Gouvernement Delacroix II

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Gouvernement Delacroix II

Royaume de Belgique

Description de cette image, également commentée ci-après
Roi Albert Ier
Premier ministre Léon Delacroix
Élection 16 novembre 1919
Formation
Fin
Durée 11 mois et 18 jours
Composition initiale
Coalition
Représentation
Chambre
177 / 186
Sénat
120 / 120
Drapeau de la Belgique

Le gouvernement Delacroix II est un gouvernement catholique-libéral-socialiste qui gouverna la Belgique du jusqu'au .

Les élections législatives de 1919, les premières à avoir lieu après l'introduction du suffrage universel masculin, bouleversent la donne politique : les catholiques perdent leur majorité absolue, les socialistes deviennent la seconde force du pays et les libéraux sont relégués à la troisième place.

Le gouvernement, dirigé par le catholique Léon Delacroix, est paradoxalement peu soutenu par le Parti catholique : Delacroix est jugé comme trop indulgent vis-à-vis des socialistes, s'accordant notamment avec ces derniers à ne pas accorder le droit de vote aux femmes alors que son parti y est favorable. Les catholiques sont cependant divisés, poussant Delacroix à soutenir certaines revendications flamingantes afin d'avoir le soutien d'une partie de la droite : une loi instaurant l'usage du néerlandais dans les administrations communales et provinciales flamandes est ainsi votée à la Chambre le 6 août 1920 mais reste bloquée au Sénat.

En mars 1920, suite à l'envoi, contraire au traité de Versailles, de troupes allemandes dans la région démilitarisée de la Ruhr, la France envoie des soldats à Francfort. La Belgique, souhaitant faire respecter le traité, participe aux manœuvres françaises. Le gouvernement négocie dans la foulée un accord militaire avec la France, suscitant l'indignation des socialistes et des catholiques flamands, d'autant plus que le contenu de l'accord n'est pas rendu public.

Le refus d'accepter le transit d'armes françaises à destination de la Pologne (alors en guerre contre l'Union soviétique) provoque la colère des libéraux et la démission de Paul Hymans le 28 août 1920.

La division des catholiques, l'opposition aux revendications flamingantes et la volonté d'avoir une défense plus forte des libéraux, la revendication du service de six mois et du droit de grève des socialistes, et l’impopularité de Delacroix au sein de son propre parti va conduire à la démission du gouvernement[1].

Composition[modifier | modifier le code]

Ministère Nom Parti
Premier et ministre des finances Léon Delacroix Parti catholique
Ministre des affaires étrangères Paul Hymans Parti libéral
Ministre de l'intéreur Jules Renkin Parti catholique
Ministre des arts et des sciences Jules Destrée POB
Ministre de justice Émile Vandervelde POB
Ministre de l'agricultre Albéric Ruzette Parti catholique
Ministre de l'industrie, du travail et du ravitaillement Joseph Wauters POB
Ministre des travaux publics Édouard Anseele POB
Ministre des chemins de fer, des postes et de la télégraphe Prosper Poullet Parti catholique
Ministre de la défense nationale Fulgence Masson Parti libéral
Ministre des colonies Louis Franck Parti libéral
Ministre des affaires économiques Henri Jaspar Parti catholique

Remaniements[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. Emmanuel Gerard, Nouvelle histoire de Belgique (1918-1939), Bruxelles, Le Cri édition, , p. 47-60