François Schollaert

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François Schollaert
« Un homme d'État belge : M. Franz Schollaert »(Le Pèlerin, 3 juillet 1913)
« Un homme d'État belge : M. Franz Schollaert »
(Le Pèlerin, 3 juillet 1913)
Fonctions
26e chef de cabinet belge
Monarque Léopold II
Albert Ier
Gouvernement Schollaert
Coalition Catholique
Prédécesseur Jules de Trooz
Successeur Charles de Broqueville
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Wilsele, (Belgique)
Date de décès (à 65 ans)
Lieu de décès Sainte-Adresse, (France)
Nationalité belge
Parti politique Parti catholique
Profession Conseiller
Résidence 16, rue de la Loi

François Schollaert
Chefs de cabinet belges

François Victor Marie Ghislain Schollaert dit Frans Schollaert était un homme politique belge membre du parti catholique. Il a notamment été le 26e Chef de cabinet belge ce qui correspond au premier ministre actuel. Il fut l'une des grandes personnalités de la droite de son époque.

Biographie[modifier | modifier le code]

François Schollaert est né le 19 août 1851 à Wilsele et est mort le 29 juin 1917 à Sainte-Adresse en France. Fils de François Joseph Schollaert et de Jeanne Marie Ghislaine van der Schrieck. Son père fut aussi impliqué en politique, il a occupé la fonction de député dans l’arrondissement de Louvain jusqu’à sa mort. Il était aussi le beau-frère de George Hellepute, qui avait épousé sa sœur. Il fut ministre et membre du parti Catholique, il a lui aussi tout comme François Schollaert reçu la distinction de Ministre d’état. Il a étudié à l’université catholique de Louvain et y a reçu le titre de docteur en 1875. Il devint avocat en 1875 en s’inscrivant au barreau de Louvain. Sa première participation dans le monde politique belge fut son élection de député dans l’arrondissement de Louvain en 1988, il exercera ce poste jusqu’à son décès. C’est en 1895 qu’il briguera pour la première fois un poste de ministre dans le gouvernement de Jules de Burlet, il y occupera le poste de Ministre de l’Intérieur et de l’instruction publique qu’il gardera pendant les deux législatures suivantes, respectivement celles de Paul de Smet de Naeyer et de Jules Vandenpeereboom. C’est à la chute du gouvernement de Vandenpeereboom qu’il fut nommé président de la chambre en 1901. Il fut ensuite le 26ième Chef de cabinet belge, appelé aujourd’hui premier ministre entre le 9 janvier 1908 et le 17 juin 1911. C’est en cette qualité de Chef de cabinet belge qu’il a fait voter le traité sur le Congo en 1908. C’est Charles de Broqueville qui lui a succédé au poste de Chef de cabinet en 1911. De 1912 à 1917, il redevient président de la Chambre des Représentants jusqu’à son décès. Il s'exila avec le reste du gouvernement belge à Anvers puis au Havre durant la première guerre mondiale.

Carrière Politique[modifier | modifier le code]

Le Congo[modifier | modifier le code]

C'est en 1907 que le problème du Congo se posa, car l'État indépendant du Congo était à la base une possession privée du Roi Léopold II de Belgique. C'est en fait le gouvernement de Trooz qui n'avait pas été conçu pour durer qui s'est d'abord posé cette question des colonies belge. En effet, le traité à la base de la création du Congo belge nous vient de Jules de Trooz, chef de cabinet belge et prédécesseur de François Schollaert en 1907. Ce traité portait comme indiqué dans la déclaration gouvernementale de Jules de Trooz sur la reprise du Congo par l'état belge. Cependant de Trooz n'aura malheureusement pas le temps de porter son projet de traité devant la chambre des représentants étant donné qu'il décéda le 31 décembre 1907. C'est donc François Schollaert qui le remplaça au poste de Chef de cabinet belge, et par cette même occasion, c'est lui qui portait le projet de traité devant la Chambre des représentants et qui négocia ce traité. C'est en sachant "gagner la confiance du vieux monarque et l'adhésion des Chambres"[1] que François Schollaert eu gain de cause et sut faire passer ce traité qui faisait de l'État indépendant du Congo, la nouvelle colonie belge. C'est donc ce traité qui mena a la constitution du Congo Belge. Le résultat de vote sur le traité fut le suivant, 83 voix en faveur du traité pour 54 voix contre et 9 abstentions de vote.

Ses réformes scolaires[modifier | modifier le code]

La réforme de 1895[modifier | modifier le code]

La première de ses réformes fut celle du 15 septembre 1895 qu'il proposa lorsqu'il était Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique. C'est par cette loi qu'il rendu le cours de religion obligatoire dans les écoles de l'enseignement primaire. Selon Clemenceau " Il a décidé de retirer aux communes le droit de se prononcer sur l'instruction religieuse et l'école [...] La demande de dispense de ce cours ne sera accordée que sur demande expresse des parents"[2]. Cette réforme comme rapporté dans le Dictionnaire Clemenceau sera définie par Clemenceau comme une "mission de ramener dans le giron du pape les ouailles dispersées par le vent des révolutions"[2].

