Grande synagogue de Lyon

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Star of David.svg Synagogue de Lyon Logo monument historique - rouge ombré sans texte.svg
Image illustrative de l'article Grande synagogue de Lyon
Façade sur le quai Tilsitt, vue depuis le quai Fulchiron.
Présentation
Culte Judaïsme
Type Synagogue
Rattachement Consistoire de Lyon
Début de la construction 1863
Fin des travaux 1864
Architecte Abraham Hirsch
Style dominant Néo-byzantin
Protection Logo monument historique Classé MH (1984)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Métropole de Lyon
Ville Lyon
Coordonnées 45° 45′ 26″ N 4° 49′ 40″ E / 45.7571, 4.827745° 45′ 26″ Nord 4° 49′ 40″ Est / 45.7571, 4.8277

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 Synagogue de Lyon

La grande synagogue de Lyon est un édifice religieux juif français, situé à Lyon dans la métropole de Lyon, en région Rhône-Alpes.

Présentation[modifier | modifier le code]

Situé au 13, quai Tilsitt dans le 2e arrondissement de Lyon, l'édifice est construit de 1863 à 1864 dans un style néo-byzantin par le jeune architecte juif Abraham Hirsch. Il est inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis 1984.

Historique[modifier | modifier le code]

La construction[modifier | modifier le code]

Au début du XIXe siècle, les juifs de Lyon sont peu nombreux et leur communauté est initialement rattachée au consistoire de Marseille. Devant l'accroissement de la population juive, un rabbinat communal est constitué le . Un premier lieu de prière, situé dans une salle louée rue Écorche-Bœuf (actuellement dénommée rue Port-du-Temple), sera remplacé à l'expiration de son bail, par un appartement rue Bellecordière, puis le est inauguré un temple rue du Peyrat (aujourd'hui rue Antoine de Saint-Éxupéry).

Le , l'empereur Napoléon III, par décret, crée un consistoire régional regroupant les communautés des départements du Rhône, de la Loire, de l'Isère, de l'Ain, du Jura, de Saône-et-Loire et du Doubs. Le , le premier grand-rabbin régional prend ses fonctions et le 5 décembre de la même année, le consistoire adopte ses statuts.

Le , un nouveau temple ouvre place Bellecour dans une salle louée, mais la communauté désire construire une synagogue qui puisse dignement la représenter. Le , le consistoire sollicite auprès du sénateur Claude-Marius Vaïsse, préfet de Lyon, un terrain afin d'y construire une synagogue. Le , la ville de Lyon propose à la communauté un terrain situé au Jardin des Plantes, montée des Carmélites dans le 1er arrondissement. La commission de construction, spécialement créée le pour gérer le projet de construction de la synagogue émet un avis défavorable quant à l'emplacement proposé par la mairie et suggère le domaine des douanes situé quai Tilsitt qui lui est refusé.

Plan d'architecte : à gauche, la façade sur cour, à droite la façade sur rue. Lithographie de Lebel d'après Abraham Hirsch

Le , Joseph Kippenheim est élu président du consistoire. Il propose un lieu de culte provisoire, la salle des Monnaies. Le 28 mars suivant, la municipalité offre un terrain situé quai Tilsitt, l'ancien grenier à sel, de 19 mètres de façade et d'une superficie de 759 m² en échange du terrain du Jardin des Plantes, moyennant une soulte de 25 000 francs. Les travaux sont confiés au jeune architecte juif Abraham Hirsch (1828-1913) qui deviendra plus tard l'architecte officiel de la ville de Lyon[1],[2]. Les travaux sont estimés à environ 1 175 000 francs, et le 10 avril, le consistoire émet des obligations pour obtenir cette somme.

Le , a lieu la pose de la première pierre, et l'inauguration officielle en présence des autorités civiles, militaires et des représentants des autres religions se déroule le .

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1941, la synagogue devient le siège local de'l'Ugif avant que cette dernière soit transférée à la montée des Carmélites[3].

La ville de Lyon reçoit un flux important de réfugiés juifs venant de toute la France. La synagogue n'est fermée que deux mois pendant l'été 1944, après la déportation du grand-rabbin de Lyon Bernard Schonberg.

Le vendredi , alors que l'office du soir a commencé depuis vingt minutes, l'officiant entonne le cantique Lekha Dodi et, comme le veut la tradition se retourne ainsi que les fidèles en direction de la porte pour accueillir le chabbat. À ce moment-là, deux grenades sont lancées dans la synagogue par des individus réussissant à s'enfuir en voiture. Le fait qu'il n'y ait que huit blessés légers s'explique par la position des fidèles au moment de l'attentat. Les agresseurs ne seront jamais identifiés[4].

Le , la milice française pénètre dans la synagogue et arrête toutes les personnes présentes. Le secrétaire du consistoire et le premier ministre officiant sont arrêtés, ainsi que le concierge et sa femme ainsi que la femme de ménage. Toutes les personnes arrêtées ce jour là sont d'abord internées à la prison Montluc avant d'être transférées le 30 juin au camp de Drancy, puis déportées à Auschwitz le 31 juillet suivant.

Dans son témoignage du , Eugène Weill mentionne que quand il se rendit à la synagogue le , jour de la libération de Lyon :

« la synagogue [se trouve] dans un état abominable, la salle du temple a servi de local de beuverie aux miliciens, les plaques commémoratives des soldats tués pendant la première guerre, ont servi de cibles, les rouleaux de la Torah également, il y a encore des douilles sur le sol, lustres, chaises et bancs ont été saccagés, les livres de prières éparpillés[5]. »

À la Libération, le rabbin David Feuerwerker devient le grand-rabbin de Lyon et le demeure pendant deux ans. Il abolit l'usage de l'orgue dans la synagogue lors des offices du Chabbat et des jours de fêtes. Il célèbre, entre autres, le mariage des parents du futur et actuel grand-rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag.

