Gaston Eyskens

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Gaston Eyskens
Gaston Eyskens (1969)
Gaston Eyskens (1969)
Fonctions
19e, 24e et 28e Premier ministre belge
(47e, 52e et 56e chef du gouvernement)
Monarque Charles de Belgique (Régent)
Léopold III (Roi)
Gouvernement Eyskens I
Coalition PSC-CVP-libéral
Prédécesseur Paul-Henri Spaak
Successeur Jean Duvieusart
Monarque Baudouin
Gouvernement Eyskens II, III, IIIr
Coalition PSC-CVP
libéral (III/IV)
Prédécesseur Achille van Acker
Successeur Théo Lefèvre
Monarque Baudouin
Gouvernement Eyskens IV, Eyskens V
Coalition PSC - CVP - PSB
Prédécesseur Paul Vanden Boeynants
Successeur Edmond Leburton
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Lierre, (Belgique)
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Louvain, (Belgique)
Nationalité belge
Parti politique PSC-CVP (puis) CVP
Conjoint Gilberte De Petter (1902-1981)
Enfants Mark Eyskens Erik Eyskens
Diplômé de Université Catholique de Louvain
Profession Professeur de l'UCL
Résidence 16, rue de la Loi
Premiers ministres belges

Le Vicomte Gaston François Marie Eyskens est un homme politique belge né le 1er avril 1905, à Lierre et est décédé à Louvain le 3 janvier 1988[1],[2],[3],[4].

Professeur à l'Université Catholique de Louvain (1931), il a commencé sa carrière politique comme député catholique pour l'arrondissement de Louvain en 1939. Ministre des Finances en 1945, 1947 et 1965 (sous les gouvernements Achille van Acker, Paul-Henri Spaak et Pierre Harmel), il fut nommé ministre d'État en 1963. En 1949, pendant la Question royale, il a formé son premier gouvernement. Sa coalition avec les libéraux n'a tenu que jusqu'en 1950. Il est revenu à la tête d'un gouvernement en 1958, pour deux législatures consécutives mais incomplètes. Avec le Pacte scolaire, son gouvernement a jeté les bases de la paix en matière d'enseignement. Autres moments importants de sa carrière politique: les lois d'expansion de 1959 et l'indépendance du Congo le 30 juin 1960. Ce sont les réactions négatives (notamment les grèves) contre la « Loi unique » qui ont fait tomber son gouvernement. De 1968 à 1972, il fut à nouveau Premier ministre. Il mena à bien le grand projet de révision de la Constitution. Il présida une dernière fois un gouvernement, du 21 janvier 1972 au 22 novembre de la même année. Ce gouvernement a été contraint de s'incliner devant la polémique entourant l'article 3 (ancien article 107quater) de la Constitution (issu de la réforme de 1969-1971) et le problème de Fourons.

Le roi Baudouin lui a conféré le titre de vicomte (transmissible par ordre de primogéniture) le 13 novembre 1973.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Gaston Eyskens est le fils d’Antonius Frans Eyskens (1875-1948), représentant des ventes dans une entreprise familiale pour l’industrie textile, et de  Maria Voeten (1872-1960). En 1931, il se marie avec Gilberte De Petter (1902-1981) avec qui il aura deux enfants : Mark Eyskens, qui fut Premier ministre de Belgique du 6 avril 1981 au 17 décembre 1981 et Erik Eyskens né à Louvain le 20 juillet 1935 et décédé en 2008[5].

Études et engagement politique[modifier | modifier le code]

Il fit ses études secondaires à la Koninklijk Atheneum de Louvain.  

En 1923 il passa le concours pour entreprendre des études de sciences commerciales et consulaires à la Katholieke Universiteit Leuven. Il suivit également des cours à la faculté de Sciences politiques et sociales[6].

En 1926, Gaston Eyskens fut sélectionné pour poursuivre ses études aux États-Unis, où il obtint le titre de Master of Science à la Colombia University de New York. De retour à Louvain, il poursuit ses études en sciences économiques et obtient le titre de doctorat en sciences commerciales en 1930. Un an après, il obtient également le titre de doctorat en sciences politiques et sociales. La même année, il devient assistant à l’Institut pour Sciences économiques et termine comme professeur à la Katholieke Universiteit Leuven en 1934 où il enseignera jusqu’en 1975[7].

En tant qu’étudiant à l’université, il adhéra à la Ligue des étudiants catholiques flamands, sans pour autant se rallier au nationalisme flamand[8].

