Anne-François-Charles Trelliard

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Anne-François-Charles Trelliard
Portrait en médaillon du général Anne-François-Charles Trelliard, vers 1815.
Portrait en médaillon du général Anne-François-Charles Trelliard, vers 1815.

Naissance
Parme, Italie
Décès (à 68 ans)
Charonne, Seine
Origine Drapeau de la France France
Allégeance France
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 17801832
Conflits Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Distinctions Comte de l'Empire
Commandeur de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 11e colonne
Famille Jacques Desjardin, son beau-frère
Signature de Anne-François-Charles Trelliard

Anne-François-Charles Trelliard est un général français de la Révolution et de l'Empire, né le à Parme en Italie et mort le à Charonne près de Paris. Entré dans l'armée royale en tant que cadet gentilhomme en 1780, il se bat en Allemagne et en Hollande pendant les guerres révolutionnaires et accède au grade de général de brigade en 1799. Il dirige une brigade de cavalerie à Austerlitz lors de la campagne de 1805 et participe également aux batailles de Saalfeld, Iéna et Pultusk au cours de la campagne de Prusse et de Pologne (1806-1807).

Transféré dans la péninsule espagnole en 1808, Trelliard prend le commandement d'une division de dragons avec laquelle il prend part à la troisième invasion napoléonienne au Portugal de 1810 à 1811. Il est à la tête de ses dragons lors du combat de Majadahonda en 1812 puis à la bataille de Vitoria et dans les Pyrénées l'année suivante. Sa division est ensuite redéployée au nord-est de la France pour être engagée dans la dernière et futile campagne de Napoléon en 1814. Après avoir rallié l'Empereur durant les Cent-Jours, il est chassé de l'armée par les Bourbons. Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris. Officier très capable, il est considéré comme l'un des meilleurs généraux de cavalerie de l'armée d'Espagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière sous l'Ancien Régime et la Révolution[modifier | modifier le code]

Anne-François-Charles Trelliard[1] est né le 7 février 1764 et baptisé le 9 février à Parme en Italie. Il est le fils de François Trelliard, issu d'une famille noble. Son parrain est François-Charles de Rochechouart et sa marraine Anne Malaspina della Bastia, dame d'honneur d'Élisabeth de France, fille de Louis XV[2]. Le 6 novembre 1780, il s'engage dans le régiment des dragons de la Reine en tant que cadet gentilhomme. Son avancement est lent : sous-lieutenant en 1785, il devient lieutenant en second en 1788, lieutenant subalterne en 1789 et enfin lieutenant en premier en 1791. La Première Coalition se déclare l'année suivante et les promotions s'accélèrent alors pour le jeune officier qui devient capitaine au 3e régiment de chasseurs à cheval le 6 août. Après avoir combattu aux armées de Champagne, de Belgique et du Nord, Trelliard accède au grade de chef d'escadron du 11e chasseurs à cheval le 7 avril 1793, avant d'être nommé chef de brigade (colonel) du régiment le 1er septembre 1794 et de combattre au sein des armées de la Moselle et de Sambre-et-Meuse. Le 22 octobre, près de Coblence, il met en déroute une force de cavalerie ennemie supérieure en nombre et lui inflige 200 pertes[3].

L'historien Charles Mullié indique que Trelliard sert à l'avant-garde de l'armée du général Moreau durant le blocus de Mayence[4]. Toutefois, une autre source mentionne la présence du 11e chasseurs dans la division du général Marceau qui participe à l'inutile blocus de la forteresse d'Ehrenbreitstein du 15 septembre au 17 octobre 1795[5]. Le colonel Trelliard capture 2 500 hommes en avant de Bad Kreuznach, puis s'empare de plusieurs redoutes et fait 2 000 prisonniers au cours de la bataille de Neuwied le 18 avril 1797[4]. Le 10 septembre 1799, il est élevé au grade de général de brigade[6]. Il commande peu après la cavalerie des troupes d'occupation en République batave. Membre de la Légion d'honneur le 11 décembre 1803, il est fait commandeur de l'ordre le 14 juin 1804[4].

