Grane

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Grane
L'hôtel de ville
L'hôtel de ville
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Die
Canton Crest
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Drôme
Maire
Mandat
Muriel Paret
2014-2020
Code postal 26400
Code commune 26144
Démographie
Population
municipale
1 858 hab. (2014)
Densité 41 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 43′ 56″ nord, 4° 55′ 21″ est
Altitude Min. 113 m – Max. 505 m
Superficie 44,84 km2
Localisation

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Grane (souvent fautivement et non officiellement écrite Grâne : voir l'étymologie) est une commune française située dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

En rive gauche de la Drôme, Grane semble se cacher en tournant le dos à la vallée. De la grande route, on n’en voit que les quartiers les plus récents. Le vieux village, lui, ne se laisse deviner que lorsqu’on arrive vers le Champ de Mars. Au-dessus des dernières maisons, un sentier conduit aux Trois-Croix. De là, on domine tout le village et les ruines de son château. Grane correspond à un habitat collectif de hauteur, regroupé au pied d’un château (site «castral»). Dans le sud-est de la France, un village sur deux appartient à ce type, et les villages perchés du Val de Drôme constituent un exemple remarquable de ce vaste ensemble.

Dans le monde romain antique, l’habitat rural est éparpillé dans la campagne. Aux XIe siècle et XIIe siècle, l'habitat se regroupe et se perche. Pendant longtemps les historiens ont attribué le phénomène de se percher à la nécessité de se défendre contre les invasions. Mais l’Histoire montre que ces forteresses étaient, dans les guerres féodales, souvent prises voire détruites, et auraient mal résisté à des envahisseurs. En fait, les seigneurs locaux auraient aussi cherché à rassembler la population pour mieux prélever leur part des produits de la terre et établir certains monopoles comme le four ou le moulin.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Grane
Livron-sur-Drôme Allex Eurre
Loriol-sur-Drôme Grane Chabrillan
Cliousclat
Mirmande
Marsanne La Roche-sur-Grane
Roynac

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de Grane (Grana sur un document de 1163) vient du dieu gaulois Grannos, dieu guérisseur associé aux sources thermales et minérales, représenté barbu et moustachu. Son nom signifie d'ailleurs "Le Barbu". Ce nom se retrouve dans celui de la rivière qui arrose le village : la Grenette. La ville de Grand, dans les Vosges, et Granéjouls (hameau de Cahuzac-sur-Vère), dans le Tarn sont de même origine. Aix-la-Chapelle (Allemagne) s'appelait autrefois "Aquae Granni".

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Des silex et outils témoignent d'une occupation à l'époque préhistorique. Deux villas gallo-romaines ont été localisées près de la route de Loriol : de nombreux vestiges y ont été trouvés, en particulier un dolium (grande urne à provisions) visible à l'IME de Val Brian.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, Grane faisait partie du comté de Valentinois-Diois.

Son château était une des résidences favorites des comtes de Poitiers qui y conservaient leurs archives et leur trésor. Grane est à plusieurs reprises dévastée par les guerres seigneuriales, les pillages des grandes compagnies et les épidémies. Le 2 août 1416, dans le château de Grane, le dernier comte Louis II de Poitiers, sans héritier mâle légitime, est pris en otage pendant quinze jours par ses cousins, le seigneur de Saint-Vallier et l'évêque de Valence, qui le contraignent à signer un testament en leur faveur. Libéré, le vieux comte essaie d'annuler cette donation en se remariant, mais il n'a pas d'enfants.

Le pape finit par casser le testament signé sous la contrainte. Ce n'est qu'en 1447, près d'un siècle après le Dauphiné, que les comtés seront rattachés par Louis XI à la France.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1548, Henri II donne Grane et les comtés à sa favorite Diane de Poitiers. Les guerres de religion y sèment la dévastation.

Pendant les guerres de religion, la ville est prise par l'armée royale : la ville est pillée, les hommes s'enfuient et les femmes sont violées[1].

En 1642, Louis XIII cède le Valentinois au prince de Monaco. Les Grimaldi sont de grands seigneurs qui vivent à la Cour de Versailles. Leur châtelain à Grane y a pouvoir de basse justice et veille à la rentrée des impôts et redevances. D'autres seigneurs vassaux possèdent de vastes domaines, en particulier les Chabrières de la Roche qui résident dans le nouveau château au bas du village. L'église Saint Jean-Baptiste se trouvait à l'emplacement de l'Hôtel de Ville actuel et de la placette accolée au clocher.

