Henri-Pierre Delaage

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Henri-Pierre Delaage
Naissance
Angers
Décès (à 74 ans)
Angers (Maine-et-Loire)
Origine Français
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Infanterie
Grade Général de brigade
Années de service 1789-1832
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerre de Vendée
Guerres napoléoniennes
Guerre d'Espagne
Guerre de Vendée de 1815
Faits d'armes Bataille de Verdun
Bataille de Jemappes
Bataille de Neerwinden
Siège de Lyon
Virée de Galerne
Bataille de Croix-Bataille
Bataille d'Entrammes
Bataille de Dol
Siège d'Angers
bataille du Mans
Bataille de Savenay
Bataille de Saint-Cyr-en-Talmondais
Bataille de Marengo
Bataille de Wertingen
Bataille d'Ulm
Bataille d'Hollabrunn
Bataille d'Austerlitz
Bataille de Saalfeld
Bataille d'Iéna
Bataille de Pułtusk
Bataille d'Ostrolenka
Siège de Saragosse
Bataille d'Ocaña
Campagne de Russie
Bataille de la Moskova
Bataille de Thouars
Distinctions Baron de l'Empire
Commandeur de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis

Henri-Pierre Delaage, baron de Saint-Cyr, né le à Angers, mort le dans la même ville, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

États de service[modifier | modifier le code]

D'abord sergent et officier dans les canonniers volontaires d'Angers en 1789, il passe sous-lieutenant de grenadiers le 12 septembre 1791 au 1er bataillon de volontaires de Maine-et-Loire, avec lequel il part pour l'armée de la Moselle.

Adjudant-major le 31 janvier 1792, il combat à l'affaire de Grand-Pré le 14 septembre et fait partie de la garnison de Verdun. Quand cette ville se rend au général prussien Kalkreuth, le 16 octobre, il reste dans la place avec 50 hommes afin d'enlever le corps du Commandant Beaurepaire, qui s'était donné la mort pour éviter de signer la capitulation, et à qui la Convention avait accordé les honneurs du Panthéon.

Il rejoint ensuite l'armée de Belgique, se trouve à Jemmapes et à l'affaire de Liège en novembre où, s'apercevant que les tirailleurs français, hésitent à pénétrer dans un bois défendu par l'ennemi, Delaage s'y précipite suivi seulement d'un tambour et met en fuite les Autrichiens. L'année suivante, il assiste au combat de la Montagne-de-Fer, à la bataille de Nerwinde, et il prend part à toutes les fatigues des vingt jours de l'armée de Belgique .

Il est au camp de Maulde, dans les premiers jours d'avril, lorsque Dumouriez excite son armée à marcher contre la Convention. Delaage ayant répondu à cette proposition par le cri de « Vive la liberté, périssent les traîtres ! » un officier du hussards fond sur lui le sabre à la main ; alors, faisant apprêter les armes à sa troupe, il intimide tellement le général en chef que celui-ci fait cesser la revue et s'éloigne. Nommé capitaine de la 5e compagnie de son bataillon le 5 avril suivant, il prend part à la bataille sous les murs de Valenciennes. Le 8 mai, il est fait prisonnier par les Autrichiens lors de la capitulation de cette place le 28 juillet, et obtient bientôt après son échange, à condition d'être employé dans l'intérieur.

Adjoint à l'état-major le 27 septembre 1793, et envoyé à l'armée des Alpes, il se trouve au siège de Lyon, à la suite duquel les représentants lui décernent le grade d'adjudant-général chef de brigade provisoire le 8 frimaire an II. Confirmé à l'organisation du 25 prairial an III, envoyé dans l'Ouest après la prise de Lyon, il défend l'artillerie de la division Beaupuy dans la déroute éprouvée à la bataille de Croix-Bataille ; et dans une mêlée sanglante où les Vendéens se sont emparés des canons des Républicains, quoique blessé et renversé par la chute de son cheval tué sous lui, il a l'énergie de conserver le commandement de sa colonne et de reprendre son artillerie.

