Jules Renkin

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Jules Renkin
Fonctions
7e Premier ministre belge
(35e chef du gouvernement)

(1 an 4 mois et 16 jours)
Monarque Albert Ier
Gouvernement Renkin
Coalition Catholique - libéral
Prédécesseur Henri Jaspar
Successeur Charles de Broqueville
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Ixelles, (Belgique)
Date de décès (à 71 ans)
Lieu de décès Bruxelles, (Belgique)
Nationalité belge
Parti politique Catholique
Profession Avocat et politicien
Résidence 16, rue de la Loi

Jules Renkin
Premiers ministres belges
Buste de Jules Renkin au Palais de la Nation

Jules Renkin (né à Ixelles le et mort à Bruxelles le ) est un avocat et un homme politique belge. Il fut premier ministre de Belgique en 1931 et 1932 et plusieurs fois ministre dont ministre des Colonies de 1908 à 1918.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jules Laurent Jean-Louis Renkin est né à Bruxelles (Ixelles) le 3 décembre 1862 et mort le 15 juillet 1934[1].

Études[modifier | modifier le code]

Jules Renkin a étudié le droit à l'Université Catholique de Louvain. Il a obtenu son doctorat en droit en 1884[2]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Louis-Eugène Renkin et de Adèle De Graef[3]. Il fut marié à Emma Van Hamme[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

Juriste de formation et avocat, il fut nommé député de Bruxelles pour le parti catholique en 1896 jusqu’à sa mort[5]. Il fonda le groupe démocrate-chrétien, avec G. Helleputte, A. Verhaegen et H. Carton de Wiart[3]. Sous le gouvernement de Trooz, il obtient le poste de Ministre de la Justice de 1907 à 1908. Par la suite, on lui confie la fonction de Ministre des Colonies de 1908 à 1918. Il quitte sa fonction à la fin de la Première Guerre mondiale pour devenir Ministre des chemins de fer, des postes et télégraphes de 1918 à 1919 puis Ministre de l’intérieur de 1919 à 1920[6]. Suite à une critique de son gouvernement lors d’un discours en 1920, il fut contraint de démissionner[7]. Néanmoins, il arrive à obtenir le poste de Premier Ministre dans la coalition catholique-libérale de 1931 à 1932[8]. Son enterrement fut célébré à la Cathédrale Saints Michel et Gudule[9].

Ministre des Colonies (1908 à 1918)[modifier | modifier le code]

Il devint Ministre des Colonies et premier titulaire du portefeuille des colonies, poste qui fût créé suite à l’annexion par la Belgique de l’État indépendant du Congo dont le Roi des Belges Léopold II était jusqu’alors le souverain et propriétaire[10]. Il défendit d’ailleurs le traité de cession et la loi organique qu’on a appelé la Charte du Congo belge[3] devant le Parlement belge dans son discours de 1908 en tant que Ministre de la Justice[11], ce qui a sans doute joué dans l’octroi de sa fonction. Dans la conclusion de son discours, il dira notamment que « Nous n’aspirons pas à jouer le rôle d’une grande puissance. Mais nous sommes une nation industrielle. De larges débouchés sont indispensables à la prospérité de nos industriels dont dépend le pain de nos travailleurs. »[12]. Il sera à l’initiative de la réorganisation de l’administration de la colonie belge[13]. Il gardera ce poste pendant trois gouvernances différentes jusqu’en 1918[14]. La politique coloniale belge selon Renkin visait à l’exploitation des ressources de la colonie tout en exigeant le respect des droits et des intérêts des Indigènes[15] dont les manquements ont poussé la Belgique à annexer le Congo[16].Plusieurs décrets ont été adopté par Jules Renkin, en particulier en 1910. Ceux-ci ont constitué des changements importants pour la colonie belge. Notamment, le décret du 22 mars 1910 sur la récolte des produits domaniaux, ainsi que le décret du 2 mai 1910 qui abolit le paiement de l’impôt en argent pour les indigènes et privilégia l’acquittement de l’impôt en argent[3]. En outre, le décret du 2 mai 1910 prévit la réorganisation du régime de chefferies indigènes au profit d’une administration indirecte. Puis, le décret du 17 août 1910 consacra un dispositif de protection à destination des indigènes qui s’engageaient au service des maitres européens[17]. Ce poste prendra une importance particulière lorsque se déclenchera la Première Guerre mondiale et que la Belgique se retrouvera sous le contrôle allemand. Le gouvernement en exil, le roi Albert Ier sur le front, Jules Renkin se retrouve à devoir gérer l’immense colonie, isolé du reste des institutions belges et mis sous pression par les forces des colonies allemandes frontalières au Congo belge. C’est ainsi qu’il deviendra un des acteurs majeurs du conflit dans les colonies. Il profitera de cette importance pour s’immiscer dans la politique étrangère belge. Il cherchera à imposer ses idées ultranationalistes dont celle d’une « plus grande Belgique », c’est-à-dire une Belgique qui gagnerait les territoires allemands en sortie de guerre. Cette participation active dans la politique étrangère le fera entrer en conflit avec le Ministre des affaires étrangères Eugène Bayens[18].

