Achille van Acker

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Achille van Acker
Image illustrative de l'article Achille van Acker
Fonctions
14e, 16e et 23e Premier ministre belge
(42e, 44e et 51e chef du gouvernement)
Monarque Charles de Belgique (Régent)
Léopold III (Roi)
Gouvernement Van Acker I, II
Coalition Catholique (I) - Libéral-PSB-PCB-UDB
Prédécesseur Hubert Pierlot
Successeur Paul-Henri Spaak
Monarque Charles de Belgique (Régent)
Léopold III (Roi)
Gouvernement Van Acker III
Coalition Libéral-PSB-PCB
Prédécesseur Paul-Henri Spaak
Successeur Camille Huysmans
Monarque Baudouin
Gouvernement Van Acker IV
Coalition Libéral-PSB
Prédécesseur Jean Van Houtte
Successeur Gaston Eyskens
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bruges, (Belgique)
Date de décès (à 77 ans)
Lieu de décès Bruges, (Belgique)
Nationalité belge
Parti politique PSB
Diplômé de Université de Lille I (Docteur honoris causa)
Résidence 16, rue de la Loi

Achille van Acker
Premiers ministres belges

Achille van Acker est un homme politique belge néerlandophone né à Bruges le et mort le (77 ans)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Achille Van Acker est issu d’une famille d’un milieu défavorisé des quartiers populaires[2] de Bruges. Il est le quatrième fils d’une fratrie de douze enfants. Son père, Gustave Van Acker, travaillait en tant que vannier (artisan qui confectionne des objets à l’aide de roseau). Sa mère, Léopoldine Pharazijn était femme au foyer et à ces heures perdues, elle était dentellière. Il quitta l’école primaire des Xavériens à 11 ans pour aider son père[2].

Adolescence[modifier | modifier le code]

Il fut donc soumis dès son plus jeune âge au travail des enfants et a dès lors ressenti de manière très forte la précarité présente en Flandre au XXe siècle. Cependant, il consacrait son temps libre à s’intéresser au patronage de son quartier. On se rend compte alors que son choix pour le parti socialiste dans vie future n’était présagé[3].

Formation[modifier | modifier le code]

Achille Van Acker ne fit des études que jusqu'à l'âge de onze ans. Sa carrière politique est donc d'autant plus impressionnante, car il réussit à se former en tant qu'autodidacte et devint le meilleur homme d'État qu'à connu la Belgique d'après-guerre[non neutre]. Par la suite, il suivit des cours du soir et il fut nommé docteur honoris causa de l'Université de Lille I[2] .

Début de carrière en politique[modifier | modifier le code]

Entre douze et quinze ans, son attrait socialiste se dessine lorsqu’il s’occupa d’une association antialcoolique. Il défend la cause de cette association en prenant la parole et en écrivant ses premiers articles[2]. À partir de ce moment, naît en lui un certain intérêt pour la question sociale.

En 1914, il s’implique dans la création d’un « Bond voor de verdediging van de Vlaamse Rechten », qui est un regroupement d’individus défendant les droits flamands. Durant la Première guerre mondiale, les destinées d’Achille Van Acker vont changer, il cumule les petits boulots en France car il est refusé comme soldat de front et donc, fait son service militaire dans une fabrique de munition de 1916 à 1918.

Les injustices, violences et horreurs de la guerre ont pour conséquence qu’il se rapproche très fortement du parti socialiste. Plus précisément, un socialisme qui vise à aider les plus démunis.

Ses débuts du Parti Ouvrier Belge (P.O.B)[modifier | modifier le code]

Dès son retour en Belgique en 1918, Achille Van Acker milite au sein du P.O.B, un parti peu présent en Flandre à cette époque. Sa carrière politique commence en 1925 après avoir remporté les élections au sein de son parti. Il fut député socialiste à la Chambre des Représentants et députés de la ville de Bruges à partir de 1927[1].

Dans les années 1930, le Parti Ouvrier belge est un parti qui connait un grand succès au détriment du parti catholique qui lui, perd la majorité au sein de la Chambre des représentants. Durant ses premières années comme parlementaire, représentant du P.O.B à la Chambre, il fut très discret. Cependant, il propose certains projets de loi afin de défendre la cause des ouvriers notamment en matière de chômage des assurances sociales, etc.

En 1940, il démissionne de ses fonctions publiques et fut membre du Bureau du Parti Ouvrier belge au début de l’Occupation. Son but était de se rallier à la résistance des socialistes[1]. Ensuite, Achille Van Acker disparaît de la scène politique durant la deuxième guerre mondiale.

