Mâcot-la-Plagne
| Mâcot-la-Plagne | |
Vue de Mâcot depuis Aime en automne. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Rhône-Alpes |
| Département | Savoie |
| Arrondissement | Albertville |
| Intercommunalité | Communauté de communes du canton d'Aime |
| Maire délégué | Jean-Luc Boch |
| Code postal | 73210 |
| Code commune | 73150 |
| Démographie | |
| Population | 1 801 hab. (2013) |
| Densité | 48 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 45° 33′ 16″ nord, 6° 40′ 22″ est |
| Altitude | Min. 653 m Max. 2 708 m |
| Superficie | 37,86 km2 |
| Élections | |
| Départementales | Bourg-Saint-Maurice |
| Historique | |
| Intégrée à | La Plagne Tarentaise |
| Localisation | |
| modifier |
|
Mâcot-la-Plagne est une ancienne commune française située dans le département de la Savoie en région Rhône-Alpes.
Elle fusionne le 1er janvier 2016 avec les communes de Bellentre, de La Côte-d'Aime et de Valezan pour former la commune nouvelle de La Plagne Tarentaise.
Géographie
[modifier | modifier le code]Situation
[modifier | modifier le code]La commune de Mâcot-la-Plagne se situe au cœur de la Tarentaise sur le versant de l'Ubac et s'étage de 600 à 2 700 mètres d'altitude.
La commune comptait 1 825 habitants en 2014. En hiver, ses stations de ski des trois communes en partenariat ont accueilli 575 000 visiteurs en 2024[1].
Les hameaux et lieux-dits suivants composent son territoire : Sangot, Bonnegarde, Prariond, les Villards, Planchamp, Sauf la Foi.
Sur les 10 stations que compte La Plagne, six font partie de Mâcot-la-Plagne : Plagne 1800 - Plagne Centre - Plagne Villages - Bellecôte - Belle Plagne - Plagne Soleil. Avant la création de la station de La Plagne, les Mâcotais vivent de l'exploitation des mines, des arbres fruitiers, de l'agriculture et de l'exploitation forestière.
Climat
[modifier | modifier le code]Le climat est de type montagnard.
Toponymie
[modifier | modifier le code]Plagne vient du latin planea, variante de plaine, avec cette nuance que Plagne est une petite plaine en pays de montagne. Mâcot s'écrit à l'origine Mascot. Nous pouvons supposer que l'ecclésia de Mascot était à l'origine, vers l'an 1000, propriétaire « dominant » sur la commune.
Le nom de la commune se dit, en arpitan savoyard, Makôte (graphie de Conflans) ou Macôt (ORB)[2].
Histoire
[modifier | modifier le code]Chronologie
[modifier | modifier le code]- 218 av. J.-C. : passage probable d'Hannibal le long de l'Isère
- 18 av. J.-C. : soumission à Rome.
- 17 : fixation de la frontière.
- vers 430 : fondation de l'évêché de Tarentaise.
- 843 : le traité de Verdun partage l'Empire de Charlemagne. La Savoie est incluse dans la Lotharingie.
- 980 : saint Bernard restaure les hospices du Grand et Petit-Saint-Bernard.
- 996 : l'évêque de Moûtiers reçoit le pouvoir comtal.
- 1232 : achat par le comte de Savoie de la ville de Chambéry qui devient la capitale de l'État Savoyard jusqu'au XVIe siècle.
- 1416 : à Chambéry, l'Empereur Sigismond érige la Savoie en duché.
- 1430 : promulgation des Statuts de Savoie.
- 1536 : le roi de France François Ier occupe la Savoie.
- 1539 : l'Édit royal de Villers-Cotterêts qui prescrit l'emploi du français dans les actes administratifs et judiciaires est appliqué en Savoie
- 1559 : création du Sénat de Savoie à Chambéry.
- 1600 : Henri IV entre en Savoie
- 1691 : les troupes de Louis XIV occupent la Savoie.
- 1713 : au traité d'Utrecht, le duc de Savoie Victor-Amédée II est promu roi de Sicile.
- 1718 : au traité de Londres, le roi devient roi de Sardaigne.
- 1742 : à 1749 : Occupation de la Savoie par les Espagnols.
- 1786 : première ascension du Mont-Blanc par le docteur Paccard et Jacques Balmat.
