Jesmyn Ward

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Jesmyn Ward
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Jesmyn Ward en 2011
Naissance (42 ans)
DeLisle, Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale
Écrivain, professeur
Distinctions
Auteur
Genres

Œuvres principales

  • Bois sauvage
  • Le Chant des revenants

Jesmyn Ward, née en à DeLisle, au Mississippi, est une romancière américaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille nombreuse, elle est la première de la fratrie à bénéficier d’une bourse pour l’université[1]. Elle obtient en 2005 un MFA en création littéraire à l'Université de Michigan. La même année, sa maison familiale de DeLislle est inondée à la suite de l'ouragan Katrina. La recherche d'un terrain sûr la confronte au racisme plutôt qu'à l'humanité[2].

Elle est professeur de création littéraire à l'Université de South Alabama à Mobile. Elle remporte à deux reprises le National Book Award : en 2011, pour son second roman, Bois sauvage (Salvage the Bones) et, en 2017, pour son troisième roman, Le Chant des revenants (Sing, Unburied, Sing)[1].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Récit autobiographique[modifier | modifier le code]

  • Les Moissons funèbres, Éditions Globe, 2016 ((en) Men We Reaped, 2013), trad. Frédérique Pressmann, 256 p. (ISBN 978-2-2112-2901-2), prix MacArthur "Genius Grant"

Essai[modifier | modifier le code]

  • (en) The Fire This Time: A New Generation Speaks about Race, 2016

Récompenses[modifier | modifier le code]

Sur quelques livres[modifier | modifier le code]

Sur la Côte du Golfe (États-Unis), autour du Golfe du Mexique, dans l'État du Mississipi (ou aussi bien de la Louisiane acadiane, ou du Comté de Mobile ou du Comté de Baldwin en Alabama), pas loin de la rivière Wolf et du Lac Pontchartrain, Bois Sauvage (hameau), St Catherine, Germaine, sont des petites agglomérations (fictives) qui survivent, dans les années 2000, comme DeLisle (Mississippi), également au sud de l'Interstate 10. Le grand aéroport le plus proche est l'Aéroport international Louis Armstrong de La Nouvelle-Orléans : Ils avaient l'accent noir claironnant de La Nouvelle-Orléans, avec ses voyelles étirées, coulantes. Pas une langue qu'ils manient, pensa-t-il, mais de grandes pelles roses (Ligne de fracture, 10/18, p. 240).

Ligne de fracture[modifier | modifier le code]

Juin 2005, Christophe et Joshua DeLisle, deux jumeaux de dix-huit ans, noirs, vont à la remise officielle de leurs diplômes de fin d'études secondaires, et cherchent un job pour l'été. Leur mère Cille, qui vit à Atlanta, absente à la cérémonie, leur offre une voiture d'occasion rénovée par un oncle. Leur père, Samuel, Sandman, toxicomane, jamais présent, est en cure. Leur grand-mère Lilian, Ma-Mee, veuve de Pa-Pa (Julien, aux yeux verts), diabétique, presque aveugle désormais, s'occupe d'eux depuis toujours. C'est la pauvreté, mais avec l'aide sociale, Médicaid, les versements de Cille, l'entraide familiale (oncles Paul, Julian, Maxwell et David, tante Rita (et Eze), cousin Dun (25 ans)) et les jobs d'été, ça peut aller. Joshua trouve un emploi de docker (travail dur et stupide), et Chris accepte de dealer de l'herbe pour Dun. Laila tresse les cheveux de Joshua et de Christophe. Joshua et Laila s'approchent. Christophe est trop souvent défoncé au blunt et à l'alcool. On épluche des crevettes, on va les uns chez les autres, on mange, on boit, on discute. On joue au basket, aux dominos, à des jeux vidéo, au craps aux dés, on écoute Al Green, on regarde la télévision, ensemble : Marquiz, Javon, Bone, Skeeter, Franco... Enfin, c'est la fête nationale, le Jour de l'Indépendance, le bref séjour de Cille, et de Sandman, et tout se précipite...