Autres titres de ministres jusqu'à sa démission[modifier | modifier le code]

En sortie de guerre, le parti catholique belge perd sa majorité absolue qu’il avait presque eue à chaque législature depuis la fin de l’unionisme. Ainsi, on passe de gouvernements à parti unique à un régime de coalition gouvernemental dans lequel les partis libéraux et Catholiques s’allieront d’un commun accord (parfois avec le POB en plus)[19]. Si le parti catholique et Jules Renkin reste au pouvoir, ils doivent maintenant composer avec le parti libéral. On retrouve donc Renkin dans le ministère des Chemins de fer, Postes et Télégraphes (1918-1919). Ces matières sont en pleine expansion dans une Belgique qui cherche à se reconstruire et se développer. Il deviendra, l’année suivante, Ministre de L’Intérieur (1919-1920)[18]. C’est également en 1920 qu’il est nommé Ministre d’État, fonction honorifique de conseiller sur demande royale[20]. Cependant, la montée en prestige de Renkin s’arrêtera brutalement lorsqu’en juin 1920 il critique son gouvernement de coalition Delacroix II et se trouve contraint à démissionner de ses fonctions ministérielles.   

Premier Ministre (1931 à 1932)[modifier | modifier le code]

Il ne sortira de sa déchéance qu’en 1931 suite à la crise linguistique qui secoua le pays. Il est nommé Premier Ministre d’un gouvernement libéral-catholique qui règlera le conflit linguistique par la loi sur l’unilinguisme régional de 1932[21]. Il abandonnera son poste de Premier Ministre pour celui de Ministre de l’Économie pendant la crise économique qui toucha l’Europe à cette période (suite à la grande dépression de 1929 aux États-Unis).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il fut nommé Grand cordon de l’Ordre de Léopold le 26 novembre 1932, Grand cordon de l’Étoile Africaine et Grand cordon de l’Ordre de la Couronne. De plus, il a été décoré de la Médaille civique de 1re classe et de la Médaille commémorative du Centenaire. En outre, il a été distingué d’une série de titres étrangers[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F. DELLICOUR, "Renkin, dans Bibliographie coloniale belge, T. IV, Bruxelles, (lire en ligne), p. 747-753
  2. « Jules Renkin », sur Les archives de l'Etat en Belgique (consulté le 11 novembre 2015)
  3. a, b, c et d F. DELLICOUR, op. cit., p. 747-753
  4. Faire-part de décès de Jules Renkin, Bruxelles – Église paroissiale des SS. Michel et Gudule, le 15 juillet 1934.    
  5. A. VON BUSEKIST, La Belgique politique des langues et contribution de l’Etat de 1780 à nos jours, Bruxelles, De Boeck et Larcier, , p. 263
  6. G. VANTHEMSCHE, Le Congo belge pendant la Première Guerre mondiale. Les rapports du Ministre des Colonies Jules Renkin au roi Albert Ier. 1914-1918, Bruxelles, Commission Royal d'Histoire, , p. 20
  7. « Jules Renkin », sur Les archives de l’Etat en Belgique (consulté le 11 novembre 2016)
  8. P. DELWIT, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, Edition de l’Université Libre de Bruxelles, , p. 103
  9. a et b Faire-part de décès de Jules Renkin, Bruxelles – Église paroissiale des SS. Michel et Gudule, le 15 juillet 1934    
  10. G. VAN DER KERKEN, La politique coloniale belge, Anvers, Edition Zaïre, , p. 77
  11. J. RENKIN, La question du Congo. Discours de M. Renkin, BRUXELLES, J. Pirard,
  12. J. RENKIN, ibidem, p. 64
  13. « Renkin Jules », sur Les archives de l’Etat de Belgique (consulté le 11 novembre 2016)
  14. Liste des gouvernements de la Belgique
  15. G. VAN DER KERKEN, op. cit., p. 85
  16. G. VAN DER KERKEN, ibidem, p. 79 et 80
  17. F. DELLICOUR, ibidem, p. 747-753
  18. a et b G. VANTHEMSCHE, op. cit., p. 20
  19. P. DELWIT, op. cit., p. 103
  20. A. VON BUSEKIST, op. cit., p. 420
  21. A. VON BUSEKIST, ibidem, p. 263

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

DELWIT (P.), La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Édition de l’Université Libre de Bruxelles, Bruxelles, 2012.

RENKIN (J.), La question du Congo. Discours de M. Renkin, Éditeur J. Pirard, Bruxelles, 1908.

VAN DER KERKEN (G.), La politique coloniale belge, Édition Zaïre, Anvers, 1943.

VANTHEMSCHE (G.), Le Congo belge pendant la Première Guerre mondiale. Les rapports du Ministre des Colonies Jules Renkin au roi Albert Ier. 1914-1918, Commission Royale d’Histoire, Bruxelles, 2009.

VON BUSEKIST (A.), La Belgique politique des langues et contribution de l’État de 1780 à nos jours, De Boeck et Larcier, Bruxelles, 1998.

Sites internets[modifier | modifier le code]

DELLICOUR (F.), « Renkin », in Bibliographie coloniale belge, T. IV, Bruxelles, 1955, consulté sur le site de l’Académie Royale des Sciences d’Outre-Mer le 10/12/2016, URL : http://www.kaowarsom.be/fr/notices_renkin_jules_laurent_jean_louis. Les archives de l’État en Belgique, « Renkin Jules », site consulté le 11/11/2016.

Wikipédia, « Liste des gouvernements de la Belgique », site consulté le .

Autres[modifier | modifier le code]

Faire-part de décès de Jules Renkin, Bruxelles. Église paroissiale des SS. Michel et Gudule, le .