- 1792 : les troupes françaises de Montesquiou-Fézensac entrent en Savoie. La Savoie forme le département du Mont-Blanc
- 1814 : restauration sarde. La Savoie retrouve ses anciens maîtres.
- 1815 : le deuxième traité de Paris réunifie la Savoie attribuée au roi de Sardaigne.
- 1858 : entrevue de Plombières entre Napoléon III et Cavour. (21 juillet). L'annexion de la Savoie à la France est décidée.
- 1860, 24 mars : traité de Turin cédant la Savoie à la France (21 -22 avril). Plébiciste d'annexion.
Faits historiques
[modifier | modifier le code]Mâcot-la-Plagne est située dans la Vallée de la Haute Tarentaise.
Des découvertes archéologiques laissent penser que la vallée de la Basse Tarentaise aurait été habitée 4 000 ans av. J.-C.
Deux pierres à cupules (trous creusés dans la pierre) datent du Néolithique, une se trouve dans le Grand Bois près du sentier et l'autre sous Pantier, vers les Villards de Sangot. Vers 500 av. J.-C., la peuplade celte des Allobroges s'installe dans les Alpes du Nord ; ce sont des descendants des Ligures, essentiellement des paysans en zone montagneuse, à proximité des côtes méditerranéennes ou dans les Alpes ; ils étaient surtout connus, depuis le VIe siècle, comme pirates et, quel que soit leur habitat, jouissaient d'une réputation de mercenaires.
Les Allobroges étaient composés des Ceutrons (Tarentaise, Mont Blanc), des Médulles (Vallée de la Maurienne), des Salasses (Val d'Aoste) et des Nantuates (rives du Lac Léman). Le nom celte, keltoi, apparaît chez les auteurs grecs du Ve siècle puis devient Galli en latin et enfin Gaulois. La langue celte est d'origine indo-européenne et se rapproche de la langue de Ur, proche de l'ancêtre du latin.
En 218 av. J.-C., Sainte-Foy Tarentaise aurait vue passer les éléphants d'Hannibal et les Carthaginois qui allaient en traversant les Alpes, attaquer les Romains chez eux.
Les Ceutrons occupaient la Tarentaise (versant occidental du Petit-Saint-Bernard) sur voie Alpis Graia, la route d'Italie à Lyon, et alliés de Salasses. Ils contrôlaient les passages des Alpes du Nord. César lorsqu’il conduisait ses légions pour contrer les Helvètes mentionne qu'entre autres, les Ceutrons occupèrent les hauteurs et se sont opposés à son passage ; après plusieurs combats, il parvint à négocier son passage.
Les Ceutrons et les Salasses ne furent soumis à Rome que sous Auguste, par Tarentius Varo, au prix d'un carnage (18 av. J.-C.).
D'après Pline l'Ancien, les Ceutrons produisaient un fromage réputé, le Vatusicus. La période gallo-romaine a laissé en Tarentaise des vestiges liés à la capitale des Alpes Graies, Axima (Aime), siège d'un procurateur sur la voie romaine Milan-Vienne. En l'an 74, la Pierre de la Forclaz (Haute vallée de l'Arve) fixe la frontière entre la Province viennoise et les Ceutrons. En 430, l’évêché de Tarentaise est fondé, et, vers 443, les Burgondes venus de Germanie s'installent dans la vallée du Rhône et dans les Alpes.
L'arrêté préfectoral du officialise, avec effet au , la création de la commune dite « La Plagne Tarentaise », en lieu et place des communes de Bellentre, La Côte d'Aime, Mâcot et Valezan[3].
Politique et administration
[modifier | modifier le code]Tendances politiques et résultats
[modifier | modifier le code]Liste des maires, puis maires délégués
[modifier | modifier le code]Démographie
[modifier | modifier le code]L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[5],[Note 1].
En 2013, la commune comptait 1 801 habitants, en évolution de +0,78 % par rapport à 2008 (Savoie : +3,87 %, France hors Mayotte : +2,49 %).
