Jacques Balmat

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Jacques Balmat
Jacques Balmat 2.jpg

Jacques Balmat

Naissance
Décès
Activités

Jacques Balmat, dit Balmat du Mont-Blanc[1] ou Mont Blanc, né en 1762 dans la vallée de Chamonix dans le village des Pélerins et mort en septembre 1834 dans la vallée de Sixt, était un chasseur de chamois, cristallier et guide qui réussit la première ascension du mont Blanc (4 810 mètres) en compagnie du Docteur Paccard, le à 18 h 23.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Jacques Balmat est né en 1762[2], peut-être le 19 janvier[3], dans le village au pied du glacier des Pélerins[3]. La vallée de Chamonix appartient à cette époque au duché de Savoie, qui est une composante du royaume de Sardaigne.

Un passeport du 18 nivôse de l'an VII (7 janvier 1799) indique qu'il mesurait 1 mètre 70[3].

Premières tentatives[modifier | modifier le code]

Jacques Balmat acquiert une grande robustesse et une parfaite connaissance de la montagne en pratiquant la chasse aux chamois et la recherche de cristaux, avant de devenir l'un des compétiteurs lancés à la conquête du mont Blanc. Cette compétition était de plus motivée par une promesse de forte récompense, faite dès 1760 par Horace-Bénédict de Saussure, au premier qui atteindrait le sommet. Balmat entreprend une infructueuse tentative solitaire début juillet 1786 et apprend à son retour que cinq guides sont partis en direction du sommet. Il repart presque aussitôt et les rattrape à hauteur des Grands Mulets. Au col du Dôme, alors que ses compagnons renoncent, il poursuit seul et après un bivouac improvisé, il redescend à son tour, persuadé que la cime du mont Blanc ainsi que la récompense sont désormais à portée. Il cherche immédiatement un compagnon d'ascension qui puisse ensuite témoigner en cas de réussite.

Première ascension du mont Blanc[modifier | modifier le code]

Pour sa troisième tentative, Balmat sollicite le docteur Paccard, médecin à Chamonix et bon alpiniste qui avait pris part lui aussi à plusieurs tentatives. Les deux hommes partent discrètement le 7 août et bivouaquent avant de se lancer à l'assaut du sommet le 8 août à l'aube, sans cordes, sans piolets ni crampons, par un itinéraire dangereux qui sera abandonné en 1820. Paccard est rendu aveugle par la réverbération de la neige et fait toute la descente les yeux rouges et fermés. En arrivant dans la vallée, les deux hommes apprennent que Judith, la dernière fille de Jacques Balmat nouvellement née et soignée par le Docteur Paccard, est décédée. Balmat se rend ensuite à Genève pour rendre compte à M. de Saussure de son succès.

Jacques Balmat dit le Mont Blanc[modifier | modifier le code]

À la suite de cette réussite, le roi de Sardaigne, souverain du Piémont et de la Savoie, autorise Balmat à s'appeler Balmat du Mont Blanc[4]. Balmat répète l'ascension du mont Blanc le en compagnie de deux autres guides et le 3 août de la même année il conduit Horace-Bénédict de Saussure au sommet ; la cordée comporte alors 17 autres guides ainsi qu'un domestique. Horace-Bénédict de Saussure procède alors au premier calcul de l'altitude du mont Blanc : il trouve comme altitude 2 450 toises, soit 4 775 mètres, au lieu de 4 810 ; l'erreur est infime pour l'époque. En juillet 1811, lors de la dixième ascension, il est accompagné de Marie Paradis qui devient la première femme à atteindre le sommet enneigé. Balmat gravit une dernière fois le mont Blanc le .

Chute dans une crevasse[modifier | modifier le code]

Le guide disparaît en 1834 à l'âge de 72 ans en tombant dans une crevasse dans le Grand Mont Ruan (massif du Giffre) alors qu'il cherche un filon d'or[5]. Son corps n'a pas été retrouvé.

Hommage[modifier | modifier le code]

Chamonix, statue du guide Jacques Balmat indiquant le sommet mont Blanc à Horace-Bénédict de Saussure.
Détails du médaillon représentant Jacques Balmat, sculpture d'Émile Sanson (1878).

La commune de Chamonix possède deux monuments dédiés à Jacques Balmat. Le premier est un bloc de granite du Mont-Blanc comportant un médaillon réalisé par le sculpteur Émile Sanson[3],[2], rappelant les traits de Balmat. Il s'agit d'une commande de la Société géologique de France et du Club alpin français, inauguré le [3],[2], mentionnés dans une inscription sur le bloc. Installé devant l'église, il a depuis été déplacé[2]. Le second, élevé à l'occasion du centenaire de l’ascension du Mont Blanc et inauguré le , est un groupe en bronze représentant Horace de Saussure et son guide qui lui montre le chemin à suivre pour atteindre la cime[3],[6]. L'œuvre a été réalisée par le sculpteur Sanson[3],[6] et installée sur une place qui porte le nom du guide.

Une rue de Genève, parallèle à la rue Horace-Bénédict de Saussure, porte son nom.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Canac, Jacques Balmat dit Mont-Blanc, nouvelle édition, 1986
  • Jean-Pierre Spilmont, Jacques Balmat dit Mont-Blanc, Albin Michel, prix du Livre d’Histoire de la SGDL, 1987, réédition en 2003 aux éditions Guérin
  • Gérard Bordes, Grande Encyclopédie de la Montagne, t. 2, Paris, Atlas,‎ , 2400 p.
  • A. Den Doolard, Le Vainqueur du mont Blanc", Édition Albin Michel, 1950
  • Lenotre Georges, Héros d'aventures, Marabout, 1957, chapitre XIII : « Le vainqueur du Mont-Blanc », pages 119 à 127

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marc Boyer, Histoire générale du tourisme du XVIe au XXIe siècle, Éditions L'Harmattan,‎ (ISBN 978-2-74758-432-6), p. 174.
  2. a, b, c et d Michel Germain, Personnages illustres des Savoie, Autre Vue,‎ , 619 p. (ISBN 978-2-9156-8815-3), p. 47.
  3. a, b, c, d, e, f et g Chanoine Joseph Garin, Le Beaufortain : une belle valleé de Savoie : guide historique et touristique illustre, La Fontaine de Siloé (réimpr. 1996) (1re éd. 1939), 287 p. (ISBN 2-84206-020-2, lire en ligne), p. 103-132, « Chapitre VII - Jacques Balmat ».
  4. Charles Durier, Histoire du Mont-Blanc: conférences faites à Paris les 23 et 30 mai 1873, Sandoz et Fischbacher, 1873, 96 pages, p. 42.
  5. Jean-Philippe Buord, Les Mystères de la Haute-Savoie, Éditions de Borée,‎ , 349 p. (ISBN 978-2-8449-4300-2), p. 195.
  6. a et b Annick Bogey, « Le patrimoine architectural de Savoie au XIXe siècle », Patrimoine et littérature, sur le site des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - Sabaudia.org (consulté le 22 avril 2015), p. 3, « II- urbanisme et patrimoine civil en pays de Savoie. B. Les statues commémorant des événements ».