Libération de Saint-Malo

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Libération de Saint-Malo
Description de cette image, également commentée ci-après

Le front en Bretagne entre le 1er et le .

Informations générales
Date du 6 au 17 août 1944
Lieu Saint-Malo et Dinard,(Bretagne, France)
Issue Victoire américaine, libération de la ville détruite à 80%
Belligérants
Drapeau des États-Unis 8ecorps d'armée américain
83e division d'infanterie américaine
Drapeau de l'Allemagne Diverses petites unités rassemblés pour l'occasion
Commandants
Drapeau des États-Unis Général Troy Middleton
Drapeau des États-Unis Général Robert C. Macon
Drapeau de l'Allemagne Colonel Andreas von Aulock
Drapeau de l'Allemagne Colonel Rudolf Bacherer
Forces en présence
environ 16 000 hommes environ 13 000 hommes (Wehrmacht, Kriegsmarine, Luftwaffe)
Pertes
environ 500 morts environ 500 morts

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La libération de Saint-Malo et de ses environs, par les troupes Alliées, eut lieu en août 1944. Censée avoir été transformée par les Allemands en une forteresse portuaire, partie du mur de l'Atlantique, la vieille cité malouine, fut entièrement dévastée par les bombardements américains et les incendies qui suivirent[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Une des tourelles de tir allemandes entourant Aleth. Les impacts des obus témoignent de l'intensité du tir d'artillerie allié.

La réussite de l'opération Cobra (25-30 juillet 1944), et la percée d'Avranches qui s'ensuivit, marqua la fin de longues semaines de piétinement des Alliés sur le front normand. Les troupes américaines s'engouffrèrent en quelques jours en Bretagne. Les troupes allemandes présentes dans la péninsule se replièrent alors dans les principaux ports, transformés pour la plupart en Festung, en forteresses, comme à Brest, Lorient et Saint-Nazaire. La Troisième Armée américaine commandée par le général Patton, avait pour mission de s'emparer des ports bretons, afin de faciliter l'acheminement sur le front européen de troupes et de matériel, en provenance directe des États-Unis. Le port de Cherbourg était alors seul port en eaux profondes entre les mains des Alliés et n'était que partiellement opérationnel après une large destruction par les Allemands.

Le général Patton ne considérait pas Saint-Malo comme un objectif prioritaire et était selon lui peu défendue. Il avait demandé à ses troupes de se concentrer sur Brest. Cependant, les troupes allemandes qui refluaient de Normandie vers la Bretagne, battant en retraite devant l'avance des Alliés avaient renforcé la forteresse malouine. On estime à environ 13 000 hommes les forces allemandes avec notamment les restes de la 77e division d'infanterie et des divers Kampfgruppen (groupes de combat) envoyés à Saint-Malo par d'autres divisions (comme ceux de la 2e division parachutiste, la 266e division d'infanterie ou encore la 343e division d'infanterie) pour y renforcer les troupes, ainsi que des soldats isolés de leurs divisions en Normandie (comme ceux de la 5e division parachutiste).

Cependant le général Troy Middleton, commandant du 8e Corps d'armée (VIII US Army Corps), pensait qu'il était risqué de laisser la forteresse de Saint-Malo et de continuer à travers la Bretagne. En effet, celui-ci estimait très probable l'envoi sur le continent de la 319e division d'infanterie allemande stationnée sur les îles Anglo-Normandes.

Les combats[modifier | modifier le code]

Les servants américains d'un canon antichar de 57 mm posent pour John Ford, en simulant un tir vers l'île du Grand Bé depuis la porte des Champs-Vauverts à Saint-Malo intra-muros.

Avancée américaine vers la Festung Saint-Malo[modifier | modifier le code]

Le 2 août 1944, le CCB (Combat Command B) de la 6th Armored Division (6e division blindée américaine) arrive dans le secteur de Saint-Malo. Il ignore cependant la ville, en passant très au sud suivant la départementale D 10, l'objectif de la division étant Brest. Le 3 août 1944 la Task Force A (composée pour l'essentiel du 15th Cavalry Group et du 705th Tank Destroyer Battalion) arrive à son tour sur zone, après un combat à l'est de la ville de Dol-de-Bretagne. La Task Force contourne cette ville et progresse sur le même itinéraire que le CCB de la 6th Armored Division le jour précédent, à Lanhélin. Elle part en direction de Miniac-Morvan où a lieu une escarmouche. Le lendemain, l'unité progresse en direction de Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine, considéré comme le verrou de la première ligne de défense de Saint-Malo. Entretemps dans la journée, la 83e division d'infanterie américaine arrive dans la région, sa mission étant de prendre la forteresse Saint-Malo/Dinard. C'est avec le concours d'un des régiments (le 329e régiment d'infanterie) que Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine tombe. Le colonel von Aulock, commandant des troupes allemandes de Saint-Malo, ordonne l'évacuation de la population. Le lendemain, quelques escarmouches de la Résistance ont lieu.