Dans une autre circonstance, Kléber, ralliant ses soldats lors de la bataille de Dol, dit à Delaage : « Tiens ferme une demi-heure à l'entrée du pont et l'armée est sauvée ! » Cet ordre est ponctuellement exécuté. Kléber, qui demande pour lui à la Convention le grade de général de brigade, lui ayant donné le commandement de son avant-garde, il part de Châteaubriant, arrive en douze heures devant Angers qu'assiégent les Vendéens, et les contraint le 15 frimaire an II, à renoncer à leur attaque.

À la bataille du Mans le 22 du même mois, il leur enlève vingt pièces de canon et soutient à cette époque différents combats sur les deux rives de la Loire : enfin, à la tête d'une colonne républicaine, il surprend dans le bocage plusieurs divisions vendéennes et défait lès troupes de Stofflet à Chemillé. Sur ces entrefaites, une révolte ayant éclaté à Paimbœuf parmi les troupes de terre et les soldats de marine, Delaage, après avoir couru des grands dangers, rétablit la tranquillité et force les équipages à se rembarquer.

Il est à Luçon quand il apprend que Charette s'efforce de réunir des troupes pour protéger le débarquement de la flotte anglaise : à l'instant il marche sur lui, atteint son avant-garde à Saint-Vincent, le défait et lui enlève ses magasins d'armes, de munitions et d'uniformes anglais. Remis de cet échec, Charette marche sur Luçon, et chemin faisant, attaque le 3 vendémiaire an IV, le bourg de Saint-Cyr, défendu seulement par 400 républicains qui, retranchés dans une église, y font une défense héroïque pendant plusieurs heures. Delaage y accourt à la tête d'un détachement de 4 200 hommes d'infanterie et d'un escadron de chasseurs à cheval, se porte en colonne sur le centre des Vendéens, les fait charger vigoureusement, tue plusieurs chefs de sa main et délivre les 400 braves enveloppés dans le bourg. Le général en chef Hoche le félicite sur sa conduite, et c'est en souvenir de ce beau fait d'armes que Napoléon Ier lui permet d'ajouter à son nom celui de Saint-Cyr.

Le même jour il prend le commandement de la colonne de 1 500 hommes du général Boussard, tué dans cette affaire ; et chargé de poursuivre Charette à outrance, il lui enlève son artillerie, détruit ses magasins à poudre, et obtient la soumission de plusieurs villes royalistes. Dans une de ces découvertes où il ne craint pas d'aller lui-même pour se rendre compte de l'état des esprits et de la force de l'ennemi, reconnu par un parti royaliste, il reçoit deux coups de sabre, et ne doit son salut qu'à l'arrivée de deux officiers républicains.

Le mauvais état de sa santé l'oblige de donner sa démission le 3 thermidor an IV, et ce n'est qu'à la nouvelle insurrection vendéenne qu'il demande l'autorisation de reprendre du service : à cette occasion, le ministre Bernadotte lui écrivait : « Quand on a fait un aussi bon emploi de ses armes, on ne doit pas les quitter. »

Il est donc envoyé le 21 thermidor an VII, dans la 22e division militaire, faisant alors partie de l'armée d'Angleterre : à la tête des gardes nationales actives du pays et d'un détachement de la 28e demi-brigade de deuxième formation, il bat les Vendéens dans différentes rencontres. Escorté seulement par 14 hommes, il tombe près de Noailles dans une embuscade de 300 Vendéens qui, dès la première charge, le mettent presque hors de combat ; cependant il peut saisir le fusil d'un chasseur de sa troupe, blesse le chef ennemi et parvient à se dégager. Une autre fois, attiré à Chemillé dans le désir d'obtenir la soumission de quelques révoltés, il faillit être assassiné pendant la nuit ; mais au lieu de prendre la fuite, il charge les assaillants, se fait jour au milieu d'eux et regagne le poste où se trouvent ses soldats. Dans une autre circonstance, il cerne un rassemblement dans Moulins-sous-Châtillon, s'empare de 15 chefs et disperse le reste.

La Vendée pacifiée, il passe en Italie le 14 floréal an VIII, y est employé dans la division Monnier et combat à Marengo le 25 prairial : dans cette journée, et lors de la seconde attaque de Castel-Ceriolo, ayant éparpillé ses tirailleurs comme il l'a vu faire aux Vendéens, il réussit à s'emparer des pièces d'artillerie qui foudroient sa division. Après la paix de Lunéville, admis au traitement de réforme le 1er vendémiaire an X, et porté sur le tableau des adjudants-commandants le 9 fructidor an XI, il se rend le 14 nivôse an XII au cantonnement de Saintes, puis au camp de Saint-Omer.