Étant membre du Cercle d’études sociales des étudiants flamands il entra en contact avec le Mouvement ouvrier chrétien. En 1930, il était également enseignant à l’École sociale des travailleurs chrétiens, ce qui finalisa son intégration au sein du Mouvement ouvrier chrétien[9].

Il se ralliera au Christene Volkspartij – Parti Social-chrétien (C.V.P. - P.S.C.).

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Eyskens fut d’abord nommé en août 1934 chef de cabinet du ministre Philip Van Isacker au Travail et à la Prévoyance sociale au sein du gouvernement Brocqueville. Cependant, ce gouvernement démissionna en novembre 1934.

Dans le gouvernement Theunis, Eyskens reste au Travail et à la Prévoyance sociale et il devint le chef de cabinet du ministre Edmond Rubbens[10].

En 1939, Eyskens devient représentant de la ville de Louvain, poste qu'il conservera jusqu'en 1965.

Seconde guerre mondiale[11][modifier | modifier le code]

Durant les élections législatives du 2 avril 1939, Eyskens a été élu en tant que député pour l’arrondissement de Leuven. Il est également devenu secrétaire du ‘Katholieke Vlaamse Kamergroep’. Durant la deuxième guerre mondiale, il a, entre autres, régulièrement participé à des réunions clandestines avec des gens de confiance du ACW. À la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il a également participé à diverses discussions secrètes où la fondation du CVP/PSC et les réformes financières d’après-guerre se préparaient. Il était, cependant, pas impliqué dans la réelle fondation du parti car à ce moment-là il occupait la fonction de ministre.

En effet, Eyskens a été Ministre des Finances durant le gouvernement Van Acker I (12.02.1945 – 02.08.1945). Eyskens continuera sa fonction de ministre sous le gouvernement Paul-Henri Spaak II (20.03.1947-27.05.1949). Durant cette période-là, la vie politique était totalement régie par la Question royale.

Ministre[modifier | modifier le code]

Le 12 février 1945, Gaston Eyskens est nommé Ministre des Finances au sein du Gouvernement Van Acker I, poste qu'il occupera jusqu'au 1er août 1945. Il retrouve ce poste du 20 mars 1947 au 10 août 1949 au sein des Gouvernements Spaak III & IV.

Il forme le 11 août 1949 le Gouvernement Gaston Eyskens I, coalition sociale-chrétienne/libérale qui durera jusqu'au 8 juin 1950. Il doit alors gérer la question du retour du roi Léopold III sur le trône.

À l'issue de son mandat de premier ministre, Eyskens devient Ministre des Affaires économiques au sein du Gouvernement Duvieusart (8 juin 1950 – 15 août 1950). L'alternance politique le fait alors entrer dans l'opposition.

Rappelé au poste de premier ministre, il compose le gouvernement Eyskens II le 26 juin 1958, gouvernement social-chrétien qui dure jusqu'au 6 novembre 1958 et qui sera suivi par le gouvernement Eyskens III, coalition sociale-chrétienne/libérale qui aura à gérer l'indépendance du Congo belge.

Ce gouvernement dure jusqu'au 3 septembre 1960 ; à cette date, le gouvernement est remanié (gouvernement Eyskens III) et dure jusqu'au 25 avril 1961.

Eyskens devient ensuite Ministre des Finances du 28 juillet 1965 au 18 mars 1966 au sein du Gouvernement Harmel.

Il forme ensuite les Gouvernements Gaston Eyskens IV (du 17 juin 1968 au 20 janvier 1972) et Gouvernement Gaston Eyskens V (du 20 janvier 1972 au 22 novembre 1972). Ce dernier gouvernement signa la fin de sa carrière politique, il remit sa démission le 22 novembre 1972.

Sénateur[modifier | modifier le code]

Il est sénateur de Louvain de 1965 à 1973[12].

Hommage[modifier | modifier le code]

Gaston Eyskens fut un homme politique important en Belgique. Il traversa de grandes périodes de troubles: la Seconde Guerre Mondiale, la Question royale, les grandes grèves d'hiver, l'indépendance du Congo belge, la fédéralisation de l'état belge, etc.

Pour son efficacité politique le roi Baudouin lui a conféré le titre de vicomte.

En 1963 il fut nommé ministre d'état[13].