La réforme de 1911 sur les subventions accordées aux écoles primaires catholiques.[modifier | modifier le code]

La deuxième réforme scolaire fut celle qu'il voulut faire adopter lorsqu'il exerçait la fonction de Chef de cabinet belge combiné à la fonction de ministre des Sciences et des Arts. Il présenta aux chambres un projet de loi en 1911. Ce projet de loi concernait les subventions accordées aux écoles primaires catholiques. Selon cette loi, chaque famille se verrait accordée un bon pour les enfants âgés entre 6 et 14 ans. Ce bon servirait aux familles à remettre à l'école catholique de leur choix et il serait donc grâce à ce bon que l'école serait subsidiée par l'état. En effet, les subventions pour les écoles seraient alors accordées en fonction du nombre d'élèves inscrits dans l'école. Cependant ce projet de loi fut décrié par de nombreuses personnes et associations. Il ne fut en particulier pas vu d'un bon œil par La ligue de l'Enseignement qui y voyait un moyen de forcer les parents à inscrire leurs enfants dans des écoles catholiques et ainsi voir l'emprise du Clergé s'agrandir sur l'enseignement.

La loi sur le service militaire personnel[modifier | modifier le code]

Après sa victoire lors de la conclusion du traité sur le Congo, François Schollaert ne voulut pas s'arrêter en si bon chemin et c'est ce pourquoi en 1909, il décida d'offrir au Roi Léopold II de Belgique une armée digne de ce nom. En effet, par cette loi de 1909, François Schollaert rendait le service militaire personnel obligatoire à raison d'un fils par famille en Belgique. Ce qui changeait fortement du passé car avant cette loi de 1909, la désignation pour ce service militaire personnel se faisait par tirage au sort. Le vote de cette loi sur le service militaire personnel s'est conclu par une large victoire de 100 voix en faveur du projet de loi de Schollaert pour 58 voix contre.

À noter que cette loi fut encore poussée plus loin en 1913 car cette année là, le service militaire personnel devint obligatoire et universel. C'est-à-dire qu'il ne suffisait maintenant plus que d'un seul fils par famille mais que dés à présent tous les jeunes hommes devait exécuter leur service militaire.

Fonctions[modifier | modifier le code]

François Schollaert a exercé de nombreuses fonctions au sein du monde politique belge, voici l'étendue de ses fonctions politique en Belgique.

-         1888 - 1917 : Député de l’arrondissement de Louvain.

-         1895 - 1899 : Ministre de l’Intérieur et de l’Instruction publique.

-         1901 - 1908 : Président de la Chambre des représentants.

-         1907 : Nommé Ministre d’état.

-         1908 - 1911 : Chef de cabinet belge.

-         1908 - 1910 : Ministre de l’Intérieur.

-         1908 - 1910 : Ministre de l’Agriculture.

-         1910 - 1911 : Ministre des Sciences et des Arts.

-         1912 - 1912 : Président de la Chambre des représentants.

Honneurs[modifier | modifier le code]

- Belgique : Grand Croix de l'Ordre de la Couronne.

- Belgique : Grand Officier de l'Ordre de Léopold.

- Belgique : Croix Civique de 1re Classe.

- Belgique : Médaille Commémorative du Règne de Léopold II.

- France : Grand croix de l'Ordre de la Légion d'Honneur.

- France : Commandeur de l'Ordre du Mérité Agronomique.

- Roumanie : Grand Crooix de l'Ordre de l'Étoile.

- Vatican : Grand Croix de l'Ordre Pontifical de Pie IX.

- Norvège : Grand Croix de l'Ordre de Saint-Olaf.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. George Henri Dumont, Chronologie de la Belgique : De 1830 à nos jours, Bruxelles, Le cri, , p. 131
  2. a et b Samuël Tomei et Sylvie Brodziak, Dictionnaire Clemenceau, Paris, Robert Laffont,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bartelous, J., Nos premiers ministres de Léopold Ier à Albert Ier, Brussel, 1983.
  • Georges Henri Dumont, Histoire de la Belgique, Le Cri, 1999, p. 505 et suiv. (ISBN 9782871062288)
  • Georges Henri Dumont, Chronologie de la Belgique : De 1830 à nos jours, Le cri, 2005.
  • Michel Dumoulin, Nouvelle histoire de Belgique : 1905-1950, Éditions complexe, 2005.
  • Samuël Tomei et Sylvie Brodziak, Dictionnaire Clemenceau, Robert Lafont, 2017.
  • Jean BARTELOUS, Nos Premiers ministres, de Léopold Ier à Albert Ier, Éditions J.M.Collet, Bruxelles, 1983.

Sites Internet[modifier | modifier le code]

  • https://search.arch.be/fr/producteurs-darchives/resultats?view=eac&localDescription_term_source=P2751&inLanguageCode=FRE&start=167
  • http://www.histoire-des-belges.be/au-fil-du-temps/epoque-contemporaine/guerre-scolaire/au-19e-siecle-majorite-et-opposition-font-et-defont-les-lois
  • https://150ans.ligue-enseignement.be/francois-schollaert-1851-1917/
  • Fiche bio sur ODIS