Dès la libération de la Belgique, en 1944, il revient sur la scène publique en étant président du P.O.B et met en œuvre toute une série de mesures permettant d’améliorer la qualité de travail des ouvriers basé sur un système de sécurité sociale. Ces idées seront reprises dans le pacte social de 1944. De par ses idées et ses avancées en matière de protection sociale, il est nommé Ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale (1944-1945) dans le gouvernement Pierlot. Il est considéré comme un élément clé.

Sa place au sein des gouvernements[modifier | modifier le code]

Lorsque le gouvernement Pierlot est renversé, c’est à Achille Van Acker de diriger la plupart des gouvernements, c'est-à-dire, les gouvernements successifs Van Acker I (du 12 février 1943 au 2 août 1945), Van Acker II (du 2 août 1945 au 9 janvier 1946), Van Acker III (du 31 mars 1946 au 10 juillet 1946), et pour mémoire, Van Acker IV (du 22 avril 1954 au 2 juin 1957)[2]. En plus de sa fonction de Premier Ministre, il fut le responsable de la relance de la production charbonnière indispensable au renouveau de la production énergétique pour soutenir l'effort de guerre de l'industrie belge. Il gagna ce que l'on appela la "bataille du charbon" en accordant de multiples avantages aux travailleurs dans les mines.

La bataille du charbon[modifier | modifier le code]

Après la deuxième guerre mondiale, la situation en Belgique est désastreuse et il y a une volonté de reconstruction de la part des politiques belges[4]. En 1945, Achille Van Acker (Premier Ministre de l'époque) va développer un plan pour pouvoir approvisionner en énergie les industries belges à des prix avantageux. En effet, après la guerre, il y a un besoin important pour les Belges de se chauffer, donc que les usines continuent à fonctionner à temps plein. Pour ce faire, il va prendre diverses mesures. Une de celles-ci sera d'octroyer divers avantages aux mineurs, comme le "prêt mineur"[5]. Ensuite, il va également avoir recours aux pouvoirs spéciaux afin d'interdire les grèves et favoriser l'apport de main d'œuvre. La main d'œuvre viendra des prisonniers allemands dans un premier temps, et plus tard, de la main d'œuvre d'Italie. Grâce à ces différentes mesures, la production charbonnière va très fortement augmenter à la fin de 1945, mais cela restera insuffisant pour retrouver la croissance effective de l'avant-guerre.

La Question Royale[modifier | modifier le code]

Le gouvernement Van Acker II bute sur la Question royale, autrement dit sur le retour de Léopold III en Belgique d'après-guerre. Achille Van Acker apporte une solution temporaire en imposant au Roi de rester à l’étranger.

En effet, durant la Seconde Guerre mondiale le Roi Léopold III a eu un comportement qui a fortement déplu à la population belge ainsi qu'à son gouvernement. Celui-ci s'est remarié durant l'occupation, a privilégié le mariage religieux avant le mariage civil, et a entretenu des relations amicales avec Hitler. Dès lors, on se demande s'il serait opportun que le Roi en exil revienne en Belgique, lorsque Léopold III affirme sa volonté de rentrer en Belgique au début de l'été 1945[6].

Il se trouve que cette question royale est un cadeau empoisonné pour le gouvernement Van Acker parce qu'un climat de tension est présent en Belgique : les manifestations sont de plus en plus fréquentes, il y a beaucoup de violences entre les partisans et les adversaires du retour du Roi. Un Conseil des Ministres sera tenu, auquel le Ministre de la défense nationale, Léo Mundeleer, affirme que l'heure est grave et appelle Achille Van Acker à calmer la population. Par la suite, Spaak et Van Acker conseillent au Roi de prendre de l'écart et un temps de réflexion, de prendre du recul face à la situation. Achille Van Acker hésite même à imposer au Roi l'abdication.De plus, de nombreux de partis politiques sont également contre le retour du Roi, notamment le PSB, parti auquel est affilié Van Acker. Le PSB soumet la décision de s'opposer au retour du Roi et en faveur de l'abdication. Achille Van Acker répondra à ces exigences en publiant un communiqué officialisant la décision du PSB[7]. Mais les dés sont lancés et l'abdication du Roi est prononcée. Achille Van Acker décide de présenter sa démission.

