'hui, elle n'est plus en activité et héberge une association qui assure la préservation et la promotion du patrimoine de l'ensemble des anciennes usines à billes du département, grâce à différentes activités pédagogiques.

D'autres usines s'installent rive droite de la Gervanne[6]. Toutes ces activités entraînent la construction d'habitations dans la plaine (autour de la papeterie) pour loger les ouvriers de cette industrie, et rive droite à Aouste[6].

En 1858, un temple est construit au village de Mirabel et une nouvelle église à Blacons en 1860. En 1891, un pont est construit sur la Drôme, qui permet d'atteindre la gare de Piégros-La Clastre, achevée en 1896, sur la ligne de Die. La commune de Mirabel était desservie par la route nationale[1].

Avec le déclin de l'activité agricole, le village de Mirabel perd progressivement la quasi-totalité de ses habitants, au bénéfice du village de Blacons[1].

En 1907, le conseil municipal décide de transférer le chef-lieu de la commune au village de Blacons, dans la plaine. Une nouvelle mairie-école y est édifiée en 1913-1914, et la paroisse est déplacée à la chapelle dite romane[1].

En 1946, la commune de Mirabel-et-Blacons annexe la rive droite de la Gervanne, où se trouvent usines et habitations qui relevaient auparavant de la commune d'Aouste-sur-Sye[6].

En 1974, la dernière habitante du village de Mirabel meurt[1], avant qu'un couple y installe une résidence secondaire quelques années plus tard[4].

La fermeture définitive en 1972 laissait à l'abandon un magnifique patrimoine industriel. Jacques Ravel, maire de Mirabel et Blacons de 1972 à 2001 fit acheter par la commune l'ensemble des bâtiments et les réhabilita en logements sociaux de 1986 à 2000.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Logement Sociaux de Blacons.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant 2006 En cours
(au 30 octobre 2014)
Maryline Manen[7] DVG Employée

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[9].

En 2016, la commune comptait 1 058 habitants[Note 1], en augmentation de 19,55 % par rapport à 2011 (Drôme : +4,1 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
296298343392349472486499545
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
495545553593552573585582547
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
551577578509502505495474560
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
5605525925927288158529041 007
2016 - - - - - - - -
1 058--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Des vestiges de tours de guet et de remparts restent visibles au village de Mirabel[4].

L'usine et musée de la bille.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.
  1. a b c d et e A. Bernard, « Mirabel : histoire résumée d'un village descendu de sa colline dans la vallée », Études drômoises, no 50, 1980, p. 25.
  2. Dans le cartulaire des évêques de Die.
  3. Ernest Nègre - Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 1125.
  4. a b c d e f g h i et j A. Bernard, op. cit., p. 23.
  5. Pierre Miquel, Les Guerres de Religion, Paris, Club France Loisirs, (ISBN 2-7242-0785-8).
  6. a b c d e f g et h A. Bernard, op. cit., p. 24.
  7. Mirabel-et-Blacons sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de la Drôme (consulté le 30 octobre 2014).
  8. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.