Travaux de restauration[modifier | modifier le code]

La grande synagogue, comme la basilique Notre-Dame de Fourvière, édifiée entre 1872 et 1884, a bénéficié de nombreuses avancées technologiques de la fin du XIXe siècle, dont certaines encore mal maîtrisées à l'époque. Le bâtiment se dégrade rapidement et des infiltrations d'eau sous les voûtes et dans les nefs latérales menacent de desceller les pierres de l'édifice. Une première tranche de travaux, de mise en sécurité du bâtiment, est estimée à 400 000 euros[6]. Pour cela, le consistoire, sous la présidence de Marcel Dreyfus, fait appel à la ville de Lyon, ainsi qu'à la région et aux départements. Il compte aussi sur la générosité de ses donateurs et sur le produit de plusieurs ventes aux enchères.

Lors de la séance du , le conseil municipal attribue une subvention de 90 197 euros, correspondant à 50 % des travaux de couverture-zinguerie) et 50 % des travaux de réfection de la façade sur le quai[7]. Cette délibération est confirmée par celle du 23 juin suivant approuvant la convention d’objectifs et de moyens et définissant les obligations respectives de la ville de Lyon et de l’Association cultuelle israélite ainsi que les modalités d’octroi de la subvention[8].

De nos jours[modifier | modifier le code]

Le consistoire lyonnais, situé dans les bâtiments annexes de la synagogue est la plus ancienne institution juive de Lyon et coordonne les activités éducatives et culturelles des différentes synagogues de la région Rhône-Alpes-Centre. Elle est aussi responsable de nombreuses actions sociales d'aides aux personnes nécessiteuses et malades. Il y a actuellement à Lyon, environ 40 000 Juifs et 35 synagogues ou oratoires, recouvrant toutes les tendances du judaïsme français.

En 2015, le Grand rabbin régional est Richard Wertenschlag, Nissim Malka, le rabbin de la synagogue et Gilles Kahn, le hazzan (chantre).

La façade du bâtiment sur la cour
L'Arche sainte et la Bimah
La galerie des femmes
Vue générale de l'intérieur

Architecture[modifier | modifier le code]

La synagogue se compose de deux bâtiments, l'un dont la façade donne sur le quai Tilsitt, d'une surface de 160 mètres carrés, et l'autre d'une surface de 550 mètres carrés, en retrait, séparé du premier bâtiment par une petite cour de 120 mètres carrés de surface. Le bâtiment sur rue, dont rien ne révèle le caractère religieux, accueille les bureaux du consistoire, les bureaux du Grand-Rabbin et du rabbin, un petit oratoire pour les offices durant la semaine ainsi qu'une salle de conférence et des salles de cours pour le Talmud Torah. On accède au bâtiment sur cour, en passant par un porche situé en dessous du premier bâtiment, fermé par une grille en fer forgé.

Un petit vestibule, ouvert sur la cour par trois arches à arc plein cintre, permet d'accéder à la salle de prières par trois portes en bois. Cette grande pièce rectangulaire est divisée en trois parties, la nef centrale de la hauteur du bâtiment, et de chaque côté les collatéraux, plus bas, séparés de la nef centrale par douze colonnes rappelant les douze Tribus d'Israël. Chacune des colonnes est surmontée d'un chapiteau de style différent corinthien ou composite. De chaque côté, au-dessus des collatéraux, ainsi qu'au-dessus du vestibule d'entrée, se trouve la galerie réservée aux femmes avec balustrades à colonnettes en pierre.

Au centre de la nef centrale, s'élève la coupole, peinte en bleu, supportée par un tambour percé de seize fenêtres à arc plein cintre, apportant une lumière naturelle à la salle. À l'extrémité de la nef centrale, vers l'est, se trouve une abside semi-circulaire où est située l'Arche sainte en bois sculpté, contenant les rouleaux de Torah. La porte de l'Arche est cachée par un paro'het (rideau) en velours vert brodé. L'abside est surmontée d'une petite coupole peinte aussi en bleu avec en son centre un vitrail. La Bimah en bois surmonté d'un dais en tissus porté par quatre piliers en bois, est située juste devant l'Arche.

Au-dessus de la porte d'entrée, au deuxième étage, l'orgue à buffet en bois est très endommagé et nécessite une profonde restauration. C'est l'ancien orgue de la basilique Saint-Martin d'Ainay, vendu en 1864 à la synagogue lors de sa construction[9].

La synagogue comprend 320 stalles en bois au rez-de-chaussée réservées pour les hommes et 235 dans la galerie au premier étage pour les femmes.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Œuvres d'Abraham Hirsch à Lyon
  2. Œuvres d'Abraham Hirsch, architecte communal
  3. Pascal Ory, Voyage dans la France occupée, Place des éditeurs, 279 p. (ISBN 9782258114753, lire en ligne)
  4. « Des Shabathoth qu'on n'oublie pas! » par Alain Kahn, sur judaisme.sdv.fr
  5. Sac de la synagogue par Dorot association d'histoire
  6. Article paru dans Lyon Capitale du 21 avril 2008
  7. Délibération du conseil Mmnicipal du 14 janvier 2008
  8. Délibération du conseil municipal du 23 juin 2008
  9. « Notice no PM69001236 », base Palissy, ministère français de la Culture, « Notice no PM69000892 », base Palissy, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]