Le retour au pouvoir[modifier | modifier le code]

Achille Van Acker est repris dans le gouvernement Spaak en 1946 en tant que ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale[8]. C'était l'autre grande figure du Parti socialiste belge aux côtés de Paul-Henri Spaak. Cependant, ce gouvernement ne tiendra pas longtemps et là, Achille Van Acker accepte de former un nouveau gouvernement « le gouvernement Van Acker III ». Ce dernier sera composé de socialistes, de libéraux et de communistes. Toujours en 1946, son gouvernement tombe et sera remplacé par le gouvernement Huysmans auquel il décide de ne pas participer.

En 1947-1948, Achille Van Acker est repris dans le gouvernement Paul-Henri Spaak comme Ministre de communication. Au même moment, il commence à développer un plan du réseau de métro de Bruxelles. Du mois de juin 1949 jusqu’en avril 1954, les socialistes sont dans l’opposition, Achille Van Acker n’est donc pas au gouvernement.

Il revient au pouvoir le jusqu’au à la tête d'un gouvernement socialiste-libéral, les catholiques sont donc écartés. Ce gouvernement s’appelle : « Van Acker IV », il sera très marqué par la question de l’enseignement et par le pacte scolaire. Il permit également plusieurs avancées sociales en matière de retraites et de chômage notamment. De plus, son gouvernement sera impliqué dans la création de grands travaux publics (les premières autoroutes, le port d’Anvers et l’exposition universelle de 1958). Il bénéficia de la relance économique tout en patronnant l'Exposition universelle de Bruxelles de 1958 et son grand succès de foule. Il ne put toutefois pas régler la question scolaire. Le gouvernement « Van Acker IV » restera au pouvoir durant toute une législature mais sera victime d’une défaite électorale.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Le 23 décembre 1958, Achille Van Acker devient ministre d’État. Trois ans plus tard, il sera élu président de la Chambre des représentants, où il essayera d’instaurer un fonctionnement nouveau au sein de celle-ci. Il jouissait d’une grande autorité qui lui a permis de rester président de la Chambre malgré le fait que ce soit l’opposition qui était au pouvoir. En 1966, le roi Baudouin (roi des Belges) charge Achille Van Acker d’une mission d’information, c’est-à-dire qu'il a pour mission de former un gouvernement. Il était vu comme la personnalité socialiste la mieux placée pour exercer cette tâche[9]. Van Acker n'était pas en faveur de la fédéralisation. Néanmoins, il gardera sa fonction de président jusqu’à l’âge de 76 ans, après une carrière de 47 ans et décède à Bruges le .

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Il n'était pas dénué d'humour et lorsque le baron Snoy et d'Oppuers vint lui rendre une visite de courtoisie, Van Acker l'accueillit dans ces termes : « Prenez place tous les deux ! »

On raconte aussi que lors d'une grève au Port d'Anvers, il s’étonnât que les dockers refusèrent de charger du charbon sur des navires. Il aurait déclaré : « Je ne comprends pas, ce charbon est pourtant noir comme tous les autres charbons ! » Outre le fait qu’il prenait à cœur son travail parlementaire, Achille Van Acker était un homme qui aimait s’occuper de diverses manières : il aimait l’humour, était passionné de littérature. En effet, il s’intéressait au folklore local, avait un intérêt pour le monde des lettres en collectionnant des dictons et des proverbes. De plus, il était propriétaire de librairies avec sa femme[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Y. DELZENNE et J. HOUYOUX, Le nouveau dictionnaire des Belges, Bruxelles, Le cri, , p. 276
  2. a, b, c, d et e Ph. ROBERTS-JONES, A. Jaumotte , Ph. Godding et P. Colman, « Académie Royale de Belgique », Nouvelles biographie nationale, Bruxelles, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, , p. 363
  3. « Achiel Van Acker (1898-1975) - Premier van België »
  4. « La bataille du charbon 60 ans après »
  5. « Siamo tutti nerri ! Des hommes contre du charbon »
  6. « Gouvernement Van Acker II (1945-1946) »
  7. « A des pôles opposés : Léopold III et le monde politique »
  8. Ph. Roberts-Jones, A. Jaumotte, Ph. Godding et P. Colman, « Académie Royale de Belgique », Nouvelles biographie nationale, Bruxelles, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, , p. 365
  9. CRISP, La crise gouvernementale en Belgique (février-mars 1966) (1), Bruxelles, Courrier hebdomadaire du CRISP 1966/7 n° 314, , p. 14-15
  10. Ph. Roberts-Jones, A. Jaumotte, Ph. Godding et P. Colman, « Académie Royale de Belgique », Nouvelles biographie nationale, Bruxelles, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, , p. 364