Bois sauvage[modifier | modifier le code]

  1. Le premier jour : naissances à l'ampoule nue (pp. 11-32)
  2. Le deuxième jour : les œufs cachés (pp. 33-52)
  3. Le troisième jour : les nausées dans la terre (pp. 53-76)
  4. Le quatrième jour : pas vu, pas pris (pp. 77-105)
  5. Le cinquième jour : des sauvages (pp. 106-135)
  6. Le sixième jour : de main ferme (pp. 136-162)
  7. Le septième jour : jeux de chiens, jeux d'humains (pp. 163-187)
  8. Le huitième jour : qu'ils sachent (pp. 188-214)
  9. Le neuvième jour : éclipse d'ouragan (pp. 215-233)
  10. Le dixième jour : dans l'œil sans fin (pp. 234-257)
  11. Le onzième jour : Katrina (pp. 258-282)
  12. Le douzième jour : vivants (pp. 283-307)

Rose Temple Batiste ou Jason Aldon Batiste, tel serait le nom que pourrait porter le bébé à venir d'Esch (15 ans), la narratrice unique de cette chronique familiale et villageoise, matérielle, physique, douloureuse. En 2005, le seul Batiste adulte, c'est le père, Claude (M'sieur Claude), maigre, méthodiste, qui a couru les chantiers jusqu'à l'accident et la prime d'invalidité, et qui s'affaire à consolider la maison avant l'ouragan de l'été. La mère, catholique, est morte à l'accouchement de Junior (7 ans), déjà bien trop grand. L'aîné, Randall (17 ans), est basketteur en attente de sélection, le second, Skeeter (16 ans), s'est lancé dans l'élevage de pitbulls. Les grands-parents, Mama Lizbeth et Papa Josef, morts depuis assez longtemps, sont des Noirs, peut-être aussi d'ascendance amérindienne, et leur ancienne maison abandonnée existe encore, sur un bout de colline. Peu d'autres adultes à proximité, à part Mudda Ma'am, toujours en peignoir, qui sert de baby sitter. La maison du père, c'est la Fosse, bois et tôle, à côté de la mare, du jardin, de la casse, juste avant la forêt, où les poules (25 à 30) vont pondre. Là-bas, chênes et pins, avec puces, criquets, écureuils, lapins, opossums, renards, chauves-souris. Plus loin, on peut se baigner : hérons, aigrettes, huîtres, vivaneaux, pélicans, palmiers nains, mocassins d'eau, azalées, mimosas, magnolias... Les copains sont basketteurs : Manny, Big Henry, Marquiz, Javon, Franco, Bove, ou amateurs de chiens, comme Rico. Esch aime capturer le silence et le souffle du vent(p. 36), nager, courir, faire l'amour, et dès douze ans. Le test de grossesse est sans appel. Un jour proche, elle va suivre l'exemple de China le premier jour, accoucher dans la douleur. Et ce splendide Manny qui fait semblant de l'ignorer, parce que Shaliyah le traque. Au moins, elle lit, Tandis que j'agonise l'année d'avant, et La Mythologie d'Edith Hamilton, parce que Mrs Dedeaux l'a prescrit pour l'été : Médée, Jason, Thésée... China, la chienne de Skeeter, qui s'en occupe avec amour, est belle et blanche et puissante comme un grand magnolia au milieu de cette Fosse de misère, toute pleine de tristesse, où à part elle tout se fane, bataille en mourant de faim (p. 120). Il la dresse au combat, tout comme il s'entraîne avec des lames de rasoir en bouche. Un des cinq chiots est atteint par un parvo. Skeeter entraîne Esch pour voler des vermifuges à vache dans une écurie en forêt. Des souvenirs, ou des souvenirs de souvenirs, remontent, comme cette voiture versée au fossé de Blancs, ou les cerfs, ou le loup, ou la pêche par la mère d'un bébé requin. Esch souffre de plus en plus de nausées, de maux de ventre... Au septième jour, le match de sélection est interrompu pour une bagarre entre amateurs de chiens, puis le combat de chiens en forêt est particulièrement violent. Puis, Katrina arrive : dévastation à la Fosse, dans tous les environs. Une mère assassine qui nous prit tout sauf la vie, qui nous laissa nus et groggy comme des nouveau-nés, ridés comme des chiots aveugles, ruisselants comme des serpents dans leur œuf brisé (p. 303). Esch va avec Skeeter attendre le retour de China, ma sœur.

Références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]