Logotype de la République française

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Le logo de la République française.

Le logo de la République française est un logotype adopté officiellement le 24 septembre 1999 sous le gouvernement Jospin pour représenter la République française. Il regroupe trois symboles républicains : Marianne, le drapeau bleu, blanc, rouge et la devise Liberté, Égalité, Fraternité. Contrairement à la devise, à l'hymne et au drapeau, il ne figure pas dans la constitution de la Cinquième République.

Histoire[modifier | modifier le code]

François Mitterrand, lorsqu'il était président de la République, s'était déjà vu proposer l'idée d'un tel logo par Jacques Séguéla ; il l'avait toutefois refusée, la jugeant trop publicitaire[1],[2].

Elle est réapparue plus tard à l'initiative du gouvernement de Lionel Jospin, sous la cohabitation avec le président Jacques Chirac. La création du logo était alors pilotée par le Service d'information du gouvernement (SIG) : en effet, son directeur Bernard Candiard avait rédigé en 1997, alors qu'il était à la Cour des comptes, un rapport sur les publications administratives, qui avait mis en évidence l'existence d'un « kaléidoscope de symboles différents »[2]. Au SIG, le projet était dirigé par Nicole Civatte[3].

Après un appel d'offres lancé en 1998, la création du logo a été confiée à l'agence Audour Soum (qui a ensuite fusionné avec l'agence Hémisphère droit, filiale du groupe de Séguéla)[4], avec Evelyn Soum comme responsable de projet[5]. Dessiné par Isabelle Bauret, il a été testé par la Sofres auprès du public et d'agents de l'État avant d'être diffusé[6].

La charte graphique élaborée pour le logo a été introduite par la circulaire no 4.694/SG signée par le Premier ministre, Lionel Jospin, le 24 septembre 1999[7]. De plus, ce logo constitue une marque graphique que le SIG a enregistrée auprès de l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) sous le numéro 7596745 et sous le nom « Liberté-Égalité-Fraternité République française »[8] ; il s'agit d'une marque communautaire[9].

Description[modifier | modifier le code]

Le logo rappelle le drapeau du pays sous la forme d'un rectangle allongé reprenant les trois couleurs bleu, blanc, rouge, dont la partie centrale blanche dessine le profil de Marianne contournée, c'est-à-dire regardant vers la droite.

Sous le rectangle figure un socle typographique contenant :

les deux lignes étant séparées par un filet.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Le logo est utilisé par les institutions du gouvernement (ministères, secrétariats d'État, etc.) et par les préfectures et les services déconcentrés de l'État dans les départements et les régions.

Critique[modifier | modifier le code]

Pour Bernard Candiard, qui dirigeait le SIG au moment de la création du logo, il s'agit d'un symbole national qui dote le pays « d'une bannière modeste qui permet de nous rassembler »[2].

Même si le logo rassemble trois symboles de la France puisant leurs origines dans la Révolution française (drapeau, Marianne, devise)[10], c'est toutefois dans le cadre de la cohabitation qu'il a été adopté, et il se veut donc consensuel, relevant davantage de la communication que de l'emblème empreint de passion[11]. Mais pour le journaliste Philippe-Jean Catinchi, le logo est si consensuel qu'il s'est imposé « dans une indifférence sereine »[12].

Selon l'historien Maurice Agulhon, il s'agit « plutôt d'une esthétique de timbre-poste que de logo »[13]. Il existe en effet une similitude avec les timbres représentant Marianne[14].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Catherine Pégard, « Les carnets de Catherine Pégard », Le Point,‎ , p. 7 (lire en ligne).
  2. a, b et c Florence Amalou, « Marianne fondue dans le tricolore, la marque France de Lionel Jospin », Le Monde, no 16836,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  3. Jean-Marc Benoit et Jessica Scale, Bleu, blanc, pub : Trente ans de communication gouvernementale en France, Paris, Le Cherche midi,‎ , 221 p. (ISBN 978-2-7491-1117-9), « L'État se dote d'un logo : Marianne, 2000. Service d'information du gouvernement. Agence Hémisphère droit. », p. 152–155.
  4. Marie-Pierre Guiard, « L'État n'en fait qu'à sa tête », Étapes, no 51,‎ , p. 36–39 (lire en ligne).
  5. Frédéric Lambert, « Les avatars de la liberté : Ouvertures sémiologiques », dans Andrea Semprini (dir.), Analyser la communication, vol. 2 : Regards sociosémiotiques, L'Harmattan, coll. « Champs visuels »,‎ , 368 p. (ISBN 978-2-296-02289-8), p. 72–73.
  6. « Hémisphère droit signe l'identité des pouvoirs publics », Stratégies,‎ (lire en ligne).
  7. Charte graphique de la communication gouvernementale - Circulaire du Premier ministre, sur le site de la Fédération française de danse.
  8. « Consultations : Demande d'utilisation et de reproduction du logotype de la République française par un particulier, lettre DAJ A1 no 2010-078 du 25 mars 2010 », Lettre d'information juridique, Direction des affaires juridiques des ministères de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, no 146,‎ , p. 28 (lire en ligne).
  9. « Informations de dossier de MC : Liberté · Égalité · Fraternité RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 007596745 », sur eSearch Plus, Office de l'harmonisation dans le marché intérieur (OHMI).
  10. (en) Murray Pratt et Alistair Rolls, « Variations on the Hexagon: Getting the Measure of Culture Change in Contemporary France », dans Jo McCormack (dir.), Murray Pratt (dir.) et Alistair Rolls (dir.), Hexagonal Variations : Diversity, Plurality and Reinvention in Contemporary France, Amsterdam et New York, Rodopi B.V., coll. « Faux titre »,‎ , 469 p. (ISBN 978-90-420-3245-3 et 978-90-420-3246-0), p. 21–22.
  11. Bernard Richard (préf. Alain Corbin), Les emblèmes de la République, Paris, CNRS Éditions,‎ , 426 p. (ISBN 978-2-271-07299-3).
  12. Philippe-Jean Catinchi, « Les Emblèmes de la République, de Bernard Richard : Marianne telle qu'elle se montre », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. Maurice Agulhon, Les Métamorphoses de Marianne : L'imagerie symbolique républicaine de 1914 à nos jours, Paris, Flammarion,‎ , 320 p. (ISBN 2-08-210011-1), p. 304.
  14. Benoît Heilbrunn, « Le logo est-il timbré ? : Petite comparaison sémiotique du logo et du timbre », Protée, vol. 30, no 2,‎ , p. 23-31 (27) (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]