Économie
[modifier | modifier le code]Exploitation minière
[modifier | modifier le code]Avant de devenir une station de sports d'hiver, La Plagne a désigné une mine de plomb argentifère de la commune de Macot. Sa fermeture est intervenue en 1973, dix ans après le lancement de la station. L'exploitation minière était située entre les ruisseaux de la Lovatière, à l'ouest et de l'Arc, à l'est : ils délimitent un interfluve arrondi qui s'élève de leur confluence au hameau de La Roche, à 1 550 mètres, jusqu'à la crête des Colosses à 2 141 mètres. De part et d'autre, se dressent aujourd'hui les immeubles de Plagne-1800 à l'ouest et de Plagne-Bellecôte à l'est[8].
L'exploitation dans les temps gallo-romains n'a jamais été confirmée. Les données deviennent fiables à partir du début du XIXe siècle. La vallée de la Tarentaise avait alors été choisie pour accueillir à Moûtiers la première École des mines de France, avec terrain d'application dans les mines de Peisey-Nancroix[9]. Encouragé par l'analogie des conditions géologiques, son directeur, le Saxon Schreiber, avait mis au travail en 1810 une équipe de mineurs sur une lentille en affleurement. Au début du XXe siècle, l'exploitation en continu commença, et en 1934, la Société Minière et Métallurgique Penarroya met en œuvre de puissants moyens. En prenant comme critère le tout-venant, le niveau des 50 000 tonnes se maintient jusqu'en 1958 et augmente jusqu'aux 150 000 tonnes dans les années 1960[10].
Le fonctionnement a posé trois sortes de problèmes, à commencer par la concentration d'un minerai dont la teneur en métal peut varier de 3,5 à 6 % afin de porter celle-ci à environ 70 %. À titre d'exemple, en 1971, le traitement des 156 000 tonnes de tout-venant d'une teneur de 3,7 % ont donné 7 000 tonnes de concentré pour une production finale de 5 175 tonnes de plomb et 12 000 kg d'argent. Ce traitement doit, évidemment, être réalisé sur place. La sortie de la mine se situant au début du XIXe siècle vers 1 850 mètres, le transport du tout-venant jusqu'à la laverie de la Roche était effectué par des convois de mulets. Il sera transporté ensuite par un canal long de 1 700 mètres et d'une hauteur de 327 mètres. Penarroya créera un transport aérien[11].
Le concentré devait ensuite être transporté jusqu'à la fonderie. De 1810 à 1861, cette galène argentifère fut traitée dans la plaine sous Conflans (Albertville depuis 1840) ; les installations qui furent réutilisées sont celles qui traitaient le sel en provenance de Salins, après épuisement des ressources en bois de chauffage près des sources. Pour entretenir la mémoire de ce passé industriel, on y accède aujourd'hui par la rue de la Fonderie. Un siècle plus tard, Penarroya devait approvisionner sa fonderie de Noyelles-Godault (dans le département du Nord près de Douai), la seule de sa spécialité en France et la seule à atteindre le seuil de rentabilité. Jusqu'à l'ouverture de la route de desserte de la station de ski en 1963, étaient mis à contribution trois modes de transport : câble aérien de la laverie de la Roche jusqu'au hameau de Bonnegarde, à 740 mètres ; camion jusqu'à Lyon ; péniche chargée de 230 à 260 tonnes jusqu'à Noyelles-Godault. À partir de 1963, les camions étaient chargés à La Roche, desservie par la route jusqu'à la gare SNCF à 16 km[12].
En 1860, dans une exploitation archaique, 180 ouvriers travaillaient à la mine et 126 à la laverie, dont 72 femmes... Depuis 1960, l'effectif a fluctué entre 130 en 1964 et 191 en 1971. Le travail de la mine était effectué, pour l'essentiel, par un contingent de Maghrébins, célibataires, (pour la plupart des Algériens venant d'une même commune dans la région de Sétif), avec un important turnover. Penarroya était responsable de leur logement, dans des bâtiments jugés confortable avec chauffage central. Le personnel français était suffisamment nombreux pour justifier la présence d'un minimum de services publics, dont une école[13].
Les raisons de la fermeture en 1973 viennent de la stratégie d'ensemble de Penarroya. La Plagne n'était qu'une de ses quatre exploitations minières en France. En prenant une fois encore comme critère le tout-venant, les 156 000 tonnes produites en 1971 étaient à comparer aux 636 000 tonnes de Largentière, en Ardèche ou encore aux 292 000 tonnes de Malines dans le Gard, riche par ailleurs en blende (minerai de zinc). Penarroya va lier ses intérêts, au début des années 1970, avec la Société Le Nickel. Compte tenu de l'estimation des réserves, la fermeture aurait pu être reportée à 1977-1978, sauf à poursuivre des travaux de prospection aux résultats toujours aléatoires, et à consentir à de lourds investissements sur les équipements vétustes. La page minière de l'histoire de La Plagne a donc été définitivement tournée[14].
