Synagogue de Neuilly

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Synagogue de Neuilly
Vue générale de la synagogue
Vue générale de la synagogue
Présentation
Culte Juif
Type Synagogue
Début de la construction 1877
Fin des travaux 1878
1937
Architecte Émile Ulmann
Germain Debré et Julien Hirsch
Style dominant Néo-byzantin
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Coordonnées 48° 52′ 51″ nord, 2° 16′ 06″ est

Géolocalisation sur la carte : Île-de-France

(Voir situation sur carte : Île-de-France)
Synagogue de Neuilly
Synagogue de Neuilly
La synagogue de Neuilly lors d'une manifestation pour la libération de Guilad Shalit. On reconnaît la façade du XIXe siècle sur la rue Jacques Dulud, à gauche, et celle du XXe siècle à droite, sur la rue Ancelle.
Entrée originelle de la synagogue, sur la rue Jacques Dulud
Le rabbin Michaël Azoulay (à droite) lors de son intronisation au côté du grand rabbin de France Gilles Bernheim à la synagogue de Neuilly, le 13 septembre 2009
Le vitrail au-dessus de la tebah

La synagogue de Neuilly-sur-Seine, située au 12 rue Ancelle, qui date de 1878, est la plus vieille synagogue de la banlieue parisienne.

Début de la présence juive à Neuilly : le Refuge[modifier | modifier le code]

Le premier bâtiment significatif de la présence juive à Neuilly est la « Maison de refuge pour l'enfance israélite », un foyer créé en 1866 par Coralie Cahen[1] qui accueille aussi des prostituées et leurs enfants. D'abord situé à Romainville puis à Neuilly, boulevard Eugène (aujourd'hui, boulevard Victor Hugo)[2], il est déplacé en 1883 au 19, boulevard de la Saussaye, où il existera jusque dans les années 1980. Plus connu sous le nom abrégé de « Refuge », il abrita de nombreux jeunes juifs isolés, sans famille, après la seconde guerre mondiale puis après l'indépendance de l'Algérie.

La synagogue[modifier | modifier le code]

Dès 1869, il existe une communauté installée dans un appartement au 15 de la rue Louis-Philippe. Le président, Godchaux Oulry, originaire de Lorraine, parvient à réunir les fonds nécessaires à la construction d'une synagogue. L'architecte en est Émile Uhlmann prix de Rome[3], qui choisit un style néo-byzantin. L'inauguration peut avoir lieu en 1878.

Le premier rabbin de Neuilly, en 1888, est Simon Debré, le père du professeur Robert Debré et le grand-père du premier ministre du général de Gaulle, Michel Debré.

La communauté se développe jusqu'à la Seconde Guerre mondiale et en 1937 son agrandissement fut confié aux architectes Germain Debré et Julien Hirsch (architecte).

Comme pour toutes les communautés juives, la guerre est désastreuse, même si la synagogue reste ouverte durant toute la durée de la guerre[4] . Le rabbin Robert Meyers et son épouse née Suzanne Bauer sont arrêtés en Haute-Savoie à Annemasse où ils étaient réfugiés et déportés en 1943 à Auschwitz. Une plaque à l'extérieur de la synagogue commémore toutes les déportations de Juifs neuilléens et une autre, l'action courageuse des Justes parmi les Nations de Neuilly. Rue Édouard Nortier, une autre plaque rappelle les noms des 17 enfants âgés de 3 à 11 ans, abrités dans une ancienne clinique tenue par des Sœurs, raflés le 25 juillet 1944, déportés et assassinés par les Nazis[5].

La renaissance après la guerre est difficile. Il faut citer les efforts du rabbin David Feuerwerker (il est le rabbin de 1946 à 1948) pour créer un cercle d'études et un cercle de jeunes. Le rabbin René Kapel lui succède pendant un an (1948-1949). En 1949, le rabbin Édouard Gourévitch, qui s'est distingué par son engagement au sein de la Résistance[6], poursuit l'œuvre de ses prédécesseurs. Les premiers fidèles sefardim arrivent dans les années 1960 et au début des années 1970, la communauté séfarade algéroise de l'Oratoire d'Auteuil à l'ENIO fusionne avec la communauté de Neuilly qui se dote de deux co-présidents, Isidore Frankforter et Joseph Aïm, tandis que de nombreux fidèles de la synagogue de la rue Saint-Lazare rejoignent la communauté de Neuilly[7]. L'apport séfarade devient alors déterminant : les offices deviennent plus nombreux et plus fréquentés, l'orgue et le chœur disparaissent, les femmes regagnent la galerie supérieure. Le hazzan ashkénaze, Marcel Papier, prend sa retraite et est remplacé par Michel Abib[7] dont le successeur est en 1980 Maurice Abourmad[8].

À partir de 1975, le rabbin Jérôme Cahen et son épouse relancent l'activité communautaire en se tournant résolument vers la jeunesse[9].

En 1978, le centenaire de la synagogue est célébré en présence des autorités et de l'ancien premier ministre Michel Debré.

Le rabbin Alexis Blum succède à Jérôme Cahen, décédé en 1988.

Après la fondation en 1999 de l'Université Juive Européenne fondée par le grand rabbin René-Samuel Sirat et le rabbin Claude Sultan au 11, rue Ancelle, le centre culturel Jérôme Cahen est créé dans l'immeuble mitoyen de la synagogue en 2004.

En 2009, le rabbin Michaël Azoulay, membre du Comité consultatif national d'éthique de 2008 à 2013, succède au grand rabbin Alexis Blum.

Rabbins[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sous la direction de Sylvie Zenouda, La Synagogue de Neuilly-sur-Seine, 120 ans d'histoire d'une communauté, (ISBN 2-9515255-0-8)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Coralie Cahen, née Lévy », AFMEG (consulté le 23 novembre 2008)
  2. « Rapports du jury international de l'exposition universelle de 1900 », Conservatoire National des Arts et Métiers) (consulté le 24 novembre 2008)
  3. Site du ministère de la Culture
  4. Témoignage d'André Weyl, qui habitait la synagogue durant la guerre, en tant que fils du gardien, dans la revue de la communauté Neuilly Paris Ouest, décembre 2012
  5. Limor Yagil, « Chrétiens et Juifs sous Vichy, 1940-1944: sauvetage et désobéissance civile, page 526 », sur Google Books, Les Éditions du Cerf,‎ (ISBN 2-204-07585-X)
  6. Zenouda 2000, p. 240
  7. a et b Zenouda 2000, p. 206
  8. Zenouda 2000, p. 247
  9. Zenouda 2000, p. 242
  10. « Biographie et bibliographie du grand rabbin Alexis Blum » (consulté le 27 juillet 2010)
  11. La biographie de Michaël Azoulay, naguère présente sur le site du CCNE indiquait : Scolarité et études de droit à Nice, à l’exception de deux années passées dans un lycée français en Israël. A ensuite mené ses études rabbiniques au Séminaire Israélite de France jusqu’à l’obtention de son diplôme de rabbin. Après un premier poste à Nice (1 an), a exercé sept années à La Varenne Saint-Maur. C’est à cette époque que Michaël Azoulay intègre la Commission de bioéthique du Consistoire de Paris et qu’il est ainsi amené à se spécialiser dans les questions de bioéthique.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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