Delaage, légionnaire le 15 pluviôse an XII, officier de l'Ordre le 25 prairial suivant, et attaché, le 13 ventôse an XIII, à la réserve des camps sur les côtes, sert dans le 5e corps de la Grande Armée en Autriche, en Prusse et en Pologne, pendant les ans XIV, 1806 et 1807, se trouve à Wertingen, à Ulm, à Hollabrunn et à Austerlitz, où le maréchal Lannes le charge d'aller rendre compte à Napoléon Ier de la position du 5e corps, à la suite d'un mouvement des Russes. Il est aussi à l'affaire de Saalfeld et à la bataille d'Iéna, au combat de Pułtusk, le 26 décembre 1806, pendant lequel le général Treilhard ayant été blessé, Delaage prend le commandement provisoire de la division, avec laquelle il poursuit les Russes dans leur retraite sur Ostrołęka et leur prend des caissons, des bagages et 160 traînards : puis, à l'affaire en avant de Tikoczin, deux régiments français de cavalerie légère se trouvant ramenés par des forces très supérieures, il charge si impétueusement les Russes avec le 21e régiment de chasseurs, qu'il arrête leur poursuite et dégage plusieurs officiers entourés par les Cosaques.

Créé baron de l'Empire dans le cours de 1808, il prend au mois d'octobre de la même année le commandement de la cavalerie du 5e corps de l'armée d'Espagne. Il se distingue l'année suivante au siège de Saragosse et à la bataille d'Ocaña, et est cité honorablement dans les rapports des maréchaux Lannes, Soult, Mortier et Suchet.

Mis en disponibilité pour cause de santé le 21 mai 1811, à peine rétabli, un ordre du 12 janvier 1812 lui prescrit de se rendre à Mayence pour y remplir les fonctions de chef d'état-major de la 1re division du 3e corps, avec lequel il fait la campagne de Russie sous les ordres du maréchal Ney.

Chargé de l'attaque de Krasnoë le 2 août, et d'enlever les deux ouvrages qui flanquent l'enceinte de Smolensk le 17 du même mois, il s'apprête à la bataille de la Moskowa, à prendre avec une brigade deux redoutes au centre de la ligne des Russes, lorsque deux graves blessures le contraignent à se retirer sur les derrières de l'armée. Un décret rendu à Moscou le 18 octobre le nomme général de brigade. À sa rentrée en France, il est chargé le 17 juin 1813, du commandement du Calvados.

Conservé dans cet emploi à la paix de 1814, et successivement chevalier de Saint-Louis le 29 juillet, et commandeur de la Légion d'honneur. Le 14 février 1815, il est mis en non-activité à dater du 1er de ce même mois. Napoléon à son retour, lui confie le commandement du département des Deux-Sèvres, où des troubles viennent d'éclater. Ses efforts pour éviter cette nouvelle guerre civile ne sont pas complètement vains : il réprime quelques manifestations qui ont lieu à Thouars le 19 juin. Après la signature de l'acte de pacification, le général Delaage, ayant remis à M. d'Autichamp son commandement sur la rive gauche de la Loire, retourne dans le département des Deux-Sèvres, où il reçoit le 8 août l'ordre de se retirer dans ses foyers.

Compris comme disponible dans le cadre de l'état-major général le 30 décembre 1818, et mis prématurément à la retraite le 30 août 1826, la révolution de 1830 se rappelle ses loyaux services et l'emploie dans le département de Maine-et-Loire dès le 19 août. Placé par son âge dans le cadre de disponibilité le 22 avril 1831, il est admis à la retraite par l'ordonnance du 5 avril 1832.

Il consacre les dernières années de sa vie à sa passion pour les roses. Il obtient 31 variétés de roses, dont « Assemblage de beautés », « La clochette », « Eglantine Amélie » qui sont toujours commercialisées.

Le général Delaage est mort à Angers le 22 décembre 1840.

Bibliographie[modifier | modifier le code]