Tourisme
[modifier | modifier le code]Stations-villages de La Plagne
[modifier | modifier le code]En 2014, la capacité d'accueil de la commune et de ses différentes stations-villages, estimée par l'organisme Savoie Mont Blanc, est de 36 739 lits touristiques répartis dans 4 421 structures[Note 2]. Les hébergements se répartissent comme suit : 1 344 meublés ; 30 résidences de tourisme ; 10 hôtels ; 3 centres ou villages de vacances/auberges de jeunesse et une chambre d'hôtes[15].
Culture locale et patrimoine
[modifier | modifier le code]Lieux et monuments
[modifier | modifier le code]- Église Saint-Nicolas, dans un style baroque[16].
-
Village de Belle-Plagne -
Plagne Bellecôte -
Plagne-Centre -
Plagne en 2006
Espaces verts et fleurissement
[modifier | modifier le code]En 2014, la commune obtient le niveau « une fleur » au concours des villes et villages fleuris[17].
Personnalités liées à la commune
[modifier | modifier le code]- Julien Lizeroux, vice-champion du monde de slalom spécial et combiné, au Championnat du Monde de ski de Val d'Isere 2009
- Kevin Rolland, rider spécialité half pipe, double vainqueur des XGAMES US et Europe 2010
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Marius Hudry, Histoire des communes savoyardes : Albertville et son arrondissement (vol. 4), Roanne, Éditions Horvath, , 444 p. (ISBN 978-2-7171-0263-5), p. 127-131. ([PDF] lire en ligne)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
- ↑ La structure Savoie Mont Blanc, pour ces données statistiques de capacité d'accueil en termes de lits touristiques d'une station ou d'une commune, additionne les établissements marchands, qui appartiennent au secteur de l'hôtellerie, et les hébergements non marchands, qui n'impliquent donc pas de transaction commerciale comme les résidences secondaires[15].
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ La Plagne, paradiski, salle de presse, « Les chiffres clés », (consulté le )
- ↑ Lexique des noms des communes savoyardes en arpitan : Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 19Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
- ↑ La Rédaction, « Une commune nouvelle s'appellera La Plagne Tarentaise », Le Dauphiné libéré, (lire en ligne).
- ↑ L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
- ↑ Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
- ↑ Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- ↑ Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 201120122013 .
- ↑ Chabert Louis, « La mine de plomb argentifère de la Plagne », Revue de géographie alpine, , p. 113-114
- ↑ Bergerie Jean-Paul, Histoire de Môûtiers, La Fontaine de Siloé, , 504 p., p. 367-376
- ↑ Chabert Louis, « La mine de plomb argentifère de la Plagne », Revue de géographie alpine, , p. 115-118
- ↑ Chabert Louis, « La mine de plomb argentifère de la Plagne », Revue de géographie alpine, , p. 118-119
- ↑ Chabert louis, « La mine de plomb argentifère de la Plagne », Revue de géographie alpine, , p. 119-120
- ↑ Chabert Louis, « La mine de plomb argentifère de la Plagne », Revue de géographie alpine, , p. 120-121
- ↑ Chabert Louis, « La mine de plomb argentifère de la Plagne », Revue de géographie alpine, , p. 121-123
- « La capacité d'accueil touristique en Savoie-Mont-Blanc », Observatoire, sur le site Savoie-Mont-Blanc - pro.savoie-mont-blanc.com, (consulté en ) : « Les données détaillées par commune, et par station : nombre de structures, nombre de lits par type d'hébergements (fichier : Détail des capacités 2014, .xlsx) ».
- ↑ Marius Hudry, Sur les chemins du Baroque en Tarentaise, Volume 2, Chambéry/Montmélian, La Fontaine de Siloé - FACIM, , 335 p. (ISBN 978-2-84206-422-8, lire en ligne), p. 157-164.
- ↑ « Les villes et villages fleuris », sur le site officiel du « Concours des villes et villages fleuris » (consulté le ).