Général de l'Empire[modifier | modifier le code]

Le 10e hussards à la charge, par Richard Knötel. Ce régiment fait les campagnes de 1805 à 1806 au sein de la brigade Trelliard.

Trelliard inaugure sa carrière sous l'Empire en commandant la cavalerie légère du Ve corps du maréchal Lannes au début de la Troisième Coalition[7]. Il mène ainsi au feu les 9e et 10e hussards lors de la bataille de Wertingen le 8 octobre 1805[8] où il fait 800 prisonniers et capture trois pièces d'artillerie[4]. Au cours de la bataille d'Austerlitz le 2 décembre, Trelliard, qui a sous ses ordres les 9e et 10e hussards ainsi que les 13e et 21e chasseurs à cheval, combat sur l'aile gauche aux côtés de Lannes[9].

Commandant les neuf escadrons des 9e et 10e hussards et du 21e chasseurs au début de la guerre de la Quatrième Coalition[10], Trelliard participe à la bataille de Saalfeld contre les Prussiens le 10 octobre 1806. Pendant l'action, le maréchal des logis Guindey du 10e hussards tue le prince Louis-Ferdinand de Prusse en combat singulier. Sa brigade est également présente à la bataille d'Iéna le 14 octobre[11] ainsi qu'à la bataille de Pultusk le 26 décembre où Lannes poste sa cavalerie sur son aile droite. La brigade Trelliard entreprend d'attaquer un groupe de hussards russes mais ces derniers démasquent au dernier moment une batterie embusquée qui inflige des pertes sérieuses aux Français[12]. Trelliard est grièvement blessé au cours de l'action. Le 30 du même mois, il est nommé général de division[4].

L'Empereur l'autorise à se rendre en France pour s'y rétablir de ses blessures et pour être employé ensuite à l'inspection des dépôts de cavalerie. En août 1808, il commande les troupes à cheval réunies à Pau[4]. Le général commande ensuite successivement les dépôts de cavalerie de Vitoria et d'Aranda et sert un temps comme gouverneur de la province de Alava de novembre à décembre 1808. Il est rappelé à l'armée d'Allemagne en mai 1809 et est affecté au commandement du dépôt de cavalerie de Mautern. Fait baron de l'Empire le 9 mars 1810, il retourne dans la péninsule Ibérique où il prend la tête de la 2e division de dragons attachée à l'armée du Portugal. Cette dernière, forte de trois brigades sous les généraux Lorcet, Cavrois et Gardanne, aligne près de 3 500 hommes répartis en vingt-deux escadrons[13]. Lors de l'invasion du Portugal en septembre 1810, Trelliard dirige une force de couverture composée de quatre régiments de dragons lors du siège de Ciudad Rodrigo[14]. Le caractère particulier de cette campagne, face à un adversaire difficilement saisissable, oblige ses cavaliers à remplir des missions d'éclairage, de reconnaissance et de lutte anti-guérilla. La division Trelliard est placée à l'avant-garde[15], mais après la bataille de Buçaco, le maréchal Masséna ordonne au général Montbrun de remplacer Trelliard au commandement de l'avant-garde et confie à ce dernier la direction de la réserve de cavalerie[16].

En novembre 1810, il commande un détachement spécial formé de deux régiments de dragons et d'un contingent d'infanterie, avant d'évoluer en février 1811 à la tête d'une division de cavalerie séparée du corps de Montbrun. Lors de l'évacuation du Portugal par les Français, il assiste l'arrière-garde du maréchal Ney avec trois régiments de dragons le 10 mars, la veille du combat de Pombal[17]. L'attrition a provoqué des pertes importantes et en avril 1811, la division Trelliard ne compte plus que 2 500 hommes en état de combattre[18]. Envoyé dans la Manche, il prend le commandement de cette province et celui de la 4e division de dragons, avec laquelle il disperse les nombreux corps de guérillas qui infestent alors ces contrées. Le 16 janvier 1812, il écrase les troupes espagnoles du général Pablo Morillo lors de la bataille d'Almagro, le chasse de la province et lui fait un grand nombre de prisonniers. Le 1er janvier 1814, il reçoit l'ordre de se porter en Champagne avec la division de cavalerie qu'il commande. Le 17 février, il arrive à Nangis au moment où une action s'engage : à Valjouan, il charge impétueusement l'avant-garde russe avec ses dragons, la culbute, lui prend 16 pièces de canon, fait 5 000 prisonniers et la poursuit jusqu'à Provins. À Arcis-sur-Aube, il soutient la retraite du maréchal Oudinot sous le feu de l'artillerie ennemie. Il est fait comte de l'Empire le 21 avril 1814.