Jusqu'en 1790, Grane était une communauté de l'élection de Montélimar, subdélégation de Crest, dont les causes étaient jugées, en premier ressort, par la sénéchaussée de cette dernière ville. C'était encore une paroisse du diocèse de Valence, dont l'église était sous le vocable de saint Jean-Baptiste et dont les dîmes appartenaient, pour moitié au prieur de Notre-Dame-d'Andéat, 1/4 au prieur de Saint-Domnin et 1/4 à celui de Beaune (quartier de la commune). Terre patrimoniale des comtes de Valentinois qui y avaient une de leurs résidences, et qui donnèrent en 1370 une charte de libertés municipales à ses habitants, Grane, étant entré dans le domaine delphinal en 1419, fut compris dans la dotation de Diane de Poitiers. Recouvré ensuite par le domaine, il fut donné pour dix ans à Benoît Théocrène, précepteur des enfants du roi, en 1560, et viagèrement possédé par Gordes de 1570 à 1578. Aliéné en 1593 moyennant finance au profit de David Reynier, il a finalement fait partie jusqu'à la Révolution du duché de Valentinois érigé en 1642 pour les princes de Monaco.

Révolution française[modifier | modifier le code]

Sous la Révolution, les Granois participent aux premières fédérations françaises organisées dans notre région ainsi qu'au siège de Toulon sous le commandement du lieutenant Bonaparte. Un arbre de la liberté est planté devant l'église.

En 1792, l'avocat grenoblois Duchesne achète le château et son domaine. Il sera député sous le Directoire et président du Tribunat sous le Consulat.

En 1790, Grâne fut compris dans le canton de Chabrillan, mais il est entré dans celui de Crest-Sud à la réorganisation de l'an VIII.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Grane au XIXe siècle.

Le XIXe siècle voit le triomphe, puis le déclin de la sériciculture et de l'industrie de la soie. Grane compte quatre "fabriques". Sa population dépasse les 2 000 habitants en 1851.

À la suite du coup d'État de Louis-Napoléon, le 2 décembre 1851, plusieurs centaines de Granois, poussés par la misère et la colère, s'arment et marchent sur Crest. Ils se heurtent à la troupe, deux d'entre eux sont tués. Le soulèvement échoue. Une répression terrible s'abat sur les insurgés (déportation, emprisonnement à la tour de Crest...). Au XXe siècle, soixante-quinze Granois sont tués pendant la Première Guerre mondiale. En 1944, la libération de Grâne est dramatique (dix-neuf morts).

La population de la commune, tombée à 1067 habitants en 1975, est remontée au-dessus de 1500. Son territoire est très vaste, 4 500 ha dont 2 000 de bois.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1835 1861 Jean Aribat    
1862 1870 Eugène Gauthier    
1870 1874 Antoine Dansage    
1874 1876 Antoine Portier    
1876 1891 Antoine Dansage    
1892 1898 Joseph Morin    
1898 1900 Isidore Brun    
1900 1941 Mathieu Chanas    
1941 1965 Marius Hermine    
1965 1989 Maxime Bastet    
mars 2001 2014 Marcel Canestrari    
2014 en cours
(au 30 octobre 2014)
Muriel Paret[2] DVG Employée
Conseillère départementale

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du début des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[4],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 858 habitants, en augmentation de 7,4 % par rapport à 2009 (Drôme : 3,24 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 436 1 334 1 463 1 563 1 684 1 772 1 860 1 996 2 026
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 894 1 978 1 878 1 890 1 763 1 732 1 756 1 822 1 769
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 661 1 566 1 583 1 333 1 322 1 309 1 304 1 187 1 157
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2012 2014
1 161 1 125 1 011 1 183 1 384 1 567 1 694 1 792 1 858
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006 [6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Vie locale[modifier | modifier le code]

Fêtes et animations[modifier | modifier le code]

  • Fête votive : le week-end du 15 août (fête foraine, concours de pétanque et de boules lyonnaises, repas défarde, bal et feux d’artifices avec embrasement du clocher).
  • Les Vendredis de Grane : les vendredis de fin juin à fin août (animations culturelles variées (en plein air) au Théâtre de Verdure, l'amphithéâtre romain du village).
  • Les Concerts du Temple : les 1ers vendredis du mois (et d’autres vendredis ponctuellement) de septembre à juin (des passionnés de musique et de chants présentent dans un registre classique, divers concerts au Temple).

Équipements sportifs[modifier | modifier le code]

  • Stade Alfred-Desbrun.

Économie[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Robert Serre (historien).

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Pierre, « Un épisode peu connu des guerres de religion : "Les défenseurs de la cause commune" et "La guerre des Paysans », Bulletin de l'association universitaire d'études drômoises, no 15, 1968, p. 8.
  2. Grane sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de la Drôme (consulté le 30 octobre 2014).
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .

Autres sources[modifier | modifier le code]

  • Joël Vachon et Robert Serre, Site officiel de la Commune de Grâne
  • Brun-Durand (fin XIXe siècle), Dictionnaire topographique et historique de la Drôme

Liens externes[modifier | modifier le code]