Mandats gouvernementaux[modifier | modifier le code]

Ministères [modifier | modifier le code]

Gaston Eyskens a été quatre fois ministre[14] :

  • Ministre des Finances : 12 février 1945 - 1er août 1945 au sein du Gouvernement Van Acker I
  • Ministre des Finances : 20 mars 1947- 10 août 1949 au sein des Gouvernements Spaak III & IV
  • Ministre des Affaires économiques : 8 juin 1950 – 15 août 1950 au sein du Gouvernement Duvieusart
  • Ministre des Finances : 28 juillet 1965 – 18 mars 1966 au sein du Gouvernement Harmel

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Gaston Eyskens a été cinq fois premier ministre de Belgique, à la tête de six gouvernements.

  • Gouvernement Gaston Eyskens I du 11 août 1949 au 8 juin 1950, coalition sociale-chrétienne/libérale;
  • La grande problématique de cette période fut celle de la question royale. Quand les Américains délivrèrent le roi Léopold III, la question se posa de savoir si oui ou non il pourrait revenir sur le trône. Les socialistes étaient contre, les libéraux divisés et les catholiques étaient pour[15]. C’est en qualité de premier ministre qu’Eyskens entreprit une consultation populaire. Le 12 mars 1950, 57,68% de la population se prononça pour le retour du roi[5]. Cependant ceci mit le conflit communautaire en exergue car la Flandre, étant majoritaire, était pour le retour du roi, alors que la Wallonie, minoritaire, était contre son retour.
  • Gouvernement Gaston Eyskens II du 26 juin 1958 au 6 novembre 1958, social-chrétien;
  • Après quatre ans dans l’opposition, Eyskens revint au sein du gouvernement. Majorité absolue au sein de la Chambre mais pas au Sénat. Après une tentative de former une coalition avec les socialistes qui se solda par un échec, Eyskens forme le 23 juin 1958 un gouvernement homogène PSC-CVP. La problématique centrale de ce Gouvernement fut celle du pacte scolaire. La Commission permanente du pacte scolaire a reçu l’ordre de transposer le contenu de ce pacte dans une loi. Ce texte fut approuvé par la Chambre le 6 mai 1958 et par le Sénat le 21 mai 1959, date à laquelle elle fut promulguée. Ce texte mentionna l’obligation pour l’état de créer des écoles neutres là où elles n’existaient pas encore. Pour que la population ait le choix entre l’enseignement catholique et celui de l’état[16]
  • Gouvernement Gaston Eyskens III du 6 novembre 1958 au 3 septembre 1960, coalition sociale-chrétienne/libérale;
  • Création d’un gouvernement composé d’une coalition CVP-PSC/LP-PL: Eyskens-Lilar. Pendant son mandat, la politique fut d’abord axée sur l’économie du pays. Les crises wallonnes du charbon et les fermetures des mines furent la cause de grandes crises dans le Borinage en 1959. En Flandre également les ouvriers firent la grève pour protester contre la fermeture des entreprises de textile. En 1960 le climat s’apaisa avec le pacte social conclu le 31 mai 1960. Au Congo belge la tension monte quand le 4 janvier 1959 des révoltes éclatent à Léopoldville. Le 13 janvier le roi Baudouin annoncera l’indépendance du Congo belge. Le Gouvernement était divisé sur la question, mais Eyskens ne se prononça pas néanmoins il dirigea les débats. On conclut que la solution était d’accorder l’indépendance au Congo belge, Eyskens se rendit sur place. Tout ne se passa pas très bien et la réputation internationale de la Belgique en pâtit[17].
  • Gouvernement Gaston Eyskens III (remanié) du 3 septembre 1960 au 25 avril 1961, coalition sociale-chrétienne/libérale;
  • La loi d’expansion économique, de progrès social et de redressement financier, dite « loi unique », du 14 janvier 1961 sonna la fin du gouvernement Eyskens, le CVP fut le grand perdant des élections du 26 mars 1961. Cette « loi unique » fut le détonateur pour les grandes grèves d’hiver de 1960-1961[18]
  • Gouvernement Gaston Eyskens IV du 17 juin 1968 au 20 janvier 1972, coalition sociale-chrétienne/socialiste;