Les combats pour Saint-Malo[modifier | modifier le code]

Libération de Paramé[modifier | modifier le code]

Les troupes américaines approchent de Paramé (alors commune limitrophe à l'est de Saint-Malo à laquelle elle est aujourd'hui rattachée)[2] où la défense allemande s'appuie sur trois points fortifiés : le fort de la Varde sur la pointe homonyme, Saint-Ideuc et la montagne Saint-Joseph, les trois étant reliés par une ligne anti-chars allant de la plage jusqu'à la voie ferrée[2], quelques champs de mines et un réseau de fils barbelés. La montagne Saint-Joseph abrite une garnison allemande de 500 hommes sous le commandement de lHautpmann Holtzhans[2]. Ils peuvent bénéficier de l'appui feu des canons longue portée de l'île de Cézembre. Le 6 aout, une première offensive alliée échoue, le lendemain le 330e régiment d'infanterie ne réussit pas plus[2]. Paramé subit alors un bombardement des deux belligérants. Le 8 aout au matin, un violent tir d'artillerie allié sur les positions allemandes permet l'infiltration de petits groupes de soldats américains dans la ville[2]. Ils atteignent la mairie mais doivent progresser rue par rue[2], controlant maison par maison, l'absence de soldats allemands. Des chars Sherman interviennent, non sans difficultés, pour passer et nettoyer les défenses anti-chars de la Maison Blanche[2]. Le 9 aout, la garnison de la montagne Saint-Joseph à court de munitions se rend et l'ensemble de Paramé est libéré, excepté les points fortifiés de Saint-Ideuc et de la pointe de la Varde. 4 jours plus tard, à court de munitions, Saint-Ideuc se rend. Le lendemain c'est au tour du fort de la Varde, isolé depuis plusieurs jours et lui aussi à court de munitions et qui ne peut résister à l'attaque américaine du 330e soutenue par de l'artillerie et des tanks destroyers[2].

Progression sur la rive gauche de la Rance[modifier | modifier le code]

Destruction de Saint-Malo intra-muros et de la cité d'Aleth[modifier | modifier le code]

Le dimanche 6, les premiers obus américains tombent sur la vieille ville. Si les abords de Saint-Malo, la pointe de la Varde, les villes de Paramé ou de Saint-Servan (aujourd'hui rattachées à Saint-Malo) ont été assez rapidement prises par les troupes américaines, sans trop de dégâts ni pertes humaines, les Allemands repliés dans la vieille ville, la forteresse d'Aleth et sur l'île de Cézembre vont opposer une farouche résistance. Dans la nuit du 9 au 10 août 1944, alors que la vieille cité corsaire se consume, 18 Malouins sont tués au Fort National par les obus américains[3]. Une plaque commémorative dans le fort honore leur mémoire[4]. Le dimanche 14 août, la ville, le château, le Grand Bé et Cézembre subissent un bombardement aérien par 150 bombardiers lourds Liberator. Le lieutenant Franz Küster demandera la reddition le lendemain lundi 14 août, après un siège destructeur de près de dix jours. La cité d'Aleth, à Saint-Servan de l'autre côté du port, abritant un réseau de bunkers et où se trouve le commandement allemand ne se rendra que le jeudi 17 août.

La reddition de Cézembre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bombardement de Cézembre.

Une petite garnison allemande occupait l’île de Cézembre depuis 1942. Le commandant de ces troupes était l’Oberleutnant der Reserv Richard Seuss. Les troupes présentes sur l'île étaient issues du Marine Artillerie Abteilung 608 (608e bataillon d’artillerie de la marine), d’éléments du Nachrichten-Abteilung 177 (unité de transmission) de la 77e division d'infanterie ainsi que d’Italiens formant une unité appelée 2e batterie de Cézembre. Le 9 août 1944, le premier obus américain tombe sur l'île et par la suite ils ne cesseront plus jusqu’au 2 septembre 1944, malgré la reddition du Colonel Andreas von Aulock. Après le 17 août 1944, la garnison passe sous l’autorité de l’amiral Friedrich Hüffmeier, commandant des forces d'occupation allemandes des îles Anglo-Normandes, qui tentera plusieurs fois de faire évacuer les blessés de l’île et d’apporter des vivres et munitions pour la garnison, avec plus ou moins de succès. Les bombardements intensifs par l’artillerie et l’aviation alliées ravagent l’île (notamment à cause du napalm[5] et au phosphore), entre les bombardements, l’Oberleutnant Seuss vérifie les dégâts et les possibilités défensives de l’île en cas d’assaut amphibie sur l’île. Le second bataillon du 330e régiment d'infanterie américain s’entraîne d’ailleurs sur la Rance à débarquer, avec l’aide de LCVP (barges) et de LVT (blindé amphibie). Finalement, le 2 septembre 1944, à 9h40, l’Oberlteunant Seuss envoie un message au commandement des îles Anglo-Normandes pour indiquer qu’il va déposer les armes. En effet, les abris et les armes lourdes étant détruits les capacités défensives de l’île sont inexistantes face à un débarquement, il ne dispose non plus de réserves d'eau potable et ses hommes sont à bout, la plupart blessés. Ce sont 376 hommes qui se rendent, mettant un terme aux combats dans la région de Saint-Malo.

Conséquences de la bataille de Saint-Malo[modifier | modifier le code]

À la fin des combats, la majeure partie de Saint-Malo intra muros, la partie historique de la ville, est presque totalement détruite. Le port est inutilisable par les Alliés. La reconstruction de Saint-Malo commencera dès le lendemain de sa libération par le déblaiement des décombres de la ville intra muros. La reconstruction s'achèvera en 1972, avec la fin de la reconstruction du clocher de la cathédrale Saint-Vincent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. S. et J. Beaulieu, Saint Malo et l'histoire, p. 98 à 104.
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Yoann Marliere, « Libération de Saint-Malo 5-17 août 1944 », Batailles, no 70,‎ , p. 72 à 80
  3. Joseph Baladre: Un épisode du siège de Saint-Malo, Les otages au Fort National 7-13 août 1944, 1946.
  4. Les heures noires de la seconde guerre mondiale sur fortnational.com
  5. Contrairement à ce qui est parfois affirmé, le bombardement de Cézembre n'est pas la première utilisation de bombes au napalm sur le front européen. Elles furent utilisées un peu auparavant mais à beaucoup moins grande échelle dans le Pacificque et lors de la bataille de Normandie.