Restauration[modifier | modifier le code]

Nommé lieutenant général des armées du roi, puis gouverneur de Belle-Île-en-Mer durant les Cent-Jours au mois de juin 1815, il est mis à la retraite le pendant la Seconde Restauration. Il est ensuite placé dans les cadres de réserve le . Le général Trelliard est réadmis à la retraite le et meurt dans sa maison de Charonne, en Île-de-France, le 14 du même mois. Il est inhumé dans le cimetière du Père-Lachaise (31e division)[19].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Dotation[modifier | modifier le code]

  • Donataire d'une rente de 4 000 francs sur Rome par décret du .

Armoiries[modifier | modifier le code]

  • Armes anciennes de la famille Treillard (Dauphiné) : d'azur au lion passant d'argent, au chef cousu d'or chargé de trois roses de gueules.
  • Armes de François Trelliard, baron de Cutry : d'azur à deux chevrons d'or accompagnés en chef de deux étoiles du même, et en pointe d'un croissant entre cinq étoiles 2, 2 et 1, le tout aussi d'or.
  • Armes de Charles Trelliard, baron de l'Empire : d'azur au sautoir d'argent chargé en abîme d'une tête de lion arrachée de sable, allumée et lampassée de gueules ; au franc-quartier brochant des barons militaires[20].
  • Armes de Charles Trelliard, comte de l'Empire : d'azur au sautoir d'argent chargé en abîme d'une tête de lion arrachée de sable, allumée et lampassée de gueules ; au franc-quartier brochant des comtes militaires.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Son nom peut également s'écrire « Treillard » voire « Treilliard ». L'orthographe « Treilhard » correspond le plus souvent à une corruption du nom, par confusion avec une possible branche brivoise (cf. Jean-Baptiste Treilhard.), mais dont le lien n'est pas encore avéré.
  2. « Trelliard, Anne-François-Charles », sur Base Léonore (consulté le 24 janvier 2017).
  3. Mullié 1852, p. 556 et 557.
  4. a, b, c, d, e et f Mullié 1852, p. 557.
  5. Smith 1998, p. 105 et 106.
  6. (en) Tony Broughton, « French Chasseur-a-Cheval Regiments and the Colonels Who Led Them 1791-1815: », sur The Napoleon Series,‎ (consulté le 24 janvier 2017).
  7. Chandler 1966, p. 1103.
  8. Smith 1998, p. 203.
  9. Duffy 1977, p. 181.
  10. Chandler 2005, p. 36.
  11. Smith 1998, p. 223 et 224.
  12. Petre 1993, p. 95 et 98.
  13. Burnham 2008, p. 219.
  14. Horward 1973, p. 67.
  15. Burnham 2008, p. 219 et 220.
  16. Horward 1973, p. 211.
  17. Horward 1973, p. 243, 364 et 434.
  18. Burnham 2008, p. 220.
  19. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, (lire en ligne).
  20. Il est à noter que ces armes présentent une similitude avec celles de la famille Nicolas qui sont d'azur au sautoir d'argent chargé en cœur d'une tête de lion arrachée de gueules, au lambel à trois pendants de même, brochant sur le tout, et qui révèlent une pratique répandue à l'époque, en Lorraine, visant la transmission d'armoiries plus ou moins modifiées quant aux détails, dans un certain nombre de familles issues indirectement d'une souche unique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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