  • Durant cette période il réussit tant bien que mal à mener à bien la révision de la constitution de 1970 qui créa trois régions en Belgique[19] : la Région flamande, la Région wallonne et la Région de Bruxelles-Capitale[2]. A la demande du Gouvernement, le Parlement fut dissous huit mois avant la date des élections. Eyskens attribua cette dissolution anticipée à la crise monétaire existante ainsi qu'au chômage qui ne cessait d’augmenter.
  • Gouvernement Gaston Eyskens V du 20 janvier 1972 au 22 novembre 1972, coalition sociale-chrétienne/socialiste
  • La difficulté résida ici en l’application de l’article 3 de la Constitution. La difficulté était l’attribution des compétences à ces Régions, surtout en ce qui concerne Bruxelles. Les socialistes ne voulaient pas travailler avec les libéraux, Eyskens ne parvint pas à un compromis et il remit sa démission le 22 novembre 1972[20].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gaston Eyskens, Mémoires, Bruxelles, CRISP, , 1267 p., p. 21
  2. a et b Thierry Denoël, Jacques Laruelle, Le nouveau dictionnaire des Belges, Bruxelles, Le Cri/Legrain/RTBF, , 802 p., p. 285
  3. (nl) Rik Decan, Wie is wie in Vlaanderen? 1985-1999, Bruxelles, Uitgeverij BRD, , p. 505
  4. (nl) Paul Van Molle, Het Belgisch Parlement 1894-1969, Ledeberg, Erasmus, , p. 142
  5. a et b H. Gaus, Politiek biografisch lexicon: Belgische ministers en staatssecretarissen 1960-1980, Antwerpen, Standaard Uitgeverij, 1989, p.422
  6. G. Eyskens, Mémoires, Bruxelles, CRISP, 2012, p.26.
  7. H. Gaus, Politiek biografisch lexicon: Belgische ministers en staatssecretarissen 1960-1980, Antwerpen, Standaard Uitgeverij, 1989, p.425
  8. Gaston Eyskens, Mémoires, Bruxelles, CRISP, , 1267 p. (ISBN 978-2-87075-118-3), p. 32
  9. Gaston Eyskens, Mémoires, Bruxelles, CRISP, , 1267 p. (ISBN 978-2-87075-118-3), p. 34-36
  10. H. Gaus, Politiek biografisch lexicon: Belgische ministers en staatssecretarissen 1960-1980, op cit., p. 419.
  11. (nl) Helmut Gaus, Politiek biografisch lexicon, Anvers, Standaard Uitgeverij,
  12. https://www.vlaamsparlement.be/vlaamse-volksvertegenwoordigers/2374 ; T. Denoël, J. Laruelle, Le nouveau dictionnaire des Belges, op cit., p. 285.
  13. « Premier ministre de Belgique », sur Premier.be (consulté le 14 décembre 2016)
  14. https://www.vlaamsparlement.be/vlaamse-volksvertegenwoordigers/2374 ; Liste des gouvernements de la Belgique ; T. Denoël, J. Laruelle, Le nouveau dictionnaire des Belges, op cit., p. 285.
  15. M. Van den Wijngaert, Ontstaan en stichting van de CVP-PSC : de lange weg naar het kerstprogramma, Antwerpen, De Nederlandsche Boekhandel, 1976, p. 37.
  16. (nl) Helmut Gaus, Politiek biografisch lexicon: Belgische ministers en staatssecretarissen 1960-1980, Antwerpen, Standaard Uitgeverij, , p. 425
  17. (nl) Helmut Gaus, Politiek biografisch lexicon: Belgische ministers en staatssecretarissen 1960-1980, Antwerpen, Standaard Uitgeverij, , p. 425-427
  18. H. Gaus, Politiek biografisch lexicon: Belgische ministers en staatssecretarissen 1960-1980, op cit., p. 426-427.
  19. Const., art. 3.
  20. (nl) Helmut Gaus, Politiek biografisch lexicon: Belgische ministers en staatssecretarissen 1960-1980, Antwerpen, Standaard Uitgeverij, , p. 434
  • Decan (R.), Wie is wie in Vlaanderen 1985-1989, 2e éd., Bruxelles, Uitgeverij BRD, 1985.
  • Denoël (T.) et Laruelle (J.), Le nouveau dictionnaire des Belges, Bruxelles, Le Cri / Legrain / RTBF, 1992.
  • Eyskens (G.), Mémoires, Bruxelles, CRISP, 2012.
  • Gaus (H.), Politiek biografisch lexicon: Belgische ministers en staatssecretarissen 1960-1980, Antwerpen, Standaard Uitgeverij, 1989.
  • Van den Wijngaert (M.), Ontstaan en stichting van de CVP-PSC : de lange weg naar het kerstprogramma, Antwerpen, De Nederlandsche Boekhandel, 1976.
  • Van Molle (P.), Het belgisch parlement 1894-1969, Ledeberg, Erasmus, 1969.